DES ECOLES DIFFERENTES
... parce que de l'uniformité 
et la conformité,
naissent l'ennui 
et l'idiotie ... 
et des mystifications et soumissions,
le mépris 
et la barbarie.

école parallèle,
école différente,
école nouvelle,
école pilote,
école autrement, 
école alternative
école innovante ...

2015 : 
Une autre école est-elle possible?
Certains l'affirment. 
Avec des variantes :
"une autre école est possible", 
"une autre école est nécessaire" ...
Mais alors à quoi servent ces indicateurs, quand, par ailleurs, la ministre de l’Education nationale annonce qu’elle veut plus de mixité sociale dans les établissements scolaires, ce qui passe par une moins grande liberté de choix laissée aux familles? Dans ce contexte, pourquoi publier encore ces données ? …
depuis toujours, c’est cette contradiction majeure dans le message envoyé par l’Education nationale. En publiant ces indicateurs, l’institution reconnaît que tous les établissements n’ont pas les mêmes performances toutes choses égales par ailleurs. Et dans le même temps, le ministère répète aux familles qu’elles n’ont pas à décider de l’établissement pour leur enfant afin de garantir une mixité sociale… Il faut choisir.

L’enterrement de la loi Jospin (1989) aurait pu être une leçon notamment quant à l’absence de pédagogie de la réforme. Elle a été enterrée une nouvelle fois, voire incinérée. Personne n’en parle...
on continue, en fermant les yeux sur sa propre responsabilité, à fabriquer le terreau qui permet aux extrémismes de prospérer et on perd l’école. Emmanuel Davidenkoff pourrait réécrire son livre de 2003 (Hachette Littératures) : «Comment la gauche a perdu l’école», en sachant que bien au-delà de l’école, c’est l’avenir de notre société qui est en jeu.
Depuis Savary en 1981, toutes les réformes scolaires ont été refusées.
Pour n'importe quel ministre de l'éducation, le risque maximum est de vouloir réformer.
LOI D'ORIENTATION SUR L'ÉDUCATION : Loi n° 89-486 du 10 juillet 1989
... Ainsi disparaît une esquisse d’évaluation et l’une des sources de rénovation du projet...
 (Extrait du Rapport de Bernard Toulemonde)



La déclaration des professeurs n’y va pas par quatre chemins.
N’ayant «aucune garantie quant à la forme et l’usage qui seront donnés à [leurs] propos»,
ils disent «refuser d’être entendus»
… les difficultés d’enseignement dans l’établissement sont dues «au chômage de masse»
qui touche les familles, aux discriminations, à l’insuffisance de médecins et de logements décents… autant de freins qu’ils refusent de voir «instrumentalisés au profit d’un discours visant à stigmatiser la jeunesse de Seine-Saint-Denis»...

… Premier cas : celui d’un professeur de CM2 dont des élèves, appuyés par leurs parents, s’opposent à une sortie prévue dans une église pour écouter du Vivaldi. Dans le deuxième cas, c’est un cours sur l’islam qui vaut à un enseignant la réaction courroucée d’un parent. A chaque fois, les familles ont mis en avant leur religion – musulmane dans le premier exemple, catholique dans le second –, affirmant agir au nom même de la laïcité. ..
ces sujets qui agitent l’opinion : les repas de substitution, les mères voilées… Des anecdotes que l’on se répète entre professeurs – ici, un cours de natation problématique, là, une leçon de SVT contestée –, en se demandant si elles sont avérées ou de l’ordre de la rumeur…

la demande sociale adressée à l'école n'a pas grand rapport avec le "partage des valeurs de la République". Au triptyque "Liberté, Egalité, Fraternité" se substituent, au choix : le triptyque "lire, écrire, compter" et sa cohorte de polémiques techniques, voire technicistes, au premier rang desquelles la querelle des méthodes de lecture ; la demande d'autorité renforcée, qui exonère au passage les parents de leur part de responsabilité ; l'exigence de mieux préparer les jeunes à la vie active. Ces trois demandes, parmi d'autres, peuvent évidemment se combiner


"Le-Collège-du-Secteur"
… Enfin, si, comme les rumeurs le laissent entendre, le calendrier scolaire annuel ne devait être modifié qu’à la marge, il ne fait guère de doutes que cette réforme du collège, très éloignée de la «refondation» – à laquelle, de toutes façons, personne ne croyait plus – n’est qu’une réponse très partielle aux enjeux mis en avant…
… si les élèves échouent en collège, c’est parce qu’ils y ont été mal préparés par leurs premières années de scolarité ou encore qu’ils ne sont décidément pas «faits pour les études».
Et tant pis si les élèves concernés sont tous issus des milieux défavorisés : une sorte de sélection naturelle sera plus facile à faire passer dans l’opinion publique qu’une ségrégation sociale sciemment organisée par l’institution scolaire…
… c’est à la rentrée 2016 que le «nouveau» collège devrait voir le jour… à quelques mois d’une échéance politique majeure qui ne rend guère optimiste. Dans le domaine éducatif également
mêmes programmes, même paperasse, mêmes pratiques autoritaristes, même mépris pour la charge de travail des enseignants. L'autoritarisme exacerbé poursuit inexorablement son développement avec injonctions, contrôles, jugements, sanctions, menaces...

… On s'est habitué à la continuité. On s'habitue à la souffrance.
Mais avec les nouvelles déclarations ministérielles, on passe à la marche arrière. L'évaluationnite que j'avais qualifiée de "malheur de l'école" il y a bien longtemps, revient en force, à la grande joie des pilotes, des managers et des caporaux.
J'ai appelé Eveline Charmeux au secours

2012 n'a pas eu lieu. Aujourd'hui, en dépit des appels au secours de nos amis, Pierre et les autres, c'est en 2009 que nous sommes : pour ouvrir l'année scolaire 2015, la Ministre a décidé d'offrir aux enfants de CE2, une belle évaluation nationale.
Brusque remontée d'évaluationnite foudroyante, qui achève le lent travail d'érosion d'une refondation, celle de l'école …


l’école publique n’était pas un modèle efficient. Il n’y avait aucun contradicteur dans la salle…
… Comment vont se réorganiser les systèmes éducatifs des pays en voie de développement et même ceux des pays développés? Quelles ressources y consacrer? Quels modèles pédagogiques y déployer? Doit-on laisser l’innovation pédagogique et sa promotion à des associations et des fondations? En tant que française, je me pose évidemment une autre question: l’école publique, laïque et gratuite n’est-elle pas une alternative intéressante du point de vue de l’égalité et de la démocratie? Il n’y a personne pour la défendre ici

De l’autre côté de la porte ...
… on signalait le cas d’adolescents ayant fini par se murer dans leur chambre le plus calmement du monde, passant leur journée à lire des mangas et à jouer aux jeux vidéo. Aucune ambition, envie de rien, aucune préoccupation vis à vis de l’avenir: ces jeunes gens se distinguaient des autres adolescents, certes fréquemment apathiques, par un désintérêt total pour le monde réel. …
… La France commencerait également à être touchée: le docteur Marie-Jeanne Guedj-Bourdiau, pédopsychiatre, chef de service des urgences psychiatriques de l'hôpital Sainte-Anne, affirme dans l’ouvrage collectif que des dizaines de cas ont été constatés dans notre pays, concernant non seulement des adolescents, mais également de jeunes adultes qui aurait eu du mal à terminer leurs études supérieures.
Le taux de chômage chez les jeunes ainsi que le nombre croissant d’accros à Internet et aux jeux vidéos n'aidera pas à endiguer le phénomène.

le diagnostic de troubles de l'attention concerne environ 20% de la population étudiante américaine, et beaucoup prennent de la Ritaline pour gérer les symptômes.
Les personnes diagnostiquées ont moins de récepteurs de dopamine que la moyenne, ce qui veut dire qu'une activité normalement intéressante a tendance à leur paraître ennuyeuse.
Ceux qui souffrent de ces troubles ont donc tendance à rechercher constamment la nouveauté, et les comportements en ligne typiques –avec possibilité de cliquer sur quelque chose de nouveau toutes les 20 secondes– ont tendance à renforcer ces symptômes…


le diagnostic est sombre : le collège aggrave les difficultés, particulièrement dans les disciplines fondamentales – français, mathématiques, histoire. «Les élèves s’y ennuient, les parents se sentent démunis et les enseignants bridés»
 … Pour quel coût ? A cette question, Mme Vallaud-Belkacem a donné une réponse aussi technique que lapidaire : «4 000 équivalents temps plein». Une référence aux 4 000 postes promis par son prédécesseur, Vincent Peillon, en décembre 2013 pour accompagner cette même réforme. 
4 000… pour 7 100 collèges publics et privés
… il n’existe aucune formation spécifique au harcèlement scolaire dans leur parcours, que ce soit en formation initiale ou continue. «J’ai été formé à l’encadrement, pas au harcèlement», précise Bernard[*], enseignant en arts plastiques dans un collège de Seine-Saint-Denis depuis 7 ans. «On en a parlé pendant les formations. Mais c’est arrivé comme ça dans la discussion, ils n’avaient prévu aucun conseil sur le sujet. Ce n’était clairement pas prioritaire», juge quant à elle Marie, enseignante au collège à Sarcelles, et qui a passé le concours en 2013.

Pas plus de formation spécifique pour les jeunes pousses de l’enseignement, qui débutent leur première année …
il est difficile de repérer un élève harcelé, qui souvent va essayer de cacher ce harcèlement. «Les élèves ont honte d’être victimes, si un prof se pose des questions, ils vont essayer de se faire tout petit»
… il conviendrait donc de relativiser les inégalités de résultats scolaires entre filles et garçons à l’école! D’ailleurs les différentes études de l’OCDE, PISA sur les adolescents et PIAAC sur les adultes montrent que les retards scolaires des garçons sont rattrapés, en moyenne, dans la vie professionnelle.

Mais la vraie bonne nouvelle de l’étude reste que, concernant les inégalités sexués à l’école, la France est très proche de la moyenne de l’OCDE, elle fait même mieux que la… Finlande, souvent désignée comme un modèle éducatif.
    [ Filles et garçons sur le chemin de l'égalité, de l'école à l'enseignement supérieur
Statistiques - publications annuelles - Édition 2015 ]

en matière de lutte contre les inégalités «le soufflé est retombé». Ici, comme dans 250 autres écoles primaires, l’équipe s’était saisie, le temps d’un semestre l’an dernier, des «ABCD de l’égalité», ce dispositif de lutte contre les stéréotypes sexués interrompu par le gouvernement en juin 2014, face aux assauts des lobbys traditionalistes. «Un coup de frein à une belle dynamique», regrette-t-elle. Ici, aucun parent d’élève n’était venu s’en plaindre – bien au contraire….
… Auditionnée avant l’élaboration des documents pédagogiques – ceux des ABCD de l’égalité, puis ceux du plan d’action –, la sociologue Marie Duru-Bellat partage en partie ce constat. «Les enseignants ont la liberté de se saisir de la thématique, mais vont-ils tous le faire ? Ils ne sont pas cette avant-garde éclairée qu’on évoque parfois. On retrouve en leur sein les mêmes clivages que dans le reste de la société, et, en particulier, différentes conceptions de l’égalité


… L'idée émise par le gouvernement d'établir des zones multicollèges est-elle la bonne?
Le vrai problème est celui de la ségrégation urbaine. Si vous arrivez à assurer sur un bassin scolaire un profil moyen d'établissement, tous les collèges présenteront à peu près le même profil social. Bien sûr certains devront plus se déplacer, mais on peut l'organiser, et actuellement je ne vois pas d'autres solutions. Je pense même qu'il faudrait impliquer le privé. ..
      [ Circulaire relative à l'amélioration de la mixité sociale au sein des établissements publics du second degré - 7-1-2015 ]

Si l’école française est capable de former une élite recrutée dans les milieux privilégiés, elle ne parvient pas à faire réussir tous les élèves. Voilà des décennies qu’elle tente, en vain, de résorber le « noyau dur » d’échec scolaire, dont près d’un élève sur cinq fait partie.
Ce constat, déjà ancien, la Cour des comptes le reprend dans un rapport publié mercredi 4 mars et consacré au « suivi individualisé des élèves ». Sa conclusion est sévère : les dispositifs visant à répondre aux besoins spécifiques des élèves, qui coûtent deux milliards d’euros par an, sont inefficaces. Politique « hésitante », pilotage « défaillant », poids des traditions…
… Parmi les autres recommandations de la Cour des comptes figure la généralisation de l’accompagnement individualisé des élèves au collège. Une préconisation qui ne pourra passer inaperçue, à quelques jours de l’annonce d’une réforme du collège.
      [ Cour des Comptes - Le suivi individualisé des élèves : une ambition à concilier avec l’organisation du système éducatif – 4 mars 2015 ]

Obliger les familles à scolariser leur enfant dans un collège qui a mauvaise réputation pour «le bien commun» demande un certain courage. «Les parents accepteront à une condition : que l’éducation nationale mette le paquet et devienne irréprochable sur tout le territoire, assure Françoise Cartron. Il faut notamment que les profs absents soient remplacés tout de suite, et non plus seulement dans les collèges où les parents sont là pour râler.» Le 22 janvier, la ministre a dévoilé son plan d’attaque, entièrement basé sur la concertation…
… Mais on ne construira de la mixité que si les écoles privées entrent dans la boucle de la carte scolaire. L’enjeu, il est là aujourd’hui.» Mais ce n’est pas gagné. «Juridiquement, on ne peut pas obliger les établissements privés, ils sont libres de choisir leurs élèves», précise le ministère…

Alors, c’est l’entrée en sixième.
Le premier jour de sixième, l’enfance française tombe au milieu d’une foule enragée qui se précipite sur elle-même comme l’océan dans le Titanic. Des corps ployant sous leurs sacs de quinze kilos sont projetés à travers les couloirs où l’on avance dans la terreur, les coups et les crachats. Des surveillants trempés de sueur tentent d’empêcher que les plus petits soient piétinés. La bousculade semble à chaque instant basculer dans l’émeute ; on jurerait qu’il vient de se produire une catastrophe, un incendie ou un attentat, de quoi justifier que tous les systèmes nerveux craquent simultanément. Mais il n’est rien arrivé. On assiste au phénomène le plus ordinaire qui soit dans un collège français : l’interclasse


"Les-Rythmes"
… Le ministre des Affaires étrangères et du Tourisme Laurent Fabius en profite pour relayer une demande récurrente du lobby des stations de ski qui demande que soient avancées d'une semaine les vacances de printemps…
«incompréhensible» que le gouvernement n’ait pas décidé d’amorcer également un étalement des vacances d’été. «Il n’est pas possible, conclut-il, de laisser de côté les professionnels des transports et du tourisme. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : concilier réellement les intérêts des enfants à l’école, ceux des enfants en vacances et ceux de la société».
Tout est dit. Et on attend la fin de l’Histoire...

"Les-Notes"
Il y aura toujours des notes chiffrées en 6e. Leur suppression, préconisée par un rapport, a été écartée par la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem …
… Le jury de la conférence -avec une moitié d'usagers de l'éducation et une moitié de professionnels- ne retiendra pas l'expression de l'"évaluation bienveillante"
"Pour des raisons qui nous dépassent, l'expression ['bienveillante'] est devenue aux yeux du public [synonyme de] perte d'exigence", a expliqué son président, le physicien Etienne Klein. Des critiques accusaient le ministère de vouloir "casser le thermomètre"

"La-Carte-Scolaire"
… Dit autrement: les parents qui pensent "échapper" à leur collège de quartier en assurant que leur enfant veut apprendre le chinois ou tout autre langue rare enseignée dans un établissement mieux côté, risquent d'être déçus. ..
"Puisque nous ne pouvons pas modifier la composition sociale des quartiers, il faut élargir la base de recrutement des établissements" explique-t-on à la DGESCO
Un projet réaliste? Pour Valérie Marty, présidente de la Peep, une fédération de parents d'élèves,
cet objectif de mixité forcée relève de l'utopie



Vous trouvez que vos enfants passent trop de temps sur Internet? Si vous habitez Taïwan vous pouvez désormais légalement les empêcher d’utiliser une tablette ou un téléphone portable trop longtemps…
… le temps passé par les mineurs devant des écrans est un vrai problème. D’après l’Académie américaine des pédiatres, un Américain de 8 ans passe en moyenne 8 heures par jour devant un écran alors qu’elle ne recommande que 2 heures d’utilisation maximum.
En France, les jeunes passent près de 1.200 heures par an, soit 3,30 heures par jour, devant un ordinateur ou la télévision…
  Pouce !


"Le-Redoublement"
… Les collégiens et lycéens perçoivent bien les effets négatifs du redoublement. Et pourtant, ils restent très attachés à cette pratique. Près de 70 % sont opposés à sa suppression
… L’attachement au redoublement est encore plus prononcé chez les lycéens, qui peuvent y voir une stratégie d’orientation, un moyen de retenter sa chance quand on n’a pas obtenu la filière demandée. Les trois-quarts d’entre eux souhaitent que le redoublement soit conservé, contre les deux-tiers des collégiens…
… Pour en limiter le recours, la Rue de Grenelle sait qu’elle devra aller à contre-courant de l’opinion.

Le redoublement coûte cher. La France y consacre chaque année deux milliards d’euros, si l’on en croit les calculs des économistes de l’Institut des politiques publiques (IPP). Un milliard en primaire et au collège et un autre milliard au lycée. C’est bien plus que l’argent dépensé pour l’éducation prioritaire
… Au final, si le ministère de l’éducation nationale décidait, cette année, de supprimer totalement le redoublement – alors qu’un décret, paru en novembre 2014, prévoit de le rendre « exceptionnel » –, il ne pourrait espérer revoir ses 2 milliards d’euros… qu’à la rentrée scolaire 2027.


Les enseignants en font l’amère l’expérience depuis quelques jours: de nombreux jeunes Français, et pas seulement dans les banlieues, ne se sont pas sentis concernés par ces événements. Avant comme après le 11 janvier, l’altérité demeure suspecte, le désir de vivre-ensemble s’estompe et les discours xénophobes prospèrent. Cette défiance, véritable poison quand elle atterrit entre les mains du FN, provient en partie du fait que les citoyens, et notamment les jeunes, abstentionnistes récurrents et fournisseurs de contingents importants de votes d’extrême droite, se sentent tenus à l’écart des décisions collectives. ..
… l’histoire d’un enfant de 14 ans qui a déclaré «ils ont eu raison» pendant un débat lancé par le prof, au lendemain de la minute de silence effectuée en classe (qu'il a respectée). Un enfant contre qui le principal du collège, une fois l’exclusion temporaire décidée, une fois le conseil de discipline programmé, a porté plainte…

«Est-ce que vous, journaliste, vous trouvez que coller une conscience politique à des gamins, c’est normal ? Et pourquoi citer systématiquement la religion des élèves rencontrés, si vous être dans une démarche laïque ?» Pas facile, dans la classe, d’ouvrir le débat sur la laïcité. Laïcité ouverte ? Laïcité de combat ? Beaucoup d’élèves semblent penser qu’elle implique de taire leur foi. Chez Ryan, le ton vindicatif cache à peine sa détresse. «Ça veut dire quoi cette injonction de minute de silence ? Et pourquoi la faire à ce moment-là, et pas pour d’autres victimes, au Congo, en Palestine ?»

