DES ECOLES DIFFERENTES
... parce que de l'uniformité 
et la conformité,
naissent l'ennui 
et l'idiotie ... 
et des mystifications et soumissions,
le mépris 
et la barbarie.


 
école parallèle,
école différente,
école nouvelle,
école pilote,
école autrement, 
école alternative
école innovante ...

2014 : 
Une autre école est-elle possible ?
Certains l'affirment. 
Avec des variantes :
"une autre école est possible", 
"une autre école est nécessaire" ...
 
 

… Et c'est sur l'image dégradée de l'école publique que se construit aussi le projet d'Espérance banlieues. Ce projet ressemble aussi beaucoup aux charter schools américaines. Des établissements expérimentaux conçus pour encourager la réussite scolaires dans les quartiers difficiles. Des écoles publiques qui fonctionnent sur des règles qui leur sont propres, recrutent leurs enseignants sur profil et proposent des alternatives pédagogiques…
Hélas, les résultats en termes de «déségrégation» scolaire ne sont pas au rendez-vous. Un récent article de l’AFP nous apprenait qu’une étude venait de montrer que, dans l’Etat de New-York, l’expérience aboutit à former des ghettos sociaux et raciaux encore plus fermés. D’après les chercheurs, en 2010, 73% de ces charter schools new-yorkaises comptaient moins de 1% d'élèves blancs et 90% moins de 10%...

On peut enterrer une promesse de plusieurs façons. Ouvertement, en le revendiquant haut et fort, ce qui a peu de chances d'arriver car il s'agit d'un engagement présidentiel quasi légendaire. Mais on peut aussi l'enterrer subrepticement, sans le dire, en ayant un peu honte de ce que l'on le fait mais persuadé qu'on agit pour une cause supérieure — l'intérêt général,  le redressement de la France, etc. 
Comment procéder subrepticement ?...

Pour que l'école soit de nouveau aimée, il faudrait qu'elle soit aimable. Que l'école, plutôt que d'enseigner la démocratie dans les cours d'instruction civique, soit une école de démocratie où l'on se débrouille pour apprendre, non pas en s'amusant bien sûr, mais avec plaisir et, si possible, avec passion ! Si les notes sont "traumatisantes", c'est que l'école l'est. Quel terrible bilan que cette école qui tue la principale qualité des jeunes : la curiosité !

POSTES A POURVOIR
au LYCEE EXPERIMENTAL DE SAINT-NAZAIRE.
 Le Lycée Expérimental de Saint-Nazaire recherche pour la rentrée 2014 huit personnes désireuses d'intégrer son équipe éducative.
Il est attendu qu’elles s'investissent dans notre type de fonctionnement et soient capables d'assurer l'enseignement au niveau lycée, y compris la préparation au baccalauréat ...
… De façon générale les compétences complémentaires sont bienvenues et tous les parcours professionnels et personnels, des plus classiques aux plus originaux, sont recherchés.
Le travail dans cet établissement demande intérêt et engagement pour les pédagogies alternatives, une volonté de travailler en équipe et l'ouverture des champs d'apprentissage à travers l'inter et la transdisciplinarité.
Le fonctionnement particulier de cet établissement cogéré, à parité de droit, par les Membres de l’Équipe Éducative (19 personnes) et les élèves (entre 150 et 180 personnes)implique également de chaque membre de l’équipe une participation active à la gestion matérielle et administrative du lycée…



Cette fois encore, les 18-25 ans se sont abstenus à près de 60% lors des élections municipales - claque cinglante, relativement étouffée par les médias, pour un Président qui, voici deux ans, promettait sur une place de la Bastille effervescente de placer la jeunesse au cœur de sa politique…
l’ersatz de démocratie que leur offre le système éducatif a de quoi détourner durablement de la politique. Le pouvoir concédé aux élèves dans le cadre des instances représentatives demeure dérisoire. Chaque élu lycéen le sait : on ne le laissera décider qu’à la marge ; si le sujet aborde un territoire préempté par les adultes, leur parole ne vaudra que ce que leur chef d’établissement voudra bien lui concéder…
  Des demandes d’engagements concrets
  

… « L'insertion se dégrade lourdement, constate l'organisme. La transition de l'école à l'emploi s'avère bien plus difficile. » …

… Trois ans après être sorti de formation, plus d’un jeune sur cinq (22%) est au chômage: jamais ce taux n’avait été aussi haut en France. La dernière enquête du Cereq (le Centre d’études et de recherches sur les qualifications), concernant l’insertion des 700 000 jeunes ayant quitté le système éducatif en 2010 – appelés «la Génération 2010» -, renvoie une image plutôt sombre des débuts des jeunes Français dans la vie active...
… L’apprentissage, réputé mieux insérer, ne suffit pas pour protéger.

[ Enquête CEREQ ]
Quel enseignement, quelles méthodes appliquer pour lutter contre les déterminismes sociaux et réduire l’écart de réussite entre les élèves des milieux populaires et les autres ?
Quatorze mesures ont été prévues à cet effet…
… Comme le souligne Jean-Paul Delahaye, directeur général de l’enseignement scolaire, «Les REP+ ne sont qu’un miroir grossissant des questions qui se posent à l’ensemble du système éducatif»

l'Etat a-t-il les moyens de ses ambitions en terme de recrutements d'enseignants à l'heure des économies (50 milliards d'euros de dépenses annuelles doivent être coupés d'ici 2017)? L'abandon des 60 000 postes est "sur la table", écrivaient les Echos le 11 mars dernier. Le think tank de gauche Terra Nova propose ainsi de s'arrêter à un total de 45 000. Les 15 000 postes abandonnés représenteraient 500 millions d'euros d'économies à horizon 2017, selon l'organisme…

… Vincent Peillon avait annoncé que les nouveaux établissements prioritaires bénéficieraient au contraire de postes supplémentaires d'infirmières. Benoit Hamon doit se préparer à expliquer que les promesses n'engagent que ceux qui veulent bien y croire. Il est vrai que lui n'a rien promis. Parions que ses constats seront tous aussi pertinents que ceux de son prédécesseur; déjà, lors de la passation de pouvoir rue de Grenelle il a déclaré :"Il y a quelque chose qui me révolte et révolte beaucoup d’enseignants : aujourd’hui l’origine sociale est un discriminant à l’école". Le tout est donc de savoir si on donnera vraiment les moyens à notre nouveau ministre de changer la donne…

Ferry, c’est fini …
… Pour Mona Ozouf, invoquer si souvent un homme qui fut aussi contesté constitue un paradoxe reposant sur une méconnaissance de l’histoire. En revanche, elle voit une constante dans la force des passions que soulève l’école dans notre pays : "on attribue à l’école les défaites de 1870, de 1940, et la déprime actuelle des Français"

Parents et enseignants ont payé pour apprendre que rien ne se règle à l'école à coups d'effets d'annonce…
… Il vous faudra donc renoncer aux remèdes-miracles et aux grands-messes coûteuses et inutiles qui d'assises en états-généraux ont tenté depuis des années de donner l'illusion que l'on sauvait l'école tous les deux ans...
C'est la seule façon d'éviter le morcellement de notre société en groupes communautaires repliés sur eux-mêmes, prêts à en découdre à la première frustration. Pour lutter contre la violence des quartiers difficiles, vous ne pourrez pas vous contenter de clôturer nos écoles…

plusieurs pistes sensibles sont à l'étude : prolongation du gel du point d'indice, gel provisoire des carrières, voire remise en cause des 60.000 embauches promises par François Hollande dans l'éducation (il pourrait y avoir 10.000 à 15.000 créations de postes en moins) et des recrutements dans la sécurité et la justice, afin de faire baisser le nombre de fonctionnaires sur le quinquennat…
… Rythmes scolaires : muscler le fonds de compensation
Pour la suite, «on s’inquiète beaucoup sur l’aspect financier», car il s’agirait de restrictions «effroyables» si elles devaient se confirmer, a dit Jacques Pélissard…
… Avec Benoit Hamon, l’AMF veut rouvrir le dossier de la réforme des rythmes scolaires, qui alourdit de «900 millions à 1 milliard d’euros par an» les charges des collectivités territoriales, les communes principalement. «Nous sommes respectueux de la loi et du décret» mais «nous demandons que le gouvernement prenne en compte la réalité du surcoût pour les collectivités»
… D'autres estiment qu'il ne serait pas scandaleux qu'un gouvernement de gauche n'aide que les communes les plus pauvres…Le sujet est d'autant plus délicat que les collectivités locales sont impactées par les 50 milliards d'euros d'économie annoncés par Francois Hollande…
« C'était une illusion d'imaginer qu'une réforme de fond, dont on parle depuis trente ans, allait se faire en deux ans », lâche Vanik Berberian, président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF)…
Et maintenant ?
L’histoire dira la trace laissée par Vincent Peillon : fut-il un bon ministre de l’éducation nationale, là au mauvais moment ? Ou un grand ambitieux pressé, maladroit et légèrement malentendant ?...
En attendant, l’avenir risque fort de s’assombrir pour l’école : on croit comprendre qu’elle ne sera plus la priorité du gouvernement et que les 50 milliards lui tournent autour…
Quant à Benoit Hamon …

Sa feuille de route officieuse à l'éducation  pourrait bien lui demander de se contenter d'écrire les décrets d'application de la loi d'orientation élaborée par son prédécesseur, Vincent Peillon, tout en donnant l'illusion que l'éducation et la jeunesse restent prioritaires dans ce gouvernement. Un moyen de ne pas faire de vagues dans ce secteur secoué depuis 2012 par la réforme des rythmes scolaires. Une mission qui consisterait à faire marcher une machine conçue par un autre: veiller à la bonne marche des ESPE, les toutes jeunes écoles du professorat et de l'éducation, mettre une pincée de numérique …

Rien ne dit qu’un autre que Vincent Peillon aurait mieux réussi. Le ver est en effet le fruit depuis bien longtemps. En omettant de faire valider par les électeurs un programme explicite - et, le cas échant, réellement disruptif - en matière d’éducation, François Hollande a condamné la loi de refondation à n’être qu’un catalogue de belles intentions qui, une fois passées à la moulinette des conseils supérieurs, des hautes autorités, des services administratifs, des discussions avec les syndicats, accouche de bien timides décrets et circulaires. ..
… Rien ne dit que la séquence qui s’ouvre ces jours-ci permettra de corriger le tir : un simple changement de style ne suffira pas à combler l’absence de contrat clair


«On a cherché à rendre explicite ce que nous entendons par « programmes scolaires», notre méthode pour les élaborer, et comment nous percevons leur devenir»
... Reste à espérer qu'on n'en reste pas à de vaines promesses, et que ce que Vincent Peillon considérait comme un préalable à la «refondation» de l'école soit perçu avec la même urgence par son successeur.
Prochain objectif pour le CSP : redéfinir pour la mi-mai le «socle commun de connaissance de compétences et de culture » - ce qu'est censé maîtrisé tout élève à l'issue de sa scolarité, à 16 ans.
A l'instar de François Bayrou établissant un catalogue de 158 propositions dans le cadre de son "Nouveau contrat pour l'école" de 1994,

Ségolène Royal a préconisé un catalogue de 40 mesures pour le seul collège.
François Bayrou avait dit qu'il fallait "passer du collège pour tous au collège pour chacun",
et Ségolène Royal a affirmé qu'il fallait passer "au collège pour tous et pour chacun"…

La "refondation" de l'école a été menée, mais sans réel effet sur l'opinion, encore moins dans les salles des profs. La promesse des 54 000 postes est rendue de plus en plus incertaine par la nécessité pour le prochain gouvernement de trouver 50 milliards d'euros. Enfin, le débat autour des rythmes scolaires semble avoir absorbé toute l'énergie de réforme de ce ministère. Et l'élan manque pour les années qui viennent…

« … En mettant en cohérence l’ensemble des initiatives éducatives à l’échelle des territoires, le Pacte pour la réussite éducative participe ainsi à la refondation de l’école en mobilisant tous les acteurs qui, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’école, concourent ensemble à la qualité des apprentissages et au plein épanouissement des enfants et des adolescents. »
En 40 ans, 15 ministres se sont succédé à la tête du ministère de l'Education nationale…
… ces deux-là (Jospin et Bayrou) ont fait exception et sont restés environ quatre ans à la tête du ministère de l'Education nationale (alors que la moyenne est de 2 ans et demi).



… François Hollande avait créé la surprise en annonçant que, s’il était élu, il créerait 60000 postes dans l’Education, après les 80000 suppressions sous l’ère Sarkozy. Il aurait ainsi voulu jouer son va-tout face à sa grande rivale Martine Aubry. Ces 60000 postes sont, depuis, devenus le symbole de la priorité donnée à l’école et à la jeunesse sous son quinquennat…


… pour trouver des économies, on s’en prend aux services publics et à la protection sociale. Pourquoi pas demain aux 60000 postes ? Or, il faut bien comprendre qu’après les coupes claires ce n’est pas du luxe. On a du retard à rattraper et des transformations à financer.» Le syndicaliste cite le dispositif «Plus de maîtres que de classes» - des enseignants en plus dans les zones difficiles. Sur 7000 postes promis, 1300 ont été créés à ce jour.

Certains jugent toutefois impossible que l’Education échappe au coup de rabot

Le collège "pionnier" Anne Frank du Mans, après avoir survécu difficilement dix ans en échappant au sort de ses co-nominés "établissements innovants" (CNIRS 2001 : annexes collèges «Freinet» du Cantal et de Brest) s’est fait, lui aussi, avaler-étouffer-digérer-éliminer : «Le nouveau Proviseur nommé en 2012 continuait la sinistre besogne (la mise à mort du collège) tentée par ses prédécesseurs. L’équipe pédagogique devenait profondément divisée... :
Une école pour tous ? » (attention : au bout du lien, chat en colère !)

… Où en est le projet de collège-lycée Freinet ("projet célestin") à Nantes ? L'idée de l'installer au collège Debussy semble abandonnée. Du coup, l'association porteuse du projet table sur une ouverture en septembre 2015…

… plusieurs propositions ont été faites à l'association. Dont l'installation du collège Freinet à Debussy. Une possibilité dont n'ont pas voulu les parents d'élèves et les enseignants de Debussy, qui eux-mêmes ont d'autres projets pour leur établissement. plusieurs propositions ont été faites à l'association.… Qu'en est-il aujourd'hui ? C'est le stand-by. «La première proposition retenue, Debussy, est irréalisable, commente Marie-Bertille Couëdel, présidente de l'association.Une des conditions qu'on a posée, en effet, c'est l'adhésion totale des équipes en place à notre arrivée. À Debussy, ce n'est pas le cas.»

British way of life (Archives)


"Le pouvoir aux parents !", disent-ils 
Dès leur retour au pouvoir, 
les conservateurs veulent créer 5000 écoles "indépendantes".



C’est un crève-cœur de voir ces gamins passer leur journée assis comme des plantes vertes, laisser le caviar de notre jeunesse à la cochonnerie de la passivité et de l’ignorance. Ils veulent apprendre et en ont besoin, mais de manière différente. Il y a des dispositifs qui existent : par exemple, on les sort pendant six semaines de classe, on les met entre eux et on essaye de leur redonner le goût de la scolarité, du respect de soi-même et des autres… Mais ce système est encore plus discriminatoire, réussit sur une ultra-minorité qui a dans le fond des facilités et s’en tirera toujours.
Le reste continue de se mettre à l’écart ...

Enquête nationale sur les règlements intérieurs des écoles et des établissements scolaires
La FCPE s'associe à la section française de Défense des Enfants International (DEI)
pour lancer une enquête nationale sur règlements intérieurs des établissement scolaires.

La PEEP et la FCPE tiennent également à souligner que, sans les représentants des parents à tous les niveaux de l’Education nationale,
il n’y aurait ni contre-pouvoir, ni regards croisés au sein des instances décisionnelles de l’Éducation nationale.
L’absence des représentants de parents dans ces instances risque de conduire, à terme, à l’immobilisme, à une Ecole « statique ». .

Relations école - parents : Mme Monique Sassier, médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur
(audition à l’Assemblée Nationale – 15 mars 2014)

24% des Français déclarent que le système actuel prépare BIEN les élèves au monde du travail
Dont 1% «très bien»
76% des Français déclarent au contraire que le système actuel prépare MAL les élèves au monde du travail 
Dont 20% «très mal»
… Les freins par rapport aux formations en apprentissage : des formations qui conduisent à des métiers peu valorisés
L'image des formations en apprentissage - Sondage CSA - Institut Montaigne - fév. 2014 ]



"Droits des enfants"

DU P.Q. ... POUR LE Q.I.
Aussi étonnant que cela puisse paraître,
lorsqu'on oblige 400, 800, 1200, voire 2000 enfants ou adolescents à être présents de 8 heures à 16 - 17 heures ou plus, dans un lieu clos (école, collège, lycée),
il peut arriver que plusieurs dizaines, ou centaines d'entre eux, en fonction du menu du jour, aient, à un moment ou un autre, des besoins - dont on dit qu'ils sont "naturels" - à satisfaire... 
… Plusieurs établissements de type « Pailleron » ont brûlé depuis 1973 ; aucune victime n’a en revanche été à déplorer …


L’état des sanitaires n’est pas sans conséquences sur les problèmes d’hygiène et de santé des jeunes: pathologies induites, risques de transmission bactériologique, atteinte au bien-être des personnes …
… Les faits graves et/ou interdits ne sont pourtant pas rares, mais de conséquences différentes selon les cas. Certains faits signalés transgressent un interdit (usage du portable), d’autres mettent de plus en jeu la santé des élèves (consommation de tabac, alcool, drogues...), d’autres concernent le comportement des élèves entre eux et leurs réactions de violence (bagarres, agressions, rackets, actes sexuels...), d’autres enfin, la violence sur soi (tentative de suicide...)
[ Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement - Rapport 2013 – pdf ]

Supprimer la Segpa ce serait, d'un coup de baguette magique, effacer les motifs de l'échec scolaire. Tout s'expliquerait par la spécialisation. C'est dans le merveilleux brouet du collège unique que vont se régler, par le miracle escompté de la confusion généralisée, les difficultés constatées dès l'école primaire et qui, pour beaucoup de nos élèves, les ont mis en échec au moment de l'apprentissage de la lecture…

Enseigner en banlieue n'a pas grand chose à voir avec le fait d'enseigner en centre ville mais c'est surtout le profil des enseignants qui y est diffèrent. Les élèves des quartiers sensibles ont en effet en face d'eux une majorité de jeunes professeurs inexpérimentés, sans formation initiale, dont c'est le premier poste et qui ignorent souvent tout de la banlieue…
Au moment où chacun s'interroge sur les raisons qui peuvent expliquer que notre système éducatif crée et amplifie les inégalités scolaires en recoupant les inégalités sociales, cette question de la sélectivité de nos enseignants doit être beaucoup plus sérieusement prise en compte (à ce sujet, les dernières propositions de Terra Nova apparaissent bien dérisoires)…

La jeunesse ne naît pas « hors sol »: son bien-être et sa place active dans la société dépendent étroitement du statut qui aura été ménagé et réellement appliqué aux enfants dès leur plus jeune âge dans notre pays. Certains jeunes relèvent d’ailleurs encore du statut d’enfant, tant qu’ils ont moins de 18 ans . En tout état de cause, l’enfance est en quelque sorte le « tremplin de la jeunesse ». 
DEI–France suggère donc, comme elle l’avait fait auprès du Haut-Commissaire à la jeunesse en 2009, que nos gouvernants élargissent leur champ de concertation et d’action et que, au lieu de  se pencher dans une approche essentiellement « réactive » sur la seule résolution des problématiques propres aux jeunes à l’entrée dans le monde adulte, ils repensent notre société de façon « proactive », avec une approche bienveillante fondée sur le principe de l’intérêt supérieur, et donc du respect de l’ensemble des droits,  de tous les enfants dans notre pays. 
C’est dans ce sens que DEI-France adresse une lettre ouverte au Président de la République

… Comment une fac qui se veut politiquement si affranchie peut-elle se financer si l’Etat l’abandonne ?..
… Un prof récuse les chaires payées par des industriels : "Ca consiste à lui réserver les fruits de notre recherche, alors que nous sommes ici pour que tout le monde bénéficie de notre savoir". Au passage, on découvre que les Américains utilisent le mot français "triage" pour désigner la façon de choisir les victimes d’une sélection ou d’un choix difficile…
Ce qui arrive aux Etats-Unis déboule souvent en France quelques années plus tard. Ce qui nous dit ce film, c’est que l’Etat, quand il est à court d’argent, n’hésite pas à reporter sur les familles le paiement des frais de scolarité dans les établissements les plus prestigieux…

Cela fait quarante ans que les acteurs et les observateurs constatent à quel point le type de pédagogie généralement utilisée au collège ne fonctionne tout simplement pas pour l’ensemble des élèves et renforce les écarts de niveau.
Pour le rapport de Terra Nova toujours, le collège accroît la ségrégation scolaire, comprenez ségrégation sociale. Il est vrai que c’est traditionnellement à ce niveau que l’évitement scolaire commence à se pratiquer à grande échelle. Cela étant, rien ne dit qu’une école renouvelée (et le rapport le dit aussi) convertisse comme par magie tous les parents aux bénéfices de la mixité sociale!..

Le «manque de progressivité» et le «défaut de cohérence» entre primaire et collège sont «parmi les causes majeures de l’échec des élèves», peut-on lire en préambule du document. «L’opinion impute l’échec scolaire au collège unique (celui que la réforme Haby de 1975 a voulu instituer), résume Maya Akkari, coordinatrice du pôle éducation de Terra Nova, mais c’est bien parce qu’il n’a jamais été mis en place que le collège échoue»

[ « Pour une école commune du cours préparatoire à la troisième. Un pas supplémentaire vers la démocratisation », Terra Nova – 5 mars 2014 ]

«Pour la première fois j’ai eu l’impression d’être habillée “en prof”, avec des marques bas de gamme, alors que les mères d’élèves portent au moins deux mois de mon salaire sur le dos, sans parler des bijoux ni des brushing parfaits et des manucures impeccables. Je me fais penser aux profs des sketchs des Inconnus.»
… Au fond, ce que l’école attend des élèves, c’est qu’ils possèdent déjà les fameux prérequis qui les rendent disponibles aux apprentissage. Et c’est indéniablement très agréable pour des enseignants qui, avant d’arriver là ont circulé dans des secteurs plus difficiles. Ils voient et apprécient la différence…

...  Troisième surprise: l'inscription des "Instructions" de 1938 dans la mouvance pédagogique de l' "Education nouvelle", signées par le ministre lui-même (et non par l'un de ses directeurs): "De toutes ces tentatives que l'on regroupe sous le nom général d'Ecole nouvelle et qui visent à faire un appel direct à l'activité spontanée de l'enfant, nous avons beaucoup à tirer". Les "Instructions de 1938" et la démarche du ministre Jean Zay reçoivent d'ailleurs le soutien public de Célestin Freinet. ..

… Comme le rappelle l’historien Pascal Ory, Zay "échoua à régler la plupart" des problèmes de l’école, qu’il avait pourtant identifiés, tout comme Peillon bute sur la difficulté de réformer l’école française, pourtant fort perfectible. En cause ? "Le conservatisme politique et l’esprit de corps", dit Ory pour Zay, mais aussi des financements plutôt défaillants…
… Jean Zay proposa en outre de réduire les vacances d’été de 15 jours (passant la fin de l'année scolaire du 30 au 15 juillet), tout comme Peillon tenta (vainement) de l'imposer au début de son mandat. Jean Zay affirma lutter contre le "surmenage scolaire" des enfants et les devoirs à la maison, tout comme Peillon allégea les programmes dans le secondaire…



… Concernant les seuls professeurs des écoles, André Ouzoulias soulignait qu’à raison de 7.000 enseignants formés chaque année, il faudrait attendre 2054 pour que l’ensemble des institutrices et instituteurs soient formés à la pédagogie du langage oral. Il appelait à un effort “historique”, comparable à celui qui fut mené dans les années 70. Ce qui vaut pour le langage oral vaut pour bien d’autres sujets.
Refondation pédagogique
Combien de temps tolérera-t-on de confier nos enfants à des enseignants qui n’ont aucune obligation et si peu de possibilités de se tenir à jour en matière de sciences cognitives, de psychologie de l’enfant et de l’adolescent, de didactique, voire, pour les professeurs du secondaire, dans leur discipline d’enseignement? Certains le font, mais la part que prend l’institution dans cet effort est dérisoire. Cet abandon est ravageur. Tant qu’il n’y sera pas mis terme, les promesses de “refondation pédagogique” risquent fort de demeurer vaines…

l’enquête auprès des jeunes montre que s’ils en veulent aux politiques («tous corrompus»), c’est parce qu’ils laissent la finance diriger le monde : ils sont 90 % à le penser. Pas l’entreprise, pas le capitalisme (ils se disent plutôt libéraux sur le plan économique, en tout cas «par nécessité»), mais la finance qui écrase tout sur son passage au profit astronomique de quelques uns. Sans effectivement que les décisions politiques ne l’entravent.
Et c’est ainsi que les jeunes, toutes catégories confondues (y compris ceux qui ont un emploi) sont, en moyenne, à 61 %, favorables à une révolte type de celle de mai 68…
[ Enquête "Génération Quoi ?" - France 2 ]

Seuls 25 % des 18-25 ans ont la conviction que leur vie sera meilleure que celle de leurs parents. Ils sont 45% à imaginer qu'elle sera pire, 29% qu'elle sera semblable. Près d'un tiers (33%) sont persuadés qu'ils ne connaîtront jamais autre chose que la crise. Quant à la vie de leurs propres enfants, 43% pensent qu'elle sera encore pire que la leur. A toutes ces questions, les jeunes femmes répondent de façon encore plus pessimiste que leurs congénères masculins. «Ces pourcentages sont très élevés, sachant que les jeunes sont, dans la plupart des enquêtes, plus optimistes que leurs aînés
… cette génération est fortement clivée en fonction des parcours et des statuts, précaires ou non. Ce n'est pas une mais des jeunesses qui se dessinent. En passant des étudiants ou salariés en CDI aux chômeurs-intérimaires-inactifs, le pessimisme gagne 20 points…
… Près des trois quarts (70%) d'entre eux ont le sentiment que la société française ne leur donne pas les moyens de montrer ce dont ils sont capables. «C'est massif, et en forte progression. En 2006, ils étaient 53% dans ce cas.»
Les jeunes se montrent très sévères sur le fonctionnement du système éducatif à la française. Récompense-t-il le mérite? Non, à 61%. Donne-t-il sa chance à tous? Non, à 61%. 