Quel est le rapport entre la laïcité et les attentats contre Charlie Hebdo ? En quoi un renforcement de l’enseignement de la laïcité, qui n’est synonyme ni de tolérance ni d’égalité hommes-femmes, mais qui régit les rapports des Eglises et de l’Etat (selon la formulation de la loi de 1905), résoudra-t-il le problème des quartiers populaires ? Les mêmes qui piétinent allègrement les principes de la République, particulièrement celui d’égalité, voudraient faire de la laïcité un concept fondateur, mais dans le seul but de justifier leur islamophobie. Répétons-le, la laïcité concerne la place de la religion et garantit le droit de tous les fidèles à exercer leur foi en toute liberté (y compris dans l’espace public : la loi de 1905 n’a jamais aboli les processions religieuses, par exemple)…


«Dès qu’on a un débat de société, que ce soit l’égalité garçon/filles, la délinquance, la contraception, on se tourne en France bien plus qu’ailleurs vers l’école, à qui l'on a confié la mission historiquement non seulement de former des citoyens mais aussi de sauver la patrie», renchérit le sociologue François Dubet, qui rappelle que la défaite de 1870 avait, déjà, été attribuée à la supériorité de l’instituteur prussien. Les termes employés tant par la ministre que par le président de la République, indiquant que l’école était « en première ligne » dans les événements qui viennent d’avoir lieu, portent d’ailleurs bien la trace de cet héritage. 
Inégalités, ségrégation sociale, décrochage scolaire… le diagnostic d’une institution à bout de souffle est parfaitement connu et rappelé dans pléthore d’études chaque année. Que nous disent donc les attentats des 7, 8 et 9 janvier sur les faillites de l’école que nous ne sachions déjà ?..

… Le plan publié par le ministère parle essentiellement de l’éducation à la citoyenneté. Le drapeau, la Marseillaise… Je me souviens que Chevènement nous avait déjà fait le coup quand j’étais élève. Aujourd’hui l’institution parle de parcours citoyens, pour «apprendre les valeurs de la République de l’école élémentaire a? la terminale» et c’est ce qui va faire le plus réagir…
… Le problème de la mixité sociale dans les établissements, c'est la grande hypocrisie de la République. Car non seulement la ségrégation sociale spatiale fait son œuvre mais en plus elle est renforcée par des pratiques d’évitement…
Reste un vrai, gros, énorme problème: l’Éducation nationale recherche 25.000 nouveaux enseignants diplômés. Au vu de ce qui s’est passé ces dernières années, rien ne dit qu’elle arrive à pourvoir tous ces postes avec des candidats de niveau suffisant…… Un concours externe supplémentaire de recrutement
de professeurs des écoles
devait donc être mis en place pour pourvoir 500 postes dès la rentrée 2015, exclusivement dans l'académie de Créteil. C'est chose faite
Un arrêté publié ce samedi au journal officiel précise les conditions 
de l'ouverture de cette session supplémentaire. ..

… En 2013, la mission sur l’enseignement de la morale laïque, installée par l’ancien ministre Vincent Peillon, faisait état d’instances de vie lycéenne «peu connues et peu valorisées, parfois perçues comme une simple obligation réglementaire», et d’une faible participation des élèves aux élections de leurs représentants (50 %). Enfin, si des projets collectifs sont mis en place pour incarner les valeurs transmises, ils restent peu nombreux et apparaissent «essentiellement dans les moments de tension», selon cette mission.
Pour réduire le décalage entre le prescrit et le réel, nombre d’observateurs insistent sur le rôle crucial de la formation des enseignants…
[ Apprentissage de la citoyenneté dans l’école française :un engagement fort dans les instructions officielles, une réalité de terrain en décalage -  CNESCO - Conseil National d’Evaluation du Système SCOlaire – 13 janvier 2015 ]

Si l’école dysfonctionne, ce n’est pas en raison d'élèves aux paroles provocatrices qu’il faudrait «détecter» et «traiter», mais parce qu’elle a été notamment dévastée par des économies budgétaires opérées sur le dos des personnels et des élèves, particulièrement dans les quartiers populaires comme le rappellent depuis des mois les mobilisations pour le maintien des réseaux d'éducation prioritaire. Des zones entières du pays concentrent un chômage endémique et n'offrent que des services publics dégradés, une partie importante de leurs populations subissant un racisme structurel. La République «une et indivisible» est ainsi une formule qui se vide quotidiennement de son sens. Nous refusons donc la stigmatisation et la criminalisation des adolescent.e.s qui se dessinent aujourd’hui…

Il faut travailler sur la formation des enseignants. Lorsqu'un parent ou un adolescent refuse l'enseignement du fait religieux, il faut pouvoir argumenter, expliquer en quoi cela relève des missions de l'école. Si un élève brandit un tract qui présente la contraception comme un crime, le professeur ne doit pas être déstabilisé ni démuni, il doit pouvoir répondre. Souvent, devant la contestation des élèves, les enseignants s'auto-censurent et ne traitent pas certains sujets. Il faut par ailleurs réaliser un véritable travail sur la laïcité qui est perçue par certains comme anti-religieuse. Un cours de morale ne suffit pas il faut faire travailler les élèves sur des cas pratiques, concrets. Enfin, il faut apprendre aux enseignants comment réagir aux questions des élèves, et notamment à ce qu'ils voient sur internet

… Il est -quasiment- impossible que les jeunes de 12 à 18 ans aient échappé aux vidéos ou images circulant sur les réseaux sociaux. "Ils sont nés avec des portables ou des manettes de jeux vidéo dans la main!", ironise Alix Foulard."Sauf que là, ce n'est pas virtuel, mais bien réel."  Une fois encore, il ne faut pas en minimiser l'emprise, et ouvrir le débat. "Comme les adultes, les ados sont en capacité de supporter une certaine dose d'images choquantes", déclare Pierre Mannoni…

Quand j’entends qu’on va "transmettre des valeurs", je bondis : les valeurs - comme d’ailleurs, les savoirs - ne se transmettent pas, elles se construisent. Je ne joue pas sur les mots : l’idée de transmettre porte en elle le cours traditionnel. L’enseignant parle depuis son estrade, les enfants écoutent et doivent mémoriser ce qu’on leur dit. Ce serait catastrophique, car comme le disaient les pionniers de l’école de la IIIe République, on n’apprend pas "la France par cœur mais avec le cœur"

… A l’évidence, malgré la «rénovation pédagogique» des années 1970, tentée par la droite, malgré les efforts de la gauche au pouvoir en 1981, malgré la loi révolutionnaire de 1989, abandonnée par ses auteurs et leurs amis, malgré le constat en 2012 de la nécessité de refonder l’école, malgré les travaux des mouvements pédagogiques et même des groupes d’experts du parti au pouvoir, rien n’a changé au fond…
Nouvelles audiences, nouvelles commissions, nouvelles concertations, nouvelles grandes déclarations sur les valeurs et les finalités… pour aucun changement possible sans courage politique et sans ruptures, sans recherche de mobilisation de la Nation autour d’une autre école. Dans 20 ou 50 ans, les participants à des colloques sur l’école si …

   A défaut de "hussards", noirs, quelques "grognards", grognons ...


… Après le temps de la mobilisation pour défendre la liberté d’expression en France suite aux tragiques attentats de la semaine dernière, doit venir le temps de l’introspection sur une société française capable de générer en son sein, sur son territoire, par des jeunes grandis dans ses écoles, de telles atrocités …
… ces heures d’enseignements, intégrées le plus souvent à l’histoire-géographie ne sont pas toujours dispensées dans leur totalité. Ces heures peuvent servir notamment à achever la couverture des programmes scolaires dans d’autres matières …
[ Apprentissage de la citoyenneté dans l’école française :un engagement fort dans les instructions officielles, une réalité de terrain en décalage -  CNESCO - Conseil National d’Evaluation du Système SCOlaire – 13 janvier 2015 ]

Mais que faut-il en attendre sachant que notre pays est celui qui, en Europe, formalise le plus et consacre le plus de temps à l’instruction civique et la vie démocratique à l’école selon le CNESCO? Et que ces instructions restent surtout des vœux… pieux.
L’instruction civique est une discipline chez nous. La France est même le seul pays européen dans lequel cet enseignement concerne les niveaux et avec des moments bien définis…
Ma conclusion: il n’y a pas de message plus délétère que de ne pas faire ce qu’on dit. Les ministres, les cadres de l’éducation nationale, les politiques et les observateurs se paient souvent de mots sur le rôle de l’école dans notre démocratie. Il faut regarder ce qui se fait concrètement dans les classes et en tirer les conclusions…

C’est le résultat d’une politique pourrie qui a cru que l’intégration se ferait toute seule, que l’école réussirait à faire partager les valeurs de la République alors qu’on a laissé des collèges ghettos se constituer. Pour protéger l’entre soi qui arrange tout le monde»…
… il demeure que l’élève imaginaire de l’Ecole républicaine est un enfant docile, conforme à ses attentes et ses valeurs, une sorte de mini moi des enseignants. Cet idéal reste très vivace, pour ne pas dire central, dans la culture scolaire française.  Il expose les éducateurs à bien des déconvenues.
La seule personne qu’il faut virer de l’école c’est cet élève imaginaire qui fait considérer à trop d’enseignants que les enfants ne sont jamais assez bien pour eux…


… il ne s’agit pas de savoir «comment» parler aux élèves des crimes abominables commis les 7, 8 et 9 janvier. Il ne s’agit pas d’analyser et de comprendre les réactions de certains élèves, fermés à toute empathie, ou justifiant des actes terroristes. Ce temps là est déjà dépassé. Il s’agit de penser à ce que leurs enseignants leur diront demain, et les jours qui suivront….
… On ne peut plus laisser les enseignants seuls face à cette faille, ce fossé – culturel, social, religieux – qui se creuse entre une partie de nos enfants et les autres. On ne peut plus cacher la poussière sous le tapis, afficher une «charte de la laïcité» dans les couloirs en pensant que ça fera le boulot.
Cacher la poussière sous le tapis. Oui: car ces trois dernières années, deux rapports ont décrit de manière détaillée des situations alarmantes et similaires …
 L'histoire (tarabiscotée mais d'autant plus significative) des «devoirs envers Dieu» dans les programmes de l'école primaire publique commence en 1882 et dure jusqu'au régime de Vichy .

Les débuts eux-mêmes sont quelque peu étranges. Lors de la première discussion au Sénat de la loi de 1882 sur l'obligation scolaire et la laïcité des écoles primaires publiques, le sénateur républicain (et spiritualiste) Jules Simon propose dans un amendement d'introduire les «devoirs envers Dieu et envers la patrie». Cet amendement est refusé par Jules Ferry : «on ne vote pas Dieu dans les assemblées !»
supprimer le redoublement ne réglera jamais les problèmes d’un système d’éducation si on ne met pas en place des solutions efficaces pour gérer autrement la difficulté des élèves. Le cas de la France illustre d’ailleurs parfaitement la question du redoublement puisque le pourcentage d’élèves de 15 ans ayant redoublé au moins une fois a diminué entre 2003 et 2012 pour passer de 38% à 29%, et pourtant, sur cette même période, 

l’échec scolaire a continué d’augmenter significativement. La réflexion doit donc se focaliser sur la recherche d’alternatives au redoublement…
… la réforme des Écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) a-t-elle vraiment changé la façon dont on forme les étudiants au métier d’enseignant? Quels sont les plans qui vont être annoncés pour renforcer l’accès à la formation continue des enseignants déjà en exercice ? Les primes pour les enseignants en zone prioritaire ont-elles exercé un effet positif pour inciter certains d’entre eux  à choisir de travailler dans ces zones?..
"Les-Devoirs-à-la-Maison"

Au beau milieu du très médiatique "débat" sur les notes, la parution du dernier Pisa à la loupe, consacré aux devoirs, est passée totalement inaperçue. Pourtant, le rapport comporte quelques données intéressantes et parfois inattendues…
… La France fait partie des pays où la variation du score en fonction du temps consacré aux devoirs est parmi les plus importants, bien au-dessus de la moyenne de l’OCDE, puisqu'une heure de devoirs hebdomadaire en plus se traduit en France par une amélioration conséquente de 13,4 points. [Curiosité : au Monténégro, chaque heure de devoirs en plus se traduit par une baisse de 7 points !]…
[ Les devoirs entretiennent-ils les inégalités en matière d'éducation ?PISA à la loupe – décembre 2014- pdf ]
Comme pas un collègue n’est prêt à consacrer son temps au maintien en vie du parc informatique, notre bahut fait appel à une société privée (hum, hum) qui, pour un tarif pas spécialement bon marché, règle les soucis les plus urgents, laissant les très urgents s’accumuler dans un coin.
Imaginons que, par-dessus ce joyeux bordel, on équipe les élèves de tablettes
  … le système éducatif prépare mal les élèves à réussir leur vie (67%) et qu’il les a eux-mêmes mal préparés à intégrer le monde professionnel (53%).

·  Les Français ont le sentiment que la qualité du système éducatif a été dégradée par les réformes de ces cinq dernières années (68%), et que sa fragilité est plutôt à chercher au niveau du primaire (38%) ou du collège (40%) qu’au lycée (13%) ou dans l’enseignement supérieur (7%).
… les personnes les plus jeunes gardent visiblement un souvenir plus négatif de l’enseignement reçu au collège: parmi les moins de 30 ans, 50% désignent le collège comme point faible du système éducatif, quand des proportions équivalentes citent le primaire (16%) le lycée (17%) et l’enseignement supérieur (15%)
[ chaine parlementaire (LCP-AN) déc. 2014 « L’école permet-elle encore de réussir en France ? » -Institut Montaigne - sondage Harris Interactive ]

… Et si les 15 % de jeunes qui ânonnent encore en fin d’école primaire avaient tout simplement manqué de temps pour apprendre à lire? C’est la thèse que défend Bruno Suchaut, directeur de l’Unité de recherche pour le pilotage des systèmes pédagogiques (URSP) suisse et professeur à l’université de Lausanne. Son article, qui sera publié prochainement dans une revue scientifique, pourrait offrir une aide précieuse à la «priorité au primaire» promise par les ministres successifs de l’éducation – et le chef de l’Etat, François Hollande – mais jamais concrétisée
La volonté politique suffirait. Mais aujourd’hui, les quelques maîtres supplémentaires arrivés dans les classes sans contrat précis risquent fort de ne pas permettre d’augmenter ce temps réel d’apprentissage …


"REP-ZEP-Quartiers-Défavorisés"
qui peut croire que 48,6 % d'enfants sous le seuil de pauvreté (données CAF) ne sont pas une priorité ? Voici un autre indicateur qu'on ne peut négliger. Certes, il y a plus de pauvreté ailleurs mais 48,6 % n'est-ce pas déjà trop ?
Quand on sait la levée de boucliers qu'il y a eu quand les professeurs de classes prépa ont été sollicités pour répartir les moyens vers le niveau d'enseignement le moins bien doté... aujourd'hui, ce sont les zones d'éducation prioritaires qui se partagent entre elles les moyens. Cela affecte considérablement le discours de l'augmentation du budget de l'éducation car on a l'impression de gérer ce paquebot à moyens constants à côté des milliards du pacte de responsabilité…
… Bref, on tue dans l’œuf la volonté de refondation puisqu’au final on s'occupe des conséquences de la difficulté scolaire sans s'attaquer au moment où elle se forme : dans les premières années de la scolarité…
Elections: Les profs sont des Français comme les autres

Pourquoi les profs seraient ils différents du reste des Français, qu’ils auraient la pêche et croiraient encore aux promesses présidentielles ? Il n’y a aucune raison. Les élections professionnelles à l’Education nationale prouvent qu’ils sont bien des Français comme les autres, désabusés à l’égard de la politique, dubitatifs face aux réformes, de plus en plus tentés par le repli sur soi. Ca ne fait pas vraiment rêver, mais c’est comme ça. 
Si l’on regarde les chiffres, deux conclusions s’imposent. D’abord, l’abstention est élevée…
"Les-Notes"

… cette étude vient rappeler, à l’heure où l’exécutif a pris le risque de politiser le débat sur l’«évaluation bienveillante» en le portant sur la place publique, que celui-ci dépasse, et de loin, la question récurrente et simpliste «pour ou contre les notes?»…
«Les notes des enseignants sont en moyenne 6,2 % plus élevées pour les filles que pour les garçons, à notes anonymes égales», écrit-elle…
… les biais de la notation ont été révélés par les chercheurs. Ils ont montré qu’à compétences égales, les enfants des milieux aisés sont mieux notés que ceux des catégories populaires. Idem des élèves qui n’ont aucun retard par rapport aux redoublants, ou des filles par rapport aux garçons.…
L’argumentaire est désormais connu : l’évaluation doit être bienveillante sans être laxiste, encourager au lieu de trier, valoriser les compétences sans renoncer aux connaissances…
1900 : «C'est une chose très digne de remarque que notre pays soit le seul, ou peut s'en faut, où les compositions et les classements ont pris dans l'éducation publique la part que nous leur accordons, le seul où la notation peut se faire sur 20. Nos usages à cet égard font sourire les étrangers et leur cause plus de surprise que d'envie».
Il est non moins remarquable que ce type de notation (sur 20 et ''classante'') apparaît comme délibérément réservé à une élite sociale (celle de l'enseignement secondaire public, alors encore payant) …
il s'agit «d'éluder l'obsession de la note presque aussi pernicieuse que l'obsession de la ''place''». Et les enseignants sont invités à abandonner «sans regret» le système de notation mis en place à la fin du XIX ième siècle.
"Un 4 ou un 5 sur 20, surtout pour un 'petit' de 6e, c'est quand même très violent, explique Béatrice Delandre. 
Trop d'enfants se démotivent et ont une très mauvaise image d'eux-mêmes parce qu'ils ont des mauvaises notes."
A 11 ou 12 ans, et même plus tard, difficile de faire la différence entre ce qu'on "vaut", et les notes qu'on décroche.
 Supprimer les notes, une façon de se montrer bienveillant avec les élèves? 
 "Oui, mais 'bienveillant' ne veut pas dire 'laxiste', précise la principale…

Pour ou contre les notes ? C’est en ces termes navrants que le grand débat sur l’évaluation est posé depuis quelques jours, avec ses réponses attendues et ses réactions outrées. Une fois de plus, un important débat de fond sur l’éducation est phagocyté par sa caricature en mode binaire, présenté de manière sommaire par les médias, pensé de façon simpliste par la doxa, merci la société du sondage, un clic à droite pour non, un clic à gauche pour oui, résultats dans quelques minutes
… (Et, plus trompeuses encore que les notes : les moyennes, qui portent en quelque sorte au carré les lacunes des notes, elles débouchent sur les classements, et un classement, c’est un jeu de dupes, on est toujours le con de quelqu’un)…
… il me semble que le CSP se trompe en parlant de «notation bienveillante», la note elle-même ne peut être bienveillante ou malveillante, il faut arrêter d’en faire une poupée vaudou. Ce qui est bienveillant, c’est la méthode, la démarche même du professeur, son attention portée aux élèves, à tous, notamment ceux en difficulté…

… il est peut-être trop tard pour changer le réacteur. La culture de la note irrigue l’ensemble de notre système de l’école élémentaire à l’entrée dans le monde du travail. Si l’on veut vraiment prendre cette proposition au sérieux, voyons les choses en grand: plus de notes au bac, plus de dossier scolaire à l’entrée en seconde, plus de notes dans l’Enseignement supérieur, plus de classement de sortie à l’ENA, et des concours d’entrée aux grandes écoles remplacés par des oraux «bienveillants». Sinon rendez-vous dans six mois pour le prochain débat sur la note.



"REP-ZEP-Quartiers-Défavorisés"
Comment pouvez-vous affirmer en souriant, dans une émission de télévision populaire, que les enseignant-e-s ne travaillent pas pour l'argent ? Serions-nous des missionnaires bénévoles dans des contrées reculées et parfois exotiques ? Comment pouvez-vous présenter comme une avancée la création d'un concours au rabais en Seine-Saint-Denis ? Les élèves du 93 seraient-ils juste bons à se contenter des recalés des concours nationaux ou de contractuels recrutés via Pôle Emploi ?..

… Vous nous expliquerez à grand renfort de tableaux et de statistiques qu'il y a plus misérables que nous. Nous nous rejouissons qu'un grand nombre d'etablissements dont les difficultes n'étaient pas justement reconnues fassent leur entrée en REP, mais nous refusons le chantage qui consiste, à moyens constants, à prendre aux pauvres pour donner aux plus démunis.
Quand on sait que les efforts consentis pour l’éducation prioritaire ne peèsent que 2 % de votre budget, les mots «équité», «justice sociale» et «prioritaire» sonnent dans vos discours comme de simples éléments de langage

Compte tenu de sa réussite, il est bien évidemment légitime que cette politique d'éducation prioritaire s'élargisse à d'autres établissements. Mais à partir du moment où davantage de moyens sont débloqués pour cette politique par le Ministère, n'est-il pas nécessaire de la laisser en place -à défaut de pouvoir l'approfondir- là où elle commence à faire ses preuves?..