…  Ce qui va changer ? Jusque-là, les enseignants d’histoire-géographie bénéficiaient d’une décharge pour gérer les cartes affichées dans les salles…
…  Les enseignants en Zep bénéficieront d’une diminution de 10% de leur temps d’enseignement devant la classe, ce qui est mieux que rien, mais encore bien loin des 50% dont bénéficient les enseignants de classes préparatoires.
 Idem des enseignants des classes à examen – récompense, sans doute, des efforts accomplis pour atteindre un taux de réussite de 90% au baccalauréat, dont il ne saute pas aux yeux qu’ils soient plus « méritoires » que ceux …
… La véritable réforme du métier demeure donc, pour l’heure, à l’état de « serpent de mer ».

Notre école primaire reçoit 17% de moins que la moyenne OCDE, les lycées reçoivent 38% de plus
… Contrairement à de nombreux pays, la France présente un déséquilibre flagrant dans la répartition des dépenses d’éducation entre le primaire et le secondaire", accuse sévèrement l’OCDE dans sa fiche "France".
Ainsi quand on se désole qu’un jeune sur cinq débarque au collège sans savoir lire, écrire et compter, il faut comprendre tout simplement qu’on paye cash le choix historique d’avoir négligé notre primaire. ..
[ Regards sur l’éducation – OCDE – 2013 – pdf ]



La refondation
... des "rythmes scolaires"

deux appréciations d’une même réforme qu’on aimerait bien pouvoir concilier, à défaut de les réconcilier. Le retour à la semaine de quatre jours et demi d’école, déjà entériné pour 1,3 million d’écoliers (17 % des communes), mais qui reste à faire pour 5,8 millions d’enfants parce que le chef de l’Etat a permis « l’étalement » de la mesure sur deux ans (2013 et 2014), est revenu sous le feu des projecteurs, ce mercredi 12 février, avec la divulgation de deux rapports pour le moins contradictoires
… A cinquante jours des élections municipales, bien que la réforme ne soit pas – ou pas encore – redevenue un enjeu de campagne, le fossé semble se creuser entre les acteurs de l’école

Seuls 22% estiment que le changement de rythmes a amélioré les apprentissages des élèves.
Les deux tiers des écoles n'ont pas de projet ou de réflexion spécifique pour la maternelle. 
Un enseignant sur deux n'a pas été consulté pour la transition entre les temps scolaire et périscolaire...
 «Tous estiment qu'il manque les autres pièces (programmes, effectifs, Rased, formation continue, plus de maîtres que de classes...) 
déterminantes pour une meilleure réussite des élèves», conclut le syndicat majoritaire, regrettant que «les leçons de 2013 n'aient pas été tirées pour 2014».
Pas sûr que les tensions occasionnées pas la «réforme Peillon», bien qu'assourdies ces derniers mois, ne se soient tout à fait tassées. 


Des demandes d’engagements concrets 
et des propositions pour améliorer la vie démocratique : 
- la participation à un conseil d’enfants et de jeunes dans la ville (84% d'avis favorables)
 - la possibilité d’agir au sein d’associations (80%)
 - l'explication de la vie politique à l’école (78%) 
-  la simplification des démarches administratives pour voter (75%). 
[ Enquête AFEV (Association de la Fondation étudiante pour la Ville) - OJS (Observatoire Jeunesse Solidaire) ]

Le Lycée ("expérimental", de Saint-Nazaire) jouit depuis son ouverture d'espaces de liberté qui permet à l'équipe éducative et aux élèves d'expérimenter dans de bonnes conditions.
Pourtant, à l'heure où les innovations sont encensées et considérées comme une priorité au ministère de l’Éducation Nationale, au même titre que la refondation de l’école, nous affirmons que notre pouvoir d'expérimenter est bafoué, notre fonctionnement vivement remis en cause. Nous n'avons plus aujourd’hui la liberté de circuler. En effet, une circulaire portant sur les sorties et voyages interdit aux professeurs de véhiculer des élèves. Au-delà de cette circulaire, nous subissons des velléités de normalisation qui visent à nous faire entrer dans le rang et à restreindre notre autonomie pédagogique et financière, ce qui à terme, nous empêche de fonctionner.
A notre demande de dérogation ou de prise en compte de nos spécificités, le Rectorat de Nantes et le Ministère de l’Éducation Nationale nous opposent pour l’instant une fin de non-recevoir…

Pourquoi un comité ?
Outre l'épineuse question du mini-bus du lycée que nous ne pouvons plus utiliser, c'est l'existence du lycée en tant qu'école différente et pour tous 
qui est menacée par la normalisation et la politique gestionnaire en vogue à l'éducation nationale comme dans tout le reste de la société.
Il s'agit pour nous de retrouver toutes nos libertés d'action, de circulation menacées non seulement par les circulaires en tout genre, mais aussi par la baisse continuelle de notre budget, les tracasseries administratives en tout genre et surtout l'intrusion d'instances extérieures dans le circuit de prises de nos décisions.
Les énergies et les bonnes volontés présentes ce soir au lycée ont déjà permis de nous sentir moins seuls !
comitesoutien-lxp at orange.fr

Un rapport avec le rapport ?
(ci-dessous)

… Enfin, les lycéens et lycéennes ont soif d’implication dans leur lycée ! 75% souhaitent une meilleure écoute des élèves, un plus grand pouvoir des instances lycéennes. Malgré le niveau satisfaisant des relations entre élèves et équipes éducatives (63%), ils pensent à 58% que leur avis n’est pas assez pris en compte dans la vie quotidienne du lycée. Ils voudraient notamment être davantage associés au choix des animations et activités culturelles, au fonctionnement (règles de vie, horaires, organisation, pause déjeuner, etc.), à l’orientation ou encore à l’aménagement et à la rénovation des locaux.
[ Rapport «Consultation des lycéennes et lycéens d’Ile-de-France» : - La vie au lycée - La réussite - La démocratie au lycée – janvier 2014 – pdf 


Les sept violences DE l’école
et parmi celles-ci :
 5. Le non respect des exigences du droit, notamment des articles 12 à 15 de la Convention relative aux Droits de l’Enfant, constitue la cinquième violence de l’école. Les fonctionnements institutionnels actuels interdisent l’apprentissage progressif des responsabilités citoyennes, l’intériorisation des exigences du vivre-ensemble et la compréhension de la loi comme outil d’articulation des libertés. 
C’est encore une infime minorité d’enseignants aujourd’hui qui a lu, seulement lu !, le texte fondamental à valeur supra-constitutionnelle
qui structure – devrait structurer... - les relations adultes-enfants, sachant que les enfants, par définition, ne sont évidemment pas destinés à le rester ! 
Les articles 12 à 15 de la CDE obligent à l’instauration des dispositifs de participation progressive des élèves dans les fonctionnements institutionnels même de l’école : force est de constater, à regarder lucidement ce qui se passe dans le quotidien de l’école, qu’un élève de maternelle a plus de pouvoir d’initiatives et d’autonomie dans les activités qui rythment sa journée qu’un élève majeur de terminale qui doit encore demander l’autorisation d’aller faire pipi !
Bernard Defrance

Non à un Munich éducatif!
Cette position ferme a été finalement prise il y a tout juste un siècle, après quelques années d'atermoiements face à une ''guérilla'' menée par des parents d'élèves catholiques dans un certain nombre d'écoles communales (à l'appel de la haute hiérarchie de l'Eglise en France). Toute ressemblance avec une situation potentielle actuelle doit évidemment être tenue pour une pure coïncidence…
… Six mois plus tard, c'est la guerre de ''14'' et «l'Union sacrée». Et un siècle plus tard ?


…En 1882, les parents avaient quasiment l'interdiction d'entrer dans les écoles. Ils n'ont commencé à devenir partenaires de l'école qu'à partir de 1905, avec la création d'associations de parents dans le secondaire…
… La nouvelle phase qui devrait maintenant s'ouvrir, inscrite dans la loi de Vincent Peillon et réaffirmée dans la circulaire du 15 octobre 2013, est celle de la co-éducation. On ne cantonne plus les parents à l'extérieur, ils doivent participer au fonctionnement de l'établissement scolaire et à l'élaboration des projets éducatifs.
Cela n'est pas encore acquis… 
[ Audition de M. Georges Fotinos, chercheur associé à l'Observatoire international de la violence à l'école ]

… Mon hypothèse est que si ces enfants-là sont capables d'une telle violence ce n'est pas "à cause d'Internet", mais parce que les parents ne sont plus là, à leurs côtés pour leur transmettre la notion de respect et d'écoute de l'autre. On n'apprend pas l'altérité quand on passe son temps devant la télé ou un écran, matin, midi, soir. Les parents de ces enfants sont peut-être là physiquement, mais pas psychiquement : leur enfant n'a personne à qui parler, notamment quand il est confronté à des images violentes. Ce ne sont donc pas les écrans qui rendent certains enfants hyper-violents - c'est leur grande solitude. …

Cette proposition de loi n'avait pas beaucoup fait parler d'elle, jusqu'à ce qu'éclate fin janvier la polémique autour de l'enseignement d'une prétendue théorie du genre à l'école. Tout à coup, ce projet d'interdire l'école à la maison bénéficie d'un "éclairage" inédit - présenté comme faisant partie d'un plan du gouvernement pour imposer le "gender" à l'école. "Le droit à la scolarité à la maison est un des actes de résistance possibles contre l'utilisation de nos enfants comme cobayes sexuels", énonce ainsi le site Prorussia.tv …
… Mais alors pourquoi l'avoir déposée ? "Pour attirer l'attention du gouvernement sur la façon dont les services publics perdent pied dans certaines cités" répond le sénateur. 

«un nombre très important de jeunes est en désespérance. Je l'évalue à un sur sept». «Ils sont plus stressés, plus inquiets de l'avenir, en difficulté pour se sentir exister, pour affirmer leur identité, parce qu'ils ne sont pas étayés par le groupe, parce qu'ils manquent d'appartenance sociale et idéologique, parce qu'ils sont de plus en plus renvoyés à eux-mêmes pour se définir. Certains ados, les plus démunis, ne veulent pas de ce combat.»…
…«Aux urgences, qui sont surchargées, on laisse repartir avec ses parents, sans bilan psychologique, la jeune fille qui a avalé une demi-boîte de comprimés, mais qui n'est que somnolente, pas comateuse, et tient à peu près sur ses jambes. Avec cette croyance erronée selon laquelle celui qui n'est pas mort ne voulait pas vraiment se tuer. C'est une erreur ! Le risque de récidive est majeur quand la souffrance n'est pas reconnue.»
Même banalisation pour les comas éthyliques traités comme de simples « cuites ». ..

Une confiance incroyable qui consiste à penser que des problématiques pourraient être surmontées si le sujet est pris en charge par l’école. Malgré une forte présence dans les programmes scolaires «le vivre ensemble» ne se porte pas formidablement bien actuellement en France…
… Qui doit forger les valeurs de l’enfant? L’état, l’école, les familles? Peut-être l’institution a-t-elle été trop rapide. Il y une forme d’ethnocentrisme de classe à penser que tout ce qu’on pense est évident pour tout le monde, quand bien même ces idées paraissent fondées! Il y a un conflit, nous voyons apparaître des groupes qui disent «ce ne sont pas nos valeurs». Les militants de l’égalité ont pensé naïvement que tout le monde était pour l’égalité.…
Les dernières statistiques de l’Insee le montrent, si les jeunes français sont davantage diplômés qu’il y a trente ans, leur diplôme est largement indexé à la profession de leur père…


Ferry lui-même dès son intervention à la Conférence Molé, en 1858 : «Tempérer l’égoïsme, voilà la fonction de la femme au point de vue social le plus élevé, dit-il. Mais pour l’exercer il faut qu’elle reste elle-même, c’est-à-dire qu’elle se tienne à l’écart de la vie active qui gâte le cœur, qui exalte la personnalité […]. Il faut qu’elle n’ait part ni aux fonctions de production, ni aux fonctions de direction». C’était reprendre à nouveau frais – mais non sans conséquences pratiques réelles – ce que disait déjà Auguste Comte : «Je crois les femmes aussi impropres à diriger une grande entreprise commerciale ou industrielle qu’aucune opération militaire ; à plus forte raison sont-elles incapables de tout gouvernement».
 Très logiquement et très consciemment, Auguste Comte et Jules Ferry refusent donc la «co-éducation des sexes» (ce qu’on appelle maintenant la «mixité» )…
C’est toute une culture, et elle pèse sans doute encore sur nous.

«Les jeunes sont obsédés par leur vie privée. Ils veulent avoir le contrôle de leur vie sociale à tous les niveaux, assure la chercheuse. Leur préoccupation majeure est de pouvoir se construire librement, sans avoir leurs parents sur le dos. Alors ils apprennent à maîtriser les paramètres de confidentialité des services qu’ils utilisent, même s’ils sont compliqués. Ou alors, ils les détournent en se créant des faux profils avec des pseudos.»
C’est la raison pour laquelle les jeunes cherchent de nouveaux lieux de socialisation en ligne lorsque leurs parents deviennent leurs amis sur Facebook ou les suivent sur Twitter. «Ce n’est pas cool quand la famille débarque là où on traîne avec ses amis. Alors on trouve un nouvel endroit »
«Facebook, c'est le réseau social des vieux»
Facebook fête aujourd’hui ses 10 ans. Mais le plus grand réseau social sur Internet n’a plus la cote chez les ados, qui préfèrent se lâcher ailleurs. ..
« sur facebook, y a ma mère et ma grand-mère, ça change totalement la donne, parce que je dois vraiment me serrer la vis, elle sait pas que je fume, elle sait pas que je sors … »83% des jeunes sont plutôt bien armés puisqu’ils estiment leur propre maîtrise des outils numériques allant de 7/10 à 10/10 si elle devait être notée. 41% des jeunes se seraient formés seuls au maniement d’Internet et de l’ordinateur, en autodidactes, tandis que 29% affirment l’avoir été au cours de leurs études. Mais 70% des jeunes auraient aussi souhaité bénéficier davantage d’initiation à l’ordinateur et Internet lors de leur cursus scolaire.
Même s’ils sont privilégiés du fait d’avoir grandi avec les technologies numériques, certains perdent le train en route: 29% des jeunes interrogés se disent ainsi perdus face aux évolutions rapides d’Internet et de l’informatique


l'implacable loi de la Rue de Grenelle. Depuis vingt ans, quel que soit ses antécédents, son niveau de préparation, ou son appartenance politique, rares sont les ministres qui soient parvenus à transformer l'essai du ministère de l'Education nationale. Xavier Darcos s'y est brûlé les ailes, poussé dehors par la contestation lycéenne. Même destin pour François Fillon, qui n'a pas résisté aux manifestations contre sa réforme du bac. 
Avec Vincent Peillon, pas de lycéens dans la rue, mais le constat d'une immense opportunité gâchée un peu moins de deux ans après son entrée au gouvernement, ses 58 000 postes supplémentaires sous le bras…
 
 

Les partisans du projet d’école publique coopérative sollicitent les candidats aux municipales
Il y avait déjà l’incinérateur ; il y a aussi l’avenir de l’hôpital ; il y a désormais 1, 2, 3 École
Autant de sujets sur lesquels les candidats aux municipales vont devoir se positionner. Car le collectif qui, depuis un an et demi, a monté ce projet d’école publique coopérative qui pratiquera la méthode Freinet, ne baisse pas les bras et a bien l’intention de peser dans la balance.
Le collectif travaille d’arrache-pied à bâtir le projet d’une école pilote à Rochefort. ..

 

... Il est 21 heures. Dans un hôtel low-cost de grande banlieue, un enfant d'une famille expulsée termine ses devoirs dans le couloir, rallumant la lumière au rythme de la minuterie. A l'autre bout de la ville, des frères et sœurs s'endorment dans un baraquement de tôles, la peur au ventre de penser que demain matin, peut-être, les forces de l'ordre viendront raser leur bidonville. Ailleurs, une famille pousse la table du dîner pour dérouler les matelas moisis par l'humidité dans une pièce trop petite. Bienvenue en France, au XXIe siècle, où depuis plus de trente ans, et malgré un doublement de la richesse nationale, «c’est la crise». Une crise permanente, qui permet de justifier les atteintes aux droits fondamentaux.
Est-ce la peur ou la résignation ? Comment se fait-il qu’une majorité de Français ne s'indigne plus devant la régression sociale programmée et les atteintes récurrentes à la dignité de tous ?..
... En France, 3,6 millions de personnes sont soit privées de domicile personnel, soit vivent dans des conditions très difficiles (privation de confort ou surpeuplement), soit sont en situation d’occupation précaire (hôtel, caravanes…). Le nombre de sans-abri a ainsi augmenté de 50 % depuis 2011 pour atteindre le chiffre de 141 500 personnes, dont 30 000 enfants début 2012. Le numéro d’urgence, le 115, qui gère les places d’hébergement d’urgence, est saturé…
 
 

C'est le prix du mètre carré 
qui fait la différence... 
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers 
souligne l'inégalité devant l'école
La carte scolaire et l'apartheid...
interroger certains préjugés, ceux qui ont fait que pendant des siècles un protestant ne se mariait pas avec une catholique, ceux qui font que l’on insulte encore aujourd’hui une ministre à cause de sa couleur de peau, ceux qui font que des petits garçons sont malmenés aux cris de «pédés» dans la cour de l’école, ceux qui font que Matteo n’osera jamais dire qu’il est élevé et aimé par deux mamans, ceux qui font qu’Alice veut mourir car on la traite de garçon manqué, ceux qui créent la haine et la discorde…
… En permettant aux élèves de se demander pourquoi les princesses ne pourraient pas aussi sauver les princes, en montrant que, selon les lieux et les époques, les rôles des hommes et des femmes ont varié et que l’amour a des formes multiples, les chercheurs, les enseignants et les professeurs des écoles permettent aux enfants, citoyens et citoyennes de demain, de construire un monde plus égalitaire et plus harmonieux.

… Leur idée est de limiter les possibilités d'enseignement à domicile pour éviter « une désocialisation volontaire, destinée à soumettre l'enfant, particulièrement vulnérable, à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux ». Ils demandent qu'une scolarisation à domicile soit validée par un médecin agréé qui reconnaisse de réelles difficultés pour l'enfant à être scolarisé. 
Cette proposition n'est donc pas une mesure que le gouvernement s'apprêterait à prendre : il s'agit d'une initiative parlementaire, issue des rangs de l'opposition de droite au Sénat, et qui n'a que peu de chances de devenir réalité dans l'immédiat


Parents-profs : la déchirure
Ils se regardent, s’épient, se jaugent depuis des années.


[ Relations entre l'école et les parents : M. Sébastien Sihr, Mme Séverine Kakpo - Audition 23 01 14 à l’Assemblée Nationale
Le modèle d’une école ouverte qui accueille les parents doit être généralisé
"Il faut lever les implicites, les malentendus entre l’école et les parents", souligne Sébastien Sihr, plaidant pour la mise en place d’outils tel qu’un guide pour les parents. Entre les parents et les enseignants, "tout se joue dans le contact du quotidien, lors de des réunions de rentrée quand les familles sont reçues dans la classe. Je crois à la capacité de l’enseignant d’expliquer aux parents ‘voilà ce que l’on va faire cette année avec vos enfants’."

 Dans un contexte d'inflation de décisions d'exclusion dont la légitimité est parfois contestée, la principale fédération de parents d'élèves – la FCPE - vient de relancer le débat sur l' ''impartialité'' des conseils de discipline…
… on peut très bien imaginer que, dans une même affaire, le chef d’établissement soit à la fois victime, accusateur, instructeur et juge. La seule innovation que comportent les textes en la matière consiste dans l’institution d’un Conseil de discipline départemental …
 
 

Il faudrait des gouvernants informés et intelligents.
Par exemple, le président François Hollande a rendu hommage à Jules Ferry au début de son mandat. 
Or, Jules Ferry était notoirement raciste et colonialiste. Il aurait été plus judicieux de choisir une figure moins polémique.
Encore plus choquantes sont les références fréquentes d'Arnaud Montebourg à Colbert. Pour le ministre, Colbert est l'homme du redressement productif de la France. Mais c'est celui qui a organisé l'esclavage, qui a construit la compagnie des Indes occidentales.
Son redressement productif il l'a construit sur les colonies!

 

«Les pouvoirs publics ont découvert le phénomène du harcèlement scolaire en 2011. Jusqu’à cette date, il avait toujours été sous-estimé alors que les pays nordiques et anglo-saxons travaillent dessus depuis plus de vingt ans», tonne Jean-Pierre Bellon, professeur de philosophie et cofondateur de l’APPH.  Au-delà des dernières annonces du plan de lutte national, en matière de prévention, insiste-t-il, il faut aller plus loin : «Créer des équipes réunissant enseignants, CPE, personnels de santé formés dans chaque établissement.» Pour pouvoir réagir vite : «Plus l’ado pourra en parler tôt, à des professionnels compétents, moins il aura à en souffrir toute sa vie.»

Base Elèves, un conte de fée ?
 Marchant dans les pas de vos prédécesseurs, et usant comme eux de réponses types ne répondant pas aux questions spécifiques des parlementaires qui vous interpellent1, vous commencez par donner une image féerique de ce fichage généralisé de la jeunesse. En ce début d’année, peu de temps après Noël, le Collectif National de Résistance à Base Élèves (CNRBE) s’en veut presque de rompre le charme de vos arguments, par une simple analyse des faits et par le fruit de ses recherches. ..
Monsieur le Ministre, vous confondez visiblement la refondation que vous mettez en œuvre, qui a fait l’objet d’une loi, et le fichage, qui n’en a jamais fait l’objet
L’éducation et la traçabilité des enfants sont incompatibles. Le fichage conduit au déterminisme, à l’abandon du droit à l’oubli, à la stigmatisation, à la sélection précoce et à l’exclusion.
De même la confiance entre les enseignants et les parents d’élèves est nécessaire pour réussir l’éducation des enfants…

en continuant à tenter d’améliorer l’école et le métier d’enseignant tels qu’ils sont au lieu d’essayer d’imaginer ce qu’ils pourraient être, la “refondation” confirme n’annoncer que le nouvel avatar d’un système scolaire ancien et destiné à demeurer, au fond, inchangé. ..

Vincent Peillon - et ses éventuels successeurs - boiront jusqu’à la lie le calice contenant l’amère potion que concocta François Hollande le jour où il promit de recruter 60.000 personnels sur cinq ans
… Ici on croisera les disciplines sur un projet commun, là un voyage scolaire sera exploité tout au long de l’année par les enseignants de différentes disciplines… Mais que ces initiatives, éminemment louables, demeurent fragiles et parcellaires. Si le gouvernement ne trouve pas la clé du changement, la “refondation” de l’école risque fort de se traduire au sens le plus strict du terme par une consolidation des fondations d’un système scolaire dont chacun sait, pourtant, qu’il est impuissant à remplir la promesse d’égalité inscrite au fronton des écoles.


au delà des effets d'annonce et de communication, les mesures doivent être mises en perspective avec le nombre d'établissements concernés :100 collèges à la rentrée 2014 (même si le ministre s'en défend, c'est son recul stratégique face à la mobilisation des professeurs de classes préparatoires qui explique ce si petit nombre) ; 350 à terme, alors que la France en compte plus de 5000. Ce sont donc 50 000 collégiens d'abord puis 142 000 à terme qui seront ciblés. La France en compte 2 588 613 !
Dans le primaire, 100 000 élèves en 2014, 351 135 à terme pour 5 810 779 élèves en tout…

… «Combien de Bac+8 à la place d’un Bac+5 lui-même à la place d’un Bac+3 à la place d’un Bac tout court à la place du gars qui a son Brevet, lequel peut bien aller se faire foutre, il avait qu’à être bon en dictée?» …

La notion de « grande difficulté » ne fait l’objet d’aucune définition. En revanche, elle renvoie à une réalité : la situation de tous les élèves qui, à un moment de leur scolarité, sont en échec, ou considérés « en échec » …
… elle concerne des élèves très différents les uns des autres et la situation de chacun d’eux est singulière et complexe…
… l’entrée au collège est une rupture pour l’élève en situation de grande difficulté. Il subit plus durement le passage d’un milieu proche et sécurisant à un environnement complexe dans lequel il peine à trouver sa place. 
L’organisation du collège est mal adaptée (et peu adaptable) à la spécificité des élèves les plus fragiles. 
Le morcellement de l’enseignement entre dix ou onze professeurs…
La réduction de la grande difficulté passe inévitablement par un changement profond de l’organisation et du fonctionnement du collège

[ Le traitement de la grande difficulté au cours de la scolarité obligatoire – Rapport E.N. nov. 2013 – pdf ]
 
 


Le feuilleton des rythmes scolaires devrait conduire à une interrogation plus générale sur l’enveloppe institutionnelle de notre Education nationale. Celle-ci demeure en effet une administration centralisée empilant directions, inspections, délégations, bureaux, coiffant un système hiérarchisé de 30 académies dans lesquelles chaque recteur dispose d’adjoints, services, directeur de cabinet, conseillers techniques, personnels d’inspection …
… La centralisation administrative est un héritage napoléonien, entériné par les républicains opportunistes des années 1880, non mise en cause à la Libération, alors que la haute administration avait, en juillet 1940, dans sa quasi totalité, fait allégeance à Vichy…
… Dans cette culture, le dogme républicain de l’égalité, captif de la superstructure centrale, se mue en prescription d’uniformité. Et le système éducatif se révèle faussement égalitaire et profondément inefficace. La chape hiérarchique, garante de cette uniformité bureaucratique par un flux de circulaires et des programmes trop chargés et détaillés, bloque les initiatives du terrain quand elle ne les décourage pas …
… Abolition des privilèges, reconfiguration de l’administration et en premier lieu celle de l’Education nationale : il faudrait aussi que les partis républicains cessent de se balancer des éléments de langage et que les langues de bois cèdent à des débats sans complaisance mais constructifs et réellement tournés vers le Bien commun. Utopie naïve, impossible gageure ?... 
1989...1997...2005... Et lorsqu'un groupe d'enseignants se réunit pour inventer ensemble un fonctionnement différent, ce sont les anciens professeurs passés dans la hiérarchie administrative (inspecteurs d'académie, recteurs sont tous d'anciens profs) qui s'y opposent...