«Venez voir ici pour comprendre ce qui se passe et comment ça se passe.»
C'est ce qu'on voudrait crier à ceux qui prennent leurs décisions sans s'inquiéter des conséquences.
La situation dans les établissements scolaires comme le nôtre est très compliquée. Le niveau de tension est très élevé

"Bienveillance" & "Evaluation"
Comment rendre l’évaluation scolaire «bienveillante» ? Comment faire pour qu’elle ne soit plus cet instrument de tri au service d’un système élitiste, mais le moyen de faire progresser tous les élèves sans les casser ?..
… fini l’inflation des contrôles, la profusion de notes et de moyennes. Fini, aussi, le diplôme national du brevet tel qu’on le connaît aujourd’hui, avec sa semaine d’épreuves au mois de juin.
Rien ne dit que le ministère ira dans son sens
… Moins de stress pour les élèves et leurs parents, sans doute. Sauf qu’ils ne pourraient plus miser sur les stratégies de compensation, telles que le système actuel les autorise, pour faire grimper leur moyenne générale…
 

Najat Vallaud-Belkacem arrive en seconde partie de mandat. La loi d’orientation a été mise en place par un autre. Il est impossible d’ouvrir de vrais dossiers aujourd’hui, vu la cote d’impopularité de François Hollande et des siens et au regard de la déception palpable des enseignants sur le terrain, face aux postes promis qui se font attendre. Alors pourquoi se priver d’un tel sujet qui, même s’il ne change pas l’école, ne mettra personne dans la rue ?


J’ai 24 ans, je suis développeur et je suis frustré. C’est simple : tout au long de ma scolarité, j’ai suivi les conseils de mes profs, de mes parents, des conseillers d’orientations. Ils me disaient tous la même chose : «Va dans l’informatique, il y a du travail.» Mais moi, du travail, je n’en trouve pas

«Vos élèves lisent beaucoup trop» a déclaré la principale d’un collège à l’une des professeures de lettres de l’établissement…
... c’est le boulot de l’école. Une école qui ouvre l’esprit. Pas une machine à évaluer et à faire passer des examens. Et trouver que la lecture est élitiste, que cette pratique culturelle est réservée à certains et pas pour tous, c'est ça qui est élitiste…
… Les auteurs ont besoin d'un auditoire, de spectateurs pour leur violence. Ils veulent se venger ou acquérir un statut social au sein d'un groupe. Ils cherchent donc des témoins pour faire du «buzz» et gagner des «like», afin d'asseoir leur popularité…
… Mais selon mes propres études, c'est plutôt 42 % des jeunes qui sont atteints au moins une fois dans l'année. Et près de la moitié d'entre eux sont à la fois victimes en ligne et dans la cour d'école. La majorité de la population collégienne est concernée par le phénomène, en tant qu'auteur, témoin ou victime…

Selon une enquête du ministère de l'Education nationale, un collégien sur cinq dit avoir été victime d'insultes, humiliations ou menaces via Internet ou SMS.
… "Le plus souvent, le motif premier d'agression est la vengeance, ou le désir de renforcer sa popularité. Si l'agresseur passe à l'acte, c'est parce qu'il sait qu'il bénéficie d'un public. Nous parlons aujourd'hui du chiffre d'un collégien sur cinq qui se dit victime de 'cyberviolence'.
N'oublions pas tous ceux qui ne participent pas directement à l'agression, mais qui l'ont vue, sue.
La majorité de la population collégienne est donc directement ou indirectement affectée par le phénomène. D'où l'importance, en tant qu'adulte, de faire comprendre à son adolescent qu'il doit oser intervenir quand il est témoin. Qu'il ne s'agit pas d'être une balance, mais que cela relève de sa responsabilité. Pour se protéger et protéger l'autre." …

Plus jamais sereins. 18% des collégiens déclarent avoir été insultés, humiliés ou victimes d'actions dévalorisantes via Internet ou téléphone portable, pointe une étude de la Depp publiée ce jeudi. La plupart du temps, ils sont déjà victimes de brimades dans la cour de l'école, soulignent ces statistiques élaborées par le ministère de l'Education nationale pour l'année 2013…
… Pour les jeunes, les médias sociaux sont un prolongement de leur vie sociale. Ils ne font pas la différence entre 'cyber' et 'pas cyber'." …

… Les films et vidéos dévalorisants sur Internet sont envoyés à l’élève concerné (43 %) ou à un groupe d’élèves de la même classe (26 %), mais encore plus souvent en dehors de la classe (36 % à des élèves du collège), ce qui participe à une diffusion massive des insultes
Un collégien sur cinq concerné par la « cyber-violence  - DEPP - Note d’information n° 39 – nov. 2014 ]

  Pouce !
Les parents balisent. Des applications permettaient déjà de scruter, depuis son téléphone portable, celui de ses  enfants. Les objets physiques se multiplient désormais pour les suivre à la trace, sous la forme d’un innocent porte-clef ourson à géolocalisation, d’un manteau connecté lancé par Gemo ou d’un bracelet électronique.
Comment ne pas faire le rapprochement avec le bracelet qui permet aux prisonniers de ne pas être enfermés derrière des barreaux ?..
… Symptômes d’un monde inquiet, «avec tout ce qui arrive», et d’un ancestral désir de surveillance rendu possible avec les nouvelles technologies, ces balises sont également un outil de discipline. «Cela participe à l’angoisse sécuritaire ambiante :
plus il existera de possibilités de surveillance, plus ce sera utilisé»…

… les membres de la classe moyenne éduquée et connectée sont nombreux à vivre aujourd'hui une «crise de l'attention». L'accélération technologique multiplie les sollicitations qui nous sont adressées et bon nombre d'entre nous sont en permanence débordés. Mais le problème réside moins dans les interruptions permanentes de l'attention au niveau individuel (le téléphone qui sonne pendant une discussion, le mail auquel je dois répondre en urgence) que dans la déformation invisible à laquelle est sujette l'attention collective.
La multiplication des sollicitations est une manière de façonner l'attention des publics et donc de définir les sujets qui comptent. Lorsque les médias enchaînent les sujets alarmistes …

… la Silicon Valley compterait une cinquantaine de milliardaires, et une dizaine de milliers de millionnaires.
Et de plus en plus de pauvres, aussi. Depuis deux ans, le nombre de homeless a grimpé de 8%, l'un des plus mauvais chiffres enregistrés aux Etats-Unis. Autour de San José, il y a une soixantaine de camps de sans-abri, cachés derrière les échangeurs d'autoroute. Sans compter les SDF qui dorment dans leur voiture, chassés de leur appartement par la hausse des loyers. Depuis trois ans, l'immobilier a explosé …
… Les libéraux vantaient l'effet trickle down - l'effet "ruissellement" de la croissance, l'argent des riches boostant l'économie, et donc bénéficiant aux plus pauvres...
Les "nouveaux aristocrates"
Dans la Silicon Valley, le "ruissellement" a été radioactif, rayant progressivement la classe moyenne de la carte et aspirant les plus fragiles vers le fond. C'est l'application grandeur nature du best-seller de l'économiste Thomas Piketty "le Capital au XXIe siècle", sur l'explosion des inégalités. Et l'émergence d'une classe de "super-cadres", oligarchie dominante dans un peuple de gueux. Retour à l'Ancien Régime ?..

La Silicon Valley n'a jamais autant généré de richesses. Plus, toujours plus de fortunes rapides. Plus d'inégalités également. Depuis plusieurs années déjà, le nombre de sans-abri grimpe à mesure que les loyers augmentent…
une soixantaine de camps de "homeless" se sont développées, cachés derrière les échangeurs d'autoroute et les sièges de multinationales de la high-tech …
  Pouce !
"Les-Droits-de"
17 des 158 millions d'enfants qui travaillent (diaporama)
Le 20 novembre célèbrait la Journée Mondiale des droits de l'enfant
et les 25 ans de la signature de la Convention internationale.
Pourtant 158 millions d'enfants de 5 à 14 ans
sont actuellement au travail, obligés, forcés
et exposés à tous les dangers, selon l'Unicef.

A l’occasion des 25 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant célébrés jeudi, Jamais sans toit a appelé à des occupations et à diverses actions dans une dizaine d’écoles, collèges et salles polyvalentes de l’agglomération lyonnaise. Selon un recensement du collectif, «194 enfants scolarisés sont SDF et plus de 100 non scolarisés vivent dans les bidonvilles de l’agglomération lyonnaise»


…Les découvertes faites par le journaliste Martin Boudot sont à des annees lumière du monde merveilleux qu’affichent les publicités vantant les mérites de téléphones de plus en plus perfectionnés et de plus en plus chers. Pourtant, en Chine ou ailleurs, ce sont encore trop souvent des enfants payés une misère qui assurent le montage de ces produits sophistiqués...
... Apple et Samsung  seraient coupables d'après l'ONG China Labor Watch de négligences et d'exploitations d'enfants. La plupart des fabricants de produits électroniques font leur business en Chine. Les portables sont fabriqués dans des conditions de travail qui seraient jugées illégales aux USA et en Europe.
Outre l'exploitation du travail, les smartphones doivent leur bon fonctionnement à plusieurs minerais (cassitérite, coltan) qui proviennent de la République Démocratique du Congo. Selon un rapport de l'ONU, il existerait un lien entre les téléphones portables et la guerre du Congo. Il y est écrit que les "minerais servant aux mobiles financent une guerre qui a déjà fait 5 millions de morts".
[Les enfants embauchés par cette usine travaillent 13 heures par jour, parfois de nuit, avec un jour de congé toutes les deux semaines, deux jours fériés par an.
Même les lois chinoises sont largement violées…
… nous avons cherché du côté des minerais qui font tourner nos téléphones et notamment le tantale, un matériau rare qui permet de sauvegarder nos données quand le téléphone s’éteint. 80% des réserves mondiales de ce minerai sont en République démocratique du Congo. On s’y est donc rendu pour savoir comment il était extrait.
Notre constat a été effrayant : les puits sont creusés dans le sol, sans aucune mesure de sécurité, les éboulements causent la mort de cinq mineurs par mois en moyenne, ensevelis vivants…
                                                          [ Replay : Cash investigation - FR2 - du mardi 4 novembre 2014  ]

… les rues de Paris étaient aussi polluées qu’une pièce de 20 mètres carrés occupée par huit fumeurs
…  L’OMS estime que plus de 2 millions de personnes dans le monde meurent chaque année du fait de l’inhalation de particules fines
présentes dans l’air intérieur et extérieur – parmi les 7 millions de décès dus à la pollution globale de l’air…
… La lutte contre la pollution passe par l’éradication des moteurs diesel – l’une des principales sources de particules fines
– dont la nocivité a été reconnue par l’OMS dès 1988. Pendant des années, malgré les alertes, la France a subventionné l’achat de ce type de moteur.
Résultat, le pays compte le parc automobile le plus «diésélisé» au monde (61 %)


Un enfant né en 2014 a toutes les chances de connaître l'apocalypse climatique puisque, sur le siècle écoulé,
la teneur en dioxyde de carbone est supérieure à celle produite pendant 800.000 ans."
Et de prévenir :
"D'ici à 2050 il faudra réduire cet accélérateur des gaz à effet de serre de 40 % à 70 %, et les supprimer d'ici à 2100.
Le tout dans un esprit de coopération, c'est-à-dire en renonçant aux intérêts particuliers.
Autant dire une belle utopie et un défi immense à relever si l'humanité ne veut pas finir carbonisée."..

… L’Unicef parle d’une génération «mise de côté». Elle compare la situation des enfants à celle des personnes âgées, vulnérables elles aussi. Ces dernières s’en sortent mieux que les plus jeunes…
«Non seulement de nouvelles personnes entrent dans la pauvreté, mais, phénomène inquiétant, une génération d’enfants s’ancre dans l’exclusion : certains n’ont jamais vu leurs parents, ni leurs grands-parents, travailler»

  "Droits de l'enfant"

L'enfer... Il est dans ma classe !
Alertée par le harcèlement subi par Nicolas, son neveu de 12 ans, la réalisatrice Virginie Saclier a décidé d'enquêter en immersion dans un collège de Bourgogne, afin de décortiquer ce processus, qui touche de plus en plus d'adolescents. Des collégiens témoignent de ces situations, qu'ils vivent pour certains en tant que victimes, pour d'autres en tant que harceleurs ou spectateurs. Des scientifiques apportent eux aussi leurs connaissances en matière psycho-sociale pour tenter d'expliquer comment s'installe ce type de situations, qui peuvent tourner au drame. La réalisatrice s'interroge également sur le rôle de l'Education nationale dans cette lutte contre le harcèlement et les violences scolaires.
… Si le documentaire explore au plus près le phénomène, il ne dit en revanche pas un mot, au cours des cinquante minutes du film, sur le cyber-harcèlement, qui prolonge les violences par textos, sur les réseaux sociaux en dehors des murs de l’école…
[ FR3 – Rediffusion : le 2 Novembre 2014 à ... 04h05 ]

c’était la fête des «co» : la coconstruction, la cocréation, coparticipation, coproduction, coopération… En gros, si t’es pas co, t’es pas in. L’open governement, c’est la démocratie du futur. Langue officielle : le franglais. Pour réduire le gap avec le pouvoir et en pousser le bottom-up, on fait de l’empowerment de la population. Puis il faudrait «dégoogliser» les digital natives. Et pour dégager du leadership dans les quartiers populaires, on fait du community organizing. On «think tanke» pour revitaliser, réengager, remobiliser, réinvestir…
… Ceux qui survivent sont ceux qui «tiennent le plus longtemps en réunion». Parce que la politique, c’est «passer sa vie et ses week-ends en réunion» et s’exprimer sur les réseaux sociaux. «Le "tweetisme", c’est une maladie générale», bondit le soixante-huitard…
… Les chercheurs ont constaté une baisse régulière des résultats scolaires à partir d’une demi-heure de temps d’écran par jour. Cette baisse était beaucoup plus prononcée après deux heures et, au-delà de quatre heures, la moyenne générale de l’enfant chutait d’une classe. Ce phénomène était particulièrement prononcé chez les collégiens …

… Quand un enfant de cette étude ne disposait que d’un temps d’écran limité et qu’il devait aider aux tâches ménagères, il avait au final de meilleurs résultats scolaires, s’entendait mieux avec les personnes de son entourage et était plus équilibré…
C'est un problème auquel sont désormais confrontés la plupart des enseignants du supérieur, mais aussi ceux du secondaire et même du primaire : durant les cours, l'usage quasi-systématique des téléphones portables par leurs élèves. Ceux-ci ne cessent d'échanger des messages (et des photos), de consulter leur appareil, de guetter l'arrivée de la réponse à leurs envois... Résultat, une baisse spectaculaire du niveau général de l'attention et de la concentration en classe…

… Là où les choses prennent une tournure assez cocasse, c'est que les enseignants et pédagogues ne sont pas eux-mêmes épargnés par ce fléau qu'ils dénoncent. Il suffit pour s'en convaincre d'observer leur comportement lorsqu'ils participent à une réunion - conseil de classe ou d'établissement, colloque, conférence, réunion de travail, etc…
… Une jeune fille interpelle la tribune :

«Vous avez décrit l’outil numérique de façon très positive, mais j’ai l’impression que c’est plutôt un anesthésiant.
On ne construit plus, on "s’exprime" sur Internet, et ensuite, on retourne sur son canapé» …
Tant que la France n'aura pas compris que le numérique résiste à la logique du plan quinquennal, et ne se sera pas concentrée sur des dispositifs pédagogiques propres à faire entrer les élèves dans la "pensée numérique", tant qu'elle n'aura pas admis que cette évolution ne se résume pas à une affaire d'équipement (condition nécessaire, malgré tout, mais en aucun cas suffisante) ; tant qu'elle n'aura pas repensé une formation des enseignants aujourd'hui en jachère, voire, pour ce qui est de la formation continue, totalement sinistrée; eh bien, il y a fort à parier que les tablettes dont on aura submergé les collèges resteront au fond des cartables


La soumission des élèves à l’autorité symbolique des savoirs et à l’autorité pédagogique du maître chargé de les transmettre recule. L’éthique contemporaine de la discussion, de la négociation, de la reconnaissance des droits et libertés de l’enfant ébranle le processus institutionnel de normalisation des rôles. Dans ce cadre, il est davantage fait appel à l’autonomie des élèves chargés de s’autocontrôler, de se mobiliser dans les apprentissages ou de se juger scolairement et moralement. Or, l’apprentissage de l’autonomie nécessite des conditions socialement définies, de sorte que l’idéal d’émancipation qu’elle symbolise pourrait dissimuler les rapports de domination qu’elle perpétue sous d’autres formes…
« On va finir dans un système kafkaïen »

… en ce moment, être pro-innovation est toujours bien vu, notamment parce qu’il n’y a plus assez d’argent pour s’attaquer aux grands problèmes de manière ambitieuse. En ces temps de crise politique et économique, les géants de la Silicon Valley ont la vie facile et peuvent se présenter comme nos sauveurs, car les solutions qu’ils apportent semblent fonctionner…
… comment les gouvernement vont-il gérer la pression qui va s’exercer pour qu’ils privatisent les données de leurs propres citoyens ? Selon moi, c’est la prochaine évolution. Les Etats vont accéder aux données des gens comme vous et moi et les vendre en masse aux publicitaires, cela arrive déjà un peu en Grande-Bretagne où le gouvernement vend des données médicales...
  Pouce !
"Les-Inégalités"
… L’enquête PISA montre de façon systématique que le montant des ressources consacrées à l’éducation – notamment financières, humaines et matérielles – ne présente qu’une faible relation avec la performance des élèves …
dans les systèmes d’éducation plus performants, l’affectation des ressources est plus équitable entre les établissements favorisés et les établissements défavorisés sur le plan socio-économique. Le soutien aux établissements défavorisés ne passe pas nécessairement par l’augmentation de la quantité des ressources qui leur sont affectées, mais plutôt par la garantie de ressources matérielles et humaines de qualité.
[ Équité de l’affectation des ressources : quels liens avec la performance des élèves ? - OCDE - Pisa à la loupe n° 44 ]

une discussion sur les chances d’une réforme de la société
qui passerait par une nouvelle répartition des richesses et non par des conflits violents
… Depuis la parution aux États-Unis de son livre Le Capital au XXIe siècle (Le Seuil), le succès planétaire de celui-ci ne se dément pas. Ces dernières semaines en Corée et en Allemagne, le mois de novembre prochain en Chine, l'économiste français connaît partout des audiences impressionnantes autour de la thématique de l’explosion mondiale des inégalités.

mais que se passe-t-il dans ce pays pour que les sujets de fond soient systématiquement raccourcis, phagocytés, submergés et dépassés par leur contexte ou leur périphérie, pour que le débat d’idées soit à ce point difficile ?
Car il s’agit ni plus ni moins que de définir le minimum culturel partagé que tout jeune doit, posséder à la sortie de l’école obligatoire.
Rien que ça


"Les-Rebelles"
… Et si le recul de l’histoire permettait de porter un autre regard sur cette fameuse (et fumeuse) «pensée 68» ? Et si, par un effet de ce que Hegel nommait «la ruse de la raison», l’individualisme dérégulateur qui fut le véritable héritage de Mai avait conduit dans une direction que les «révolutionnaires» du temps n’avaient certainement pas imaginée….
S’il faut retenir des années 1960 leur puissante charge émancipatrice, on ne peut que rester dubitatif quant à certains développements qui s’inscrivent dans leur sillage, mais que ceux qui avaient 20 ou 30 ans à l’époque n’avaient ni souhaités ni vus venir. Les soixante-huitards invoquaient volontiers Marx, c’est Stirner qu’ils ont réintroduit sans s’apercevoir qu’il ouvrait la porte à Hayek.
Alors, invoquer la «pensée 68», exalter l’image du soi-disant «rebelle» ne relèvent-ils pas de l’imposture ?...
… Les patrons se prétendent insoumis, les stars se croient en rupture de ban, les intellectuels se veulent subversifs. 