... L'école française fabrique donc des vrais Français: individualistes, dépourvus de sens civique, incapables de coopérer (sauf dans l'union sacrée contre un ennemi), élitistes.

2013 : "le système scolaire tricolore est non seulement peu performant en terme de compétences, mais très inégalitaire sur le plan social." (Pisa 2012)
Pisa révèle le caractère extrêmement inégalitaire de notre système. Satisfaisant pour les enfants de cadres et d'enseignants, dramatiquement pénalisant pour les classes moyennes et ouvrières. La véritable contre-performance de la France se situe là.
Et tout le monde, haut fonctionnaires, recteurs, inspecteurs, ministres et anciens ministres, le sait… 


« Faire pour » c’est ce qu’on voit si souvent; c’est le triste constat des actions de participation dites citoyennes ou démocratiques, où on invite les usagers, les habitants, le public , à assister, acquiescer (en donnant son avis ou pas, peu importe) au spectacle de ce qui est déjà décidé, déjà fait, déjà pensé et clos.
Plaçons dans cette catégorie ces conseils de classe , d’école, de quartier, d’établissement, de vie sociale (etc.) sans pouvoir, sans autonomie, sans pensée, sans motivation intrinsèque, qui n’existent que par la volonté de ceux qui les convoquent. Faire pour c’est le face à face du professionnel et de l’usager, de celui qui détient tous les critères de l’action, qui décide des objectifs comme des modalités d’évaluation, … face à celui qui est censé agir, parcourir et réaliser les changements intimés… 
… Sur les dix dernières années, la création de classes de sections européennes et autres classes de musique ou théâtre aménagées, majoritairement développées dans les quartiers les plus favorisés et concentrant les meilleurs élèves exposés à des programmes d'excellence, a progressivement et sans bruit vidé de sa substance le collège unique, créant des inégalités dans l'offre scolaire, développant la ségrégation entre les établissements, voire au sein des établissements…

L'école française est structurellement et durablement inégalitaire au-delà des décennies, par-delà les alternances politiques. Car elle se caractérise à la fois par une immense tolérance face à l'échec scolaire et, en contrepoint, par un intérêt prépondérant pour la fabrication des élites scolaires et sociales

 … Sur les dix dernières années, la création de classes de sections européennes et autres classes de musique ou théâtre aménagées, majoritairement développées dans les quartiers les plus favorisés et concentrant les meilleurs élèves exposés à des programmes d'excellence, a progressivement et sans bruit vidé de sa substance le collège unique, créant des inégalités dans l'offre scolaire, développant la ségrégation entre les établissements, voire au sein des établissements…
L'école française est structurellement et durablement inégalitaire au-delà des décennies, par-delà les alternances politiques. Car elle se caractérise à la fois par une immense tolérance face à l'échec scolaire et, en contrepoint, par un intérêt prépondérant pour la fabrication des élites scolaires et sociales
… cette fois-ci, les dernières évolutions alertent l'équipe éducative, alors qu'elle pensait avoir été entendue, voici un an, en rencontrant le ministre Vincent Peillon au sujet de la place de l'innovation dans l'Éducation nationale. « Notre discours a été écouté de façon attentive, observe-t-elle aujourd'hui. Cependant, nous faisons face actuellement à des situations qui entravent dès à présent notre fonctionnement ...
...« À l'heure où les constats d'échec du système scolaire se multiplient (PISA, INSEE) et où le gouvernement se propose de refonder l'école, pourquoi mettre en danger un lycée qui propose une alternative ?
... des membres de l'équipe éducative et des élèves du Lycée Expérimental de Saint-Nazaire ont été reçus par des membres du cabinet du recteur afin d'évoquer les difficultés de fonctionnement de leur établissement, notamment en ce qui concerne leur liberté de circulation mise à mal par une circulaire interdisant aux enseignant-e-s de véhiculer des élèves avec le minibus du lycée.
Cette rencontre s'est soldée par une fin de non-recevoir

Largement méconnu des adultes et des parents en particulier, ce site est un des rares réseaux sociaux investi presque exclusivement par les adolescents. Plus que cela, ask.fm joue désormais un rôle clé aujourd’hui dans leur sociabilité. Qu’ils choisissent ou non d’y avoir une page, les adolescents sont tous plus ou moins au fait des péripéties de cette plaque tournante relationnelle, où se vivent des drames affectifs, des hontes cuisantes, et où se reconfigurent les liens…
…D’autres nous font part d’expériences de honte cuisantes qu’ils ont subi, liées au sentiment d’être allés trop loin :
«  J’ai dit des choses sur ask, j’aurais pas dû. C’était la honte après, au collège »

dans la plupart des pays, les sondés ont estimé que les enseignants mériteraient des salaires plus élevés. Sauf la France, les États-Unis et le Japon qui pensent que ces derniers devraient être payés moins, observe Peter Dolton. Pas de quoi remonter le moral d'une profession qui, en France, crie son mal-être …
[ Varkey GEMS Foundation | Teacher Status Index | 2013 - pdf ]

... Nous ne proposons pas d’innovation dont nous chercherions à montrer la supériorité, nous nous efforçons seulement d’identifier les pratiques qui s’avèrent les plus efficaces et les plus équitables...
... les 3000 élèves que nous avons observés ne passent pas «un temps considérable à des exercices de lecture globale et de devinettes de mots qu’ils n’ont jamais appris à décoder.» Contrairement aux idées reçues, dans la majorité des classes, les élèves bénéficient d’un enseignement précoce et systématique des correspondances entre les lettres et les sons : la méthode syllabique n’a pas le monopole de la lecture de syllabes...

L'enquête PISA, publiée au début du mois de décembre, a redit à la France ce qu'elle n'avait guère envie d'entendre : que, comparé à ceux de 64 autres pays du globe, le système scolaire tricolore est non seulement peu performant en terme de compétences, mais très inégalitaire sur le plan social. 
... (commentaires) : Oui mais... si l'on s'inspire des pays arrivant premiers aux tests internationaux, il faudra, comme en Corée du Sud, interdire les cours particuliers après vingt-trois heures.
Eh oui ! Pays différents, réalités différentes...

… Par tous ses pores, la machine Éducation nationale tente d’expulser des évolutions dont elle sait qu’elles constituent une révolution qui ne dit pas son nom : le fonctionnement coopératif versus la compétition “méritocratique”? …
… La révolution numérique est évidemment et avant tout une révolution pédagogique : en aidant les enseignants à individualiser les apprentissages, elle tente ce que la loi d’orientation de 1989 a raté - mettre l’enfant au cœur du système, articuler les prérogatives abstraites des programmes aux besoins réels des élèves, placer la notion “d’apprentissage” au-dessus de celle “d’enseignement” (learning versus teaching).
Les cadres dirigeants du système, qui disent soutenir cette révolution, ne peuvent ignorer que les échelons intermédiaires sont loin d’être unanimes à la souhaiter, et très loin d’avoir été préparés à l’accompagner…

… On reste dans l'optique que ''l'obligation'' de la ''scolarité obligatoire'' est un cadre commode pour inscrire des préconisations répondant à tel ou tel problème monté en épingle dans le monde politique ou sociétal (sans guère se soucier du ''reste''...) …
… le résultat de toute notre histoire où l'Ecole a été investie d'un grand rôle d'abord par les religions lors des affrontements religieux ( entre protestants et catholiques), puis par l'Etat centralisateur qui s'est fait ''éducateur'' en vue de la solution de problèmes socio-politiques (en finir avec la Révolution et les révolutions, ''gouverner les esprits'', dont les personnalités les plus emblématiques ont été Napoléon, Guizot et Ferry) …

… Mais les principes de la démarche alternative dont nous parlons ici peuvent-ils être transférés au système scolaire classique ? Oui, même si la réponse est complexe …
Nous savons donc ce qui peut contribuer à améliorer le climat scolaire et les performances des élèves. Ce qui est rejeté en marge de l'institution offre des perspectives de lutte contre les difficultés scolaires. Reste à savoir combien d'enquêtes PISA devront encore être publiées avant que les politiques tentent enfin d'aider les élèves par des solutions éprouvées.

Car ce qui compte, ce qui a de la valeur, dans l’inconscient de l’Éducation nationale, ce n’est pas l’élève et ses besoins mais l’enseignant et ses mérites académiques (avoir réussi le concours qui fait appel aux savoirs les plus robustes). Renverser cette conception élitiste, qui explique largement la prégnance des inégalités scolaires et sociales, aurait pu constituer le socle d’une réelle et profonde refondation de l’école. Vincent Peillon le savait. Que ne l’a-t-il dit plus tôt ?

Le double jeu de l'école française est démasqué. Mardi 3, l'enquête PISA a mis un coup de projecteur sur un sombre constat : la « classe France » est la plus hétérogène du monde. …
… une raison simple que montre aussi PISA : l'éducation nationale n'existe plus ! Fini l'unité d'antan. Il y a un système dual qui produit d'un côté des cancres, de l'autre des élites. Et il n'y a plus de grand corps regroupant les 800 000 enseignants qui achetaient comme un seul homme à la Camif, s'assuraient à la MAIF et la MGEN et adhéraient au syndicat. L'individualisme s'est insinué jusque dans ce collectif hier très fort. Avec ses 4 800 euros net mensuels moyens, selon les données du ministère – 5 800 pour les chaires supérieures, le grade convoité –, la vie d'un professeur de CPGE ne ressemble pas à celle d'un professeur certifié …

… Parmi les dizaines de statistiques publiées cette semaine avec la parution de PISA, il en est une qui m’a interpellé. "En France seulement 17% des enseignants bénéficient d'un accompagnement contre 61% dans l'OCDE et 100% à Singapour"
Le conseiller pédagogique, emploi fictif. Dans ses fonctions, l’inspecteur est accompagné de conseillers pédagogiques. C’est globalement un ancien enseignant qui en avait marre des élèves, qui préfère travailler dans les bureaux …
… L’année dernière dans mon école, une instit à deux mois de la retraite est partie deux semaines en stage, dont j’espère qu’il lui est utile aujourd’hui qu’elle n’enseigne plus…

ce qui nous coûte le plus, et de loin, ce n'est pas le trop plein de profs, c’est la lourdeur de l’organisation de notre système éducatif primaire et secondaire. Nous gérons 49.160 établissements, là où les Allemands n’en ont que 28.181. Nous avons 21.500 écoles de plus que nos voisins, avec les frais que cela induit ! Certes notre démographie n’est pas la même, mais 132% d’écoles en plus c’est beaucoup, tandis que notre population est 20% inférieure à celle de l’Allemagne. Chez nous, 50% de la dépense éducative va à des frais de gestion et de structures, contre 34% en Allemagne. Et c'est au détriment de la masse salariale des profs qui, chez nous ne représente que 31% de la dépense contre 51% en Allemagne…

comment la répartition du fonds d'amorçage a été définie, pourquoi sa pérennité n'est pas envisagée, et pourquoi toutes les communes en bénéficieront, même celles qui ne mettraient pas en place d'activités périscolaires !
… Et à l'avenir, pense-t-il prendre en compte la question des transports scolaires, des écoles en regroupement pédagogique intercommunal (pour lesquelles l'aide en fonction du nombre d'enfants n'a pas de sens), des communes qui partent de rien en matière de périscolaire (comparativement à celles qui en développent depuis 20 ans) ? Pas plus, semble-t-il

… La France vient de récolter une très mauvaise note dans le cadre du Programme international pour le suivi des élèves (PISA), organisé par l'OCDE. L'édition 2012, divulguée le 3 décembre, confirme ce que les enquêtes précédentes avaient déjà mis en évidence : le caractère très inégalitaire de notre école. Une école où l'écart entre « bons » et « mauvais » élèves se creuse ; qui sait faire réussir les enfants de cadres et d'enseignants, mais pas ceux issus des classes moyennes et ouvrières.
La France, cinquième puissance économique mondiale, s'arroge même le triste titre de championne des inégalités

Participer à PISA a coûté 534 000 euros à la France en 2012 et, tous les ans, c'est à peu près le même montant en bas de la facture. A la cotisation de 283 000 euros pour participer au questionnaire central (sans les questionnaires élèves ou parents, facturés en plus), s'ajoutent au minimum 251 000 euros de dépenses occasionnées en France en salaires (trois temps-plein), impression des carnets des élèves (56 000 euros), corrections (160 journées de travail)… pour faire passer PISA à 4 300 adolescents…

... « La France est mal classée à PISA 2012, quels sont les premiers responsables ? ». Deux choix : les enseignants ou les parents !!! (Véridique, regardez ici). Aucune information réelle, pas de débat de fond, mais une seule préoccupation : chercher les coupables. Bien sûr, ce sont les enseignants (63%). Sortez le goudron et les plumes...
... il ne faut pas oublier que PISA émane d’une organisation économique, il n’y donc pas lieu de s’étonner que la philanthropie n’y soit pas un axiome. PISA a pour objet de répondre à la question : « Dans quelle mesure les jeunes adultes sont-ils prêts à relever les défis de demain ? », autrement dit, d’évaluer dans quelle mesure les petits citoyens de 15 ans sont préparés à s’insérer avec succès dans le monde du travail et à y devenir des agents économiques efficaces. On a le droit de ne pas adhérer à cette vision de l’éducation...

... Avec la crise, il y a de plus en plus de familles précaires incapables d’aider leurs enfants. Face à cela, l’école continue largement à fonctionner comme si ces différences n’existaient pas. Elle est indifférente aux différences, comme disait Pierre Bourdieu. Elle ne tient pas compte des écarts majeurs de capital culturel transmis dans les familles, de leurs ressources inégales pour suivre la scolarité des enfants, notamment économiques (séjours à l’étranger ou cours particuliers - souvent, les enseignants ne savent pas combien d’élèves en prennent). Le système fonctionne de manière très fermée, favorisant ceux qui en connaissent les clés - en témoigne la «belle scolarité» des enfants d’enseignants...

tabou absolu en France, du moins au plan institutionnel : certains professeurs sont meilleurs que d’autres (cette idée-là passe encore mais pas son corollaire : c’est donc qu’il y en a de “mauvais”). Pourquoi ne pas leur confier plus d’élèves, à ces enseignants qui, face aux mêmes élèves, font mieux que leurs collègues? Et quand on le fait, cela profite-t-il toujours autant aux élèves? ..
… derrière le tabou qui interdit d’affirmer que certains enseignants sont “meilleurs”, l’institution est à la manœuvre. Elle sait que certains font mieux. Que fait-elle pour les récompenser? Leur proposer des élèves eux aussi meilleurs. Tous ne cèdent pas à ces sirènes …

.… Il n’y a pas que les rythmes scolaires à mécontenter les instituteurs. D’après le sondage Louis Harris Interactive pour le Snuipp, dévoilé par Libération, cette catégorie d’enseignants voit ses attentes dans François Hollande déçues, et ce malgré les créations de postes venant après les vagues de suppressions de l’ère Sarkozy. Seuls 29% des sondés estiment que l’école est une priorité du gouvernement, alors que Vincent Peillon affirme vouloir faire du primaire l’épicentre de sa refondation de l’école.
Sur le dossier très sensible des rythmes scolaires, les résultats interpellent : seuls 6% des sondés approuvent la réforme

14 % des enseignants se disent en burn-out [enquête 2011 du Carrefour Santé-social], un sur trois dans un « état anxieux » [étude sur la qualité de vie au travail, G. Fotinos et J.M. Horenstein, 2011]. Les difficultés viennent surtout du fait qu’il existe un fossé entre le métier tel qu’il est imaginé, idéalisé, et la réalité. Nos témoignages montrent que les premières années d’exercice désillusionnent ceux qui souhaitaient devenir professeur. Ce sont souvent d’anciens bons élèves, passionnés par leur discipline, mais mal préparés à toutes les facettes du métier - pédagogue, animateur, gendarme... 


… L'exercice de communication politique auquel donne lieu, tous les trois ans, Pisa est préoccupant. Ne pourrait-on pas imaginer un ministre actant avec humilité et pragmatisme que notre école ne tient plus ses promesses et faisant de la lutte contre l'échec scolaire son unique priorité ? …
Pisa révèle le caractère extrêmement inégalitaire de notre système. Satisfaisant pour les enfants de cadres et d'enseignants, dramatiquement pénalisant pour les classes moyennes et ouvrières. La véritable contre-performance de la France se situe là. Et tout le monde, haut fonctionnaires, recteurs, inspecteurs, ministres et anciens ministres, le sait

L'enquête Pisa a longtemps été décriée par les gouvernements français successifs. Ils l'accusaient de ne pas prendre en compte les spécificités locales, d'être trop "anglo-saxonne". Mais nous vivons aujourd'hui dans un espace mondialisé…
… Pisa a par exemple montré que la qualité des enseignants était un élément clé pour expliquer la qualité d'un système éducatif. Donc qu'il fallait plus investir dans leur formation. C'est ce qui est fait actuellement dans notre pays. Mais il ne s'agissait pas seulement d'une préconisation de l'OCDE...

Il y a certes plusieurs axes d'appréciation possibles des résultats de PISA, mais il serait pour le moins étonnant que le Conseil supérieur des programmes ne se saisisse pas au premier chef de la question des différences de résultats scolaires selon l'origine socioculturelle des élèves (plus ou moins inégaux selon les pays) pour apprécier la position de la France et les défis prioritaires à relever. 
La France, dit-on souvent (et on a raison de le dire) est l’un des seuls pays où l’égalité est explicitement une mission pour l’Ecole. Sans doute. Mais la France est aussi l’un des pays où les résultats des élèves à leur sortie de l’école obligatoire sont les plus dépendants de leurs origines socioculturelles, et les plus inégalitaires... 

ce n’est pas aux élèves français que Pisa attribue une mauvaise place dans le classement, ni à leurs enseignants, c’est à un discours et des politiques éducatives qui n’ont pas été à la hauteur. Pour parvenir à redresser l’école française, il faudra que les politiques et les citoyens s’accordent sur des objectifs, les placent au centre et tiennent leurs priorités dans le temps. Mais quand on connaît l’histoire du débat éducatif dans notre pays, on ne peut pas dire que cette conclusion soit vraiment optimiste.

Une autre école ?
pour, dans, une autre société ?
«Possible» ?
    On peut aussi faire pire : 
c’est en cours. 
Ou apparemment, autrement,
moins pire :  on en cause ...
dans les colloques; 
on cherche, chez les chercheurs;
on expertise chez les experts; 
on calcule chez les stratèges : comment faire la même chose, 
ou pire,
en innovant sans rien changer ?


"une autre école
est-elle possible ?"
Nous sommes tous 
ministres de l'éducation.

... une école alternative ?
... pour une société alternative ?
Qui n'en veut ?























Petit pont massacreur, jeu de la tomate, rêve bleu, rêve indien, jeu du cosmos , jeu de la grenouille ...
90 "jeux de la mort" recensés,
dont le tristement célèbre 
"jeu du foulard"
(nombreux accidents et 10 morts/an) :
le "mortifère est entré dans l'univers
du divertissement infantile"
amputez les enfants-adolescents du pouvoir qui leur revient dans l'Institution scolaire
- qui leur revient, du fait qu'ils y sont indispensables -
et, en les coupant de la réalité extérieure, en les renvoyant à leur seul monde intérieur,
vous les désocialisez, c'est-à-dire que vous les névrotisez.
DES ECOLES DIFFERENTESune école différente pour TOUS
Contre les armes d'instruction massive ...
... l'ennui, l'échec et les violences scolaires :
connaître, soutenir les pédagogies "actives" en France,
et leurs écoles "alternatives".
COUSINET - DECROLY - FREINET - HOLT
MONTESSORI - NEILL - OURY - STEINER ...
UNE ÉCOLE DIFFÉRENTE :

ÉDUQUER AUTREMENT... ENSEIGNER AUTREMENT...VIVRE AUTREMENT ?
"montrer que prendre le risque de faire l'école autrement n'en est pas un. 
C'est en effet, prendre un bien plus grand risque encore, parce qu'il s'agit d'enfants, 
de continuer à appliquer des méthodes dont on connaît les limites et la nocivité."
DES ÉCOLES, DES COLLÈGES et DES LYCÉES DIFFÉRENTS
LE guide-annuaire
LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES
inclus : 1 an 
ou 2 ans de Mises à Jour
(modifications, projets d'ouvertures d'écoles,
publiques ou privées)
COMMANDE POSTALE
Commande express sécurisée
expédition express & "suivie":
Délai habituel de livraison toutes destinations (France): 24 heures 
Trente éditions plus tard, l'échec scolaire est devenu un fait de société
et il commence même à se dire, timidement mais publiquement,
qu'il s'agit en fait d'échec de l'école, plus que de l'écolier. 
Quant à l'idée d'"écoles différentes", et à ce qu'elle induit en termes de réflexion et de choix le plus en amont possible, comme en termes de pratiques et de cohérence, 
c'est une autre affaire !
Rapports, statistiques et colloques ont abouti à un diagnostic : 
notre très vieux système scolaire est inadapté aux exigences d'une société post-industrielle. 
Et depuis toujours à la nature, aux rythmes, aux besoins et aux capacités des enfants. 
C'est-à-dire aux exigences d'une société ... humaine.

Lorsqu'un enfant/ado s'ennuie, décroche, 
se décourage, se révolte,

il n'est jamais trop tôt pour rassembler
le maximum d'informations
(... et non de "pubs" ! )
pour faire, à temps, le meilleur choix :
changer l'école ou ... changer d'école !
"CHANGER D'ÉCOLE ?
ou CHANGER L'ÉCOLE" ?
... "REFONDER" ?

Une "refondation" ?
Pour-de-vrai-sans-déc. ?
Bigre.
 

… cette application surfe sur une nouvelle tendance qui ressemble à un effet boomerang face aux conséquences invasives du Web social : le repli sur soi
"Les outils antisociaux se démocratisent", assurait Chris Baker au Washington Post le 17 mars, décrivant Facebook et Twitter comme de vieux ascenseurs dans lesquels les gens s'entassent…
… la plateforme communautaire la plus connue du genre, Ask.fm, qui invite ses utilisateurs à se poser des questions, souvent "trash", traîne déjà son lot de drames. Revendiquant plus de 50 millions de fidèles à travers le monde (dont 1,3 million en France), le réseau social, adulé des adolescents, a vu plusieurs de ses habitués se suicider …

… Les 510 élèves de l'établissement et les 45 professeurs et personnels d'encadrement sont dotés de tablettes numériques équipées de manuels scolaires leur permettant de se passer des livres scolaires…
… Selon le président du conseil général, le coût de mise en place de cette expérimentation est de 470?000 euros, dont 50 % pour les tablettes. «Ce projet est très intéressant car il permet de mettre à jour les programmes, ce qui n'est pas le cas des livres classiques renouvelés en région Centre tous les quatorze ans en moyenne»…

obsolescence technologique, batterie, casse, perte ? … :
En ce qui concerne les smartphones, leur durée de vie est équivalente à environ deux à trois ans seulement !
«Il n’y aura ni report, ni retrait, ni libre choix, toutes les communes passeront aux nouveaux rythmes à la rentrée, explique le service de presse, le décret sur la nouvelle semaine scolaire n’est pas modifié. Simplement, on va étudier au cas par cas, au niveau du terrain, les communes ayant des difficultés. Si elles ont des projets innovants mais qui n’entrent pas dans le cadre du décret, on pourrait assouplir».
Consternation: alors où est le changement ?
On croit comprendre qu’il y aura des dérogations…
… A ce stade, on a un peu perdu le fil…

… Le Premier ministre veut le redressement de l'Ecole. L'Ecole n'a pas besoin d'être redressée mais d'être refondée. La FCPE attend que la promesse des 60 000 postes pour l'Education nationale soit tenue. L'Ecole doit être véritablement transformée pour préparer tous les enfants à leur future vie d'adultes et ne pas se contenter de «transmettre des savoirs et les valeurs de la République». Les réformes du collège et des programmes scolaires doivent être menées rapidement

Chez les parents, ils sont 69 % à déclarer qu'ils conseilleraient le métier d'enseignant à leurs enfants. 
En premier lieu parce qu'il permet de "concilier vie professionnelle et vie privée". 
En revanche, seulement quatre enseignants sur dix conseilleraient ce métier à leurs enfants…
Les deux catégories de sondés divergent également sur leurs attentes. Alors que les parents attendent surtout une transmission des savoirs, les enseignants eux souhaitent transmettre "le goût de l'effort". Et ces derniers aimeraient pouvoir "davantage développer les compétences personnelles de chaque élève"…
[ Le métier d’enseignant Avril 2014 – OpinionWay – APEL – pdf ]

… Alors que cette école de campagne atteint les quotas pour la rentrée 2015, l'inspection académique envisage quand même la fermeture d'une classe.
 Pourtant la méthode de travail qui est mise en oeuvre devrait être une référence pour la réflexion sur l'évolution de l'école de la république…
… 23 élèves est le nombre minimum nécessaire pour garder une classe ouverte selon l'éducation nationale, alors que ce devrait être le nombre maximum accepté pour un bon apprentissage.
 Le gouvernement s'étonne de l'échec scolaire général et de la violence croissante dans les écoles…
 Aidez nous à sauver notre école !

Chaque commune se «bat» pour assurer un niveau minimum de population, d’équipements et de services. Le résultat en est la prolifération des maisons isolées, l’allongement démesuré des réseaux, la multiplication des équipements et des coûts de fonctionnement afférents. Pour une population supérieure, l’Allemagne compte deux fois moins d’écoles primaires que la France, ce qui l’autorise à s’occuper plus des enseignants et des élèves que des bâtiments ; en Lozère, un professeur enseigne à onze élèves en moyenne, contre trente en Seine-Saint-Denis ; il est désormais question d’apporter (quand et avec quels moyens ?) la fibre optique dans chaque cour de ferme !

«Quand ma fille a eu dix ans, mon mari s'est rendu compte que dans toute sa vie, elle n'avait probablement pas passé plus de dix minutes sans supervision adulte».
Pourtant, les enfants ont réellement besoin d'explorer le monde par eux mêmes, de prendre des risques et d'apprendre à surmonter leurs peurs. Sans ce genre d'expérimentation, ils deviennent potentiellement plus peureux et phobiques …
… Les cabanes faites par les enfants n'ont pas l'air très stables mais le but est de les laisser faire des erreurs et recommencer... Ça s'appelle l'enfance, non?

Aux Etats-Unis, un certain nombre de thèmes ne doivent pas être abordés dans les sujets de concours et d’examens car ils pourraient susciter chez les candidats des réactions nuisibles à leur concentration et à leur efficacité. Il existe même une charte officielle transmise à chaque rédacteur afin de les briefer sur les « contenus partisans, sensibles ou controversés »…
… d’où vient cette impression que c’est la vie elle-même, dans ce qu’elle a de complexe, d’ambivalent, de nuancé, de vaste et de profond, que l’on arrête aux portes des salles d’examens ? D’où vient ce sentiment qu’on prend les élèves pour des névrosés immatures ?...

Une bousculade, un ricanement, une insulte - c'est la répétition qui permet de qualifier les faits de harcèlement. Sur 12 millions d'élèves, 10 % en seraient victimes de façon plus ou moins violente. Parfois jusqu'au suicide. Longtemps, l'Education nationale est restée muette sur ce sujet. "Depuis plusieurs années, l'école s'est repliée sur elle-même. Elle s'est coupée de la société, excluant tout ce qui pouvait l'éloigner de sa vocation initiale, la transmission des savoirs", analyse Eric Debarbieux …
Il est temps. Avec l'essor d'Internet, le cyberharcèlement prend des formes encore plus sournoises et violentes…


Baisse des dotations d’Etat aux collectivités territoriales …
Hausse des effectifs scolaires à la rentrée 2014 …
Elémentaire - Lycée

Et maintenant ?
L’histoire dira la trace laissée par Vincent Peillon : fut-il un bon ministre de l’éducation nationale, là au mauvais moment ? 
Ou un grand ambitieux pressé, maladroit et légèrement malentendant ?...
En attendant, l’avenir risque fort de s’assombrir pour l’école : 
on croit comprendre qu’elle ne sera plus la priorité du gouvernement et que les 50 milliards lui tournent autour…
Quant à Benoit Hamon …

Trois nouveaux recours contre Base élèves
… Ces démarches, bien que portées individuellement, sont un outil de la lutte au long cours menée par tous ceux – citoyens, parents d’élèves, enseignants, directeurs d’école … – qui malgré les pressions, les menaces, les sanctions, continuent de refuser le fichier Base Elèves et son corollaire de bases de données centralisées et partageables mis en place par l’Education Nationale. Des bases de données toujours plus nombreuses, dont les mises en relations comme les utilisateurs ne cessent de se multiplier …
du passage de Vincent Peillon, le grand public retiendra surtout la réforme des rythmes. Ce sujet hypermédiatique, qui touche toutes les familles et les 323 000 professeurs des écoles, a phagocyté tous les autres…
… Sur ce sujet, Vincent Peillon a pourtant mésestimé les résistances au changement et raté sa communication. Il n'est pas parvenu à faire comprendre le sens de son dispositif, qui a été perçu comme une course inter-villes au plus grand nombre d'activités offertes… C'est d'abord cet échec qu'il paie aujourd'hui…
… Il aurait aimé être celui qui retire un avantage aux enseignants des classes préparatoires pour le donner aux enseignants des zones d'éducation prioritaire.
La France des privilèges n'était pas mûre pour ça

En 40 ans, 15 ministres se sont succédé à la tête du ministère de l'Education nationale…
… ces deux-là (Jospin et Bayrou) ont fait exception et sont restés environ quatre ans à la tête du ministère de l'Education nationale (alors que la moyenne est de 2 ans et demi)...
ça pose la question de la "durée" d'un ministre, en particulier de l'éducation nationale. Quand les profs de lycée ont compris que la (pseudo) transformation de l'école et de la société commencerait par le primaire, qu'ont-ils pensé? Ils en ont conclu qu'ils étaient dans la situation de  2000 personnes qui attendent devant un restaurant. Le cuistot promet que tous auront un repas chaud, mais

… dans la classe inversée, l’interaction est érigée en principe.
Les élèves peuvent travailler en petit groupe, s’expliquer les choses entre eux, résoudre un problème en collectivement. (Travailler en équipe, c’est traditionnellement une compétence que l’école peine à enseigner.)
Alors que donne la classe inversée? On sait depuis longtemps que des professeurs enthousiastes et motivés produisent toujours des effets positifs sur les résultats des élèves, donc oui les effets sont, en toute logique, bénéfiques pour cette pédagogie qui est toujours choisie par des enseignants à la recherche d'innovation pour leurs cours…

… «Ainsi, beaucoup d’adolescents somnolent dans la journée au moins une fois par semaine, certains d’entre eux avouent dormir pendant les pauses ou certains cours, et il n’est plus rare que les profs réveillent un élève endormi», relève l'Inpes….
… «De nombreux travaux confirment le lien entre usage excessif des nouveaux médias, en particulier électroniques, et mauvais sommeil, dans des contextes culturels aussi variés que ceux de la France, du Japon, de l’Allemagne, de la Finlande ou de la Belgique» ….

… si quelques établissements vont bénéficier d'un surcroît de moyens, ce sera au détriment des autres. Autrement dit, au lieu de mettre le paquet sur l'éducation prioritaire, on va déshabiller Pierre pour habiller Paul
… Peillon ou pas, reste la question: à un moment où l'Etat cherche 50 milliards d'économie d'ici 2017, le ministère de l'Education est-il assuré d'avoir les moyens de mener sa grande réforme de l'éducation prioritaire ?

... Les différences de niveau entre le collège implanté dans des zones favorisées et son voisin dans des quartiers populaires ont toujours existé. Mais depuis les années 1990, l’offre de formules pédagogiques s’est considérablement diversifiée : parcours sportifs, artistiques, options de langues rares (russe, chinois) ou mortes (latin, grec)… Or, cette diversification a surtout été importante dans les établissements aux publics favorisés, tandis que les collèges populaires ouvraient des sections réservées aux enfants les plus marginalisés : options préprofessionnelles, Segpa… De fait, une ségrégation socio-géographique s’est mise en place : non seulement le collège français n’a pas réduit les inégalités sociales, mais il a contribué à les accroître…

C'est le prix du mètre carré 
qui fait la différence... 
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers 
souligne l'inégalité devant l'école
La carte scolaire et l'apartheid...

 

En Corée du Sud, les enseignements disposent maintenant d’un moyen de désactiver l’ensemble des smartphones de leurs élèves durant les heures de classe.
Pour les profs, les smartphones c’est l’enfer. Si les raisons ne manquent pas aux élèves pour décrocher du cours,les smartphones sont une occasion de plus pour s’évader, t’chater ou jouer plus ou moins discrètement…
… Si le gouvernement sud-coréen en est arrivé là,. c’est qu’une partie des jeunes du pays ne peut plus se passer de téléphone.18% des élèves en seraient même devenus «esclaves». En moyenne, ces enfants passent plus de sept heures par jours à pianoter sur leurs appareils et souffrent de dépressions lorsqu’ils en sont privés…

… La Fondation Varkey GEMS vient en effet d’annoncer la création du «premier prix mondial des professeurs». Pour postuler, il suffit d’être «un enseignant remarquable ayant apporté une contribution exceptionnelle à la profession». La fondation émane de la GEMS Education, un groupe privé détenteur de réseaux d’établissements sur tous les continents qui vient d’acquérir l’Ecole des Roches. Soit l’établissement le plus onéreux de France…
(La guerre du Golfe à coups de chèques education
)

… C'est à l'occasion de ce nouveau forum sur l'éducation qu'ils ont annoncé la création d'un prix d'un million de dollars, soit le double de celui accordé par le Qatar… Le résultat d'une course à l'échalote? Plus que jamais, ces deux émirats, qui ont investi un terrain souvent négligé, affichent en tout cas leur vif intérêt pour l'éducation

… Ce prix est cette fois remis à Doha, capitale du Qatar, lors de la session annuelle du WISE, financé, lui, par la Qatar Foundation – un sommet aujourd'hui perçu comme un lieu important de réflexion eninnovation éducative.Mieux que le Loto. Assis sur leurs tas de pétrodollars, les petits Etats du Golfe se bagarrent donc à coups de chèques pour être sacrés bienfaiteur mondial de l'éducation – dont ils ont bien compris qu'il s'agissait d'un placement à fort rendement.Face au succès qatari de WISE, Bahreïn a riposté. En 2010, le spécialiste des séminaires internationaux Richard Attias a monté une première édition très réussie de l'Education Project. Mais les émeutes récurrentes à Manama, la capitale, ont empêché la réédition de la conférence. Et voilà le terrain de la concurrence libéré pour que Dubaï s'y engouffre...


…  la réforme ne concernera dès 2013 que 20 à 25% des élèves du primaire – les autres attendront 2014 - et une possible claque aux élections locales pour les élus de la majorité, qui pourrait bien refroidir les imaginations…
… Au point que si des projets ambitieux sont mis en place dans certaines écoles, l’enquête note que certains envisagent d’allonger la sieste ou le temps de garderie en guise de périscolaire !
Quant au "monde associatif éducatif et ses professionnels’’, ils sont, eux, oubliés des discussions pratiquement partout… Comme si une "hiérarchie implicite", bien française, venait miner toute forme de concertation possible. Seule éclaircie, saluée par le rapport Fotinos : les parents d’élèves, qui font montre d’une "présence dynamique, constante et attentive" sans laquelle la réforme Peillon finirait sans doute... aux oubliettes. ..

J’ai été mal orienté. Du coup, à l’instar de Zazie qui voulait devenir institutrice pour faire chier les mômes, pour me venger, je suis devenu conseiller d’orientation psychologue…
… Difficile, avec un peu plus de quinze minutes par élève et par an, de travailler de façon approfondie avec tous…
spectateur impuissant d’un système qui s’effondre et qui choisit très tôt la minorité qui réussira scolairement et professionnellement, la majorité qui s’en sortira et la minorité qui sera vouée à la galère... J’approuve pas, hein. Je décris…

… «Comment donner une réalité à la priorité au primaire sans de tels modules dans la formation des enseignants ?», s’interroge Sébastien Sihr.Il y a selon lui «un changement de discours sur l’importance de la formation des enseignants, mais pas de déclinaison concrète». Sur la formation continue, l’inquiétude est encore plus grande  : «Autant sur la formation initiale, c’est le flou, autant sur la formation continue, il n’y a rien, dénonce-t-il encore. Or, on ne changera pas l’école sans une grande formation continue. Si les 330.000 professeurs des écoles ne sont pas accompagnés via des cycles de formation continue, on passera à côté de la réforme.»…

Priorité à l'éducation: l'annonce par Vincent Peillon de 10000 recrutements supplémentaires dans le secondaire met en scène la promesse de François Hollande. Mais l'annonce n'en est pas une. Ces 10 000 recrutements font en effet partie de l'enveloppe de 30000 contrats aidés pour l'Education nationale annoncée aux recteurs le 11 juin dernier, précise-t-on rue de Grenelle. ..

Alors que l'éducation devait être une priorité nationale du nouveau mandat présidentiel, du nord au sud de notre département, écoles, collèges et lycée continuent de subir le rationnement et se trouvent en butte à de nouvelles fermetures de sites, de filières et de classes dont la liste s'allonge toujours davantage quelques semaines avant la fin de cette année scolaire. Ainsi les autorités du Rectorat de l'académie de Reims continuent de vouloir imposer avec brutalité, et dans le plus complet mépris du dialogue démocratique, leurs projets mortifères aux usagers, enseignants et élus de plusieurs établissements parfois en lutte depuis des mois.
 … Emmanuel Jacquemin, un élu du pays de Sedan, poursuivait mardi une grève de la faim entamée le 1er juin, pour protester contre les fermetures de classes et d'établissements scolaires programmées dans les Ardennes à l'horizon 2014, a-t-il indiqué à l'AFP. "En fermant des écoles, on condamne des territoires entiers. Le rectorat applique une pure logique comptable sans prendre en compte les répercussions économiques et sociales de décisions quasi-autoritaires"…
… "Fermer des sites ou des filières dans des zones rurales, c'est transformer le parcours scolaire des enfants en parcours du combattant avec des temps de transports énormes et quelques fois dangereux"

…   Pour l’école, depuis toujours, l’élève ne sait pas et il est là pour écouter, mémoriser, restituer à court terme pour être évalué et passer le bac…
… La solution ne peut se trouver que dans le projet éducatif de territoire, à la condition que celui-ci ne soit pas la juxtaposition d’activités « secondaires », à côté d’une éducation formelle impérialiste, comme des cerises sur un gâteau refondé ou sur un pain rassis immuable. Le projet éducatif ne peut avoir de sens …

…   "Les zéros éliminatoires", qui comptait, vendredi 21 juin, 157 membres. Ils ont écrit une lettre au ministre de l'éducation nationale pour lui faire part de leur incompréhension : "A la rentrée, il manquera des enseignants, souligne le groupe. On fera alors appel à des contractuels. Parmi ces contractuels, il y aura sans aucun doute des éliminés du CRPE 2013. Curieusement, là, on les jugera aptes à enseigner..."

Selon vous, faut-il proscrire définitivement les claques  aux enfants ?

Une nouvelle campagne télévisée contre les «violences éducatives ordinaires» est présentée ce mardi matin par la Fondation pour l'enfance, qui veut convaincre que claques et fessées, loin d'être des gestes anodins, peuvent avoir des conséquences néfastes sur les enfants…
…  «32 pays ont interdit par la loi les violences éducatives ordinaires en direction des enfants», mais pas la France. Une proposition de loi en ce sens avait été déposée en 2010 par l'ex-députée et pédiatre Edwige Antier, mais n'avait pas eu de suite...

…  Une élève de 5e d’un collège de Rouen a lancé sur internet une pétition contre les dissections d’animaux en classe qui a recueilli plus de 12 000 signatures en l’espace de deux mois.
«Avons-nous besoin de massacrer des cadavres d’animaux pour apprendre ?», écrit l’adolescente dans sa pétition adressée au ministre de l’Education nationale Vincent Peillon …

La dernière réunion du Parlement des enfants – une sorte de mise en scène convenue qui voit les responsables politiques faire semblant de prendre les enfants au sérieux, pourvu que ces derniers récitent bien leur leçon …
… à l’école primaire, l’éducation civique – du moins dans sa version BOEN (Bulletin officiel de l’Education nationale) – c’est d’abord cela : se lever pendant la Marseillaise et honorer le drapeau. Le reste attendra

Le Conseil d'État a rejeté le projet de décret visant à permettre un assouplissement des taux d'encadrement périscolaires dans le cadre d'un projet éducatif territorial.
La circulaire du 20 mars 2013 relative au projet éducatif territorial l'annonçait comme un fait accompli

… Les élus qui ont choisi de mettre en place la réforme des rythmes scolaires dès 2013 risquent d’avoir une mauvaise surprise. L’Etat ne verserait pas le fonds d’amorçage promis en 2013, se défaussant sur la Cnaf. Mise devant le fait accompli, celle-ci refuse de financer en plus les activités périscolaires. ..
…  « Quand les élus vont découvrir qu’il ne peuvent pas compter sur l’aide attendue, ils risquent de renoncer à leur décision de passer aux nouveaux rythmes dès 2013 », prévoit le président de la Cnaf...

…  la ''bivalence'' des professeurs de l'enseignement secondaire. Souhaitée par certains, elle est redoutée par d'autres, alors même qu'elle existe de fait en histoire-géographie, physique-chimie, sciences économiques et sociales, sans compter la ''trivalence'' français-latin-grec. 
Il faut remonter jusqu'au début de la Ve République: dès 1959

Avant toute chose, il me faut ici redire que je suis POUR la semaine de 4 jours et demi, parce que je pense que les journées sont trop chargées pour les élèves, les heures de classe trop denses, et que les premiers à en pâtir sont les élèves en difficulté, qui s’enlisent. Je ne suis pas persuadé que la réforme des rythmes qui sera mise en place à la rentrée 2013 soit la meilleure …
j'aurais presque de quoi être contre la semaine de 4 jours et demi, vu ce qu'elle va me coûter l'année prochaine !...
Fort heureusement, le ministre a prévu un geste : on parle de 90 € annuels. Mais c’est pas encore sûr.

le gouvernement a fait passer son amendement visant à ne plus faire du libre, une priorité dans le service public éducatif numérique
… Voilà quinze jours, les sénateurs votaient un amendement offrant une place de choix au libre : le futur service public de l’enseignement numérique et de l’enseignement à distance « utilise en priorité des logiciels libres et des formats ouverts de documents » …
…  ce débat « mériterait une étude approfondie par rapport aux avantages et aux inconvénients et notamment aux coûts qui peuvent être générés aujourd’hui par un certain nombre de logiciels et à la fracture numérique que cela peut poser pour des familles (…) ». 

…  la réforme ne concernera dès 2013 que 20 à 25% des élèves du primaire – les autres attendront 2014 - et une possible claque aux élections locales pour les élus de la majorité, qui pourrait bien refroidir les imaginations…
… Au point que si des projets ambitieux sont mis en place dans certaines écoles, l’enquête note que certains envisagent d’allonger la sieste ou le temps de garderie en guise de périscolaire !
Quant au "monde associatif éducatif et ses professionnels’’, ils sont, eux, oubliés des discussions pratiquement partout… Comme si une "hiérarchie implicite", bien française, venait miner toute forme de concertation possible. Seule éclaircie, saluée par le rapport Fotinos : les parents d’élèves, qui font montre d’une "présence dynamique, constante et attentive" sans laquelle la réforme Peillon finirait sans doute... aux oubliettes. ..

On aurait pu s’attendre à une remise à plat de ces questions et à un retour en force de la pédagogie, au-delà de déclarations d’intentions. On aurait pu s’attendre à la suppression de l’aide individualisée hors temps de classe et à la relance des RASED. Le maintien autoritaire des politiques précédentes et de la technocratie a fortement décrédibilisé le discours officiel…

Acheter la présence et l’application des collégiens: l’idée a fait scandale en France, mais elle est pratiquée ailleurs, où l’on se demande surtout si elle est efficace...
... Les défenseurs de l’expérience, dont le ministre de l’Éducation de l’époque, invoquaient, eux, l’urgence d’une «guerre contre le décrochage scolaire», ou bien ramenaient le dispositif à la dimension rassurante d’un «financement de projets de classe». D’autres faisaient preuve d’un hardi pragmatisme...
... C’est pourquoi d’autres expérimentations, portant sur d’autres dispositifs, devraient logiquement être menées. N’en déplaise aux principes, qu’attend-on pour s’y mettre?

... « Gérer les enseignants autrement ». La loi fixe à l’école l’objectif de réussite de tous les élèves. La façon dont les enseignants sont employés, affectés et soutenus est l’un des leviers d’actions les plus importants pour y parvenir. La Cour a analysé dans ce contexte la gestion de l’ensemble des enseignants, du 1er et du 2nd degré, des secteurs public et privé sous contrat. Au terme de son enquête, elle développe quatre axes de recommandations.
- Améliorer la gestion des enseignants pour redresser les résultats des élèves
- Un décalage croissant entre les règles de gestion et la réalité du métier des enseignants
- Une gestion de masse uniforme et inégalitaire
- Une richesse humaine mal valorisée ... 
... la Cour formule une série de recommandations, qui forment un tout indissociable et s’articulent autour de quatre axes :
1.  Redéfinir le métier enseignant en adaptant en particulier les obligations réglementaires de service ;
2.  Mieux valoriser les ressources humaines, au niveau individuel et des équipes ;
3.  Affecter les enseignants en fonction de la réalité des postes et des projets d’établissement ;
4.  Assurer une gestion de proximité.
[ Gérer les enseignants autrement - Cour des comptes - 22 mai 2013 - pdf ] 


.. ils sont 87% à ne pas savoir ce qu’est une betterave ! Un écolier sur trois ne sait pas non plus identifier un poireau, une courgette, une figue ou un artichaut ! Enfin dernière épreuve, trouver à base de quoi étaient faits une dizaine d’aliments transformés. Les résultats sont surprenants. Un quart d’entre eux ne savent pas que les frites sont faites à partir de pommes de terre. Quant aux chips, jambon et nuggets, ils sont environ 40% à ne pas savoir d’où ils viennent…Pour les steaks hachés, on passe à deux tiers de mauvaises réponses (et la réponse cheval était acceptée !). Quant aux pâtes, ils sont seulement un tiers à savoir de quoi elles sont composées !

... Qu'il s'agisse de performance, d'égalité et de climat scolaire, ce que révèlent les enquêtes internationales n'est pas flatteur pour la France. Le système souffre en premier lieu de son incapacité à se réformer : alors que tout le monde - parents d'élèves, enseignants, syndicats, responsables politiques, experts - s'accorde à considérer l'école face à de lourds problèmes, nous sommes paralysés par l'incapacité de métamorphoser le système...
... Les catégories sociales qui tirent le meilleur bénéfice de la capacité du système à les conforter et à les reproduire n'ont guère de propension à le réformer... Exemple ? Les classes préparatoires. Très sélectives et onéreuses pour le système éducatif, elles visent les grandes écoles qui garantissent de hautes positions sociales et consolident la reproduction des inégalités. On doit aussi s'interroger sur l'efficacité et l'équité du dispositif, et sur la qualité véritable des élites qui en sont issues. Or qui "ose" poser le problème ? Personne. Car la totalité des élites - quelles qu'en soient les orientations politiques - se reproduit dans ce terreau. Chacun défend la culture, la science, la civilisation, la nation... ; la réalité est ailleurs : comment cuirasser mon intérêt et garantir à mes enfants une position sociale élevée...

... Deux parents sur trois (63 %) sont favorables à une réduction des vacances d'été pour "renforcer les connaissances" des élèves, en respectant l'équilibre de "7 semaines de classe/2 semaines de vacances" recommandé par les chronobiologistes, selon le sondage publié vendredi, à l'issue du congrès de la Peep qui s'est tenu à Dijon.
Ils sont 43 % à souhaiter des vacances d'été réduites de deux semaines, mais 18 % sont même favorables à une réduction comprise entre trois et cinq semaines ...
... Pour 71 % des personnes interrogées, "les devoirs sont importants" (29 % "très importants" et 42 % "assez importants"). Ils sont 60 % à estimer que les devoirs doivent être faits à la maison...

... il convient de rappeler que l’innovation a toujours  été et elle est toujours suspecte. On le sait bien : un enseignant innovant doit toujours prouver plus qu’un collègue conformiste. La hiérarchie a toujours été, elle est toujours, conservatrice, infiniment plus exigeante avec les novateurs qu’avec les classiques ou les traditionnels...

...  Oui, il faut de la morale à l’école à condition que ce ne soit pas une petite couche de peinture sur un édifice où rien n’a changé, surtout pas les fondations
Si tel était le cas in fine, ce sont les élèves qui vont rigoler, même pendant les cours de morale ! Ils auront compris que l’heure de morale n’est finalement pas très morale.