Nous sommes dans un monde peuplé de rebelles. Au fond, nos rebelles autoproclamés qui ne me trouvent pas assez rebelle sont simplement l’avant-garde du troupeau général. Mais quand tout le monde est non-conformiste, le non-conformisme est le conformisme….
… Et c’est cette imagination-là qui est cruellement en panne dans la démocratie d’aujourd’hui. Nous avons la protestation, mais nous n’avons plus aucun projet. C’est cela qu’il s’agit de remettre au premier plan…
"Les-Quartiers"

Comment exercer sa profession d’enseignant, comment travailler avec des enfants pour la plupart en grande difficulté scolaire mais aussi sociale, enfants d’immigrés ou immigrés eux-mêmes, habitants d’une cité omniprésente où les codes n’ont rien en commun avec l’école ?.
[ Le cod et le coquelicot - France 3 – vendredi 10 oct. 2014 – 1 h 16 ]

… Pour mémoire, à l'origine des ZEP, certaines communes avaient refusé d'intégrer le dispositif jugé stigmatisant pour l'image de leur ville. Les temps ont bien changé, depuis 2004 le nombre de pauvres en France a augmenté de 30% (voir ici) et aujourd'hui ces villes mais aussi les personnels qui y enseignent se battent pour que leur établissement reste ou même entre dans l'éducation prioritaire. Le réveil risque d'être très difficile pour les déclassés et les recalés.



"Les-Parents-d'élèves"
Parents d'élèves: toujours plus de «listes indépendantes»
Ce n'est nullement un phénomène récent puisqu'il s'est déployé dès les vingt dernières année du XXe siècle où la part des suffrages qui est allée 
aux «listes indépendantes» est passée de 25% en 1978 à 58 % en 1998. Et les élections de parents d'élèves qui viennent de se tenir 
vendredi et samedi derniers ne vont sans doute pas revenir là-dessus…

… En 2013, le taux de participation aux élections des représentants de parents d'élèves a atteint 46% au primaire, et 24% dans les collèges et lycées.
C'est dire si ce scrutin mobilise peu les parents. Et ce d'autant moins que les résultats ne varient guère d'une année sur l'autre. ..
… Au primaire, les listes de parents "indépendants", non constituées en association ont raflé près de 60% des votes, suivies de loin par la FCPE (15,4%).
Dans le secondaire, c'est l'inverse: la FCPE est arrivée en tête en 2013, avec 46,9% des suffrages, devant les listes de parents indépendants (18,2%). ..
En pratique, le rôle des représentants des parents d'élèves varie grandement d'un établissement à l'autre,
notamment en fonction de la place que veut bien leur laisser la direction. Dans le secondaire notamment, leur voix est parfois assez peu audible …

Rappel : l'association nationale de parents d'élèves FCPE,
en partenariat avec la section française de Défense des Enfants International,
procède à une enquête nationale sur les règlements intérieurs des établissements scolaires
Il n'est pas trop tard pour envoyer les copies de règlements intérieurs à Bernard Defrance :
par courrier, 57 allée Bayard, 93190 Livry-Gargan et par courriel.


"Les-Devoirs"
tous les enseignants qui ont un jour tenté de gommer les devoirs le savent bien : l'ambivalence parentale est totale sur le sujet
La FCPE, première association de parents d'élèves, en a fait les frais, qui prêche régulièrement en faveur de leur réelle suppression en primaire, 
contre l'avis (silencieux mais sans appel) d'une majorité de ses adhérents. Car les familles sont très attachées à cette classe après la classe …
[ Sondage OpinionWay pour Zup de Co - pdf  ]

… En réalité, les difficultés scolaires sont le fruit du croisement entre la situation individuelle de l’élève, le contexte social ou familial, 
et le fonctionnement de l’école. C’est donc, bien, sur ces trois leviers qu’il faut agir…
deux questions nous apparaissent urgentes dans une perspective de lutte contre les inégalités :
la réforme du collège et le soutien à la fonction parentale. Le collège, car on sait que ces difficultés s’accroissent dans les territoires les plus fragiles, 
entraînant un système scolaire à deux vitesses, en fonction du lieu de scolarisation. Le soutien à la fonction parentale …

Les profs, qui sont les premiers à se plaindre (à juste titre) d’une vision étriquée de leur profession et des clichés qu’elle véhicule, ne sont-ils pas les premiers à les appliquer pour d’autres, à travers la «profession des parents» ?
Nous ne sommes ni psychologue, ni sociologue, ni ethnologue, ni assistante sociale. Nous sommes profs, c’est un peu tout ça certes mais juste un peu, nous aurions tort de nous croire experts en autre chose. L’école française est championne du monde de la reproduction des inégalités sociales, et tenter d’y remédier commence peut-être par ne plus accorder trop d’importance au métier des parents …


"Le-Redoublement"
… une réalité dont les conseils de classe, quoiqu’ils la nient, ont bien conscience : le côté arbitraire du redoublement, qui n’obéit que rarement à des considérations rationnelles et qui fait que, par exemple, deux élèves au profil identique se verront appliquer des décisions différentes, dont les justifications ne brillent pas par leur cohérence.
Une constante néanmoins : à niveau égal, jamais les conseils de classe ne feront redoubler un enfant d’enseignant ou, plus généralement un élève dont les parents appartiennent aux classes moyennes …
Les enfants des quartiers prioritaires ne sont pas moins nombreux que les autres à aimer l’école (76 %, dont 36 % «beaucoup» et 40 % «un peu», contre 80 % des autres enfants). Ils sont tout aussi confiants dans leur capacité à réussir le collège…

«L’enquête n’a pas la prétention d’analyser les mécanismes qui produisent les inégalités», précise Mme Pugin. Elle a toutefois le mérite de montrer qu’on peut «agir à tous les niveaux, et pas seulement à l’école, pour lutter contre : dans l’environnement familial, sur le temps périscolaire, extrascolaire... L’ensemble des acteurs éducatifs portent une responsabilité»

[ Enquête de l’AFEV : PRATIQUES FAMILIALES ET REUSSITE EDUCATIVE-LES INEGALITES ENTRE … ]


… Ensemble, nous avons milité sans relâche pour une formation exigeante des maîtres qui associe tous les acteurs de l'Education nationale et n'oppose pas artificiellement les «contenus» et la «pédagogie». Ensemble, nous avons vécu, ces dernières années, des coups de boutoir institutionnels qui ont déstabilisé un édifice, qui était, certes, perfectible, mais qui, ressemble de plus en plus à un champ de ruines

Quant à l’école, elle ne joue pas son rôle de reconnaissance et de protection pour un grand nombre d’enfants :
 45 % des 6-18 ans interrogés «se sentent vraiment angoissés de ne pas réussir assez bien à l’école»
Cette proportion passe à près de 60 % chez ceux vivant une situation de privation
... Tiraillés entre des relations tendues à la maison, dans leur établissement scolaire ou dans leur environnement proche, réel ou virtuel, ils ressentent, pour certains, un grand malaise, un sentiment qui peut, parfois, les pousser jusqu’aux pensées les plus sombres. 
La famille, les amis, la confrontation aux adultes, à leurs pairs ou à l’institution scolaire s’érigent parfois 
comme autant de remparts parfois difficilement franchissables ...
[ Le rapport UNICEF : Adolescents en France : le grand malaise – Consultation nationale des 6 – 18 ans 2014 - pdf ]


… un article récent du Wall Street Journal rappelle que la sexualité des ados est toujours peu suivie par les médecins. Livrés à eux-mêmes, ils transforment cette liberté en rébellion. Même si aux Etats-Unis, une nouvelle contamination sur quatre concerne les jeunes de 13 à 24 ans. …
… L'éducation sexuelle au lycée, toujours déficiente, est remplacée par le porno. L'Education nationale reste traumatiséeà l'idée de parler de sexe et de prévention. Mais le triste constat est là: les jeunes ne savent même plus que le VIH est une infection sexuellement transmissible…
... «Des pays qui avaient des contextes socio-économiques aussi compliqués voire plus compliqués que la France ont réussi à améliorer leur système et à le rendre plus équitable», commente le Monsieur Education de l’OCDE en citant l’exemple du Portugal. «Et il n’y a pas d’exclusion entre une élite performante et une équité sociale, comme on a pu l’entendre: certains pays parviennent parfaitement à avoir les deux.» Autrement dit, il n’y aura pas d’excuses.
Les principaux freins au développement du numérique sont donc le manque d’équipements et de crédits pour acheter des ressources. Immédiatement après, les enseignants évoquent leur manque de formation (51% des instits), ainsi que les problèmes techniques et de maintenance. Parmi les principaux avantages du numérique, 83% des profs soulignent qu’il «capte l’attention de toute la classe», et 74%qu’il «stimule la curiosité des élèves et les motive». Seuls 15% des enseignants pensent qu’à moyen terme, le manuel numérique remplacera le papier…

Quoi, la stratégie numérique, vous ne vous en souvenez pas? Pourtant, ce n’est pas ancien. Dix-huit mois. Le numérique, intégré dans une stratégie globale appartenant au «redressement productif», était présenté comme un pilier de la refondation de l’école.
Les discours des ministres étaient assez flous sur les attendus du numérique à l’école: il fallait fournir davantage de matériels et diffuser les pratiques et usages. Pour quel bénéfice pédagogique? Dans quel but? ..
… Au-delà de la moquerie, faut-il en penser quelque chose, de ce douzième plan numérique? ..

… L'annonce des 60000 postes a pu un temps aveugler nos concitoyens, mais trois rentrées plus tard, on se rend compte que ce chiffre parviendra péniblement à combler les départs à la retraite et à encaisser la hausse démographique. Sans compter que le recrutement est problématique …
… Il ne s'agit donc pas de regretter cette énième annonce d'un grand plan numérique mais bien de hiérarchiser les priorités. Les enseignants sont très nombreux à défendre avec ferveur l'introduction de pédagogies innovantes associées à l'usage de ce qu'on appelle dans le jargon éduc nat les TICE. Ils n'en oublient pas pour autant les conditions pour que cet usage soit rendu possible



"L'étude pointe une surreprésentation dramatique d'anciens élèves d’établissements scolaires privés (independent schools) ainsi que d’Oxford et de Cambridge parmi les institutions qui influencent tellement la vie du pays.  Il démontre que le Royame Uni est profondément élitiste"
… Si l'on tient compte du vivier beaucoup plus étroit des diplômés de grandes écoles, la France fait en réalité plus mal. Et bat l'Angleterre quant à l'entre-soi régnant au sommet du pouvoir.
"Les-Neurosciences" 

Quand les neurosciences s'emparent de la pédagogie, elles ne sont plus seulement ridicules, elles deviennent dangereuses, scandaleuses, manipulant des enfants comme des cobayes, auxquels on inflige des traitements qui feraient hurler Brigitte Bardot, s'il s'agissait de bébés phoques. Hier soir, au JT de 20h, on a atteint les sommets de l'aberration et du non sens, pour démontrer des contre-vérités ahurissantes.
On a surtout eu la démonstration de ce qu'est une "bonne élève" …
"Les-Fondamentaux"

… En France, le temps consacré à l’enseignement du français et des maths est parmi les plus élevé de tout l’OCDE : près de 60% du temps de classe. Seuls les élèves portugais et mexicains y consacrent plus de temps. Un pays souvent vanté pour ses excellents résultats comme la Finlande n’y consacre que 40%, seulement 22% au collège (40% en France). Considérant les résultats respectifs de ces pays aux évaluations internationales …

"La-Classe"
… Enfin, pourquoi ne pas repenser la division même en classes ? Envisager un collège modulaire, un parcours plus personnalisé des élèves, qui auraient à franchir une dizaine de paliers en français, en maths…en quatre ans ? Appliqué dans les pays scandinaves, ce principe fonctionne bien. Enfin, comme chez nos voisins du Nord, il plaide pour l'introduction de travaux manuels qui permettraient de valoriser la variété des talents des élèves…

… Notre principale proposition est de donner une place centrale à la pédagogie, ce qui passe par une réforme des concours de recrutement des enseignants. ..
… Derrière ces critiques, il y a l'idée du "modèle républicain". La République considère que le citoyen n'a pas de sexe, pas d'âge, pas d'appartenance. Dès lors, l'on pense que les élèves peuvent se départir de ce qu'ils sont en entrant en classe et que l'on peut tous les traiter de la même manière. C'est une erreur. L'école force les élèves à entrer dans un moule, elle crée du conformisme, et donc, de l'exclusion.

Il est loin le temps de l’espoir, le temps de refonder pour de vrai, le temps où l’on imaginait quelqu’un se poser pour de bon et mener une action dans la durée, jusqu’au bout, un architecte / maître d’œuvre qui conçoive, planifie et mène à terme les travaux de remise à neuf dont l’institution Ecole a tant besoin…
… Les ministres passent, nous restons, dans nos classes.
La continuité de l’école, c’est nous, nous seuls. Et c’est anormal.


une influence de l’environnement proche de l’élève sur son parcours scolaire. Mais elle peut aussi simplement traduire, d’une part, le lien entre le parcours scolaire et le milieu social d’un élève et, d’autre part, celui entre le milieu social d’un élève et ceux de ses voisins …
[ Le retard scolaire à l’entrée en 6e : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés - INSEE - sept. 2014 ]

"Le-Redoublement"
… Le fait de vivre dans une famille monoparentale augmente de 37 % la possibilité de redoubler, et celui d’avoir un père au chômage la multiplie par deux. A l’opposé, celui d’avoir une mère diplômée du supérieur divise par près de trois le risque par rapport à une mère s’étant arrêtée au collège…
La France reste fidèle à la pratique historique du redoublement. Une pédagogie traditionnelle, les faibles contraintes réglementaires, les procédures floues de décision quant aux critères de redoublement, la place essentielle laissée aux parents dans les décisions expliquent la résistance de cette pratique

… Selon une étude citée par Le Figaro, les élèves qui redoublent le CP ne retrouvent aucun bénéfice les années qui suivent. Pire, certains sont perdus lorsqu'ils doivent réapprendre au même rythme que les autres. 
… Du temps, de l'argent perdus, et une confiance en soi meurtrie jusqu'à l'âge adulte. C'est le triste bilan que dresse le Conseil national d'évaluation des programmes (Cnesco) du redoublement …

"Les-Rythmes"
les 3 heures libérées par la réforme des rythmes scolaires mise en place en 2013 et 2014, nécessitent un redéploiement ou un développement de nouvelles activités périscolaires par les communes. 
Elaborés dans le cadre d'un projet concerté associant tous les acteurs éducatifs, ces nouveaux temps éducatifs doivent être accessibles à chaque enfant sans discrimination et gratuits pour les familles.
Cette égalité de tous sur tout le territoire doit être garantie par l'Etat.
La FCPE demande la mise en place d'un financement pérenne des nouvelles activités périscolaires, prenant le relais du fonds d'amorçage à la rentrée 2016 et rappelle que l'argent public doit être réservé à l'Ecole publique.

… La «machine école», quoi qu’il arrive, continue de tourner grâce aux enseignants, administratifs, agents, cadres. Des solutions pour lutter contre l’échec scolaire, mieux accueillir les élèves, peuvent s’élaborer (ou pas!) à l’échelle du terrain, dans les établissements, dans les classes –les politiques et leurs réformes ne font que passer. On voudrait démontrer que le ministre de l’Éducation nationale ne sert à rien qu’on ne s’y prendrait pas autrement...



26 août 1824: un ministre de '' l'Instruction publique'' est nommé pour la première fois. C'est un homme, et même un évêque : Mgr Freyssinous ! 
26 août 2014 : pour la première fois, une femme est nommée à la tête du ministère de l' «Education nationale» : Najat Vallaud-Belkacem …
…  Un évêque pour commencer, et une femme pour finir. Un véritable miracle.
Celui qui espérait calmer la fronde s'est retrouvé avec un large éventail de mécontents. Les opposants à la réforme sont restés vent debout. Ceux qui avaient mouillé la chemise dès la première heure se sont sentis trahis et abandonnés…

… En définitive, le ministre aura passé une bonne partie de ses 147 jours rue de Grenelle à gérer ces deux dossiers. Pour tenter de laisser une empreinte, Benoît Hamon a quand même ouvert un dossier qui lui tient à cœur : celui de l'évaluation des élèves. En finir avec la note sanction est un des ses credo, afin de rendre l'école plus douce, moins cassante et excluante. Un objectif noble, certes, mais
Dans certains pays, l’entrée des cantines scolaires est ainsi contrôlée par un dispositif de lecture optique sur lequel l’enfant pose distraitement sa main.

Des voix se sont élevées pour attirer l’attention sur les dangers d’un contrôle absolu et sans limites de la part d’un pouvoir qui disposerait des données biométriques et génétiques de ses citoyens. Avec de tels outils, l’extermination des Juifs (ou tout autre génocide imaginable), menée sur la base d’une documentation incomparablement plus efficace, eût été totale et extrêmement rapide. La législation aujourd’hui en vigueur dans les pays européens en matière de sécurité est sous certains aspects sensiblement plus sévère que celle des Etats fascistes du XXe siècle…
Il y a 221 ans, le 6 Messidor, an I de la République, c’est-à-dire le 24 juin 1793, la Convention adopte et promulgue la Constitution de l’An I … 

« L’idée d’un grand peuple se gouvernant lui-même était si noble qu’aux heures de difficulté et de crise, elle s’offrait à la conscience de la nation. Une première fois, en 1793, le peuple de France avait gravi cette cime, et il y avait goûté un si haut orgueil, que toujours sous l’apparent oubli et l’apparente indifférence, le besoin subsistait de retrouver cette émotion extraordinaire. »
Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, lycée d’Albi, 30 juillet 1903.
Agnès Van Zanten : "l'école est un grand marché..."

"La-Carte"
«Le plus drôle, c’est que les écoles privées, à force d’accueillir tous ces élèves qui fuient le système public finissent par être les seules qui abritent une vraie mixité sociale!»
On peut modestement rappeler que le rôle de l’Éducation nationale, des communes, des départements, leur responsabilité, serait d’éviter la constitution et le renforcement de ghettos scolaires. Une conception intelligente des cartes scolaires, le maintien des équipes enseignantes en place, des propositions pédagogiques efficaces …

… C’est le duo Ségolène Royal, alors ministre délégué à l’Enseignement scolaire et Marie-George Buffet, ministre de la Jeunesse et des Sports, qui casse cette dynamique en remplaçant cette forme de contrat coopératif par le Contrat éducatif local (CEL). Décision très politique pour bien marquer les territoires respectifs de l’animation et de l’éducation et faisant fi des bienfaits observés de la continuité éducative pour les élèves. Contrat qui isolera un peu plus l’école de son environnement …
… On touche là à l’un des défauts majeurs de notre système éducatif : dans la majorité de nos établissements scolaires, l’élève doit être passif, à l’écoute du maître et sans initiative...
… Après plus d’une décennie de ce régime scolaire, il ne faut pas s’étonner, comme récemment, que les jeunes ne participent presque plus aux élections, prennent de moins en moins de responsabilités associatives, syndicales ou électives et soient plus sensibles aux valeurs individuelles qu’aux valeurs collectives et citoyennes. Le début d’un changement à l’évidence dépend sûrement de l’école…


"Le-Code"
… de nombreuses personnalités, et même l'Académie des Sciences, estiment que l’école devrait apprendre aux élèves les rudiments de la programmation, laquelle favoriserait la réflexion, développerait la logique, l’entraide, la créativité et l’initiative, en sus d’un rôle de formation citoyenne.
Je sais ce que vous vous dîtes, je suis passé par là aussi : «Mais, je ne suis pas formé, moi, je sais à peine aller sur Facebook et créer une feuille Excel ! Et puis, on va faire ça où, dans notre salle informatique vintage ??». Rassurez-vous, il a finalement été décidé que cet enseignement du code se ferait à titre plus ou moins expérimental …

"Le-Redoublement"
... D’après l’OCDE, 28% des élèves français de 15 ans ont redouble au moins une fois, contre 12% en moyenne dans les pays membres. Cette pratique est non seulement coûteuse (près de deux milliard d’euros par an dans l’enseignement obligatoire), mais inefficace ; l’élève qui décroche perd plusieurs mois de son année et rencontre souvent les mêmes difficultés l’année suivante


"Le(s)-Bac(s)"
En réalité, c’est l’expansion des baccalauréats professionnels (créés par le ministre de l’Education nationale Jean-Pierre Chevènement en 1985)
qui assure quasiment toute la progression du taux de bacheliers dans une classe d’âge depuis une vingtaine d’années : 
23,7% de bacheliers professionnels dans la classe d’âge de 2014 contre 8% dans celle de 1994…
… les «objectifs de Lisbonne» envisagent 50% d’une classe d’âge à bac+3 («bac + licence»).
Difficile à atteindre alors que la part des bacheliers généraux et technologiques dans une classe d’âge stagne obstinément 
à peu près à cette hauteur depuis vingt ans…
… alors même que Jacques Chirac n'a pas hésité à dire à la «Convention sur l'éducation et la formation» tenue par les partis de droite 
en janvier 1990 que «80%, ça n'a pas de signification, car il n'y a pas 80% d'élèves aptes à s'ouvrir à l'étude des concepts»

L’objectif des 80% d’une classe d’âge a banalisé la complexité du système et en conforte la (large) part d’illusion. Parler de « pourcentage » construit un objet bac qui n’existe pas. Il n’y a pas « le bac » mais DES baccalauréats
… Cette interrogation passe par la redéfinition de la place de la licence, en conformité avec les objectifs de la France au regard de la stratégie de Lisbonne


Les-Droits-De
Voici 40 ans – le 5 juillet 1974 -  le président Giscard d'Estaing tenant une promesse électorale surprit tout son monde en faisant passer la majorité civile et électorale de 21 à 18 ans…
… Aujourd'hui se pose la question de franchir une nouvelle étape eu égard à la plus grande maturité avancée des jeune et à leur implication dans la vie quotidienne, tout simplement du fait de leurs compétences même si crise oblige, nombre de jeunes jouent les Tanguy au domicile parental ;
Françoise Dolto militait déjà dans les années 80 pour l'émancipation à 13 ans.
Sans aller jusque-là

… À première vue, les semaines de l’engagement lycéen, instituées du 30 septembre au 18 octobre 2013, n’ont pas rempli leur objet premier, c’est - à - dire une augmentation du taux de participation aux élections pour le renouvellement partiel des conseils des délégués pour la vie lycéenne (CVL)…
Ce constat globalement négatif cache cependant une réalité très inégale selon les académies et les types d’établissements, avec, çà et là, des hausses du taux de participation aussi spectaculaires que les baisses…
[ Note d’étape sur les dispositifs destinés à favoriser la vie lycéenne et la mise en place de l’acte II de la vie lycéenne : les semaines de l’engagement lycée. ]

À une période où l'engagement des jeunes pour la défense des principes de la République est primordial, la présente circulaire vise à donner un nouveau souffle à la participation des lycéens à la vie de leur établissement. L'apprentissage de la citoyenneté et du vivre ensemble est un objectif pédagogique aussi important que la transmission des savoirs…
… Il revient ainsi aux chefs d'établissement de veiller aux respects des droits et libertés des lycéens et d'en faciliter l'exercice : libertés d'expression, dont le droit de publication et le droit d'affichage (articles R. 511-6, 7 et 8 du code de l'éducation), d'association (article R. 511-9) et de réunion (article R. 511-10)…

  "Droits de l'enfant"


décrocheurs, ces jeunes sans diplôme ni formation et surtout sans travail.
Depuis 2010, un terme est utilisé pour les désigner : ce sont les NEET. Ils sont près de 1,9 million en France…
… en 2011 12 % des jeunes entre 15 et 29 ans était sans emploi, et ne suivait aucun cursus éducatif ou formation.
Aujourd'hui, les NEET représentent 17% de cette classe d'âge d'après le Conseil d'analyse économique (CAE).
Début 2013, le CAE, qui travaille pour Matignon, a dénombré près de 1,9 million de jeunes NEET, dont 900 000 sans aucun diplôme…
… L'offre d'emploi des entreprises est aussi mise en cause. D'après des témoignages recueillis parLe Monde en 2013, 
la recherche d'emploi apparaît pour une partie de la jeunesse comme un jeu perdu d'avance. ..

80 % ont un compte bancaire à 15 ans et que 67 % gagnent déjà de l'argent. Fallait-il entrer dans le protocole de l'OCDE pour apprendre cette information qu'un institut de sondage aurait fait émerger sans faire plancher 1068 élèves de 225 établissements ? En 2010, quand cette nouvelle évaluation a été créée, la question s'est posée…
… L'organisation internationale avait pourtant bien fait les choses. En rendant gratuite la participation à la première session, elle espérait appâter. L'OCDE cherche à innover et à se diversifier dans ce secteur lucratif de l'évaluation des élèves, où elle s'est imposée.
Outre cette envie de devenir évaluateur à tout-va, l'OCDE veut aussi faire passer sa vision du monde
… il est urgent que chaque adolescent apprenne à gérer son argent de poche : il en va de l'avenir de la planète…

… On entend souvent l'argument selon lequel "on n'a pas besoin de connaître la mécanique pour apprendre à conduire". L'absence de professeurs formés en nombre suffisant est également un frein pour beaucoup de ses adversaires, qui la jugent infaisable. 
Entre ceux qui ne jurent que par l'introduction de l'informatique comme un enseignement obligatoire, et ceux qui ont peur que l'on veuille transformer le primaire en une prépa à l'Ecole 42, il existe pourtant des pistes pour initier les enseignants et favoriser un passage du périscolaire au scolaire, sans avoir à attendre une réforme du socle commun qui prendra des années…
En Virginie, comme dans 19 autres Etats américains, la loi assimile les «sexting» entre mineurs à de la pornographie infantile passible d’une peine de prison, même si les images incriminées «viennent de vous, en tant que mineur», a précisé l’avocate.
Dans un éditorial engagé, le Washington Post affirme que le comportement du jeune accusé «le met dans une catégorie de près de 30% de ses pairs» adolescents habitués à «sexter» et appelle à un nettoyage des lois en la matière.

… l’émergence inquiétante d’un véritable phénomène de société qui fait de plus en plus partie de la sexualité des jeunes. 
Alors que sa prévalence est difficile à établir -entre 2,5 et 20% des adolescents auraient déjà envoyé une image intime via leur mobile et jusqu’à 40% en auraient reçu au moins une-, le sexting
… menée sur plus de 1.300 collégiens, âgés en moyenne de 12 ans, dans le cadre de la CDC and Prevention's Youth Risk Behavior Survey  apporte un nouvel éclairage sur le lien entre «sexting» et comportement sexuel à l'adolescence et de déterminer si le sexting fait partie intégrante du «flirt» et du comportement sexuel des plus jeunes ou reste marginal et associé aux comportements à risques…

… Car il ne faut pas l’oublier, la vocation première des Facebook, Google et autre Twitter n’est pas de faire progresser la science, mais leur chiffre d’affaires. Tous les jours, la trentaine de chercheurs de la Data Science Team de Facebook mène en toute discrétion - et en toute légalité - des études sur les utilisateurs du réseau social. Tous les jours, le fil d’actualité est manipulé par un algorithme ultracomplexe à des seules fins publicitaires
… Au final, toute expérience vécue sur Facebook est entièrement construite par Facebook», écrit-il sur son blog. Oui, le réseau social joue avec nos émotions. Ce n’est pas nouveau et pas prêt de s’arrêter

«Tant que personne ne vous dit non, vous pouvez continuer à utiliser leurs données.» Mon idée était donc de montrer aux entreprises que l'on peut faire appliquer la loi européenne.
Actuellement, en Europe, nous ne faisons que nous lamenter que la vie privée ne soit pas respectée en ligne et du fait que les entreprises ne respectent pas la législation européenne…
… En fait, nous voulons que le réseau social se soumette à différents points de la loi, comme par exemple avoir des politiques de confidentialité compréhensibles…
… L'une des principales incompréhensions, c'est que nous ne sommes pas au Far West. On ne peut pas mettre n'importe quoi dans les termes…

Oui, sur Facebook, nous sommes 1,2 milliard de rats de laboratoire
Le réseau social s'est permis une expérience psychologique sur près de 700.000 utilisateurs en toute opacité, pour évaluer son "pouvoir d'influence"…
… Jamais une entreprise n'a eu une telle possibilité d'influencer ce que nous pensons et ce que nous ressentons", pointe le "Wall Street Journal" dans un éditorial.
L'éditorialiste Christopher Mims extrapole l'étude pour dessiner un scénario de film catastrophe où le Big Brother Facebook peut "manipuler" les idées de ses utilisateurs. Il pointe que les médias se concentrent sur les problématiques en termes de vie privée face au flot d'informations personnelles dont peu disposer Facebook (orientation sexuelle, politique, religion, etc.), mais "et si" le réseau social utilisait plutôt ces données pour "influencer votre état d'esprit afin d'atteindre un objectif particulier".
  Pouce !


"Les-Notes"
… L'affrontement, comme si souvent en matière pédagogique, sera donc purement idéologique et renverra à cette simple question : quelle société souhaitons-nous construire - étant entendu que l'école en est la matrice autant que le miroir? Or rien ne dit qu'une majorité de français, de droite comme de gauche, souhaite un monde où les rigueurs de la sélection s'atténueraient. Le gouvernement lui-même la tient pour une vertu …
Croire qu'une commission suffira à déminer ce terrain hautement inflammable et à poser les bases d'une réelle refondation de l'évaluation scolaire semble, dans ce contexte, quelque peu hardi. Le précédent des rythmes scolarises est là pour le prouver.

… toujours en vertu de ce sentiment profondément ancré que «nous, on en est pas mort, alors pourquoi changer»
en France on a du mal à imaginer une autre manière de faire que celle qu’on a connue, particulièrement pour les notes, 
que 75 % des français ne veulent surtout pas voir disparaître. On notera au passage qu’il est souvent reproché aux profs
de ne vouloir rien changer, ma foi on voit que ce trait est bien partagé…
… ce que Benoit Hamon souhaite faire, dans le sillage de Vincent Peillon, a déjà été mis en place très officiellement 
dans une circulaire datant… de 1969 ! Mais n’a jamais été appliqué, ce qui devrait tout à la fois ramener les ministres 
à une certaine humilité et plonger les réformistes dans un peu plus de dépit…
… Quel stress, cette histoire d’évaluation, la vache !
Ils ont 6 ans et ils sont déjà dans la compétition, la comparaison, la moquerie, les larmes… 


"Les-Rythmes"
Il ne reste de la réforme initiale que son squelette : cinq matinées d’école sont obligatoires avec le mercredi - ou le samedi par dérogation - pour «mieux apprendre», les enfants étant plus concentrés le matin. Tout le reste est désormais négociable. Les activités périscolaires peuvent être regroupées sur une après-midi, le vendredi par exemple, ce qui entraîne une coupure de deux jours et demi jugée trop longue par les chronobiologistes. Les journées de cours peuvent rester à six heures, ce qui, selon les experts, est trop lourd. En autorisant ces dérogations, le ministre prend le risque d’un nouveau grand bazar à la rentrée. De nombreux parents s’interrogent ...
"Les-ABCD"

«il ne peut être proposé de renoncer au projet» mais «il n’est pas non plus possible de penser généraliser le dispositif expérimental sous les mêmes formes et dans les mêmes termes qu’en 2013». Des conclusions pas faciles à entendre dans les 275 écoles pionnières. Celles-ci n’ont jamais fait des ABCD de l’égalité un «outil miracle» ; elles ont souvent pointé – et vécu – ses limites. Elles n’en ont pas moins endossé les attaques, assumé les pressions. Pour rien ?.. 

Les ABCD de l’égalitéétaient-ils devenus cet «étendard» risquant de transformer l’école en un «champ de bataille» ? Les mots sont ceux du ministre de l’éducation, Benoît Hamon, qui, tout en réfutant l’abandon de l’expérimentation sous la pression des «anti-genre» …
… Les inspecteurs le reconnaissent : c’est un «phénomène inédit, d’une réelle violence symbolique pour les enseignants et souvent générateur de doutes» qui vient d'arriver. Il «bouscule l’école en l’obligeant à réfléchir à tout ce que l’on appelle aujourd’hui "éducation à..."»…
[ Évaluation du dispositif expérimental « ABCD de l’égalité » - Rapport juin 2014 – pdf ]

«On ne renoncera pas à l'ambition, mais on s'apprête à en renouveler les modalités, en misant sur la formation des enseignants, en respectant leur liberté pédagogique», se défend-on Rue de Grenelle, en promettant un «plan d'action» pour lundi 30 juin.
Sacrifier les «ABCD», expérimentés depuis l'automne dans 275 écoles – sur 48 000 –, pour que les enseignants, pris pour cible par les lobbys traditionalistes, puissent endosser plus sereinement leur mission ? C'est le message que s'échine à faire passer le ministre de l'éducation, Benoît Hamon...

Marchant sur une ligne de crête sur ce sujet comme sur bien d'autres depuis son arrivée, Benoît Hamon regrette que les communiqués sur l'école ressemblent tous "à des champs de bataille". Je veux apaiser, a-t-il déclaré mercredi 25 juin sur France-Culture . "Je veux qu'on arrête d'emmener dans l'école, le débat des adultes". Le ministre de l'Education nationale paye, aussi l'impéritie d'un gouvernement piégé par son incapacité à expliciter sa vision et sans cesse pris en otage par les protestaires, y compris les extrémistes. 


L’ambiance autour de l’école est «trop nerveuse», d’après le ministre qui «ne veut pas ouvrir un nouveau champ de bataille». L’avantage en lançant le chantier de la notation, marronnier du débat scolaire, est que l’on ne parle plus des rythmes. Un bref répit ? Benoît Hamon est attendu début juillet sur les ABCD de l’égalité (filles-garçons), ce dispositif devenu la bête noire des militants anti-genre. Il devrait annoncer son abandon, tout en affirmant qu’il ne recule pas et que l’école transmettra la culture de l’égalité, sous une autre forme.
"Les-Rythmes"

 aider les parents à prévoir cette rentrée compliquée par la réforme des rythmes scolaires. Mais le site 5matinees.education.gouv montre tout autre chose. Le temps périscolaire, vanté comme un accès pour tous et gratuit à des activités, semble avoir été escamoté. 
Première surprise: les résultats sont parfois loin d'être similaires aux informations diffusées par les mairies…
… l'assouplissement contenu dans décret Hamon sur les rythmes scolaires a finalement offert aux maires l'opportunité de contourner la réforme
Seulement 5% des enseignants français estiment que leur métier est valorisé par la société. C’est l’un des résultats les plus inquiétants de l’enquête Talis dévoilée ce mercredi par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), qui interroge sur les conditions de travail et d’apprentissage des enseignants dans 34 pays…

… Si 90% des professeurs français affirment maîtriser le contenu de leur matière, ils sont ceux qui s’estiment le moins bien préparés à la partie pédagogique de leur métier (6 sur 10, contre une moyenne de 9 sur 10)…[TALIS 2013 : Une perspective internationale sur l'enseignement et l'apprentissage ]

"Les-notes"
On-ne-touche-pas à nos bonne vieilles notes sur 20 ! Agées d'un siècle et demi, elles apparaissent aujourd'hui encore comme le symbole même de la méritocratie. Dans notre imaginaire, ces notes sentent bon la plume sergent et l'encre violette. Elles symbolisent l'école laïque et républicaine, celle qui récompense chacun selon ses mérites. Et pourtant...

Et si on recopiait la circulaire  «Edgar Faure» du 6 janvier 1969 sur les notes?
L’histoire ne repasse jamais les plats, dit-on. Et la tentative a échoué en son temps. Alors, ne copions pas;
mais relisons-là au moins pour ses  «attendus».
«Le développement des méthodes actives, des travaux d’équipe, ont rendu familiers des procédés de stimulation et d’émulation qui ne risquent pas d’engendrer un  «esprit d’âpreté» déplaisant, et surtout n’ont point sur les élèves qui ne figurent pas dans le «peloton de tête» les effets décourageants que maintes études psychopédagogiques ont mis en lumière …

Et les enseignants sont invités à abandonner «sans regret» le système de notation mis en place à la fin du XIXième siècle pour revenir à des «appréciations globales» symbolisées par les lettres A,B,C,D accompagnées d'indications détaillées…
Nombre de réformes se sont heurtées à de sérieuses résistances, en particulier celle de la notation (notamment dans l’enseignement secondaire). La circulaire ministérielle d'Olivier Guichard du 9 juillet 1971 en tient partiellement compte : «pour les classes d'examen, les résultats seront exprimés sous forme de notes de 0 à 20… ».
… Dans le secondaire, durant ces années post-soixante-huitardes, le SGEN (le syndicat enseignant qui s’est le plus engagé pour des évolutions éducatives et pédagogiques) perd nettement des voix, tandis que le syndicat le plus conservateur (le SNALC) en gagne – lui - très nettement…

... L’évaluation doit permettre aux enseignants et aux enfants de mesurer les progrès accomplis et ceux qui restent à accomplir.
Il faut qu’elle soit plus exigeante, qu’elle en dise plus; qu’elle soit bienveillante et qu’elle stimule au lieu de décourager…
… Il faut sortir d’une posture idéologique à l’égard de la note ou de l’absence de note.
La note doit être utilisée à bon escient.
Elle est utile, mais, quand elle paralyse, on doit lui substituer d’autres formes d’évaluation.
La note ne doit pas être l’unique étalon

"Innovations"
La question est : ce que je fais aide-t-il les élèves à progresser, peuvent-ils progresser davantage si je fais les choses autrement ?...
… Alors le premier qui vient me reprocher, l’année prochaine, de refaire la même chose en géo ou en rédaction, je lui dirai ceci : «Dis donc, coco, j’ai bossé dur pour arriver à ce truc qui fonctionne, alors t’es bien gentil mais je compte le garder ! Et tiens-toi bien : il est fortement question que je refasse la même chose l’année prochaine encore

l'ABCD
Nous voulons la généralisation des ABCD parce que renoncer aux engagements est désastreux pour la démocratie et qu’il en va du bien-être des enfants. Votre volonté affichée de faire de l’égalité un marqueur identitaire de votre politique a soulevé l’espoir de voir se concrétiser le projet de progrès qui nous rassemble : faire grandir cette société égalitaire. Cette volonté pourrait donc être tuée par le lobbying de quelques organisations réactionnaires, dont le projet ne trouve aucune convergence avec celui que vous nous aviez promis de défendre ?
Nous voulons la généralisation des ABCD parce que ce dispositif est innovant. Il est salutaire. Et il a fait ses preuves sur le terrain

… Le 27 mai, lors d'un tête-à-tête à Matignon, le chef du gouvernement et le ministre de l'Education nationale se rendent à l'évidence : il faut sacrifier l'"ABCD de l'égalité"
L'expérimentation menée en France depuis septembre 2013 dans 275 écoles primaires ne sera pas généralisée à la rentrée 2014. Les croisés antigenre ont eu la peau de cette formation sur l'égalité filles-garçons destinée aux enseignants. Cible d'une spectaculaire opération de désinformation, ce dispositif est enterré. Le 20 juin au plus tard, le doyen de l'inspection générale aura remis au ministre le rapport d'évaluation. L'acte de décès, que François Hollande a entériné, sera annoncé dans la foulée. 