A l’Education nationale, le schéma est classique : en septembre dernier, Vincent Peillon annonce à la surprise générale la mise en place prochaine dans les établissements scolaires d’une nouvelle discipline scolaire, la morale laïque ; mesure approuvée comme il se doit par un miraculeux sondage (91% des sondés approuvent l’initiative)...
... chômeurs en situation précaire, immigrés sans droits, Roms à la rue, sans-papiers en rétention, campagne massive et haineuse contre les homosexuels, politiciens malhonnêtes, la République devrait en rabattre dans sa prétention de s’ériger en éducatrice, de faire la leçon aux enfants des écoles, surtout quand le système éducatif lui-même est perçu par ceux qui y sont en échec comme un outil de discrimination.
Malgré les injonctions officielles, l’éducation civique tournera à vide tant que les valeurs proclamées par ses institutions seront aussi éloignées de la réalité. ..

... Le langage du pouvoir soumis à des injonctions contradictoires tend par une pente naturelle à l’euphémisation, à l’oxymore, à la dénégation, un phénomène observé par Pier Paolo Pasolini (1922-1975) et Leonardo Sciascia (1921-1989) chez les dirigeants de la démocratie chrétienne, dans l’Italie des années 1970. Dans les périodes de crise, les hommes politiques adoptent spontanément une novlangue que Leonardo Sciascia a qualifiée de « langage du non dire » et qui est une tentative de se dissimuler, de s’enfouir dans la langue, dans le jargon, « pour survivre », écrivait Pasolini, « fût-ce comme automates, comme masques...» C’est à Pasolini et à Sciascia que j’ai pensé en écoutant ...

... On s'apprête en réalité à toucher à l'emploi du temps de plus de 30 millions de personnes – 12 millions d'élèves, deux fois plus de parents, des centaines de milliers d'enseignants, d'animateurs, de personnels... Pour revenir à la semaine d'école de quatre jours et demi telle qu'elle existait avant 2008, il faudrait que ces millions d'individus soient extrêmement convaincus du bien-fondé de faire machine arrière.
Et puis il y a la peur d'une rupture d'égalité...
 
 


L'Assemblée nationale a voté dans la nuit de jeudi à vendredi 15 mars l'article 1er du projet de loi sur la refondation de l'école ...
... l'interdiction totale des notes en primaire a été rejetée. Quant au redoublement, il devra être exceptionnel, en vertu d'un amendement PS adopté et allant plus loin que le texte initial du rapport annexé qui prônait de continuer à réduire progressivement cette pratique...
... Jeudi après-midi, ils étaient une soixantaine dans l’hémicycle pour débattre des quelque 600 amendements déposés...

... En fait, le sujet ne semble pas mobiliser la représentation nationale. Nombre de députés ont manifestement préféré terminer leurs vacances d'hiver plutôt que venir débattre de ce sujet qui ne concerne la bagatelle de 12 millions d'enfants et n'engage que... l'avenir du pays. Ca c'est pour le quantitatif. Pour le  qualitatif, ce n'est pas vraiment mieux...
... une discussion sur l'école qui ne semble pas intéresser les députés puisque depuis trois jours les bancs restent désespérément clairsemés...
C'est un vrai spectacle, certes, mais le débat du l'école, lui, n'a toujours pas lieu!

... Bien que la «refondation» entreprise par Vincent Peillon revienne sur presque tous les reculs des cinq dernières années, ce sentiment de «dépossession» n'a pas disparu, pas plus que la culture managériale au sein des cadres de l’Éducation nationale. 
Alors, faut-il donc encore désobéir ?
... ... Je ne peux soutenir l'idée que les choses, sur le terrain, ont totalement changée. Je rejoins Pierre Frakowiack sur ce point (à écouter : Question d’Education, l’émission d’Emmanuel Davidenkoff sur ce sujet). Mais je ne peux croire que cela soit partout cette même logique de management et mépris des enseignants qui règne en maîtresse. Ailleurs, il juge ainsi la situation : «Le totalitarisme de la pyramide Education nationale surmonte toutes les alternances dans tous les sens.»...
... Ceux qui étaient pour un changement des rythmes scolaires trouvent que ça va trop vite et pas assez loin… la profession qui était la plus privilégiée par le programme de Hollande semble la plus désorientée. Le besoin d’en découdre aujourd’hui est plus qu’évident alors qu’il y a quelques mois, la résignation était la règle...

Freinet n'en croirait peut-être pas ses yeux. Dewey non plus. Piaget se retournerait peut-être dans sa tombe, qui sait ? Les MOOC (Massive Open Online Courses) arrivent dans notre Hexagone accompagnés d'un doux parfum made in USA...
... Mais les MOOC procurent surtout une belle opportunité de s'interroger sur la place de l'apprenant et le rôle de l'enseignant dans nos systèmes éducatifs actuels.
Une belle opportunité, donc, lorsque nos étudiants nous soulignent par exemple combien ils sont demandeurs de changements pédagogiques, que les cours en amphithéâtre avec PowerPoint les ennuient (ils préfèreraient les consulter hors temps de cours) et qu'ils recherchent plus d'échanges, de témoignages, de mises en action pour apprendre...

... Aujourd'hui, le mal est fait. Etait-il inéluctable ? On en reparlera plus tard, à l'heure du bilan. Peut-il être encore circonscrit ? C'est la question du moment. Avec un brin d'angoisse, Hollande et Ayrault surveillent comme le lait sur le feu une colère qui monte dans le corps enseignant et une grogne qui avance à bas bruit chez les élus locaux...
... Sous les yeux effarés de son ministre de l'Education, il a ainsi accordé aux élus le droit de choisir l'année où la réforme, chez eux, entrerait en vigueur. Si l'Elysée et Matignon, la main dans la main, avaient voulu montrer aux acteurs du dossier combien pouvait être flottante leur détermination, ils ne s'y seraient pas pris autrement...
... Il y a du jeu dans la conduite de toute cette affaire, et, même quand ils ne le savent pas, enseignants et élus le devinent sans peine. En tout cas, ils le constatent, par exemple lorsqu'ils signalent en choeur que le passage à quatre jours et demi, pour les uns dès 2013, pour les autres en 2014, opère, entre les communes, une rupture d'égalité qui complique, de surcroît, une question aussi prosaïque que celle du ramassage scolaire...
 
 


... Du côté des associations d’élus, l’AMGVF se tient coite, tandis que l’AMF dresse la liste des villes qui n’appliqueront pas la réforme en 2013.
On aurait donc plus tendance, en ce moment à compter les villes qui visent 2014, plutôt que celles qui visent 2013. Et les yeux sont rivés sur Lille et Paris. Alors que Bordeaux vient d’annoncer, jeudi 28 février, après de longues semaines d’hésitations, que finalement, ce serait 2014...

... 42% des Français considèrent que cette réforme va augmenter les inégalités entre les élèves selon les communes, 11% estimant au contraire qu’elle va les réduire, 39% jugeant que son effet sera neutre. Les parents d’enfants scolarisés craignent particulièrement que la réforme favorise un accroissement des inégalités (62%).
Les Français doutent de la capacité de leur commune à mettre en place la réforme : 45% estiment qu’elle ne dispose pas de suffisamment d’infrastructures pour accueillir les élèves dans le cadre des activités périscolaires qui seront mises en place et 57% qu’elle ne dispose pas de suffisamment de personnel qualifié pour organiser les activités et encadrer les élèves. Les habitants des communes de moins de 2 000 habitants se montrent largement plus sceptiques sur la capacité de leur commune, tant en termes d’infrastructures que de personnel encadrant....
[ La perception de la mise en place de la réforme des rythmes scolaires - Harris Interactive - L'ensemble des résultats - 20 février 2013- pdf ]

... Lorsqu'on voit les difficultés qu'a Vincent Peillon à mettre en oeuvre une réforme annoncé comme "acquise" et souhaitée par l'opinion, une réforme d'ampleur des programmes est difficilement envisageable....
... Si le ministère souhaite que sa réforme s'applique au maximum d'enfants, il ne peut en aucun cas l'imposer à l'enseignement privé sous contrat. La rue de Grenelle reste discrète sur ce sujet, pour ne pas raviver inutilement des tensions entre public et privé. ..
... Le débat sur les rythmes scolaires sature l'espace médiatique et occulte tout le contenu (même mince) de la loi à venir. Un échec sur les rythmes plomberait toute possibilité de réforme d'ampleur de l'école, au moins pour la durée du quinquennat. 

... D’accord sur le principe de la réforme - l’allégement des journées de classe et une meilleure répartition des heures de cours sur la semaine -, les collectivités locales reculent devant le poids financier. Elles vont devoir financer des activités périscolaires durant les plages libérées par le raccourcissement des journées, prendre en charge le transport du mercredi, etc. Or leurs budgets sont déjà tendus. Et l’annonce d’une réduction des transferts de l’Etat ajoute à l’inquiétude...

... Parlons-nous de la réussite de la réforme? Ou simplement de limiter les coûts?
... les plannings prévus par cette réforme. Elle devait se faire dans le plus grand respect du rythme chrono-biologique des enfants mais dérive en organisation d'adultes. En imposant du "périscolaire" de 45 minutes, l'Etat oblige les communes à faire du bricolage qui n'est pas du tout en accord avec le rythme de l'enfant: 45 minutes le midi pour certains, 45 minutes le soir pour d'autres...

... Les ministres passent, mais les rapports qu'ils ont commandés restent. Si l'on se penche sur le Rapport d'orientation sur les rythmes scolaires, on y lit que la "quasi-unanimité" de ceux qui ont participé à cette concertation estiment que la "densité de la journée d’école a été fortement accentuée par la suppression d’une demi-journée de classe dans la semaine".
Qu'a fait la précédente majorité de cette ambitieuse concertation ? Rien

... il n'est pas nécessaire d'attendre au-delà de la rentrée 2013 pour prendre des mesures dont la nécessité est reconnue par tous et qui ne dépendent que de l'Éducation nationale concernant la pause du midi et l'équilibre des journées au collège et au lycée,...
... « 4 heures de cours proprement dits par jour est un maximum à ne pas dépasser. Le dépassement constitue une escroquerie pratiquée par les adultes aux dépens de la majorité des élèves. Il faut permettre le travail personnel au domicile et/ou au lycée". Trente ans après, on voit où l'on en est.

... En cas d’application du décret en septembre, il craint « un doublement de la fréquentation de la plage périscolaire ». Comprendre : si la classe finissait à 15h45, la grande majorité des enfants, que les parents récupèrent habituellement à 16h30, viendraient gonfler l’effectif des garderies.
Ce trou creusé par l’Education nationale, explique Laurent Derrien, c’est la mairie qui va devoir le boucher avec du personnel qualifié. Garderie ? Animations culturelles et/ou sportives ? Chat perché dans la cour ? Personne ne sait exactement, mais il faudra débourser des dizaines de milliers d’euros ...

... Enseignants et parents dénoncent le manque de moyens pour réaliser cette réforme. "On n'a pas les locaux, les gymnases nécessaires", fait valoir Olivier, 30 ans, en charge des CE2. "Où met-on les activités culturelles ou sportives de qualité ?, demande Juliette Robin. Impossible d'aller et revenir du musée en 45 minutes. Quant au conservatoire de musique, il affiche déjà complet, tout comme les piscines. C'est un programme merveilleux d'ouvrir la musique à tout le monde. Mais avec quels profs ? Quels locaux ? Quel matériel ?"...

... « Quand j’entends Marcel Rufo (le pédopsychiatre s’est exprimé en faveur de la réforme dans un entretien à La Provence) dire “c’est merveilleux cette réforme, les enfants vont faire de la voile !”, je bous », raconte une enseignante d’Amiens-Nord ...
... les profs ne comprennent pas pourquoi, à quelques semaines de la date fatidique où les communes vont devoir décider si elles passent ou non l’an prochain au 4,5 jours, des questions pratiques telles que : « où se dérouleront les activités périscolaires », « quel personnel les encadrera ? », n’aient toujours pas trouvé de réponse...

cinq voix pour, trente abstentions, vingt-trois votes contre et quatorze refus de vote ...
Le Conseil supérieur de l'Education (CSE), instance consultative, a rejeté mardi le projet de décret sur les rythmes scolaires, qui doit rétablir la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013, sauf dérogations, certains jugeant que le texte va trop loin, d'autres pas assez.
Ce texte, qui prévoit le rajout du mercredi matin en primaire en septembre 2013 (dérogations possibles pour le samedi et pour un report à 2014) a recueilli 5 voix pour, 30 abstentions, 23 votes contre et 14 refus de votes ...
... "Il y a des gens qui ont refusé de voter" parce qu'ils voulaient aller plus loin, "demandaient davantage d'informations" ou " voulaient des choses différentes, ce qui nous laisse penser qu'on n'est pas très loin d'un point d'équilibre qui a vocation a être trouvé dans les jours qui viennent", a-t-on analysé au ministère ...
... A aucun moment des débats au CSE, il semble que l’intérêt de l’enfant ait été évoqué. Suite aux amendements déposés, le projet de décret est en train d'être finalisé...

La réforme des rythmes à l'école primaire... Des déclinaisons locales seront possibles à l’intérieur du cadre réglementaire national afin de prendre en compte les contraintes et les atouts des différents territoires et de permettre à ces derniers de mener à bien leurs ambitions éducatives.
    Un certain nombre de dérogations – notamment le choix du samedi matin au lieu du mercredi matin – pourront être accordées. L’intérêt des élèves étant la priorité absolue, ces dérogations devront être justifiées par les particularités du projet éducatif territorial et présenter des garanties pédagogiques suffisantes...

...  « À votre décharge je reconnais que l’étau dans lequel vous vous trouvez, avec d’un côté des élus pour qui le critère économique l’emporte trop souvent sur tous les autres, de l’autre des enseignants qui estiment être lésés dans la nouvelle organisation et n’imaginent donc pas la mettre en œuvre sans une compensation financière, sans compter ceux que j’ose appeler “réactionnaires”, qui sous le prétexte de défendre l’école républicaine, n’hésitent pas, comme le fait Charles Coutel, à brandir l’anti constitutionnalité de l’expression de “projet éducatif local”, il est difficile de décider. »...

... Refonder l'école sans offrir de perspectives d'avenir radicalement différentes aux élèves de collège et de lycée, à leurs parents, à leurs enseignants, refonder l'école sans réformer le bac, les classes préparatoires et l'accès aux grandes écoles, refonder l'école sans reformer la carte scolaire afin d'éviter que le service public ménage et nourrisse en son sein les inégalités qu'il prétend combattre, refonder l'école "par le bas" portera sans doute quelques fruits, mais ne fera pas reculer l'élitisme d'un iota...

... Un million d'élèves prennent aujourd’hui des cours de soutien privé, ce qui représente environ 40 millions d’heures de cours chaque année.
Les Français champions d'Europe
La France est le premier marché de soutien scolaire privé dans l’Union européenne avec «un volume d’affaires de 1,5 milliard d’euros» en 2011. Au Royaume-Uni, en Allemagne et dans les pays du nord de l’Europe, le soutien scolaire reste marginal. ..
[ Les rapports du C.A.S. :
09/01/13 - Quelle organisation pour le soutien scolaire ? (Note d'analyse 315 - Janvier 2013)

... une partie non négligeable des problèmes de notre école vient du poids que l'élitisme forcené de notre système fait peser sur les élèves, les familles et, dans une certaine mesure les enseignants (dans une certaine mesure seulement car nombre d'entre eux y sont attachés). De là les contournements de carte scolaire ou le choix du privé. De là la concurrence féroce entre lycées publics dans les grandes villes et notamment de Paris pour attirer les meilleurs éléments. De là le cortège de vexations, parfois d'humiliations, qui jalonnent le parcours des élèves qui ne répondent pas aux canons de la beauté scolaire (en gros : être soumis à l'autorité et bon en maths). De là la persistance du redoublement qui, selon tous nos récents ministre, de droite comme de gauche, "coûte cher et ne sert à rien"...

... Où est passée la loi d’orientation ?
Un bruit et une fureur qui paraissent à vrai dire sans guère de rapport ni de légitimité avec la réalité des préoccupations éducatives du moment, autant pour ce qui touche à l’enseignement public qu’à l’enseignement privé sous contrat.
En la matière, le terrain devait être occupé, pour les semaines qui viennent, par la discussion parlementaire sur la prochaine loi d’orientation. Un domaine où Vincent Peillon avance à pas comptés, à demi-pas, quand ce n’est pas à reculons ...

... Il faudra, bien entendu, attendre les décrets d’application (la loi d’orientation renvoie 20 fois à des décrets)...
...comme d’autres l’ont bien analysé, les options prises par Vincent Peillon et François Hollande sont un piège. La refondation peut ne ressembler qu’à une restauration de l’école de 2007, avant la suppression de la formation des enseignants, avant la suppression des postes, avant la suppression de la semaine à quatre jours et demain, avant les programmes de 2008…
Cependant, ces quatre points, continuité école-collège, priorité au primaire, le numérique et les rythmes scolaires, permettent de croire que l’on cherche à édifier l’école sur de nouvelles fondations...

...Je ne veux pas raviver la guerre scolaire. Et suis très respectueux du caractère propre de l'enseignement catholique. Mais, en retour...
... la présidente de l'APEL, confirme en effet que "trois types de sollicitations" lui sont remontées depuis la diffusion, le 19 octobre 2012, d'un communiqué de son organisation marquant son "opposition ferme au projet de loi". "Des félicitations pour notre prise de position, des regrets que nous n'appelions pas à manifester le 13 janvier, et aussi parfois une opposition à notre prise de position", rappelle-t-elle.
Les 843 000 parents d'élèves que regroupe cette association sont très divers. Selon une étude du Credoc de 2004, seuls 14 % choisissent le privé pour des raisons confessionnelles.
[ L’enseignement libre :
choix de conviction mais aussi de pragmatisme - CREDOC - avril 2005 - pdf ]

« Il faut changer les façons d’enseigner et les mentalités »... la plus grande réforme pédagogique, en réalité, c’est que cela permet l’allégement de la journée de classe, en tentant de se rapprocher des 5 heures par jour. En fait, cette réforme des 4 jours et demi, 5 heures par jour, est consensuelle. Elle ne recueille pas seulement les faveurs des chrono-biologistes et de l’académie de médecine, elle a été votée par les parlementaires de gauche et de droite. Elle est unanimement reconnue mais, dès que l’on passe aux travaux pratiques, tout le monde hésite. Cela dit quelque chose de la France...

.. Pour que les élèves ne quittent pas l'école avant 16 h 30, il est prévu des "activités pédagogiques complémentaires", prises en charge par les enseignants, qui remplaceront l'aide personnalisée. Il pourra s'agir d'une aide aux élèves en difficulté, d'une aide au travail personnel ou d'activités liées au projet d'école...
"Le présent décret modifie les rythmes scolaires dans le premier degré afin de mettre en place une semaine scolaire plus équilibrée et d'alléger la journée d'enseignement en vue d'améliorer les conditions d'apprentissage des élèves et de contribuer à leur réussite ..."
[ Rythmes scolaires : le projet de décret pour la rentrée 2013 ]

... "Les méthodes et contenu d'enseignement, la formation, la scolarisation des élèves en situation de handicap, les Rased et bien sûr les salaires des enseignants arrivent en tête, indique Jérôme Lambert. Les 4,5 jours viennent bien après. D'autant que la réforme des rythmes scolaires qui nous est proposée n'est ni plus ni moins un retour à l'école de 2008 avant la suppression du samedi matin par Xavier Darcos. Ça n'est pas ça changer l'école." ...

Est-il normal que l’école décide contre les choix d'un élève?Est-il logique que les enseignants désignent qui fera de la chaudronnerie ou de la mécanique, qui ira en formation industrielle, ou en section économique ?...
... « Oui ou non l’Etat a-t-il le droit d’imposer à chaque enfant une orientation scolaire, c'est-à-dire celui de lui interdire toute étude autre que celle qu’il lui assigne ? Si l’on veut que le mérite scolaire décide des places sociales, il faut répondre oui. Or cette réponse n’a jamais été assumée politiquement, car la majorité des Français y étaient hostiles, à commencer par les enseignants qui l’auraient admise pour les enfants des autres mais non pour les leurs. Le résultat fut donc un compromis honteux. Le système public fonctionne comme s’il avait ce droit, et il en use largement envers les humbles. »En fait, le sujet n’a jamais été débattu...

... Pirls ?  Il s'agit du Programme international de recherche en lecture scolaire, coordonné tous les cinq ans dans 45 pays...
...les élèves français âgés de 10 ans maîtrisent moins bien la lecture que la moyenne des écoliers européens du même âge. Et que, sur plusieurs points, leurs performances se sont dégradées depuis une décennie. Plus préoccupant encore : ce ne sont plus seulement les élèves des zones d'éducation prioritaire, les moins favorisées, qui tirent le niveau général vers le bas - tous les établissements sont touchés, et même le groupe des très bons élèves ...

C’est la première fois que la Finlande est réellement distancée et que l’Asie se pose en championne du monde de l’enseignement scolaire. Ce bouleversement est révélé par deux enquêtes qui font référence et sont publiées aujourd’hui, PIRLS et TIMSS...
... Ces résultats ne disent évidemment pas tout d’un système éducatif. Ils ne révèlent pas son ambition ni sa philosophie générale...
... Dans de nombreux pays, la presse fait part de la déception concernant les résultats obtenus...
...les Pays-Bas sont ceux qui réussissent le mieux à aider les écoliers qui ont des difficultés d’apprentissage à obtenir un niveau suffisant. Le revers, c’est que les Pays-Bas n’ont pratiquement pas d’élèves avec des performances excellentes...

... La France, avec un score de 520 points, se situe au-dessus de la moyenne internationale (500 points) mais en deçà de la moyenne européenne (534 points)...
... Les inégalités de performance entre les élèves demeurent importantes en France et ne se réduisent qu’à la faveur d’une baisse significative du pourcentage d’élèves français les plus avancés (7 % en 2001 contre 5 % en 2011). Les élèves français sont en outre surreprésentés dans le quartile européen des élèves les plus faibles (32 % contre 25 %)...
... Enfin, un problème récurrent demeure en matière d’estime de soi des élèves français: ceux-ci sont toujours les plus nombreux à s’abstenir de répondre lorsque les réponses doivent être rédigées. Ils sont aussi les plus nombreux à ne pas terminer les épreuves...
[ PIRLS 2011 International Results in Reading - pdf ]

... L’arrivée dans les établissements, de personnels sans la moindre formation, certes mastérisés, mais qui n’ont jamais entendu parler des mouvements pédagogiques, des grands pédagogues contemporains, des pédagogies alternatives, de l’éducation populaire, convaincus que le seul modèle pédagogique est celui de la transmission magistrale frontale, creuse encore le déficit d’engagement collectif...
... Cela n’empêchera pas de travailler sur un projet d’établissement que l’on rangera dans un tiroir jusqu’à la prochaine réunion. Quand on fait cours, on a autre chose à faire qu’à mettre en œuvre le projet.
C’est ainsi que l’institution, et tout particulièrement depuis 5 ans, connaît une période de doute et de démobilisation dont les enseignants ne sont pas responsables, pris à la fois dans le tourbillon de l’absence dramatique de projet politique pour l’Ecole, dans la vague ultra libérale du pilotage technocratique autoritaire, dans la valse de l’ennui...

... le peu de cas que les élites font des préceptes qu'elles souhaiteraient, officiellement, voir enseignés dès la maternelle : le respect de la parole de l'autre, la capacité à argumenter calmement, la digne soumission à la loi. L'inverse, en somme, des chamailleries de cour de récréation auxquelles se livrent d'éminents ex ministres, députés, enseignants et autres inspecteurs de finances, quasiment tous passés par les meilleures institutions de notre République...
... Qui accuseront-ils la prochaine fois ? Mai 68 ? Pourtant, nombre d'entre eux ne sont pas les enfants de cette histoire, et avoir subi les règles d'airain de l'école à la papa, visiblement, ne les a nullement vacciné contre les excès imputés aux années 70-80.
On ne le dira jamais assez : l'école est à la fois la matrice et le miroir de la société. Notre école semble malade ? C'est notre société qui l'est (et la réciproque est vraie). Rien ne sert d'espérer des jours meilleurs si la «refondation» promise ne s'étend pas à l'ensemble du corps social, en commençant par les élites qui, par les pouvoirs qui leur sont conférés, ont un devoir d'exemplarité. C'est le point aveugle de la réforme préparée par Vincent Peillon : si ce dernier veut «refonder la société par l'école», encore faut-il qu'il soit vigoureusement accompagné dans la refondation de l'école par la société..

...Sur 100 jeunes entrés en 6e en 1995, 44 sont désormais titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur. Cette proportion varie de 20% pour les enfants d'ouvriers non qualifiés à 76% pour les enfants de cadres ou d'enseignants. Une grande partie des inégalités scolaires se joue avant le baccalauréat. Les chances d'avoir le bac et le type de bac obtenu diffèrent déjà nettement selon le milieu social : parmi les jeunes entrés en 6e en 1995, près de 90% des enfants d'enseignants ou de cadres ont eu le bac, contre 40% des enfants d'ouvriers non qualifiés...
[ France, portrait social - Insee Références - Édition 2012- pdf ]

... Cette dégradation de l’insertion professionnelle des sortants de lycée intervient dans un contexte de crise économique et de recul de l’emploi dans l’ensemble des secteurs marchands ...
[ Note d'information DEPP (E.N.) - Une insertion professionnelle des sortants de lycée entravée par la crise économique de 2008 - nov. 2012 - pdf ]

 ... Dans un grand nombre d’écoles et de collèges, les enseignants n’ont jamais entendu parler de la refondation et n’ont jamais été invités à penser le changement. Au contraire même, les pratiques autoritaristes, les exigences paperassières du pilotage ultra libéral par les résultats apparents, ont sévi et sévissent toujours. Le doute s’est installé dans les milieux progressistes en même temps que le soulagement chez les conservateurs...