Faudrait-il alors abandonner la mixité scolaire ? Cette thématique a fait rage dans les milieux anglo-saxons et québécois, au tournant des années 2000. En France, la remise en cause de la mixité est conçue comme une déstabilisation des idéaux républicains. D’où la convention ministérielle récente, qui met en place un programme de renforcement de la lutte contre les préjugés sexistes. Le programme «ABCD de l’égalité» entend fournir aux enseignants des outils et des ressources pédagogiques visant à traquer les stéréotypes dès la maternelle autour de certaines questions: «La danse est-elle réservée aux filles?» «Une femme peut-elle être pompier?» «Un homme peut-il être sage-femme?» Etc.


Le constat est connu mais continue à s’accentuer à mesure que le temps passe. La précarité de la jeunesse avance, de même que sa défiance envers le politique. Près de 50 % des personnes pauvres ont moins de 30 ans et 73 % des jeunes ne sont pas allés voter aux élections européennes. Alors que près d’un jeune sur deux pense que sa vie sera pire que celle de ses parents, un sentiment de révolte …
… la reproduction des politiques antérieures l’a emporté. Même reproduction des schémas qui ne fonctionnent pas, même empilement de dispositifs, même promesses qui éloignent un peu plus la jeunesse de ses représentants …

Le monde entier l'a vu lâcher une colombe blanche
Mais rares sont ceux qui ont pu apprécier l'autre geste de Wera Jeguaka Mirim, un indien guarani de 13 ans, 
qui a déjoué la sécurité du stade de Sao Paulo en cachant dans ses sous-vêtements une banderole 
qu'il a brandie à l'adresse de la présidente Dilma Rousseff dans les tribunes, lors de la cérémonie d'ouverture du Mondial jeudi…
Vivre et travailler autrement ?

Si on augmentait le salaire des enseignants de 20%, je ne suis pas sûr qu’on améliorerait considérablement le recrutement. D’ailleurs, regardez : un maître de conf’ de fac est payé autant qu’un prof de lycée. Or, des centaines de candidats se présentent quand vous ouvrez un poste à la fac…
… L’image qui s’est répandue, c’est que tous exercent dans des collèges de ZEP violents, ce qui est rarement le cas.
L’image de l’école elle-même s’est renversée : l’école qui intégrait la société, qui fabriquait des citoyens, qui les préparait à vivre quelque chose de commun a laissé place à l’image de la machine à diviser, à trier, à créer des inégalités
"Le-Bac"

Mais au-delà des politiques et des belles intentions, les trois bacs sont loin de se valoir. Ils demeurent inégaux scolairement et socialement, avec une hiérarchie claire. En simplifiant beaucoup, les meilleurs élèves et les moins bons issus de milieux favorisés choisissent les séries générales. Les plus faibles scolairement, en particulier ceux issus de milieux populaires, sont destinés au professionnel. Et les élèves moyens atterrissent souvent en technologique. Cela n’exclut pas que des lycéens choisissent de bon cœur une série pro ou techno avec un projet précis…

conduire 80% d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat. Trente ans après, nous y sommes ou presque : 73% des élèves l’ont décroché..
… Formidable mutation qui a permis à notre pays de gagner la bataille du nombre mais qui, dans le même temps, a perdu celle de la démocratisation d’accès à la réussite. Les enquêtes le démontrent ; les résultats de l’école française sont médiocres comparés à ceux des pays similaires. Pire, en France, l’origine des élèves pèse plus lourdement dans leur destin scolaire. Loin de corriger les déterminismes sociaux, familiaux, ethniques, l’école a tendance à les aggraver. Devant ce gâchis scolaire, démocratique, économique, c’est le chacun pour soi qui domine, celui des familles, celui des enseignants, celui des collectivités locales.
L’affaire des rythmes scolaires vient de le démontrer de manière flagrante…
 

… En fait, explique-t-il, quand les libertariens parlent de liberté, ils l'utilisent dans une acception différente de celle que nous présumons : pour eux, la liberté n'est pas autre chose que la liberté économique. Les mots-clefs qu'ils utilisent à l'envi - comme "libre", "ouvert", "innovation" ou "efficacité" - sont des valeurs abstraites qui plaisent autant à des gens de gauche que de droite.
Dans l'enseignement, ces mots évoquent
pour les gens de gauche un changement de paradigme dans le contexte scolaire, un appel à la créativité, quand à droite, cela évoque avant tout la libéralisation du système…

Ils ont fermé les yeux
sur l’inexorable croissance des inégalités de l’école 
jusqu’à la fin de vie, 
provoquées par la «mondialisation heureuse»
d’Alain Minc,
laquelle crée de nouvelles pauvretés et transforme des pauvretés en misère…
… Ne sommes nous pas en train de suivre somnambuliquement de nouveaux somnambules, 
en attendant de nouveaux désastres ?..
N’avez-vous pas l’impression que le débat de société s’est exacerbé 

ces derniers temps dans notre pays, notamment sur l’école ?
La vraie question qui se pose aujourd’hui est la capacité de la France à se réformer. 
En ce qui concerne les sujets de société, nous sommes dans un emballement vertigineux très inquiétant.
Notre pays a du mal à s’adapter en douceur et procède par grandes crises successives
où tout est remis à plat plutôt que par une avancée consensuelle. 
On le voit aujourd’hui peut-être plus que jamais sur tous les sujets qui ont trait à l’école

"Les-Rythmes"
… une enquête menée dans 18 écoles de 10 arrondissements, 30 observations d’ateliers et 300 entretiens. Ceux qui espéraient y lire un désaveu de la réforme seront déçus ; ceux qui attendaient un panégyrique tout autant…
Au nombre des obstacles, «deux systèmes – scolaire et périscolaire - fonctionnant de façon parallèle», est-il écrit, «une inégalité des territoires» en matière d’équipements de proximité par exemple, ou encore des «ateliers de qualité encore trop inégale»…

Monsieur le Ministre,
Les directrices et les directeurs d'école, déçus par le traitement du dossier qui les concerne, ne diffuseront pas votre lettre aux parents sur la réforme des rythmes scolaires jusqu'à ce qu'un calendrier précis programme la mise en œuvre des mesures décidées pour reconnaître notre métier …

"Le-Bac"

… Faire passer le bac coûte plus de 2 000 euros par élève, ont mesuré les proviseurs du SNPDEN (syndicat majoritaire) en juin 2013. Bien loin des 80 euros de l'évaluation officielle, ce calcul intègre le coût caché du bac, ces quatre semaines de cours perdus pendant lesquelles la machine du secondaire continue de fonctionner à plein régime. Pour 1,5 milliard d'euros d'argent public, la nation française est en droit d'attendre de son bac une évaluation claire …

…En 2013, 47% avaient un emploi sept mois après la sortie du lycée pro, contre 53% l'année d'avant. «Avec le bac raccourci et la politique du zéro redoublement, les jeunes terminent leur cursus au lycée à tout juste 18 ans… Ils manquent de maturité, les entreprises s’en plaignent. Du coup, ils partent à la fac… Sauf qu’ils ne sont pas du tout armés ! Ils n’arrivent pas à suivre

"Le-Brevet"
"Le brevet ne perturbe pas la vie de l’établissement, c’est une habitude."
… Cette désorganisation de la fin de l'année ne semble pas gêner grand monde dans les établissements. "Cela fait des années que ça fonctionne comme ça, c’est institutionnalisé", explique la CPE du collège Flora Tristan. Pas de raison de changer, donc !..
"Une semaine avant, une semaine pendant et une semaine après". Car dans les faits, même s'ils le devraient, les élèves ne reviennent pas après le brevet. Il faut les comprendre : pour ceux qui sont libérés dès le 12 juin, les conseils de classe ont déjà eu lieu...

Près d’un enfant sur huit est scolarisé à deux ans. À la rentrée 2013, le nombre d’enfants âgés de deux ans scolarisés augmente pour la première fois depuis dix ans pour atteindre 97200 enfants. Cette hausse est plus prononcée dans les zones d’éducation prioritaire, conformément aux objectifs de la refondation de l’école.
Si la quasi-totalité des enfants est scolarisée à partir de trois ans, seulement un enfant sur huit est scolarisé à l’âge de deux ans …

Ceux qui se défient du numérique devraient même être les premiers défenseurs de son développement dans les écoles. Sans quoi, qui apprendra aux enfants à évaluer la fiabilité d’une source sur internet, à protéger leur vie privée, à prendre conscience de la fragilité du «droit à l’oubli», à mesurer les enjeux citoyens et démocratiques d’un monde où tant de nos faits et gestes sont à jamais inscrits dans quelque nuage de données (cloud), etc.?? Ici comme sur tant d’autres sujets, le terrain délaissé par l’école sera immédiatement conquis par la sphère privée - familiale et commerciale.
La sociologie de la culture a déjà démontré, depuis bien longtemps, que la démocratisation des supports n’engendrait pas, comme par magie, une démocratisation des usages. On ne lit pas les mêmes livres dans toutes les familles, on ne regarde pas les mêmes émissions, on ne fréquente pas les mêmes salles de spectacle, quand bien même on possède des livres, on a une télévision et on va au théâtre…

  Pouce !
Le-Socle
«J'ai donc décidé, au terme de cette phase de lancement des travaux, de cesser mes fonctions avec la remise du socle tel qu'il a été approuvé unanimement le 5 juin et de demander au ministre de me remplacer dans les responsabilités», ajoute-t-il.
Dans ses déclarations, M. Boissinot explique qu'il regrette que «certains membres » aient «du mal à entrer dans une logique de recherche d'un consensus suffisant» et déplore des «problèmes de méthode» et un travail accompli «à marche forcée».
Le Conseil supérieur des programmes avait pour première mission de réformer le diplôme national du brevet …

"Refondation" ... "réforme" ... ?

Quand la refondation pédagogique est une priorité, le travail en équipe une ardente obligation[5], peut-on espérer la réussir en continuant de réserver un traitement inégal aux personnels qui accueillent, encadrent et forment les élèves, qu’ils soient enseignants de discipline, professeur-documentaliste ou conseiller principal d’éducation ?

Parce que cette sentence va à l’encontre de la politique éducative prônée par le Gouvernement, nous vous invitons à signer cette pétition pour dire NON à la fermeture de notre école.
N’hésitez pas à nous rejoindre et à inviter toutes les personnes sensibilisées au danger qui guette de nombreuses communes rurales à nous soutenir.
Le pire serait de renoncer ! 
Notre volonté à TOUS de bien vivre dans nos villages passe aujourd’hui par le maintien de notre école rurale.


"Le-Bac"

La communion annuelle dans le culte d'un baccalauréat national et unitaire est plus que jamais à l'ordre du jour et commence déjà, alors qu'il devrait être de plus en plus visible qu'il s'agit d'un faux Dieu en trois personnes (le général, le technologique et le professionnel)…
… ''Le'' baccalauréat n'existe pas (n'existe plus). Ce qui existe, c'est au moins trois types de baccalauréat qui sont apparus successivement avec des objectifs foncièrement différents…

"Quand un professeur de français apprend à choisir le terme approprié pour s’exprimer, il fait à la fois de l’instruction et de l’éducation."
Reste que le document qui sera soumis aux enseignants penche du côté des connaissances plus que des compétences
… Raisonnable, mais urgent. Car il faut le préciser : le socle commun n’est encore qu’une belle idée, peu appliquée sur le terrain, comme le pointait dès 2010 la Cour des comptes : pour les seules mathématiques, 73% des élèves de troisième ne maîtrisaient pas le programme en fin d'année…

… C'était aussi l'esprit du livret de compétences farouchement défendu par Martin Hirsch avec cet argument d'évidence : "On ne peut pas être nul en tout et tout le temps". Comment éviter que les jeunes qui ne s'épanouissent pas à travers les formes scolaires traditionnelles traînent, parfois toute la vie durant, le sentiment d'avoir raté une marche, voire d'avoir échoué - et ce même si leur vie personnelle et professionnelle crie l'inverse ?..

… morceau choisi des "Mémoires des autres" écrit par le professeur de philosophie Jules Simon (par ailleurs ministre de l'Instruction publique un peu avant Jules Ferry, de 1871 à 1873): "Eh bien oui, le métier que je fais m'est odieux. Mes confrères sont des cuistres, mes élèves, de jeunes idiots qui ne pensent qu'à être bacheliers ; et nous sommes idiots nous-mêmes avec nos examens et nos chinoiseries. Tout cela me répugne et m'ennuie. J'aimerais mieux être commis de bureau, précepteur, conducteur de travaux. Je m'ennuierais ferme, mais on ne me parlerait pas de services rendus au pays et de sacerdoce"

Rappel : l'association nationale de parents d'élèves FCPE, en partenariat avec la section française de Défense des Enfants International, procède à une enquête nationale sur les règlements intérieurs des établissements scolaires.
Il n'est pas trop tard pour envoyer les copies de règlements intérieurs à Bernard Defrance :
par courrier, 57 allée Bayard, 93190 Livry-Gargan et par courriel,
 Les résultats de cette enquête devraient pouvoir être publiés pour la prochaine rentrée scolaire et donner lieu à des propositions pour le ministère de l'Education et les parlementaires.


"Le-Niveau"
Évolution des acquis en début de CE2 entre 1999 et 2013 : les progrès observés à l’entrée au CP entre 1997 et 2011 ne sont pas confirmés.
… Les acquis des élèves de CE2 sont stables en lecture par rapport à 1999. Ils enregistrent cependant une baisse en orthographe et vocabulaire. En mathématiques, les élèves maîtrisent mieux la soustraction, mais rencontrent davantage de difficultés face à des problèmes numériques.
La répartition des élèves selon leur performance à l’ensemble du test laisse apparaître un accroissement du nombre des élèves de faible niveau : 12,7 % des élèves en 2013, contre 10 % en 1999. Parallèlement, le pourcentage d’élèves diminue dans les hauts niveaux de performance…
[ DEPP – Note d’information – mai 2014 – pdf ]

une autre donnée silencieuse (personne ne l'a relevée jusqu'ici, ni l'étude de la DEPP ni aucun observateur) devrait venir tempérer les résultats : en 1999 les élèves travaillaient encore le samedi matin, soit 26 heures par semaine, alors que depuis 2008, avec la suppression du samedi matin, ils ne travaillent plus que 24 heures par semaine. Les CE2 de 2013 auront donc travaillé 72 heures de moins que ceux de 1999, chaque année depuis le début de leur scolarité, particulièrement 216 heures de classe de moins depuis leur entrée en CP, avec des programmes toujours aussi lourds. (Rappelons au passage que les nouveaux rythmes ne résolvent rien à ce dilemme, puisque la durée hebdomadaire de classe est toujours de 24 heures et que les programmes n'ont pas été allégés)...



"Rythmes", le feuilleton
… la France est devenue la championne du monde des inégalités scolaires et du déterminisme social !
Notre pays ne peut donc plus se cacher derrière une incantation égalitaire et méritocratique. Ne soyons ni hypocrites ni surpris, l'ascenseur social est totalement en panne. Au regard d'études successives parues ces dernières années, l'entreprise de refondation de l'école se révèle indispensable. Il ne faudra pas une réforme, il les faudra toutes…
… Dire la vérité, c'est rappeler que pour un grand nombre de communes, l'inquiétude quant à l'accompagnement financier est une réalitéet que les élus ont besoin, sur ce point, de perspectives. Force est également de constater, ici ou là, qu'un déficit d'accompagnement, tant des élus locaux que des enseignants, bouleversés par cette nouvelle organisation du temps, n'a pas facilité la mise en place de la réforme…

… A l’unanimité, le Bureau de l’AMF a donc tenu à rappeler les principes suivants :
1 - la compétence de l’Etat en matière d’organisation du temps scolaire justifierait qu’il assume totalement ses responsabilités, et donc les conséquences de ses décisions ;
2 - les activités périscolaires sont une compétence non-obligatoire des communes. Il convient donc de laisser à celles-ci la plus grande liberté pour les organiser selon des modalités qu’elles définissent localement, en fonction des réalités du terrain.
Aussi, prenant acte de la faible réponse de l’Etat sur les modalités financières, l’AMF alerte le Gouvernement sur les obstacles rencontrés par un certain nombre de communes en difficulté pour mettre en œuvre la réforme.
Elle demande en conséquence un véritable assouplissement du calendrier et des modalités. Dans cette affaire, l’Etat doit assumer ses responsabilités, l’AMF ne pouvant pas accepter que soient mises à la charge des communes de nouvelles dépenses non compensées.
… pour caricaturer, les enseignants qui privilégient le face à face avec les parents utiliseront l’ENT pour tisser un lien plus dense et pour inviter plus facilement les parents à venir les voir, tandis que ceux qui n’aiment pas l’utiliseront pour les tenir à distance et, le cas échéant, enverront un message via la messagerie plutôt que de proposer un rendez-vous aux parents. Idem de ceux qui essaient déjà d’avoir une approche très personnalisée – peut-être les plus déçus aujourd’hui - : ils tenteront d’utiliser le numérique pour faire de la pédagogie différenciée. «Ainsi, concluent les auteurs de l’enquête, l’ENT semble faire rejouer une partie des tensions qui traversent aujourd’hui l’Ecole, en particulier sur les questions de coéducation»


… Car c’est un fait : s’ils lisent, d’après toutes les études récentes, moins que naguère, les 12-17 ans utilisent massivement les images numériques. Pas seulement pour les regarder, mais aussi pour en créer et les faire circuler. Ils prennent des photos d’eux-mêmes (des « selfies ») et les envoient depuis leur smartphone, ils font des captures d’écran et les postent sur Facebook, ils diffusent des vidéos sur YouTube… Ces activités à distance leur sont aussi familières que le tour à vélo l’était pour les générations précédentes…
… La brigade des mineurs fribourgeoise a auditionné la semaine passéeune dizaine d'adolescents qui ont fait circuler des documents pornographiques sur les réseaux sociaux. Ces garçons et filles de 13 à 15 ans sont des élèves du cycle d'orientation de la Tour-de-Trême…
  Pouce !
"Rythmes"

Aucun lien n’a toutefois été clairement établi entre les résultats scolaires et le temps consacré aux cours extrascolaires et à l’étude individuelle. Par exemple, d’un côté, il n’est pas d’usage en Finlande de consacrer du temps supplémentaire à étudier en dehors de l’école, mais ce pays est l’un des plus performants en matière d’éducation, et de l’autre, en Corée et au Japon, les élèves passent de nombreuses heures à étudier dans des cours privés du soir, et ces pays obtiennent souvent des résultats élevés dans les évaluations internationales par rapport à de nombreux autres pays de l’OCDE …
[ Combien de temps les élèves du primaire et du premier cycle du secondaire passent-ils en classe ? – OCDE – avril 2014 – pdf ]

France -… Depuis 2004, le taux de pauvreté des enfants est en constante augmentation. Cette dernière s’est d’ailleurs accentuée sous l’effet de la crise économique. Entre 2007 et 2011, le taux de pauvreté a progressé de 1,9 point de pourcentage (+ 1,2 point entre 2004 et 2007) pour atteindre 19,5%. Ainsi, près de 2,7 millions d’enfants, soit un enfant sur cinq, sont en situation de pauvreté monétaire en 2011 …
En 2011, environ 30% des personnes vivant sous le seuil de pauvreté étaient des enfants, alors que cette catégorie ne représente que 22% de la population ...

1984 :… Les parents accusent les profs qui accusent les élèves qui accusent les profs qui accusent les parents, et ainsi de suite. Chacun vocifère ou pleurniche en repassant à l'autre la responsabilité du drame. C'est trop facile, et c'est inefficace. Nous ne vivons pas la fin d'un âge d'or – l'adieu aux ''bons'' élèves, aux ''bons'' maîtres, aux ''bons'' programmes, etc – mais une mutation historique qu'il faut comprendre . Les enseignants ne sont pas une cohorte d'embusqués désinvoltes qui assistent paisiblement à la déroute de leurs troupes. Les parents ne sont pas une légion de paranoïaques en mal d'expéditions punitives.
Et les élèves ne sont pas une meute d'analphabètes dégénérés

2004 :… Le niveau a monté mais les écarts se creusent. Les « bons bacs », c’est pour les enfants de la classe moyenne et des cadres supérieurs…
… Et il se crée , dans la France républicaine, des ghettos, des zones de relégation où l’on expédie cyniquement les plus jeunes enseignants – qui ne s’en sortent d’ailleurs pas si mal. L’école progresse, donc, mais elle est injuste. Elle subit de plein fouet la violence sociale mais elle est elle-même violente. Elle qualifie les uns en disqualifiant les autres. A la Libération, 29% d’étudiants de milieu modeste accédaient aux grandes écoles. Maintenant, c’est 9% …

… La suppression de la journée de pré-rentrée s’inscrivait dans la même logique…
Négation même du principe de projet d’école ou d’établissement qui, pour ne pas se résumer à un pur exercice administratif sur le papier, exige d’être incarné, conduit, impulsé…
… Evidemment, tout ne se joue pas le jour de la pré-rentrée. De même, l’absence de lieux dédiés au travail en commun n’a jamais empêché les équipes éducatives décidées à le faire de monter des projets collectifs. Mais

Fessée, le feuilleton ...
La France est actuellement menacée de sanction par le Conseil de l'Europe pour ne pas avoir aboli les châtiments corporels, comme l'ont fait 34 pays dans le monde…
« Il faut cesser de confondre violence physique et éducation, justifie le député Sergio Coronado, qui a déposé l'amendement au nom du groupe EELV….
… La proposition de loi déposée en 2009 par la pédiatre Edwige Antier, alors députée UMP, n'avait jamais été inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée
… L'écologiste François-Michel Lambert, qui avait déposé avec ses 16 collègues un amendement en ce sens à la proposition de loi sur la famille, l'a retiré après l'engagement du gouvernement de "reprendre la discussion lors d'une prochaine proposition de loi"

Tous les pays mettent aujourd’hui en œuvre des réformes spécifiques du financement de l’éducation,
afin d’accompagner la croissance des effectifs, d’améliorer les résultats et de s’adapter aux nouvelles exigences de la société…
… Partout, l’organisation même des systèmes éducatifs évolue, sous l’effet d’une concurrence accrue 
et de l’introduction de nouvelles logiques inspirées des mécanismes du marché.
Ces innovations entraînent une redéfinition du rôle et des moyens d’action de l’État.
A la fois pilote, arbitre et garant de l’équité …
 

… Fruit d’une enquête menée tous les neuf ans depuis 1981, ce travail qui vient de paraître dans la revue Agora débats/jeunesses n° 67 (mai 2014), révèle que les jeunes Européens ont ceci en commun qu’ils se tiennent «en retrait vis-à-vis de l’espace politique, tant en termes de politisation, de participation que de confiance dans les institutions»

D’où l’idée simple et structurante de considérer les institutions elles-mêmes comme des lieux psychiques, et alors de les reprendre, de les «rectifier» (Célestin Freinet), de les «aseptiser» (Jean Oury), pour qu’elles ne nuisent pas davantage, et éventuellement qu’elles autorisent l’émergence et la parole de sujets…
… Il y a aujourd’hui plusieurs milliers de classes en Europe, voire dans le monde, qui s’inspirent de la pédagogie Freinet et de Fernand Oury ; voire des écoles, comme celle de La Neuville (Seine-et-Marne). Et des groupes de formation continuent de proposer des stages, des suivis, des interventions. 
L’école et les institutions françaises en crise ont plus que jamais à penser socialement leur éthique de travail et leur qualité de vie…

AVPI – Assoc. Vers la Pédagogie Institutionnelle – Fernand Oury:
Du 19 au 26 août 2014 à La Meignanne. Stage organisé par des praticiens des techniques Freinet et de la pédagogie institutionnelle à l'intention d'autres instituteurs, institutrices, professeurs d'école. Il accueille aussi des éducateurs chargés de classe et des maîtres de l'enseignement spécialisé. 
Techniques Freinet et pédagogie institutionnelle : D'abord savoir faire un journal, une correspondance scolaire, une sortie enquête, organiser et instituer des lieux... 
Une pédagogie efficace : La classe devient coopérative. Perfectionner les techniques, maîtriser l'organisation et les institutions. Savoir utiliser le dynamisme et les apports des enfants pour apprendre à lire, écrire, compter.

Ayant le sentiment d'avoir obtenu le droit de choisir, les parents ont multiplié les recours auprès des médiateurs. Comme le remarque la sociologue Agnès Van Zanten, "le nombre de demandes de dérogations s'est accru. (...) Et comme les parents demandent toujours les mêmes établissements et qu'on n'augmente pas leurs effectifs, le nombre d'insatisfaits a augmenté."…
… "Redessiner la carte pourrait être une option mais il faudrait le faire dans la durée et y associer tout le monde : parents, collectivités territoriales et même les établissements privés sous contrat"



"Rythmes"la Ville de Lyon est sortie du bois en précisant sa réforme des rythmes scolaires. Celle-ci revendique le droit à l'expérimentation laissé par le décret Hamon en regroupant les activités périscolaires le vendredi après-midi, qui devient de facto facultatif. En revanche, les lundis, mardis et jeudis restent identiques à aujourd'hui (8h30 - 16h30)…
"Le compte n’y est pas et la déception est immense, c’est une réforme en trompe-l’œil, voire une contre-réforme que nous propose le maire de Lyon !" s'est insurgée la FCPE…

Rythmes scolaires :
un «observatoire» pour préserver ce qui reste de la réforme
… Des «sages» à l’abri du désordre ambiant. C’est ainsi que se définissent les membres de l’Observatoire des rythmes et des temps de vie des enfants et des jeunes (ORTEJ …
… Enfin, dans leur ligne de mire, la journée de six heures de nouveau tolérée. «Elle a montré ses limites, souligne M. Testu, il est aberrant d’autoriser son maintien pour quelque raison que ce soit»…

"REFONDATION" ou ... ?
…parents d'élèves, enseignant-es, citoyen-nes soutenons le projet d'un collège-lycée innovant inspiré du mouvement Freinet. Nous croyons qu'une autre école est possible, une école émancipatrice où chaque enfant, chaque adolescent-e, a réellement sa chance.
Le projet Célestin porté par l'Association Pour un Collège-Lycée Public Innovant répond à cette ambition. Il propose l'implantation dans l'agglomération nantaise d'un établissement s'adressant à tou-tes, tout en assurant une continuité pédagogique avec l'école Ange Guépin.
Par cette pétition, nous engageons les collectivités territoriales, partenaires du projet depuis plusieurs années à concrétiser leur soutien par une proposition rapide et concrète d'implantation du projet Célestin.

…Nous assistons de nouveau, en ce moment, à un grand enfermement de jeunes (pas que les jeunes d'ailleurs) et à une toute puissance des normes de sécurité face auxquelles, les politiques auraient les pieds et poings liés.
C'est parce que nous n'acceptons pas que nos jeunes soient de nouveau mis en cage, devant des écrans informatiques que nous lançons cette pétition en forme d'appel…

… Nous sommes partis du constat qu'il y avait beaucoup de sexisme dans les lycées, notamment du côté des lycées technologiques. Le but de l'action est de lutter contre les discriminations, du moins d' essayer d'améliorer les choses à notre niveau. La jupe n'est pas essentielle: beaucoup y participe sans la porter….
… L'année dernière, nous avions déjà organisé cette journée de la jupe, et ça a fait beaucoup moins fait de bruit! Un proviseur et des professeurs s'étaient mis en jupe…

  Des demandes d’engagements concrets

… le président de la République a choisi de le faire à Villiers-le-Bel, imprimant dans l’inconscient collectif l’équation “jeunesse en difficulté + violence = apprentissage”. Il n’est pas le premier. Dominique de Villepin, alors Premier ministre, avait également centré le pan éducatif de sa réponse aux émeutes de 2005 dans les banlieues sur l’apprentissage, avec son idée «d’apprentissage junior» accessible dès l’âge de 15 ans…
… chaque année, le soi-disant “collège” unique met en fait de côté 350.000 jeunes. Ils méritent mieux que d’être systématiquement renvoyés aux émeutiers de Villiers-le-Bel ou d’ailleurs.

Rapports parents-profs...
… 88% des parents déclarent que les résultats scolaires tiennent une place très (29%) ou plutôt (59%) importante dans les discussions qu’ils ont avec leurs enfants. L’école et les résultats scolaires sont aussi importants dans l’image qu’ils ont de leurs enfants : pour 78% lorsque qu’ils parlent de leurs enfants avec d’autres adultes et pour 84% dans l’appréciation que l’on a en général des qualités d’un enfant.
Par conséquent, 96% des parents font de la réussite scolaire un sujet auquel ils disent être attentifs tout au long de l’année. Et si les résultats ne sont pas au rendez-vous, on sévit : ainsi 58% des parents déclarent que la réussite scolaire les oblige à être plus sévères qu’ils ne le souhaiteraient…
[ « Parent d’élève, un métier d’avenir » - l’enquête – pdf ]

… Dans les faits, chaque chef d’établissement des 4.671 écoles primaires privées recensées par le Secrétariat général à l’enseignement catholique (Sgec) est libre de dire "oui" ou "non" à la réforme, et de le faire au tempo qui lui paraît le plus adéquat dans les années qui viennent.
"Il faut savoir qu'une partie des établissements privés ne sont pas passés aux quatre jours en 2008, donc ils n’ont pas à revenir aux quatre jours et demi hebdomadaires", précise le Sgec, qui ne possède pas de statistiques précises à ce sujet…
… "Nous étions opposés au passage aux quatre jours, et nous avons toujours partagé le propos de Vincent Peillon qui disait cette réforme particulièrement propice aux enfants les plus en difficulté"…
L’Etat financera-t-il le privé ?
Tout à fait. "Le fonds d’amorçage de 400 millions d’euros pour l’année 2014-2015 prévoit les établissements privés", précise-t-on au ministère…

Demandez le programme
… «Rappelons tout d'abord une banalité, car les lieux communs peuvent être vrais, et c'est le cas de celui-ci : la démocratisation de l'enseignement a conduit à dispenser à un public radicalement différent un enseignement inchangé . L'enseignement s'en trouve totalement en porte à faux. On tente vainement d'inculquer une culture conçue pour une élite à la grande masse des enfants du pays. Or il est clair que les motivations des élèves ont changé, que leur héritage social et culturel est très différent de ce qu'il était, qu'ils ne trouvent pas dans leur famille le même soutien, etc…
On attend toujours, que l'on tire enfin toutes «les conséquences » du diagnostic fait « après tant d'autres» en...1972 ; et de la recommandation faite en...1989 de «ne plus considérer l'école depuis son sommet, mais à partir de sa base» (…) Le Conseil supérieur des programmes n'a pas d'autre tâche historique plus prioritaire et plus décisive que celle-ci


Le fichage d'élèves dénoncé par les parents sarthois

Trois nouveaux recours contre Base élèves
… Ces démarches, bien que portées individuellement, sont un outil de la lutte au long cours menée par tous ceux – citoyens, parents d’élèves, enseignants, directeurs d’école … – qui malgré les pressions, les menaces, les sanctions, continuent de refuser le fichier Base Elèves et son corollaire de bases de données centralisées et partageables mis en place par l’Education Nationale. Des bases de données toujours plus nombreuses, dont les mises en relations comme les utilisateurs ne cessent de se multiplier …
  "Droits de l'enfant"


un retraité distingué s’adresse au directeur en reprenant ses propos sur l’excellence de Sciences Po, ses progrès, son ouverture. Une école extraordinaire, mais corrige-t-il, «comment expliquer que depuis 15 ans la France ait connu une des plus fortes hausses du chômage en Europe, une des plus fortes hausses de la dette publique et que les finances publiques soient en aussi mauvais état? Or Sciences Po forme les élites qui ont abouti à ces résultats», conclut-il. La salle est un peu interloquée devant tant d’audace…

… Nous, 44 associations et collectifs étudiants de 19 pays, croyons qu’il est grand temps de renouveler l’enseignement de l’économie. Nous sommes particulièrement préoccupés par l’étroitesse croissante des cursus. Ce manque de diversité intellectuelle ne limite pas seulement l’enseignement et la recherche, il limite notre capacité à penser les enjeux nombreux et divers du 21e siècle – de l’instabilité financière à la sécurité alimentaire en passant par le réchauffement climatique. Le monde réel doit réinvestir les salles de classe, de même que le débat et le pluralisme des théories et des méthodes…



Entre les discours et les réalités. Entre les pratiques et les nouveautés. On ne redira jamais assez combien les technologies ou les dispositifs technologiques suscitent autant «d’irrationalité» à chaque nouveauté (tablette, classe inversée, mooc en sont les derniers avatars) qui apparaît sur le marché…
… L’imaginaire d’utilisation est embelli par tous les promoteurs du numérique en éducation. Les réalités sont bien éloignées de cela…
Car c’est cette fascination du nouveau qui tire ce mécanisme. Ce nouveau qui fait confondre innovation et invention, mettant le second de côté, est un autre étendard de la fascination qui traverse l’univers éducatif envahi par le numérique…

Si vous voulez vous souvenir de vos cours, mieux vaut abandonner votre ordinateur et revenir au bon vieux papier/stylo.
A l’origine de cette étude intitulée «Le stylo est plus puissant que le clavier: des avantages de l’écriture cursive comparée à l’ordinateur pour la prise de notes»…
«Taper à la vitesse de la lumière encourage à transcrire ce que l’on entend, sans faire vraiment attention à ce qui est dit –cette façon de prendre des notes a déjà prouvé son inefficacité. Taper chaque mot vous laisse penser que vous avez une compréhension plus complète du sujet. Ce n’est pas vraiment le cas

«D’habitude, je suis plutôt indulgente vis-à-vis de l’utilisation des téléphones en classe…
… Aujourd’hui, pour la première fois depuis très longtemps, j’ai confisqué les téléphones. Je  n’ai aucune idée de ce qui était inclus dans la mise à jour, mais on aurait dit que c’était du crack. Ils avaient les yeux rivés sur leur téléphone. Il y a même une fille qui est allé sous la table avec son téléphone.»…

L'usage intensif des téléphones portables pourrait favoriser la survenue de tumeurs cérébrales bénignes ou malignes
… Les auteurs reconnaissent que leur étude ne permet pas de définir un niveau de risque d'apparition de tumeurs. Mais l'association Priartem, qui milite contre les dangers des radiofréquences, souligne que l'usage intensif tel que le définit l'étude (plus de 896 heures cumulées) correspond à plus de 15 heures par mois, «c'est-à-dire une demi-heure par jour, ce que dépassent aujourd'hui largement de très nombreux utilisateurs, et notamment les plus jeunes»
«Souvent je suis gavé», «saoulé», «aucun intérêt», «je fais ça comme ça, parce qu’il y a rien d’autre», «je regarde à peine», « il se passe rien», «c’est pas intéressant mais on lit quand même» : le couperet du «c’est nul»n’épargne pas les moments passés en ligne.
Face à ces verdicts et à ces récits de fin d’après-midi traînantes, à ces SMS aussitôt lus aussitôt oubliés, face à ces moues vagues devant un énième Snapchat réceptionné, ou à ces posts sur twitter ressassant l’heure qu’il est et le temps qui ne passe pas, il faut se rendre à l’évidence : les ados connectés s’ennuient avec leurs outils numériques, comme ils peuvent s’ennuyer à l’école, ou avec leurs parents…

  On dirait qu'ils s'ennuient ...
La psychologue a interrogé 1.000 enfants âgés de 4 ans à 18 ans pour savoir ce qu’ils pensaient du téléphone de leurs parents:
«Pour beaucoup, les mots relatifs aux sentiments qu’il impliquait était “triste, fou, en colère et seul”. Un enfant de 4 ans appelait le smartphone de son père “le téléphone stupide”. D’autres se souvenaient avoir joyeusement jeté le téléphone dans les toilettes, l’avoir placé dans le four ou tenté de le planquer. Une fille a même déclaré: “Je me sens ennuyeuse. Ennuyeuse parce que mon papa répond à tous les textos, tous les appels, tout le temps, même sur le télésiège”.»...

… Le bac est devenu la condition nécessaire, mais pas suffisante, pour accéder à des études supérieures supposées donner accès à un diplôme monnayable sur le marché de l’emploi, qu’il soit public ou privé…
… la France s’est finalement dotée d’un enseignement supérieur dual : les premiers cycles universitaires prorogent le système antérieur, hérité de l’époque où seule une minorité de jeunes gens obtenaient le bac; tout le reste du supérieur sélectionne et fait payer…
… On peut aussi regretter que cette réforme se soit déroulée en l’absence de tout débat public, hors de tout mandat électoral, en marge des processus démocratiques qui sont censés régir des décisions aussi déterminantes pour l’avenir du pays.

"l'augmentation des effectifs va absorber une grande partie des moyens supplémentaires: dans le premier degré, les 37 666 élèves supplémentaires (...) représentent à taux d'encadrement constant 1225 emplois ; dans le second degré, face aux 32 892 élèves supplémentaires il n'est possible de mobiliser que 1486 ETP (alors qu'il en aurait fallu 2000 pour préserver le taux d'encadrement)"…
… "le SNUIPP, la PEEP et des élus demandent toujours un assouplissement du décret pour, de fait, pouvoir revenir à la semaine de quatre jours". Le ministre les a depuis entendus, en proposant un net assouplissement de la réforme…
… la Dgesco insiste sur la l'énorme "machine" que constitue le baccalauréat: "690 000 candidats en terminale, 477 000 candidats en première ; 4737 centres d'examen, des milliers de sujets, 170 000 correcteurs et examinateurs...

"Rythmes"

Même s'ils ne sont guère plus enthousiastes, les pourfendeurs de la réforme se sentent rassérénés: c'en est fini du carcan des 9 demi-journées de classe que Vincent Peillon voulait imposer à tous, avec ses après-midis écourtés pour laisser place à des activités. Des "expérimentations" - pour ne pas dire des dérogations - vont désormais être autorisées…
… Sur le papier, ça fait beaucoup de changements, et même un embrouillamini en perspective.
Mais le délai imparti pour demander des expérimentations - d'ici début juin - est extrêmement court. Il faut que tout soit prêt pour la rentrée. De quoi en décourager plus d'un, comme si on espérait que bien peu, au final, choisissent d'expérimenter…


Si vous voulez vous souvenir de vos cours, mieux vaut abandonner votre ordinateur et revenir au bon vieux papier/stylo.
A l’origine de cette étude intitulée «Le stylo est plus puissant que le clavier: des avantages de l’écriture cursive comparée à l’ordinateur pour la prise de notes»
«Taper à la vitesse de la lumière encourage à transcrire ce que l’on entend, sans faire vraiment attention à ce qui est dit –cette façon de prendre des notes a déjà prouvé son inefficacité. Taper chaque mot vous laisse penser que vous avez une compréhension plus complète du sujet. Ce n’est pas vraiment le cas

… Benoît Hamon a présenté ce matin deux types d'assouplissements possibles à cette réforme: 
- la possibilité de concentrer les activités périscolaires sur une seule demi-journée, tout en conservant cinq matinées. La semaine de 4 jours telle qu'elle existe aujourd'hui est donc définitivement abandonnée;
- sous réserve d'un accord local entre la commune concernée, les enseignants, et le rectorat, la durée de la semaine pourrait être réduite d'une heure, passant de 24 heures hebdomadaires à 23 heures d'enseignement. Les 36 heures annuelles ainsi "perdues" seraient rattrapées sur les vacances scolaires.