... "Je crois au bricolage", a dit le ministre au maire pour résumer son souhait de donner "un cadre global sur la refonte des rythmes".
Le temps périscolaire, "ce n'est pas un temps que nous allons laisser cannibaliser par l'institution scolaire, ça n'est pas l'idée", a assuré le ministre. Il a affirmé vouloir laisser le "maximum à l'autonomie" pour l'organisation des activités périscolaires.
"Cela n'interdira pas à ceux qui font déjà différemment de continuer à faire différemment. Nous encouragerons même à faire différemment,"...
... Vincent Peillon a assuré aux maires que les enseignant aussi feraient un effort pour le changement: "nous leur demandons de venir une demi-journée de plus sans leur proposer de mieux les payer" ...

... Changer l'école, c’est compliqué. Cela bouscule beaucoup d’habitudes. C’est tellement plus simple de tout laisser en l'état! Je crains que le souffle de la réfondation soit en train de retomber. ...
... Est-ce que ce projet de réforme ira jusqu’au bout? Je me pose la question.»...
... Les familles comme les profs et les municipalités doivent savoir rapidement à quoi s’en tenir pour pouvoir s’organiser. Je crains un grand bazar généralisé avec un système à plusieurs vitesses...
...Si le gouvernement recule sur cette réforme, que va-t-il rester du grand projet de refondation de l’école? L’entrée à la maternelle plus tôt? Ce serait un simple ravalement de l’école, pas une refondation.»...

... Pour ceux qui en doutaient encore, la grande concertation organisée pendant trois mois sous les ors de la Sorbonne et censée mettre tout le monde autour de la table pour parvenir à un consensus n’aura donc, sur ce point, servi à rien. Les élèves français qui ont de très loin les journées les plus chargées des pays de l'OCDE attendront encore.
Du côté de la principale association de parents d’élèves, la FCPE, on se désole d’un tel report devant le lobbying des maires...

... on évitera de parler de refondation dans ce texte, avec juste raison puisque rien ne vient donner corps à une ambition nouvelle pour la formation des enseignants. Ces textes sont étriqués, empêtrés dans d’impossibles compromis entre des acteurs mal identifiés. Ils témoignent d’une méconnaissance de l’existant en matière de formation d’enseignants et ils sous-estiment, à dessein peut-être, les effets de système de l’organisation universitaire.
Qu’énoncent-ils ? Des principes d’abord, qu’ils s’empressent de démentir dans les parties suivantes de l’exposé...
... on comprendra qu’il n’est plus seulement question de rejouer le film de Lelouch, Tout ça pour ça, mais bien de faire un grand bond en arrière quand il aurait plutôt fallu le faire dans l’autre sens... »

... à la rentrée de septembre, tout ce qui avait été mis en cause, voire condamné, a été maintenu,à la grande surprise, il faut bien le dire, des pédagogues qui avaient légèrement pensé qu’il aurait été possible de suspendre l’aide individualisée hors temps de classe, unanimement condamnée, et les animations pédagogiques souvent sans intérêt de l’avis des enseignants, pour donner le temps aux équipes de travailler dans les établissements sur la refondation, son sens, ses priorités, ses modalités sur le terrain...
... en maintenant les fonctionnements antérieurs, en renonçant à annuler les sanctions dont ont été victimes les « désobéisseurs », en encourageant le zèle d’une proportion des cadres, on a fortement réduit l’espoir, on a éteint les enthousiasmes renaissants, on a obéré les chances de réussite de la refondation...

...  La paperasse, envahissante, qu'on leur demande d'adresser à la hiérarchie, que ce soit pour organiser une sortie à la piscine ou pour signaler un élève en difficulté. Le sentiment d'être infantilisés par la hiérarchie. L'impression de subir, à chaque changement de ministre, un nouvel empilement de réformes venues d'en haut, sans rapport avec leurs besoins... 
... Résultat, la majorité demande des réformes plutôt qu'une réforme, des mesures simples et concrètes pour, là encore, améliorer le quotidien, mais surtout pas de "grand soir", de véritable "refondation"...

... Bref, on n’est pas déçu par la prose et les idées de la droite forte, où les bienheureux semblent vivre dans un monde simple, sans nuance ni complexité. Un monde surtout très éloigné de l’école, qui paraît n'en connaître ni les réalités ni les enjeux. Libéralisation forcenée, ultraflexibilité des personnels, mesurettes poudre aux yeux relevant de la méthode Couet, bourrées d’incohérences et de paradoxes, confusions, approximations, mélange des genres, populisme, tout ceci ferait rire si ...

... Comme on s’est rendu compte que ces dérives conduisent le système dans l’impasse, on affiche une volonté de remettre la pédagogie à sa place. Mais la question est très difficile à traiter, surtout quand on renvoie républicains et pédagogues dos à dos, assuré ainsi de conforter les conservatismes. Alors, on parle de pédagogies au pluriel ce qui permet de s’en laver les mains, laissant à chacun la responsabilité de trouver des adaptations formelles à un modèle unique. Comme s’il y avait des pédagogies pour les nuls et des pédagogies pour les forts… 

... Jardin, en cassant la convention de la parole off et en plaçant la discussion sur le terrain de la vérité, met le ministre devant sa réalité de réformateur sans le sou dans l’incapacité de mener à bien des réformes structurelles, mais obligé d’aller au bout de guingois et de présenter à la France quelque chose ressemblant à une réforme.
Ainsi la réforme des rythmes scolaires, dont on a déjà dit ici maintes fois qu’en l’état elle ne va pas changer grand-chose pour les élèves – pour cela il aurait fallu par exemple que l’état ait les moyens de ses ambitions et puisse financer la fameuse 6ème heure d’école obligatoire, entre 15 h 30 et 16 h 30.
Ainsi la réforme de la formation des enseignants, dont il se dit que telle qu’elle se présente la montagne va accoucher d’une souris faute de crédits ...

[ 7 novembre 2012 ]... le vrai reproche, au fond, portait sur l’opportunité de critiquer de manière un peu trop véhémente une proposition du ministre Peillon, celui-là même sur lequel tout le camp de l’éducation digne de ce nom a misé son livret A, le surdoué du cartable, le pur-sang qui va faire gagner l’école, le crack de la pédagogie au discours fédérateur, le champion maison arrivé aux plus hautes responsabilités et qui va nous venger des années de mise à sac...
... Parce qu’on croit à la Refondation, malgré tout, malgré le manque de moyens qui risque de réduire sacrément la voilure, il faut dire quand les sentiers empruntés ressemblent fort à des impasses. Il est du devoir de ceux qui accompagnent de signifier à quel moment précis ils cessent d’accompagner, et pourquoi...
... « tu te trompes Vincent, on est d’accord sur plein de choses, mais là tu as tort, on ne te suivra pas sur ce coup-là ».
La réforme des rythmes scolaires, voulue par tous ou presque, on le redit donc fermement et sans animosité, est en train de virer à la réformette cache-misère : journées à peine moins longues, plus denses encore à cause de programmes toujours aussi chargés, aide aux devoirs en forme de trompe-l’œil, périscolaire a minima, alternance vacances / classe inchangée…
Tout faux, ou presque.
Cette critique constructive, les corps intermédiaires – syndicats, associations, mouvements divers – ne doivent pas hésiter à la faire, sans quoi ils cessent de jouer leur rôle...

... Le redoublement, une des particularités du système scolaire français, aurait du plomb dans l’aile. François Hollande veut en limiter le nombre. Perspective évasive, dans dix ans on appréciera ce qu’il en est...
... Qui est prêt à lancer l’éradication du redoublement? Pour le moment, personne: le «retard» des uns organise «l’avance» des autres. Le redoublement est une matrice, parmi d’autres mécanismes, au service de l’élitisme républicain: la sélection précoce et souvent «pour la vie» des meilleurs. Beaucoup d’arguments militent pour supprimer le redoublement, en revanche ...

... cette réforme est en train de se vider de son sang, victime de trop d’incohérence, grosse de trop de contresens, et que tout ce qu’elle était censée apporter, changer en profondeur, s’est perdu en route...
... Tout se passe donc comme si on voulait sauver les apparences : laisser penser que le nouveau rythme de l’école va enfin permettre des journées plus calmes, plus légères, et ainsi la progression de tous ; laisser croire que les devoirs seront faits correctement et les leçons sues lorsque les enfants rentreront chez eux ; laisser imaginer que les élèves s’enrichiront et se cultiveront sur le temps périscolaire de fin de journée...
... Peu importe les contradictions, au fond, pour Peillon : d’une part il donne le change aux familles («aucun enfant ne sera hors de l’école avant 16 h 30», et plus de corvée de devoirs à la maison), d’autre part il évite la grogne des collectivités locales, enfin surtout il ne débourse pas un sou. Gagnant gagnant...

... Avant même l'ouverture des négociations, la question de revoir la durée des vacances d'été, qui arrange sans doute avant tout l'industrie touristique et les enseignants, n'est plus évoquée. Avec trois millions d'enfants qui, chaque année, ne partent pas en vacances, la grande majorité d'entre eux prenant au maximum 15 jours, le sujet mérite sans doute mieux qu'un rapide renoncement.
Le volet pédagogique de la refondation de l'école, tel que l'a dessiné Vincent Peillon – fin des redoublements, des formes d'évaluation et de notation plus constructives, fin des devoirs à la maison –, s'il était réellement appliqué marquerait un tournant. Mais comme bien des spécialistes de l'école l'ont noté, il pourrait une nouvelle fois s'agir de «serpents de mer, intéressants, mais ....
... Les devoirs à la maison sont officiellement proscrits depuis 1956 et la volonté de sortir de l'orientation couperet, orientation subie, pour aller vers une orientation choisie figurait déjà dans la loi Jospin de 1989...
... le risque de voir s'accroître à nouveau les inégalités est là quand on sait par exemple que la région (les régions ont aujourd'hui compétences pour la construction, l'équipement et le fonctionnement des lycées) Languedoc-Roussillon dépense aujourd'hui 3 660 euros par élève contre 1 540 en Rhône-Alpes...

... passer des paroles aux actes !
Le diagnostic est substantiel, détaillé et pertinent mais les propositions concrètes apparaissent plus restreintes et ne répondent pas toujours aux priorités et urgences que supposeraient la prise en compte du diagnostic.
On y sent le souci – légitime- de réunir le consensus le plus large possible. Au risque de ne satisfaire personne et de ne pas provoquer l’élan que devrait susciter une loi d’orientation et de programmation. Il convient de se souvenir de la pertinence de la loi de 1989 et, en même temps, de sa faible appropriation par les acteurs de l’Ecole.
L’ensemble des mesures proposées constituerait, si elles étaient mises en œuvre, la plus importante réforme du système éducatif depuis longtemps. Il faudra veiller à ce que la cohérence d’ensemble soit conservée...

... à trop vouloir ménager la chèvre et le chou, (“quand on change les choses, il faut le faire avec le plus de circonspection possible ”) Peillon risque de finir contre un platane : ce ne sera pas plus facile de faire passer les mesures difficiles plus tard, d’une part, et d’autre part les mesures engagées souffrent du coup d’incohérence (les rythmes scolaires, encore : leur modification n’aurait de sens réel que si on ramenait les vacances d’été à 6 semaines au lieu de 8, mais cette question est encore trop sensible)...
... le système de gouvernance reste inchangé. Alors que le système pyramidal est mis en avant par tous les acteurs de l’éducation et notamment les enseignants comme un problème majeur de gouvernance, aucune restructuration n’est prévue...

Comment "refonder" une institution qui ne croit plus en elle-même et qui, pis, ne tente même plus de sauver les apparences ? 
... L'Etat doute-t-il à ce point de lui-même pour qu'il envisage d'externaliser un projet aussi central que la "refondation de l'école républicaine", cette belle promesse faite par François Hollande et réitérée par Vincent Peillon ? Les Inspecteurs généraux et la direction générale de l'enseignement scolaire sont-ils incapables de réécrire des programmes scolaires ? La direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance a-t-elle besoin d'un alter ego "indépendant" pour produire de bonnes statistiques ? Si oui, alors osons la question que ne formule pas le rapport de la concertation : à quoi sert encore l'administration de l'Education nationale ?

... le ballet des chefs au pied de l’estrade ce mardi matin, dans le prestigieux grand amphithéâtre de la Sorbonne, ne peut que faire sourire. Les congratulations entre ceux qui pensent vraiment à une véritable refondation, ceux qui ont précipitamment retourné leur veste, ceux qui n’ont retourné qu’une manche de la veste mais qui visent un poste, ceux qui considèrent que l’on peut passer du libéralisme déshumanisant à la démocratie humaniste en quelques heures en affichant la même conviction sans pour autant admettre les dégâts commis, sont un spectacle qui pourrait inspirer les humoristes...

... De fait, le rapport se présente comme une "boîte à idées". Celles-ci ne sont pas nouvelles, mais ont toujours buté sur des positions conservatrices, corporatistes, et sans doute aussi sur un manque de courage politique. Prises une à une, elles pourraient passer pour anecdotiques. Assemblées, et appliquées, elles ouvriraient la voie à une révolution...

... Si 68 % des Français s'opposent à la suppression des devoirs à la maison selon un sondage Ifop* publié mardi après-midi, les jeunes, eux, applaudissent. Ils se jugent accablés de devoirs. Tous expliquent qu'ils ont entre une et deux heures de travail quotidien à réaliser en dehors de l'école. «On a vraiment dix fois trop de travail!», peste Lucas. «Comme la correction en classe se fait en groupe, le professeur n'a pas le temps de venir nous voir et nous expliquer ce qui ne va pas si on n'a pas compris» ...
* [ Les Français et la suppression des devoirs scolaires à la maison pour les élèves du primaire - Résultats détaillés - Octobre 2012 - IFOP - pdf ]

... Mise à part l'augmentation des moyens, qui n'est pas négligeable, la seule annonce véritable sur le primaire concerne les devoirs. Ils seront faits à l'école, après la classe. Si le président dit vrai, ce serait la concrétisation d'une mesure prise en 1956. Il ne faut donc pas désespérer.

... Pour l'instant, dans les faits, le nouveau ministre de l'Education n'a pas changé grand-chose - je ne parle pas ici de l'atmosphère nettement plus détendue et des espoirs (raisonnables) qui s'affichent aujourd'hui.
Mais sur le plan rhétorique, on a d'ores et déjà assisté à un petit séisme.
Or les mots sont importants: rabâchés dans les discours...
... Maintenant, après les grands mots et les belles promesses, il reste à voir ce qui va changer réellement. Rendez-vous dans quelques mois...

... L'éducation nationale doit assumer pleinement son rôle qui n'est pas seulement de former des citoyens mais aussi de préparer les jeunes à un emploi. Les deux sont liés. Or, en orientant mal, nous poussons les jeunes dans des difficultés qui produisent échecs et exclusions, nous fabriquons des décrocheurs...
... Si la question des vacances d'été doit bloquer toutes les autres avancées, je proposerai au Premier ministre de ne pas y toucher. Mon souci est d'aller le plus loin possible dans la réforme du système éducatif...

... «On a un peu entendu tout et son contraire, depuis un certain temps. Pour l’instant on n’a pas le sentiment que le ministre actuel (de l’Education) considère qu’il faut nous consulter, nous les professionnels du tourisme, et on le déplore».
«On comprend bien que ce ne soit pas l’avis des professionnels qui soit le plus déterminant dans la vie des enfants, mais ...

... La loi de 2005 sur l’intégration des enfants handicapés a, bien malgré elle, contribué à dégrader la situation... [elle]  est aussi l’occasion de justifier toutes les intégrations, sans discernement, sans réflexion, sans adaptation, sans réelle vision ni projet particulier, et ce alors qu’elle couvre des situations très diverses, voire radicalement différentes : entre un autiste «de haut niveau», un handicapé moteur en fauteuil et un enfant souffrant de troubles du comportement, peu de points communs.
Vous devez intégrer, dit-on à l’école sans lui donner les moyens de le faire correctement. On se contente trop souvent de balancer sans plus d’accompagnement le gamin dans une classe dont l’instit n’est absolument pas formé pour comprendre ce type d’enfant et encore moins travailler avec. Dans le meilleur des cas on peut compter sur un AVS, très mal payé, peu qualifié, pas formé (et encore, cette année, 2 700 postes en moins alors que la demande explose)...
... En pleine « Refondation de l’école », il est souhaitable que ces questions soient abordées. Sans quoi la situation des Kadiatou, des Jeff, des Luis (et donc des écoles et des classes qui les accueillent) ne s’améliorera pas dans les années à venir. Des enfants que l’institution a le devoir d’accueillir, mais qu’elle ne se donne pas les moyens d’accueillir correctement, et dont les inspecteurs nous disent qu’on ne peut rien pour eux. Injonction paradoxale...

... Cela étant il va soulever trois types de débat.
-  1 Le premier, aussi vieux que Jules Ferry : le rôle de l’école est-il de préparer des têtes bien faites ou la vie d’après, professionnelle ? Les choses ne sont pas aussi tranchées que ça dans la vraie vie, mais c’est un débat presque philosophique.
-  2 Deuxième question : l’orientation...

Idées nombreuses et variées recherchent ministre courageux pour les appliquer ...
... Elles  sont nombreuses, intéressantes et leur richesse vient du fait qu’elles se placent sur plusieurs registres. Il ne reste qu’une question : qu’en fera le ministre ? S’il les prend toutes, il a, en kit, l’architecture d’une école nouvelle. S’il choisit la facilité, en n'y piochant que celles qui lui permettront de durer, la concertation nationale n’aura servi à rien, et ce rapport s’empilera sur bien d'autres. Et dans ce pays imaginatif, le courage politique est un ingrédient plus rare que les idées !...

... On a, comme d'habitude, invité les 5 000 permanents de l'Éducation nationale, tous des gens très qualifiés, mais assez éloignés des élèves. Tout cela ne saurait exonérer le gouvernement d'une perspective. Or, pour l'instant, je ne vois pas de projet fort pour l'école.
Pourtant, Vincent Peillon promet de tout "refonder", ce n'est pas rien.
On a jusqu'à aujourd'hui empilé beaucoup de réformes, on a réparé, ajusté, réagi, et la maison Éducation est une construction de bric et de broc, avec des pans baroques, des murs classiques, des rafistolages en tôle ondulée...

... l’Etat dépense 47 % de plus pour former un élève parisien que pour former un banlieusard de Créteil ou de Versailles. 51 % de plus pour former un Parisien qu'un Niçois...
... A Créteil, 21,6 % des enseignants ont moins de 30 ans (pour une moyenne nationale à 9,2 %) et 8,6 % sont non titulaires (contre 4,9 % en moyenne). A contrario, à Paris, 24,2 % des profs sont agrégés pour une moyenne nationale deux fois moins élevée...
... Est-ce que cela va changer ?...

... Nous avons atteint le stade délicat où les élus, compte tenu de l’importance croissante de leur investissement demanderont des comptes, discuteront des projets éducatifs et voudront assumer leur responsabilité. L’école sera contrainte de changer. Mieux vaut qu’elle anticipe, même s’il est déjà un peu tard ...
...  Refonder les pratiques pour refonder l’école. Redonner toute sa place à la pédagogie, complètement déniée depuis 2007. 
Le temps est venu de voir si l’espoir de la refondation sera respecté et si une pédagogie de la réforme permettra de remobiliser les acteurs ...

... Mais que leur est-il arrivé ? Depuis dix ans, pas une rentrée sans qu'une poignée de pamphlétaires quasi-professionnels prennent la plume pour tirer à boulets rouges sur une école qui aurait abandonné sa mission civilisatrice, où toute autorité aurait été minée par les effets du laxisme post-soixante-huitard, une école soumise aux caprices de l'enfant-roi, dévastée par le "tout tout de suite" et le consumérisme, gangrenée par une cinquième colonne de "pédagogistes" obtus prêts à tout pour ruiner la culture, la civilisation, l'homme.
Cette année, rien ou presque ...

La grande concertationsur l'école, lancée début juillet par le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon s'est achevée jeudi [27 sept.], comme le prévoyait le calendrier officiel...

Dé-concertant ...

...Au total, rien de neuf. La semaine de quatre jours, décidée en 2007 par Xavier Darcos sera enterrée en 2013, comme annoncé par Vincent Peillon dès sa prise de fonction. Les écoliers devraient avoir quatre jours et demi d'école, avec le mercredi matin...
... L'organisation du calendrier scolaire, et la question du zonage, voire du raccourcissement des vacances n'est pas encore tranchée. Et pour cause: le sujet est extrêmement complexe, et suscite l'opposition des lobbys touristiques...

Dé-concertés ...

... Refonder l'école -et refonder "la République par l'école"- comme le ministre de l'Education nationale l'a promis, imposera de sortir du "ni-ni" qui caractérise les politiques publiques menées au collège depuis plus d'un demi-siècle. Sans quoi cette refondation s'apparentera à une nième de ces réformes dont l'empilement désoriente les familles et décourage les enseignants.

... Le problème est que cette concertation tourne en rond et que le sens même du mot refondation a été oublié dans le flot des revendications et des propositions d’adaptation de l’existant sans en changer les fondements et les finalités.
 En fait, quasiment plus personne ne parle de refondation, sauf Pierre Merle dans un groupe auquel je participais mercredi. Curieusement, personne ne contestait ses analyses et sa conviction de l’impérieuse nécessité de refonder, de construire de nouvelles fondations, mais toutes les interventions qui suivirent ne proposaient que des aménagements, des corrections, des compléments, à l’existant...

Pour la FCPE, l'UNEF et l'UNL, constitutives du pôle des usagers du service public d’éducation, la concertation qui se tient actuellement sur le devenir de l’Ecole ne pourra pas déboucher sur une véritable refondation si on ne réforme pas en profondeur le baccalauréat. Ce diplôme est pourtant le grand oublié de la discussion actuelle. Face à la stagnation de son taux de réussite, et à sa «dévalorisation» prétendue, il est temps de le refonder...
Nous ne pouvons pas non plus continuer à évaluer quinze années de scolarité en seulement quelques jours...

... Nous demandons l’abandon de l’ensemble des fichiers BE, BNIE, RNIE, Sconet-SIECLE, AFFELNET, APB, LPC et autres livrets scolaires électroniques...
... Diminuer le nombre de cases comme semble le prévoir l’actuel Ministre de l’Education Nationale ne changera pas la nature de l’usine à cases qu’est en train de devenir l’école et le rôle de contremaître de fabrication des ressources humaines qui est aujourd'hui assigné aux enseignants...
... Enfin, avec l’absence de réponse à la mise en demeure adressée par le CNRBE au Ministère le 14 mars 2012, et avec l’absence de l’élémentaire décision de levée des sanctions contre les enseignants qui ont résisté aux mesures prises par le gouvernement précédent (engagement subliminal de la campagne électorale), nous n’avons à ce jour aucun signe que le changement soit pour maintenant.
Nous ne participerons pas à la concertation.

Piloter… Non. La feuille de route imposée par une personne qui ne sait pas faire l’école, qui serait incapable de réaliser elle-même les injonctions données, n’a pas de sens...
...On ne refondera pas l’école si l’on fuit ces questions comme cela semble être le cas à ce jour.

... L’autre voie serait de modifier en profondeur le fonctionnement de l’école de sorte que les disciplines ne soient pas seulement étudiées à proportion de leur capacité à mener vers l’élite, mais parce que chacun jugerait bon que les élèves reçoivent une formation variée, qui les élèverait intellectuellement et moralement. Une refondation, en somme, qui ne cantonnerait pas la « morale laïque » au rang de discipline parmi les autres mais en ferait le socle de tous les enseignements. Oui, cela exigerait une vigoureuse refondation de l’école. N’est-ce pas le projet ?

... les technologies de l'information et de la communication ont également changé la donne. «Les enfants sont devenus des acteurs directs. Ils sont donc plus ouverts, plus intervenants, plus entreprenants, mais en contrepartie n'ont pas de limites.» Il ajoute enfin que«le désarroi des adultes est amplificateur».
Il est donc urgent de parvenir à un «consensus» entre adultes sur les règles à poser. «Les disputes entre adultes et le manque de solidarité angoissent les enfants, tout en leur laissant le terrain libre. Le débat sur l'école entre adultes, c'est la cour de récré!», ajoute Philippe Jeammet.
Ses préconisations? Travailler sur la solidarité des équipes pédagogiques (directeurs, professeurs, psychologues, éducateurs…) et libérer du temps pour la vie d'équipe et les relations avec les parents...



L'actualité : dans, hors, en face, avant, pendant, après, 
en sortant de ... "l'école"

La Sécurité, disent-ils, Fra-ter-ni-té, disent-ils, 
"les Droits de l'Enfant", disent-ils...

... De plus en plus populaires, en banlieue comme à la campagne, les systèmes de vidéosurveillance placés à l’intérieur des établissements scolaires connaissent peut-être leurs dernières heures. Saisie début 2010 par plusieurs associations de parents d’élèves et d’enseignants, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) vient de mettre en demeure cinq d’entre eux de retirer les équipements installés dans les lieux de vie, tels la cour de récréation, le préau ou le foyer des élèves.
Une décision qui concerne tout type d’établissement, de la maternelle au lycée, et «qui a valeur de jurisprudence», s’empresse de préciser la Cnil...
... On ne peut pas dire aux enfants : Faites attention à votre vie privée sur Internet, et dans le même temps les filmer en permanence quand ils sont à l’école. »
...En installant ces caméras, les chefs d’établissement n’avaient pas de mauvaises intentions. Ils ne s’étaient simplement pas posé la question de savoir s’ils en avaient vraiment besoin. »

le modèle américain, fessebouk...
la fessée rend bête et méchant.

... Battre un enfant, "c'est tout, sauf de l'éducation, c'est de la brimade, c'est de l'humiliation"
Pour le docteur Lazimi, une loi sur le sujet doit voir le jour en France. "La loi interdit de frapper un adulte, la loi interdit de frapper un animal, et c'est normal. La loi doit interdire de frapper un enfant", souligne-t-il, tout en rappelant que seules la France et l'Angleterre n'ont pas légiféré sur le sujet dans l'Union européenne.
Selon la Fondation pour l'enfance, 28 pays ont déjà interdit ces "pratiques inefficaces et traumatisantes".

Alors que le Conseil de l’Europe organise aujourd’hui à Strasbourg un débat international sur l’interdiction de la fessée, celle-ci n’a jamais eu autant le vent en poupe auprès des parents. « On assiste à un retour aux années 1950, affirme le psychologue Didier Pleux*. Tombée aux oubliettes dans les années 1970, la fessée connaît actuellement un retour en force.
Les parents sont de plus en plus nombreux à me dire dans mon cabinet que c’est l’unique moyen qu’ils trouvent pour exercer leur autorité. »
(sondage Le Figaro)
« Levez la main contre la fessée ! », tel est le slogan d’une campagne du Conseil de l'Europe contre les châtiments corporels infligés aux enfants. Les châtiments corporels constituent la forme la plus répandue de violence à l’encontre des enfants. C’est aussi une violation des droits des enfants en tant qu’êtres humains. Inefficaces en tant que méthode de discipline, les châtiments corporels transmettent un message erroné et peuvent être à l’origine de graves dommages physiques et mentaux. Le Conseil de l'Europe lutte contre les châtiments corporels en menant une campagne pour leur abolition totale et en faisant la promotion d’une parentalité positive et non violente dans ses quarante sept Etats membres.
... le clergé fessa aussi allègrement hors de ses rangs. La fessée disciplinaire connut son «plein-emploi dans les collèges quatre siècles durant, du XVe au XVIIIe siècles. Les règlements étaient particulièrement sévères dans les établissements scolaires tenus par des religieux», explique Jean Feixas. Les cancres et insoumis recevaient le plus souvent leur volée en public et au réfectoire, après les repas. Avec obligation de dire merci. Dans les collèges de jésuites, on raffina jusqu’à désigner un moine fesseur, comme il existait un frère portier ou un frère économe...

La télé, aussi, rend bête et méchant
...La recherche, étalée sur huit ans, a touché 1.314 enfants, dont les parents avaient accepté d'indiquer le temps consacré à regarder la télévision par leur progéniture à 29 mois puis à 53 mois, tandis que les enseignants ont évalué les performances scolaires et psychosociales, ainsi que la santé des sujets...
Chaque heure au delà de la moyenne (qui est de huit heures par semaine au Québec) réduit de 7% l'engagement manifesté par l'enfant en classe ...
sans compter l'agressivité, la moindre activité physique, la consommation de sodas, le grignotage et... l'obésité...

...every additional hour of television exposure at 29 months corresponded to 7% and 6% unit decreases in classroom engagement, 10% unit increases in victimization by classmates, 13% unit decreases in time spent doing weekend physical activity , 9% unit decreases in activities involving physical effort, higher consumption scores for soft drinks and snacks by 9% and 10% , and 5% unit increases in body mass index...

Allergie, ennui, humiliation, stress, phobie, absentéisme, décrochage, déscolarisation :
ON DIRAIT QU'ILS S'ENNUIENT ...
Les formes radicales d'abandon sont préoccupantes :
les "décrocheurs", sortant du secondaire sans diplôme, sont estimés à 120 000 tous les ans.
Les vaincus, parfois écartés sans ménagement, sont découragés et atteints dans leur estime de soi.
Tant Oslo que les Gorguettes, démontrent que, si on joue franc-jeu avec les adolescents, 
le résultat dépasse les espérances.
Le C.E.S. n'a pas explosé dans une fuite en avant 
de revendications impossibles à satisfaire de la part des élèves:
le sentiment de leurs responsabilités a été permanent. 
C'est que, aussi, ils aimaient leur établissement, qui était devenu pour eux un lieu de vie.
Et non le lieu de mort, ce parking déshumanisé et déshumanisant, 
qu'il tend toujours plus à devenir aujourd'hui dans notre pays,
contre le vœu profond de la plupart de ceux qui y travaillent.

"Lycée alternatif".
L’inscription au Lycée Autogéré de Paris se fait suivant une procédure particulière.
Cette démarche doit être menée par l’élève.
La "réunion de présentation" (durée : 2 heures) a lieu une fois par mois d’octobre à mai. 
Il suffit de se présenter au lycée à 09 heures. 
Et quelques "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :

les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école, les punitions collectives, l'état des toilettes, le téléphone portable, le créationnisme... 
Imaginez que chaque jour vous partiez au travail avec 22 kg sur le dos. C'est pourtant le lot de milliers d'élèves qui vont en classe avec environ 9 kg sur les bretelles !

Cartable trop lourd : ministère de l'éducation condamné... en Italie.

Le calendrier de l'année scolaire

La France se caractérisait
par une forte charge scolaire annuelle,
avec 936 heures de présence
dont 855 heures d'enseignement,
récréations déduites
(seul le Luxembourg fait plus).
2008 : Des journées encore plus longues. La France devient le pays d'Europe de l'Ouest qui compte le moins de jours de classe : 140 par an. En Finlande, pays dont les élèves caracolent en tête des palmarès internationaux, l'année scolaire en compte 188.

Une nouvelle « loi d’orientation » a été votée,
qui ne sera pas forcément mieux appliquée que la précédente,
mais dans le droit fil des déclarations de Lisbonne (mars 2000) : 
«  L’Union doit devenir l’économie de la connaissance 
la plus compétitive et la plus dynamique du monde »
Et à moindre coût !
Elle se donnait des objectifs en matière d’innovation, 
de "cohésion sociale" et d’emploi.
A peu près aucun n’a été atteint...
Nouvelle loi reprenant pour l'essentiel les directives de l'OCDE
(notamment le fameux "socle" - smic culturel, "paquetage de survie"),
déjà préconisé par la commission Fauroux (*), sous le gouvernement Juppé,
... il y a plus de dix ans !

Changer l’école ?
Des initiatives sérieuses existent, et depuis longtemps.
Elles ont fait leurs preuves, et depuis très longtemps.
Dans le secteur public comme dans le privé.

(*) commission présidée par Roger Fauroux, ex-président-directeur général de Saint-Gobain, ex-ancien ministre de l’Industrie... commission dans laquelle on trouvait, entre autres, de brillants philanthropes tels que Michel Bon, futur PDG de France Télécom jusqu'à sa faillite, Francis Mer, à l'époque PDG d’Usinor-Sacilor, mais aucun représentant des salariés.


ET L'HORREUR ÉDUCATIVE ?

"SAVEZ-VOUS QU'IL EXISTE D'AUTRES FORMES DE PEDAGOGIE ?"
blablablablablablablablablablabla...

L'école en échec
"Depuis trente ans, tout ou presque a été expérimenté par l'éducation nationale."


Ben oui ..."Presque  !" :

QUESTIONS POUR UN PROJET
  Des écoles, des collèges et des lycées différents, dans l'E.N. :
Des écoles publiques "expérimentales"
  Freinet dans (?) le système "éducatif" (?)
  Colloque Freinet à ... Londres

  Pluralisme scolaire et "éducation alternative"
  Des écoles différentes ? Pourquoi ? Pour qui ?
  L'heure de la...It's time for ... Re-creation
  68 - 98 : les 30 P-l-eureuses
  Jaune devant, marron ... : du P.Q. pour le Q.I.

  Et l'horreur éducative ?
  Le nouveau sirop-typhon :
déplacements de populations ? Chèque-éducation ? ou non-scolarisation ?
  Apprendre sans école 
("Homeschooling", école à la maison, instruction à domicile, cours à distance...) :
Les Enfants D'Abord ... ou MES enfants d'abord ?


Les politiques de lutte contre l'échec scolaire restent peu efficaces
"Pourtant, ici ou là, des établissements luttent avec succès contre l'échec scolaire.
Profitant de leur autonomie croissante, ils concoctent leurs propres recettes,
et cela marche.
Mais il n'existe rien en France qui permette de diffuser ces expériences réussies."

... Ah bon ?
Et l'INRP ?
Et Innovalo
Et le Bureau A 11 dit "de Valorisation des innovations" à la DESCO ?!
Et feu le "atlas des innovations" ?
de feu le C.N.I.R.S.?
et ses "conseils" - en novLang - acceptés avec déférence et révérences par les "innovateurs" tels que  D.E.C.L.I.C. 93 (DECLIC ! ...RECIT, parmi d'autres, d'une "initiative", devenue mystification, "citoyenne")
... et tant d'autres "services" gazogènes de la rue de Grenelle et annexes ?

Et les publications de l'Icem-Freinet  et autres mouvements pédagogiques ?

... et éventuellement,
le guide-annuaire des écoles différentes,
qui les "diffuse" ces "expériences réussies",
privées comme publiques,
et depuis 30 ans,
mais 
sans complaisance 
ni langue de bois, ni amnésie,
ni stérile bla-bla universitaire de connivence
... et sans attendre l'autorisation ou les subventions d'un ministre de passage,
ni plan de carrière ...
DES ECOLES DIFFERENTESDES ECOLES DIFFERENTES


QUOI DE NEUF
POUR "CHANGER" L'ÉCOLE ?


Octobre 75 - Quelques mois avant la publication de LES ENFANTS D'ABORD
Avec Christiane Rochefort, une des premières réunions de "Possible"-A.I.E.



... Sept heures du matin, San Lorenzo, au coeur de Naples. Un gamin se faufile dans le labyrinthe des ruelles humides, une lourde caisse de conserves à bout de bras. Survêtement délavé, capuche sur la tête et baskets défoncées, le petit Gennaro commence sa journée de travail.
Personne ne s'étonne de le voir trimer de si bonne heure. En septembre 2011, Gennaro a été embauché dans une épicerie. Six jours sur sept, dix heures par jour, il garnit les étals, décharge des caisses et livre les courses dans le quartier.
Gennaro rêvait de devenir informaticien, il est commis de boutique, le métier le plus répandu chez les enfants travailleurs de Naples. Il travaille au noir, à moins de 1 euro de l'heure, et gagne, au mieux, 50 euros par semaine. Gennaro vient d’avoir 14 ans...

"les Droits de l'Enfant", disent-ils...

... Les soldats sont parfois de toutes petites mains. Des gamins payés quelques dizaines d’euros pour transporter des barrettes dans leurs cartables. Le mercredi et le soir, on peut voir les rangs des guetteurs se gonfler de «débutants», des collégiens qui tentent de se faire remarquer en criant akhténa avant les autres...

... L’incroyable marché du deal à Saint-Ouen n’a pas poussé que sur la misère. Il se nourrit de la proximité d’un monde qui a de l’argent. Les Parisiens, étudiants, jeunes, bobos, viennent dans cette ville proche et tranquille acheter leurs barrettes de shit. La clientèle rêvée, nombreuse et globalement clean...

...L’Olympiade moderne, il fallait avant tout la créer ; maintenant il faudra l’épurer. Elle met en mouvement trop d’activités étrangères aux sports, trop d’ambitions. [...] On complique ses rouages ; on rend aussi sa célébration trop coûteuse”...
(Pierre de Coubertin - 1906)

... L'Olympisme est au fond un reflet de notre monde. On est tous pris dans le même dilemme de se faire modeler par les attentes de nos milieux, de s'en demander toujours plus en se comparant, en se jugeant, en s'évaluant. Et c'est pourquoi on se dope aussi, au café, à la nicotine... Je pense que c'est intrinsèque à notre société qui est particulièrement exigeante. Je ne pense pas que cette société puisse vivre très longtemps comme ça. Nous nous éloignons trop de la notion de plaisir...
... le problème ne se pose pas tant au niveau des jeunes, mais des parents, des coachs, qui se mettent à avoir des attentes par rapport aux jeunes. Dans une vie de psychothérapeute, on rencontre beaucoup de jeunes qui ont été sacrifiés par leurs parents pour un sport, pour un rêve de parent non réalisé. ..

... L'hyper-manifestation sportive est pourtant encadrée par un formidable déploiement policier et militaire, la Grande-Bretagne, déjà championne du monde de la vidéosurveillance, en rajoute une couche orwellienne. Gigantisme militarisé de l'amusement.
Les contribuables du monde entier financent le sport dit de haut niveau au détriment d'investissements pour aider pauvres, chômeurs, mal-logés, mal-payés...
... Les Romains avaient leurs panem et circenses ("pain et jeux du cirque") ; nous avons de plus en plus de "circenses" et, pour beaucoup, de moins en moins de "panem"...

... Les contribuables paient donc pour de gigantesques installations qu'ils n'utiliseront jamais. Combien de stades de banlieue, de foyers communautaires, d'écoles ou de centres aérés pourraient être construits avec cette manne déversée sur une toute petite minorité ?..
L'actualité : dans, hors, en face, autour, avant, pendant, après,
en sortant de
... "l'école"

... On est dans une société loufoque,
qui dépense pas mal d'énergie pour l'éducation de sa jeunesse
et qui, ensuite, adhère à un système économique qui assure l'écrasement de la jeunesse et de la baisse de son niveau de vie.
C'est un gaspillage d'énergie énorme.
Les jeunes sont assez conscients de ce qui les attend sur le marché du travail.
Et donc j'imagine qu'ils ne sont pas très contents...















cette abstention de la jeunesse aux municipales devrait être prise comme un symptôme d'une grave fracture générationnelle - une fracture qui se creuse entre un monde politique vieillissant et des jeunes auxquels il laisse en héritage du chômage, de la dette et une anxiété écologique. Que six jeunes sur dix se demandent à quoi bon voter …

… L'enjeu des élections municipales ne leur apparaît pas clairement. Par ailleurs, ils ont impression de ne pas être pris en compte par les instances de décisions, y compris municipales, de ne pas accéder aux responsabilités, de ne pas se voir reconnaître d'utilité sociale. Ils ne se sentent pas considérés comme des citoyens
…On ressent dans leur faible participation le même climat «déceptif» à l'égard du gouvernement que chez les plus âgés. Les 18-24 ans n'ont pas ressenti de baisse du chômage, ni vu s'ouvrir de nouvelles perspectives d'avenir. Ils perçoivent toujours leur situation comme extrêmement problématique. …


… Globalement, la « tolérance » des Français aurait ainsi baissé de 12 points depuis 2009, selon un indice construit par une équipe de chercheurs de Sciences Po partenaire du CNCDH. «Cette baisse touche désormais toutes les minorités et est exprimée par toutes les sensibilités politiques», prévient-on à la commission. En clair, l'intolérance gagne aujourd'hui les sondés de droite comme de gauche.
Cette hausse de l'intolérance s'accompagne cependant d'une baisse globale de près de 20 points des actes et menaces à caractère raciste, antisémite ou islamophobe, recensés à la suite de dépôts de plaintes. Seule catégorie en hausse pour la troisième année consécutive : les actes antimusulmans …

… les grands groupes industriels faisaient travailler des mineurs au péril de leur vie et en toute illégalité. Les témoignages des enfants sont effarants.
De plus, les multinationales avaient promis de développer dans les endroits les plus reculés des deux pays des projets éducatifs au profit des populations les plus démunis. Belle parole car les écoles et les dispensaires ne sont toujours pas construits. 
Après avoir visionné ce reportage, à l'heure des fêtes de fin d'année, lorsque vous croquerez un carré de chocolat, vous aurez forcément une pensée pour ces enfants exploités... 
ce mercredi à partir de 20h45, sur France Ô

(nombreux reportages, videos disponibles sur le net, dont le premier de Miki Mistrati)

Le constat est désolant : ici, une école n’a pas été construite, là s’élèvent quatre murs de béton laissés en friche. «Pourquoi tu n’es pas à l’école?»«Ils ne m’ont pas encore inscrit», répond un jeune garçon en train de ramasser les cosses sur une plantation-école censée respecter les normes du label de certification UTZ. Souvent, ces enfants font l’objet d’un véritable trafic et viennent du Mali ou du Burkina Faso

Pas qu’en France que les inégalités et la pauvreté progressent. Selon une étude Gallup à paraître au 16 septembre et révélée par l’agence Reuters, un Américain sur cinq avoue devoir se battre pour se nourrir correctement, lui et sa famille, en 2013. Souvent obligé de sauter des repas et de recourir à des bons d’alimentation (foodstamps)
Reprise, vous avez dit reprise ? 
« Ces résultats suggèrent que la reprise économique pourrait être disproportionnée et bénéficier plus aux Américains à revenu élevé plutôt que ceux qui ont du mal à satisfaire leurs besoins essentiels. »

… selon la législation polonaise, le seul crime qui n'est pas gommé du casier judiciaire concerne les violences sexuelles sur mineurs. "L'assassinat, lui, est gommé", observe amèrement le reporter de Gazeta Wyborcza….
"Est-ce que la violence envers les enfants a disparu avec le communisme ? Pas du tout." Selon une étude effectuée en 2008 par la fondation Dzieci Niczyje ["enfants à personne"], la fessée est le moyen de correction le plus populaire en Pologne : pas moins de 69 % des parents y ont recours."Il est facile de dépasser les limites et de battre son enfant avec un câble, une chaussure ou une ceinture"


"simplification administrative" ... 

Il est facile de voir pourquoi de jeunes gens ne croient plus en l'Union européenne, puisqu'on leur fait payer le prix fort pour une crise dont ils ne sont pas responsables, en réduisant leurs chances de réussir dans la vie. Ce serait scandaleux qu'on reste les bras croisés alors qu'une "génération perdue" fait son apparition parmi nous, alors que nous vivons sur le continent le plus riche du monde…
… 6 milliards d'euros seront réservés aux actions pour combattre le chômage des jeunes. C'est un signe positif, mais, en pratique, qu'est-ce qui peut être accompli avec 6 milliards étalés en 7 ans et dans 27 pays ? Très peu

Une expression obsède la novlangue d’aujourd’hui : « réformes de structure ». ..
... La litote sert à désigner les mesures destinées à accroître la flexibilité du travail, retarder l’âge de la retraite, diminuer les prestations sociales, baisser les dépenses de l’Etat, diminuer les impôts et les salaires…
…  Telle l’inquisition jadis, promettant aux pécheurs un gain futur (le paradis ou la prospérité) au prix d’une peine présente, il leur est commandé, pour tirer demain quelques bénéfices, de faire aujourd’hui sacrifice

C’est un drame. Quand on voit le manque de perspective des jeunes, dépendant de leur parents ou grand parents, ils n’ont qu’une perspective: la révolte. Cet état de desespoir viscéral est très visible en Espagne ou en Grèce, où le chômage atteint les 60%. Le danger, c’est la montée du populisme, du nationalisme, le rejet de l’idée européenne qui va se concrétiser lors des prochaines élections continentales. ..

… Les documents de la NSA révèlent la complicité de ces entreprises qui s'obstinent à la démentir. L'idée que ces géants exonérés d'impôts représenteraient une nouvelle forme de courant libertarien démocrate a pourtant fait long feu. Il ne s'agissait que d'un coup marketing...
… Ces dix dernières années, les services de renseignement américains et britanniques ont été impliqués dans l'utilisation généralisée de la torture, des enlèvements et d'autres crimes ainsi que dans la manipulation éhontée d'informations concernant les armes de destruction massives irakiennes. Et ce sont eux qui prétendent aujourd'hui nous protéger des conséquences de leurs actes

…   "Les enfants vont grandir en sachant que la moindre chose qu'ils font va être enregistrée quelque part dans un fichier. Et je crois que ça va avoir un impact très orwellien et très inhibant sur notre manière de vivre." "Cela va au-delà d'Orwell"

…  l’Union européenne leur a trouvé un acronyme, les Neets, pour «Not in Employment, Education or Training» («Ni en emploi, ni en étude, ni en formation»). Ils sont 14 millions d’Européens, âgés de 15 à 29 ans.
Aux Etats-Unis, le coût du logement a pratiquement doublé depuis leur naissance, entre 1983 et 2010. Depuis 2000, il a progressé de 75% en France rien qu’en une décennie. Le salaire moyen de 10% sur la même période. 
Maison, voiture, bébé? Non, merci
 
 

... seuls des bouffons ravagés par la cocaïne pouvaient acheter des milliards de dollars de titres adossés à des crédits hypothécaires dont il était évident qu'ils allaient exploser en même temps que la bulle immobilière...
... "certaines personnalités en vue dans les cercles politique et financier ont pris des décisions irrationnelles inspirées par la mégalomanie que provoque la cocaïne. (...) Les gens prenaient des décisions insensées en pensant avoir raison à 110 %, ce qui nous a conduits au chaos actuel."
La cupidité, l'égoïsme, l’ignorance et la détermination impitoyable ont également compté ...


... «au tournant des années 1980, le décrochage entre l’offre de logement et la demande. Le nombre d’étudiants de milieu modeste a énormément augmenté avec la démocratisation des études supérieures, et les constructions de logements n’ont pas suivi.» Pas du tout même. Le logement étudiant a longtemps été le parent pauvre des politiques publiques ...

... Et la France dans tout ça ? Elle pointe, péniblement, à la 13e place, entre la Slovénie et la République tchèque, et enregistre des «performances très inégales»...
... Le taux de pauvreté des enfants est passé de 8,8% en 2012 à 9,5% en 2013. Quant aux performances en matière de réussite scolaire, elles baissent depuis le début des années 2000. La France enregistre la plus grosse chute des taux de scolarisation dans le secondaire (- 3%)...

... « En France, la montée de la pauvreté des enfants et du chômage des jeunes, les comportements addictifs auxquels s’ajoute le sentiment des adolescents de ne pas être entendus par les adultes constituent un cocktail explosif qui appelle à un réel plan national pour la jeunesse renforçant la prévention, l’écoute et l’intégration des jeunes dans la société » ...
[ Le bien-être des enfants dans les pays riches - Vue d’ensemble comparative - UNICEF 2013 - pdf ]


... Cette jeune génération de diplômés est unique: ils sont les premiers – depuis 1945 – à devoir s'attendre à vivre moins bien que leurs parents. Ils sont victimes d'un chômage massif: 19% au Royaume-Uni, 17% en Irlande, 50% en Grèce et en Espagne. Tout cela en assistant en même temps à une révolution des technologies et de la communication qui était censée leur donner le pouvoir...

… Selon Eurostat, l’Office statistique de l’Union européenne, le taux de chômage chez les jeunes adultes au sein de l’UE a augmenté au point d’atteindre 23,5 %. Une génération perdue est en train de prendre forme en Europe…
... Les capitales européennes font aujourd’hui entendre de belles paroles, mais jusqu’à présent, celles-ci n’ont été assorties d’aucune action … 

« On ne part pas, ils nous virent »
A Madrid, mais aussi Bruxelles, Londres, Berlin, New-York, Buenos Aires, Paris, Toulouse ou Lyon, des centaines de jeunes Espagnols se sont rassemblés ce dimanche pour exprimer leur désespoir.
Leur slogan, “No nos vamos nos echan”  (On ne part pas, ils nous virent), était clair : l’émigration des jeunes Espagnols n’est pas toujours un choix, mais une obligation, un exil forcé par un taux de chômage record de 55% chez les moins de 25 ans et de 26% de la population active en général...

... leurs familles garantes de leurs emprunts, cet endettement devient un insupportable fléau. "Avant", on quittait l'université avec la quasi-assurance de travailler, donc de rembourser l'emprunt. Aujourd'hui, non seulement le montant des prêts nécessaires grimpe, mais à la sortie l'insolvabilité menace, faute d'emploi. De plus en plus de jeunes rechignent à s'inscrire à l'université, de peur d'enclencher un cycle infernal...

... On voit mal comment cette situation désastreuse, faite d’ultra-précarité, de mal-logement et de non-logement, pourrait s'améliorer, à court et à moyen terme. Nous le voyons au quotidien, et les chiffres sont criants : plus de 90% des étudiants doivent se loger en dehors des CROUS et consacrent 70% de leur budget au logement, les jeunes salariés y consacrent aussi plus de 50% de leurs revenus, de moins en moins fixes du fait de la dégradation des contrats de travail...

... Au Refuge, nous accueillons de nombreux adolescents encore scolarisés mais craintifs d'affronter le regard de leurs pairs. Cela les place d'emblée en situation d'échec scolaire et met en lumière la défaillance de l'Education Nationale.
L'Ecole, censée être un lieu d'intégration devient un lieu de rejet. Quand un adolescent se met volontaire en échec scolaire par anticipation de représailles par ses pairs, c'est tout un système qui s'écroule...

Les moins de 30 ans n’ont jamais été aussi précaires. Ce sont aussi les grands oubliés de la campagne électorale ...
...Personne ne pourra accuser le futur gouvernement de ne pas avoir tenu ses promesses envers les jeunes Italiens, pour la bonne et simple raison qu’il n’en aura fait aucune. Les nouveaux électeurs sont pour l’instant les grands exclus de la campagne électorale. La politique s’apparente à une discothèque gardée par des gorilles qui leur barrent le passage.
Les cinq coalitions en lice semblent tout droit sorties de Gangnam Style : elles s’agitent, gesticulent, se déhanchent, se bousculent ...

... près de la moitié de l’ensemble des enfants dont les parents avaient un faible niveau d’éducation (soit au plus le premier cycle de l’enseignement secondaire) étaient exposés au risque de pauvreté dans l’UE27 en 2011, contre 22% pour les enfants ayant des parents avec un niveau d’éducation intermédiaire (soit au plus le second cycle de l’enseignement secondaire) et 7% pour les enfants de parents ayant un niveau d’éducation élevé (enseignement supérieur)...
[ Risque de pauvreté ou d'exclusion sociale dans l'UE27 - Eurostat - février  2013 - pdf ]

Quatorze millions de jeunes Européens sont sans travail ni formation, et leur nombre s'accroît en raison de la crise économique, avec des disparités selon les pays...
... “Les chiffres de l’augmentation du chômage des jeunes sont choquants. Mais le plus souvent, ces chiffres tiennent seulement compte des jeunes qui sont prêts à travailler et en ont envie. Il y a également un groupe considérable de jeunes tellement démotivés qu’ils se détournent du marché du travail” ...
...on ne donne pratiquement plus d’emplois à durée indéterminée. Ce sont justement les jeunes qui ont du mal à s’exprimer ou qui ont eu une jeunesse difficile qui en sont les premières victimes.” ...

... le slogan «Sois responsable, mais tais-toi!» s’est substitué au «Sois jeune et tais-toi!» de Mai 68. Tandis que certains militent pour abaisser la majorité pénale à 16 ans, le RSA n’existe quasiment pas avant 25 ans. Les exigences de responsabilités ne fonctionnent donc pas dans les deux sens! Tant que les jeunes font calmement la fête sans rien revendiquer, tout va bien... 


Le développement de l’apprentissage n’est pas le remède automatique au chômage des jeunes. Une approche internationale montre que l’ancrage de cette voie de formation dans un pays ne va pas nécessairement de pair avec un faible taux de chômage juvénile. De plus, les modèles nationaux sont rarement transposables...
... au niveau macro-économique, il est impossible de démontrer le lien mécanique entre le développement de l’apprentissage et la diminution du chômage des jeunes...
[ CEREQ - mai 2012 - pdf ]

... Seuls 7% des étudiants - 3% en région parisienne - ont une chambre du Crous ! Ces chambres, aux tarifs réglementés, répondent pourtant parfaitement aux besoins des étudiants... mais on n'en construit pas. Donc les étudiants vont vers le marché locatif privé, souvent dans des petites surfaces qui sont relouées tous les deux ans - et les propriétaires en profitent pour augmenter le loyer. Nous demandons à Cécile Duflot de s’exprimer très rapidement et d’écarter l'option de l'Igas. Le problème du logement est aujourd’hui un des premiers freins aux études...

... Le médiateur [ de l’Education nationale ], notamment dans les académies, est saisi également de questions tenant à ce qui se passe au quotidien dans les classes. Cette préoccupation n’est pas nouvelle mais le nombre des réclamations est plus soutenu que par le passé. Sans doute les parents hésitent-ils moins à évoquer ces difficultés auprès du médiateur et sont-ils plus enclins à demander de l’aide, surtout quand le silence de l’institution leur semble
inapproprié, voire injuste.
Les réclamations soumises au médiateur ont trait aux questions de discipline des élèves, dans le second degré et même désormais dans le premier degré. D’autres portent sur des questions de harcèlement entre élèves, sur les sanctions, leur importance, voire leur opportunité. Des réclamations émanent de parents qui protestent contre les absences d’enseignants qui ne sont pas remplacés...
[ Rapport 2011 du médiateur de l’Education nationale -  mai 2012 - pdf ]

... Il n'y a jamais eu, à ma connaissance, de rapport politique sur la carte scolaire. Les chiffres et enquêtes "officielles" font défaut. Tous les chercheurs que nous avons auditionnés nous l'ont dit : personne au niveau politique ne s'est emparé de cet objet difficile, un sujet éducation mais aussi sociétal, qui pose la question de l'équilibre des territoires. C'est rendre perceptible qu'une frange des Français se sent tenue à l'écart, n'a pas accès à la même qualité de services publics. Quand ça touche aux enfants, c'est encore plus criant.Il y a bien une discrimination sociale, territoriale, mais aussi scolaire, ne le nions pas...

... Aucun élève de lycée ne doit songer à y échapper. Pour cela les 10 premières heures de cours sont consacrées à «Croissance économique, mondialisation et mutations des sociétés depuis le milieu du XIXème siècle». Même dans ses rêves les plus libéraux, Pascal Lamy, le patron de l’OMC, n’aurait pas osé. Le socialisme peut, au mieux, panser les blessés de la mondialisation. L’Histoire a prévenu notre nouveau président...
... Il n’y a pas d’alternative. Ici aussi le TINA de Thatcher s’est imposé. There is No Alternative...


... Des Etats-Unis au Burkina Faso, de l’Inde à la République dominicaine, dès l’âge de six ans, des enfants sont employés dans les exploitations agricoles, vestimentaires, aurifères… Ployant sous des sacs de gravats, de briques, ou de légumes…
... on assiste actuellement à une régression laissant peu de chances de voir se réaliser l’objectif de 2016 — l’échéance donnée aux Etats signataires pour éradiquer les pires formes d’exploitation des enfants. « L’illettrisme engendre la pauvreté ; le meilleur investissement est donc l’éducation » ...
[ Le film Enfants forçats sera diffusé sur Arte le mardi 29 mai à 20h45.]

... Les étudiants voient la logique d’endettement, qui augmente de façon significative. La moyenne, dans les autres provinces du Canada, de la dette d’un étudiant après ses études est de 25 000 ou de 30 000 dollars canadiens [19 000 à 23 000 euros, ndlr]. Au Québec, c’est 15 000 dollars canadiens pour le moment. On endette une génération entière, mais pour des bénéfices illusoires. Les jeunes savent très bien que la situation économique ne leur est pas favorable...
... La question sociale est au premier plan et se pose partout dans le monde. Qui va décider de l’avenir des institutions de nos sociétés ? Cette interrogation en entraîne une autre sur la souveraineté populaire. Mais, le premier message, c’est le rejet par la jeunesse du néolibéralisme...

... «Cette précarité des professions intellectuelles n’est pas nouvelle, mais elle s’est accentuée récemment. Les jeunes font de plus en plus d’études, que ce soit les garçons comme les filles. Mais à la sortie, il y a vraiment un problème de débouchés, d’où une surqualification générale. Beaucoup de ces jeunes plongent dans des petits boulots sans issue, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de perspectives d’évolutions sur ces postes-là.» ...
... Ana, comme beaucoup d’autres jeunes Portugais, fait partie de la geração à rasca («génération fauchée»). Des jeunes, généralement diplômés, qui connaissent une «carrière» qui est une juxtaposition de petits boulots, dont certains, voire tous, ne correspondent pas aux études qu’ils ont faites...

... "Je refuse de participer à cette compétition dont l'unique but est d'entrer dans les meilleures universités. Cette décision m'appartient. Je vais poursuivre mes études à ma manière, en étudiant ce que j'aime", affirme le jeune homme. "Cette compétition exacerbée est à l'origine même de la violence dans les établissements scolaires et des suicides d'élèves. Mais les médias accusent les bandes dessinées !"
A la suite des suicides de plusieurs élèves victimes de harcèlement ...

... La Corée du Sud a le plus grand nombre de suicides de jeunes parmi les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et arrive à la 25e place pour l'indice du bonheur." ...


... «Il y a près de 2,8 millions de chômeurs en France, les professeurs bénéficient d’une certaine sécurité de l’emploi, et pourtant les candidats désertent le concours. Le métier ne fait plus rêver mais l’explication est politique
... Dans le viseur des professeurs et des étudiants, la réforme de la formation des enseignants, qui avait provoqué l’un des plus longs mouvements de protestation universitaire en 2009 et 2010...
... La Cour des comptes a pointé du doigt en février 2012 le caractère contre-productif de cette réforme. Non seulement les économies budgétaires espérées n’ont pas été au rendez-vous, mais l’allongement de la durée des études a contribué à décourager les éventuels candidats ...
... Une chose est certaine: ce n’est qu’au prix d’une refonte profonde que l’Education nationale pourra faire à nouveau rêver les jeunes générations ...

... « Prof ». Anaïs et Christophe se voyaient faire ce métier « quarante ou quarante-deux ans ». C’était avant 2008, avant l’adoption de la réforme de la formation des maîtres et la suppression de l’année en alternance en IUFM. Aujourd’hui, le jeune couple se donne « un an grand maximum » dans l’Education nationale. Désabusés. Broyés par la machine en moins de deux années scolaires. A 26 et 28 ans...
... Ils racontent « le gâchis », « la souffrance », comment ils essuient « jusqu'à l'écœurement » cette refonte de la formation des enseignants qui a fait passer le niveau de recrutement de bac + 3 à bac + 5 et supprimé l'année de stage. Une réforme sévèrement critiquée par la Cour des comptes dans son rapport annuel dévoilé début février ...


... la fracture numérique reste une réalité :
25 % des foyers français n'ont en effet toujours pas accès à Internet, et même 57 % si l'on ne s'intéresse qu'aux revenus inférieurs à 1 500 euros...
... Aux Etats-Unis, le mouvement prend même des formes plus extrêmes : les 160 écoles "Waldorf" proscrivent totalement l'usage des technologies dans l'enseignement...
62,9% ont le sentiment d'utiliser ces nouvelles technologies beaucoup trop.
55,5% pensent qu'internet et les réseaux peuvent devenir une drogue.
39,5% considèrent le manque de connexion internet comme un vrai problème, une gêne, un manque...
[ 1ère étude sur la France des déconnectés - Havas ]

... «nos élèves utilisent les ressources informatiques de façon quantitative, non qualitative. Ils n'ont malheureusement aucun recul critique et pensent que ce qui est écrit est forcément la vérité». Des études de l'OCDE confirment que les élèves critiquent moins ce qu'ils trouvent sur Internet qu'ils ne le font avec d'autres sources. Selon les auditions menées par la mission, les jeunes sont motivés par le numérique mais ils en font un usage essentiellement ludique. Ils brassent l'information plus qu'ils ne la comprennent.
Et sont bien plus souvent passifs qu'actifs ou créatifs...
... «Les enseignants sont la seule catégorie socioprofessionnelle à devoir utiliser l'informatique sans y avoir été formée»...
... L’usage d’Internet par les jeunes reste très récréatif : ils en font une utilisation ludique,
communicationnelle et mimétique…
Nombreuses sont les études soulignant le fossé existant entre les activités effectuées au domicile et celles réalisées à l’École : ainsi, en Primaire, si l’utilisation d’Internet à l’école est dominée par des activités liées à l’apprentissage, les usages au domicile sont essentiellement des jeux, le visionnage de clips vidéo et, dans une moindre mesure, des échanges sur les réseaux sociaux...
[ rapport «Apprendre autrement à l'ère du numérique» pdf ]



Devoirs à la maison:
50 ans de travail au NOIR
L'arrêté du 23 novembre 1956 aménage les horaires des écoles primaires et inscrit les devoirs pendant le temps scolaire.
En application de l'arrêté, la circulaire du 23 novembre 1956 supprime sans équivoque les devoirs à la maison, retenant des arguments d'efficacité et de santé.
"Les élèves n’ont pas de devoirs écrits en dehors du temps scolaire.
A la sortie de l’école, le travail donné par les maîtres aux élèves se limite à un travail oral ou des leçons à apprendre."
«Les parents réclament des devoirs quand les enseignants n'en donnent pas»

... notre pays abrite quand même 2 millions d'enfants pauvres, dont 20000 sans domicile fixe. Chaque année, 40000 ados font une tentative de suicide pendant qu'un jeune sur cinq sort du système scolaire sans diplôme...
... Face aux urnes, 48% des adultes ont averti qu'ils seront attentifs à la question de la jeunesse. Une grande majorité des adolescents (84%) aussi... mais ils ne voteront pas.
[ Les enfants et les adolescents en France, une situation jugée PREOCCUPANTE - sondage TNS-Unicef ]

... Les jeunes accèdent à l’indépendance de plus en plus tard. La situation n’est pas propre à la France. On remarque par exemple que si, entre 22 et 25 ans, seulement 15% des jeunes Danois et 21% des Finlandais vivent encore chez leurs parents, ils sont 88% parmi les jeunes Italiens et 89% parmi les Espagnols. Entre ces deux modèles nordique et méditerranéen, les jeunes Français vivent une situation intermédiaire, avec 53% des 22-25 ans habitant chez leurs parents.
Chômeurs ou précaires
Mais les jeunes qui accèdent à leur indépendance ont-ils un emploi? Pas forcément, et surtout pas un emploi stable...
... Encore faudrait-il s’arrêter sur les types d’emploi obtenus par les moins de 25 ans: trois emplois sur quatre sont en contrat à durée déterminée, et un sur quatre est un emploi aidé ...

... Le projet européen devait assurer la prospérité, conforter la démocratie dans les Etats autrefois gouvernés par des juntes militaires (Grèce, Espagne, Portugal) et désamorcer les «nationalismes fauteurs de guerre». Il réalise tout le contraire : purge renforcée, gouvernements transformés en pantins des salles de marché, réveil des animosités entre peuples du Vieux Continent. « On ne peut pas continuer à être les esclaves de l’Allemagne », s’indigne un jeune Espagnol qui ne veut pas s’exiler à Berlin ou à Hambourg pour trouver du travail...

... L'affectation d'un enseignant du public dépend surtout de son ancienneté, de sa situation familiale, de son concours et de son lieu d'habitation.
Mais le système a ses défauts : les académies les plus favorisées sont très demandées par les professeurs expérimentés (à Paris, les plus de 50 ans sont 46 % dans le secondaire, contre 30,9 % au niveau national), alors que les établissements les plus difficiles accueillent les débutants et que leurs équipes changent trop vite...

Obligation scolaire et instruction en famille
La présente circulaire [n° 2011-238 du 26-12-2011- B.O. 19 01 2012] a pour objet d'expliciter ce cadre et de préciser les modalités de mise en œuvre des contrôles que les inspecteurs d'académie-directeurs des services départementaux de l'éducation nationale doivent effectuer...

... Au collège, cinq mois après la rentrée, les rôles sont distribués. Et peu de chances que ça change avant les grandes vacances. «Bouffons», «bolosses», «intellos» et même «cassos» répondent à l’appel. Tous sont des figures de l’élève peu fréquentable, voire du bouc émissaire. Pour s’y retrouver quand on a quitté les bancs du collège depuis belle lurette, voici quelques explications fournies par une brochette variée d’élèves de troisième de Paris et sa banlieue ...
... Dans cette dramaturgie qui se déroule à l’école, on peut aussi être un intello perturbateur. Ou encore être le perturbateur au collège et devenir un bon élève au lycée....
...Au XIXe siècle, la question ne se posait pas. Les intellos étaient partout dans les lycées qui n’accueillaient que de bons élèves de la bourgeoisie, intériorisant parfaitement les attentes des enseignants. Pour tous les autres, le couperet tombait au certificat d’études, et cela paraissait aller de soi. Il y avait aussi des perturbateurs au lycée mais c’était des révoltés qui participaient par exemple aux barricades en 1848, et la dichotomie bouffon-perturbateur n’existait pas. Finalement, le bouffon est le signe de l’importance démentielle prise par l’école aujourd’hui et des enjeux très forts autour d’elle. L’école est perçue comme un vaste lieu de compétition et de sélection. Les uns pensent qu’ils resteront dans la nasse alors que d’autres pourront en réchapper. Ceux-là refusent de se dire battus et de rejoindre les rangs des perdants. Ils considèrent alors que la vraie vie est ailleurs, hors de l’école. De sorte que la dramaturgie du bouffon prend son sens sur ces deux scènes : l’école et le quartier...

C’est ce que l’on appelle un "flop". Voilà plus de cinq ans que le gouvernement le martèle : "Enseignants, innovez! Expérimentez!". Ses encouragements, parfois, avaient même des allures d’injonctions paradoxales: "Affranchissez-vous du cadre, je vous l’ordonne!"... Et l’on s’aperçoit aujourd’hui que la mayonnaise n’a pas pris...
[ Les expérimentations réalisées dans le cadre des projets d’école ou d’établissement (article 34 de la loi du 23 avril 2005) - 29 novembre 2011 - Haut Conseil de l'Education  pdf ]

... un scandale français que les responsables politiques s’obstinent à ne pas vouloir regarder en face. Les experts chiffrent à près de 10 millions de personnes ceux qui, à des degrés divers, sont frappés par la crise du logement. Chacun en connaît les grandes causes à l’œuvre: pénurie massive de l’offre, envolée irrationnelle des prix et émiettement des responsabilités entre une pléiade d’acteurs locaux et nationaux. Cette politique du laisser-faire ne peut plus durer...
 

C'est le prix du mètre carré
qui fait la différence...
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers souligne l'inégalité devant l'école.
La carte scolaire et l'apartheid...

... On aurait aimé le croire. Mais quatre ans plus tard, l'échec scolaire reste un fléau en France, avec son lot de redoublants, de «décrocheurs» et autres jeunes dégoûtés par les études. Notre pays reste même l'un des plus mal placés dans les comparaisons internationales...
... Les chiffres sont cruels pour la France. Entre 2000 et 2009, selon l'OCDE, la proportion d'élèves de 15 ans en échec scolaire est passé de 15 à 20%. De plus, l'écart de niveau entre le groupe des meilleurs et celui des plus faibles s'est accru. Pire: la France est aujourd'hui l'un des pays où les inégalités sociales pèsent le plus dans la réussite scolaire ...

... Au collège, cinq mois après la rentrée, les rôles sont distribués. Et peu de chances que ça change avant les grandes vacances. «Bouffons», «bolosses», «intellos» et même «cassos» répondent à l’appel. Tous sont des figures de l’élève peu fréquentable, voire du bouc émissaire. Pour s’y retrouver quand on a quitté les bancs du collège depuis belle lurette, voici quelques explications fournies par une brochette variée d’élèves de troisième de Paris et sa banlieue ...

Quel est vraiment le niveau des élèves français?
A entendre le ministre lire les résultats des évaluations des élèves en CE1 et en CM2, il serait en progression. A lire les résultats internationaux, il serait plutôt en baisse…
... Nos enquêtes sont bienvenues lorsqu'elles accompagnent la communication du ministre. Sinon, elles attendent, rappelle un chercheur, sous couvert d'anonymat. Et plus encore si elles montrent une baisse de niveau."...

... On attend toujours le bilan sur l'expérimentation du sport l'après-midi en vigueur dans 200 collèges (prévu initialement pour novembre). Celui sur le dispositif d'accompagnement éducatif, qui devait sortir en avril. Rien sur la mutation des profs, le niveau de lecture en 6e, la vision du collège par les parents…
Rien non plus sur l'évaluation de l'assouplissement de l'affectation dans les collèges et les lycées, alors que la politique a changé en 2007...

... C’est tout au contraire au nom d’une évaluation intelligente et assumée queles enseignants, les élèves et leurs parents doivent refuser l’entrée à l’école
des méthodes ineptes et perverses du management néolibéral, venues de l’entreprise et du secteur privé.

Tous ensemble, il devient urgent de penser l’école autrement que comme une grande agence de notation. ...
 


[ Des priorités pour remettre l’école d’aplomb ! ]
... tout le système s’organise pour créer ces petites différences scolaires qui deviendront de grandes différences sociales : choix des filières, des langues, des matières optionnelles, classes européennes…. Et l’on voit déjà que l’école élémentaire est touchée par ce mécanisme selon lequel tout le monde est «relativement» en échec dès lors qu’il n’est pas aussi bon que le système le suppose.
Au bout du compte nous débouchons sur une orientation par l’échec ...
... Il ne sert à rien de condamner les «parents consommateurs» parce qu’il est rationnel et pas forcément cynique de choisir la meilleure école. D’ailleurs les enseignants qui sont aussi des parents se conduisent de la même manière. Le problème vient de ce que ces choix individuels aggravent les inégalités sociales puisque les bons élèves se regroupent, et les moins bons aussi ...

... "Avez-vous le sentiment que les jeunes d'aujourd'hui sont différents de ce que vous étiez vous-même au même âge ?",
83 % répondent "plutôt différents" ou "très différents". Un résultat sans surprise.
Mais cette perception s'accompagne de jugements sévères sur cette jeunesse "différente". Dans l'ensemble, les jeunes sont jugés égoïstes (63 %), paresseux (53 %) et intolérants (53 %). Des qualificatifs confirmés par les moins de 30 ans, lesquels se jugent eux-mêmes égoïstes (70 %), paresseux (65 %) et intolérants (51 %) - ce qui témoigne d'une image dégradée, y compris au sein de la jeunesse elle-même.
Signe d'une société vieillissante ?

... Les jeunes de 18 à 25 ans sont les plus touchés par la pauvreté, souligne le Secours catholique dans son rapport annuel 2010 rendu public ce mardi,
en constatant une hausse régulière des personnes ayant eu recours à ses services, dont une majorité de familles...
Le diplôme ne protège plus.
Autre constat: pour la première fois, la proportion de personnes ayant un niveau d'étude supérieur (39,8%) est plus importante que celle n'ayant pas dépassé le primaire (36,6%).
Cela démontre que "même le niveau d'étude supérieur ne met pas à l'abri de la pauvreté" ...

... Occupy Wall Street, les Indignados espagnols, les manifestants grecs...
La jeunesse mondiale se mobilise, mais pas la France, patrie de la protestation. Peut-être parce que les conditions ne sont pas réunies...
... L’indignation est ainsi à son comble lorsque on a effectué des efforts et des sacrifices financiers pour obtenir un diplôme et que celui-ci ne procure pas de débouché. Elle entremêle la stupéfaction, le sentiment d’un énorme gâchis, l’angoisse du déclassement, et pire encore, l’effroi devant ce qui s’esquisse comme un «no future». ..

Les parcours scolaires des jeunes ruraux se distinguent de ceux des urbains par des études moins longues, une préférence marquée pour le professionnel, des ambitions scolaires plus réduites. Ces disparités s’expliquent par l’environnement socioéconomique et la faiblesse de l’offre de formation en zone rurale ...
[ CEREQ : La course d'orientation des jeunes ruraux ]
... L’inégalité en matière d’accès aux ressources éducatives (écoles, collèges, lycées, études supérieures) frappe de plein fouet les campagnes hexagonales.
Plus qu’ailleurs, l’offre de formation est en friche dans ces régions : près de la moitié des 15-17 ans habitant en zone rurale doivent chaque jour accomplir 18 km pour se rendre dans leur établissement scolaire. En outre, les options sportives, artistiques ou les langues sont très peu proposées...

... un nouveau démon où se mélangent en proportions diverses l'ultra et le néolibéralisme. Ce diagnostic, partagé, est cependant un peu trompeur : il porte à croire que la crise est d'abord économique et financière. De sorte que, pour la résoudre, on aurait avant tout besoin de la science des économistes. On aurait tort de le croire. Pour plusieurs raisons.
La première est triviale : la science des économistes est au moins aussi versatile que celle du marc de café. La seconde est plus sérieuse : nous ne vivons pas seulement une crise économique et financière, mais aussi politique, écologique, morale, subjective, esthétique, intellectuelle... Ce sont les fondements sur lesquels repose notre civilisation qui sont atteints.
D'où vient donc cette courte vue qui pousse à croire que les remèdes à la crise sont économiques ?..
... De sorte qu'on se trouve dans une troisième impasse historique en un siècle.
En effet, après l'impasse du fascisme qui a fait disparaître l'individu dans les foules fanatisées et après celle du communisme qui a interdit à l'individu de parler tout en le collectivisant, est venue celle de l'ultra et du néolibéralisme qui réduit l'individu à son fonctionnement pulsionnel en le gavant d'objets - n'est-ce pas un symptôme parfait de notre temps que l'économiste en chef de la plus grande institution monétaire internationale, Dominique Strauss-Kahn, ait fait preuve d'un sérieux dérèglement pulsionnel jusqu'au point de se faire prendre en flagrant délit ?

... «L'incertitude du contexte économique, couplé à la sensibilité plus forte du chômage des jeunes à la conjoncture économique rend la reprise de l'emploi pour cette catégorie hautement incertaine.
Cela peut annoncer encore plusieurs années difficiles», déplore l'OIT.
L'organisation met également en garde les gouvernements des difficultés économiques persistantes pourraient générer une défiance des jeunes à l'égard des systèmes politiques et économique.
«Ce facteur a joué un rôle incontestable lors du Printemps arabe», rappelle l'OIT...

[ Communiqué de l'Organisation internationale du Travail (OIT) - 19 oct. 2011 ]


C'est le Programme alimentaire mondial (PAM) qui le dit : toutes les 5 secondes, un enfant en dessous de 10 ans meurt de faim;
…ils sont mutilés par la faim, alors qu'il n'y a plus de manque objectif de nourriture : il y a un manque d'accès à la nourriture.
C'est pour cela que je dis qu'avec les moyens dont nous disposons, un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné...
... spéculation financière sur les matières premières alimentaires. Après avoir perdu 85 000 milliards dans le krach financier de 2007-2008,
les grands fonds d'investissements ont migré sur les marchés alimentaires,
esentiellement le riz, le maïs et le blé, les aliments de base, qui couvrent 75% de l'alimentation mondiale.
Ils font exploser les prix de ces denrées...


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Le numéro hors-série "guide-annuaire des écoles différentes", réalisé en étroite collaboration avec les courants pédagogiques, les écoles, et de nombreux parents, enseignants, conseillers d'orientation et anciens élèves, obéit aux mêmes règles.