… En offrant la possibilité de libérer une après-midi de classe pour le périscolaire, Benoit Hamon charge de fait les autres journées, dans un format à deux demi-journées de classe et trois journées complètes de 6 heures. Les enfants se retrouvent donc avec des journées aussi lourdes qu’auparavant, alors que l’idée était d’alléger des journées présentées comme les plus lourdes du monde (le décret Peillon fixait la norme à 5 h 30)…
… Avec ces propositions d’assouplissement, Benoit Hamon fait clairement un geste vers les communes et la puissante Association des Maires de France (AMF). Reste à savoir comment les collectivités locales vont s’emparer des possibilités offertes le ministre, alors que 94% d’entre elles ont déjà présenté leur projet …

les grandes ambitions citadines se fracassent sur les évidences des campagnes. Le transport d’abord. «Seuls deux enfants vivent sur place. Les autres habitent dans un rayon de 10 kilomètres. Le transport est millimétré et c’est lui qui dicte la mise en place des temps périscolaires.»…
… «Quel animateur professionnel ferait l’aller-retour depuis Limoges pour une heure de travail ?»
Il reste le bénévolat, option choisie par le précédent maire. Mais pour l’élue qui, à ce jour, porte seule les ateliers, «le bénévolat a ses limites. D’abord parce que les gens ont une vie personnelle et, surtout, parce qu’il repose sur les moyens et compétences des territoires»…
«Pour moi, cette réforme est injuste, se désole l’ancienne institutrice. Elle creuse les inégalités entre les gosses en fonction de leur commune de rattachement.»

Le plus significatif concerne essentiellement les communes rurales qui peinaient à recruter du personnel pour encadrer les activités périscolaires après la classe. Initialement, le texte prévoyait que ces activités aient lieu trois après-midi par semaine. Il sera désormais possible de les regrouper sur une seule après-midi. "Cela permettra aux maires de faciliter l'organisation des activités périscolaires et de faire des économies d'échelle, par exemple en construisant des partenariats au niveau des communautés de communes"

Concrètement, c'est la possibilité d'une semaine proposant quatre journées de cinq heures de classe plus trois heures le mercredi matin. Il faudrait alors commencer au moins une semaine plus tôt, fin août, voire encore plus tôt si la semaine de classe passait à 22 heures par exemple, une autre possibilité offerte par le décret. Elle laisse la possibilité au gouvernement d'afficher sa souplesse à l'égard des communes, libres, en apparence de s'organiser comme elles le veulent. Un rien illusoire, alors que les décisions d'organisation doivent être prises d'ici à début juin. On imagine mal les maires s'engager dans des discussions tendues avec les enseignants sur un sujet aussi sensible que les vacances…



les sorties précoces. Ces dernières désignent les jeunes qui ont quitté le système éducatif sans diplôme et sans suivre de formation après leur sortie. Au-delà des nombreuses difficultés que pose leur mesure dans un cadre de comparaison internationale, il apparaît qu'un jeune Européen sur huit sort précocement du système scolaire. La France est dans une situation légèrement meilleure que la moyenne européenne, les sorties précoces étant plus fréquentes dans le sud de l'Europe. Aux Pays-Bas particulièrement où une politique volontariste a été suivie, les sorties précoces ont connu une décrue rapide (de 16 % au début des années 2000 à moins de 9 % en 2012) ...
[ « Réduire les sorties précoces : un objectif central du programme « Éducation et formation 2020 » - INSEE - 24 avril 2014 – pdf ]
[ Résumé - version mobile ]


... Monsieur le Ministre de l’Education Nationale,
«Les déplacements des élèves lors des sorties et voyages scolaires participent à la mission éducative des établissements d'enseignement du second degré». Voilà ce qui est annoncé en préambule de la circulaire n° 2011-117 du 3-8-2011 du Ministère de l'Éducation Nationale.
Cependant, cette mission est largement compromise par les dispositions de cette circulaire même. Ainsi, il est nécessaire de recourir de façon systématique aux transporteurs privés...
... Depuis que cette circulaire est en vigueur de nombreux établissement ont dû annuler des sorties pour des raisons de coût et de souplesse.
Dans le cadre spécifique du Lycée Expérimental, pour qui les sorties sont un axe pédagogique fort, cette circulaire empêche le fonctionnement ordinaire et remet en cause son existence.
Nous demandons donc la révision de la circulaire n° 2011-117 du 3-8-2011 du Ministère de l'Éducation Nationale, afin de permettre le transport d'élèves par des enseignants volontaires dans le cadre de leur travail...

Le gouvernement nous souffle de "changer le barème". Deux académies, celles de Poitiers et Créteil, ont expérimenté l’"évaluation positive". L’idée est belle : ne plus prendre en compte uniquement les erreurs mais évaluer également les réussites. Cela part d’un bon sentiment. C’est agréable, positif, valorisant…
Mais pour quoi faire ? Pour sauver les apparences ?
… Les inégalités et les humiliations des jeunes, notamment dans les quartiers populaires et dans les campagnes, sont de véritables enjeux dépassant largement le cadre de l’école. Ces problèmes ne se régleront pas en "valorisant" artificiellement des copies de dictée. Poudre chocolatée sur un gâteau mal cuit. 
Mais ces changements profonds seraient sans doute plus lents, plus chers et moins spectaculaires qu’un artificiel changement de barème à effet immédiat…

… Le président de l’Association des maires de France (AMF), Jacques Pélissard, s’est déclaré jeudi «un peu abasourdi» par l’annonce d’une réduction de 11 milliards d’euros des dotations aux collectivités, réclamant «un allègement» de la réforme des rythmes scolaires si l’Etat ne veut pas y mettre les moyens financiers…
… Dans un tel contexte, si le gouvernement veut réussir la réforme des rythmes scolaires, il doit «pérenniser le fonds d’aide aux collectivités locales et l’ajuster à mauteur des dépenses supplémentaires 
supportées à ce titre par les collectivités locales», que l’AMF chiffre à «environ 900 millions d’euros»
Créé à titre provisoire en 2013, ce fonds a été doté de 250 millions en 2013, puis de 370 millions cette année.
Si le gouvernement ne peut dégager les crédits nécessaires, «il faut absolument un allègement» de la réforme, a plaidé le président de l’AMF…

... Mais il n'a pas toujours été habile. Il s'est notamment pris les pieds dans le tapis des rythmes, provoquant la colère des maires et d'une bonne partie des professeurs des écoles - un comble alors que le primaire est érigé en priorité.
Sur cette question qui déchaîne les passions, un autre à sa place aurait-il fait mieux ? Tous ses prédécesseurs - dont le dernier, l'UMP Luc Chatel - avaient préféré y renoncer, jugeant le risque politique trop grand...
... L'homme qui se prépare à faire campagne pour les européennes de juin, n'a pas fait de confidences. Voulait-il partir, voyant les menaces s'accumuler sur son budget et sur la promesse des 60 000 postes ?

… Enfin, le contexte démographique des rentrées prochaines fait que ces postes supplémentaires apparaissent plus que jamais souhaitables. Selon la DEPP (division des études du ministère), les rentrées 2014 et 2015 verront en effet une forte croissance des effectifs élèves aussi bien dans le primaire que dans le secondaire. En 2014, pas moins de 63 000 nouveaux élèves entreront dans les écoles et établissements. A la rentrée 2015, ce seront 53 000 jeunes supplémentaires…

… Et c'est sur l'image dégradée de l'école publique que se construit aussi le projet d'Espérance banlieues. Ce projet ressemble aussi beaucoup aux charter schools américaines. Des établissements expérimentaux conçus pour encourager la réussite scolaires dans les quartiers difficiles. Des écoles publiques qui fonctionnent sur des règles qui leur sont propres, recrutent leurs enseignants sur profil et proposent des alternatives pédagogiques…
Hélas, les résultats en termes de «déségrégation» scolaire ne sont pas au rendez-vous. Un récent article de l’AFP nous apprenait qu’une étude venait de montrer que, dans l’Etat de New-York, l’expérience aboutit à former des ghettos sociaux et raciaux encore plus fermés. D’après les chercheurs, en 2010, 73% de ces charter schools new-yorkaises comptaient moins de 1% d'élèves blancs et 90% moins de 10%...

On peut enterrer une promesse de plusieurs façons. Ouvertement, en le revendiquant haut et fort, ce qui a peu de chances d'arriver car il s'agit d'un engagement présidentiel quasi légendaire. Mais on peut aussi l'enterrer subrepticement, sans le dire, en ayant un peu honte de ce que l'on le fait mais persuadé qu'on agit pour une cause supérieure — l'intérêt général,  le redressement de la France, etc. 
Comment procéder subrepticement ?...

Pour que l'école soit de nouveau aimée, il faudrait qu'elle soit aimable. Que l'école, plutôt que d'enseigner la démocratie dans les cours d'instruction civique, soit une école de démocratie où l'on se débrouille pour apprendre, non pas en s'amusant bien sûr, mais avec plaisir et, si possible, avec passion ! Si les notes sont "traumatisantes", c'est que l'école l'est. Quel terrible bilan que cette école qui tue la principale qualité des jeunes : la curiosité !

POSTES A POURVOIR
au LYCEE EXPERIMENTAL DE SAINT-NAZAIRE.
 Le Lycée Expérimental de Saint-Nazaire recherche pour la rentrée 2014 huit personnes désireuses d'intégrer son équipe éducative.
Il est attendu qu’elles s'investissent dans notre type de fonctionnement et soient capables d'assurer l'enseignement au niveau lycée, y compris la préparation au baccalauréat ...
… De façon générale les compétences complémentaires sont bienvenues et tous les parcours professionnels et personnels, des plus classiques aux plus originaux, sont recherchés.
Le travail dans cet établissement demande intérêt et engagement pour les pédagogies alternatives, une volonté de travailler en équipe et l'ouverture des champs d'apprentissage à travers l'inter et la transdisciplinarité.
Le fonctionnement particulier de cet établissement cogéré, à parité de droit, par les Membres de l’Équipe Éducative (19 personnes) et les élèves (entre 150 et 180 personnes)implique également de chaque membre de l’équipe une participation active à la gestion matérielle et administrative du lycée…



Cette fois encore, les 18-25 ans se sont abstenus à près de 60% lors des élections municipales - claque cinglante, relativement étouffée par les médias, pour un Président qui, voici deux ans, promettait sur une place de la Bastille effervescente de placer la jeunesse au cœur de sa politique…
l’ersatz de démocratie que leur offre le système éducatif a de quoi détourner durablement de la politique. Le pouvoir concédé aux élèves dans le cadre des instances représentatives demeure dérisoire. Chaque élu lycéen le sait : on ne le laissera décider qu’à la marge ; si le sujet aborde un territoire préempté par les adultes, leur parole ne vaudra que ce que leur chef d’établissement voudra bien lui concéder…
  Des demandes d’engagements concrets
  

… « L'insertion se dégrade lourdement, constate l'organisme. La transition de l'école à l'emploi s'avère bien plus difficile. » …

… Trois ans après être sorti de formation, plus d’un jeune sur cinq (22%) est au chômage: jamais ce taux n’avait été aussi haut en France. La dernière enquête du Cereq (le Centre d’études et de recherches sur les qualifications), concernant l’insertion des 700 000 jeunes ayant quitté le système éducatif en 2010 – appelés «la Génération 2010» -, renvoie une image plutôt sombre des débuts des jeunes Français dans la vie active...
… L’apprentissage, réputé mieux insérer, ne suffit pas pour protéger.

[ Enquête CEREQ ]
Quel enseignement, quelles méthodes appliquer pour lutter contre les déterminismes sociaux et réduire l’écart de réussite entre les élèves des milieux populaires et les autres ?
Quatorze mesures ont été prévues à cet effet…
… Comme le souligne Jean-Paul Delahaye, directeur général de l’enseignement scolaire, «Les REP+ ne sont qu’un miroir grossissant des questions qui se posent à l’ensemble du système éducatif»

l'Etat a-t-il les moyens de ses ambitions en terme de recrutements d'enseignants à l'heure des économies (50 milliards d'euros de dépenses annuelles doivent être coupés d'ici 2017)? L'abandon des 60 000 postes est "sur la table", écrivaient les Echos le 11 mars dernier. Le think tank de gauche Terra Nova propose ainsi de s'arrêter à un total de 45 000. Les 15 000 postes abandonnés représenteraient 500 millions d'euros d'économies à horizon 2017, selon l'organisme…

… Vincent Peillon avait annoncé que les nouveaux établissements prioritaires bénéficieraient au contraire de postes supplémentaires d'infirmières. Benoit Hamon doit se préparer à expliquer que les promesses n'engagent que ceux qui veulent bien y croire. Il est vrai que lui n'a rien promis. Parions que ses constats seront tous aussi pertinents que ceux de son prédécesseur; déjà, lors de la passation de pouvoir rue de Grenelle il a déclaré :"Il y a quelque chose qui me révolte et révolte beaucoup d’enseignants : aujourd’hui l’origine sociale est un discriminant à l’école". Le tout est donc de savoir si on donnera vraiment les moyens à notre nouveau ministre de changer la donne…

Ferry, c’est fini …
… Pour Mona Ozouf, invoquer si souvent un homme qui fut aussi contesté constitue un paradoxe reposant sur une méconnaissance de l’histoire. En revanche, elle voit une constante dans la force des passions que soulève l’école dans notre pays : "on attribue à l’école les défaites de 1870, de 1940, et la déprime actuelle des Français"

Parents et enseignants ont payé pour apprendre que rien ne se règle à l'école à coups d'effets d'annonce…
… Il vous faudra donc renoncer aux remèdes-miracles et aux grands-messes coûteuses et inutiles qui d'assises en états-généraux ont tenté depuis des années de donner l'illusion que l'on sauvait l'école tous les deux ans...
C'est la seule façon d'éviter le morcellement de notre sociétéen groupes communautaires repliés sur eux-mêmes, prêts à en découdre à la première frustration. Pour lutter contre la violence des quartiers difficiles, vous ne pourrez pas vous contenter de clôturer nos écoles…

plusieurs pistes sensibles sont à l'étude : prolongation du gel du point d'indice, gel provisoire des carrières, voire remise en cause des 60.000 embauches promises par François Hollande dans l'éducation (il pourrait y avoir 10.000 à 15.000 créations de postes en moins) et des recrutements dans la sécurité et la justice, afin de faire baisser le nombre de fonctionnaires sur le quinquennat…
… Rythmes scolaires : muscler le fonds de compensation
Pour la suite, «on s’inquiète beaucoup sur l’aspect financier», car il s’agirait de restrictions «effroyables» si elles devaient se confirmer, a dit Jacques Pélissard…
… Avec Benoit Hamon, l’AMF veut rouvrir le dossier de la réforme des rythmes scolaires, qui alourdit de «900 millions à 1 milliard d’euros par an» les charges des collectivités territoriales, les communes principalement. «Nous sommes respectueux de la loi et du décret» mais «nous demandons que le gouvernement prenne en compte la réalité du surcoût pour les collectivités»
… D'autres estiment qu'il ne serait pas scandaleux qu'un gouvernement de gauche n'aide que les communes les plus pauvres…Le sujet est d'autant plus délicat que les collectivités locales sont impactées par les 50 milliards d'euros d'économie annoncés par Francois Hollande…
« C'était une illusion d'imaginer qu'une réforme de fond, dont on parle depuis trente ans, allait se faire en deux ans », lâche Vanik Berberian, président de l'Association des maires ruraux de France (AMRF)…
Et maintenant ?
L’histoire dira la trace laissée par Vincent Peillon : fut-il un bon ministre de l’éducation nationale, là au mauvais moment ? Ou un grand ambitieux pressé, maladroit et légèrement malentendant ?...
En attendant, l’avenir risque fort de s’assombrir pour l’école : on croit comprendre qu’elle ne sera plus la priorité du gouvernement et que les 50 milliards lui tournent autour…
Quant à Benoit Hamon …

Sa feuille de route officieuse à l'éducation  pourrait bien lui demander de se contenter d'écrire les décrets d'application de la loi d'orientation élaborée par son prédécesseur, Vincent Peillon, tout en donnant l'illusion que l'éducation et la jeunesse restent prioritairesdans ce gouvernement. Un moyen de ne pas faire de vagues dans ce secteur secoué depuis 2012 par la réforme des rythmes scolaires. Une mission qui consisterait à faire marcher une machine conçue par un autre: veiller à la bonne marche des ESPE, les toutes jeunes écoles du professorat et de l'éducation, mettre une pincée de numérique …

Rien ne dit qu’un autre que Vincent Peillon aurait mieux réussi. Le ver est en effet le fruit depuis bien longtemps. En omettant de faire valider par les électeurs un programme explicite - et, le cas échant, réellement disruptif - en matière d’éducation, François Hollande a condamné la loi de refondation à n’être qu’un catalogue de belles intentions qui, une fois passées à la moulinette des conseils supérieurs, des hautes autorités, des services administratifs, des discussions avec les syndicats, accouche de bien timides décrets et circulaires. ..
… Rien ne dit que la séquence qui s’ouvre ces jours-ci permettra de corriger le tir : un simple changement de style ne suffira pas à combler l’absence de contrat clair


«On a cherché à rendre explicite ce que nous entendons par « programmes scolaires», notre méthode pour les élaborer, et comment nous percevons leur devenir»
... Reste à espérer qu'on n'en reste pas à de vaines promesses, et que ce que Vincent Peillon considérait comme un préalable à la «refondation» de l'école soit perçu avec la même urgence par son successeur.
Prochain objectif pour le CSP : redéfinir pour la mi-mai le «socle commun de connaissance de compétences et de culture » - ce qu'est censé maîtrisé tout élève à l'issue de sa scolarité, à 16 ans.
A l'instar de François Bayrou établissant un catalogue de 158 propositions dans le cadre de son "Nouveau contrat pour l'école" de 1994,

Ségolène Royal a préconisé un catalogue de 40 mesures pour le seul collège.
François Bayrou avait dit qu'il fallait "passer du collège pour tous au collège pour chacun",
et Ségolène Royal a affirmé qu'il fallait passer "au collège pour tous et pour chacun"…

La "refondation" de l'école a été menée, mais sans réel effet sur l'opinion, encore moins dans les salles des profs. La promesse des 54 000 postes est rendue de plus en plus incertaine par la nécessité pour le prochain gouvernement de trouver 50 milliards d'euros. Enfin, le débat autour des rythmes scolaires semble avoir absorbé toute l'énergie de réforme de ce ministère. Et l'élan manque pour les années qui viennent…

« … En mettant en cohérence l’ensemble des initiatives éducatives à l’échelle des territoires, le Pacte pour la réussite éducative participe ainsi à la refondation de l’école en mobilisant tous les acteurs qui, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’école, concourent ensemble à la qualité des apprentissages et au plein épanouissement des enfants et des adolescents. »
En 40 ans, 15 ministres se sont succédé à la tête du ministère de l'Education nationale…
… ces deux-là (Jospin et Bayrou) ont fait exception et sont restés environ quatre ans à la tête du ministère de l'Education nationale (alors que la moyenne est de 2 ans et demi).



… François Hollande avait créé la surprise en annonçant que, s’il était élu, il créerait 60000 postes dans l’Education, après les 80000 suppressions sous l’ère Sarkozy. Il aurait ainsi voulu jouer son va-tout face à sa grande rivale Martine Aubry. Ces 60000 postes sont, depuis, devenus le symbole de la priorité donnée à l’école et à la jeunesse sous son quinquennat…


… pour trouver des économies, on s’en prend aux services publics et à la protection sociale. Pourquoi pas demain aux 60000 postes ? Or, il faut bien comprendre qu’après les coupes claires ce n’est pas du luxe. On a du retard à rattraper et des transformations à financer.» Le syndicaliste cite le dispositif «Plus de maîtres que de classes» - des enseignants en plus dans les zones difficiles. Sur 7000 postes promis, 1300 ont été créés à ce jour.

Certains jugent toutefois impossible que l’Education échappe au coup de rabot

Le collège "pionnier" Anne Frank du Mans, après avoir survécu difficilement dix ans en échappant au sort de ses co-nominés "établissements innovants" (CNIRS 2001 : annexes collèges «Freinet» du Cantal et de Brest) s’est fait, lui aussi, avaler-étouffer-digérer-éliminer : «Le nouveau Proviseur nommé en 2012 continuait la sinistre besogne (la mise à mort du collège) tentée par ses prédécesseurs. L’équipe pédagogique devenait profondément divisée... :
Une école pour tous ? » (attention : au bout du lien, chat en colère !)

… Où en est le projet de collège-lycée Freinet ("projet célestin") à Nantes ? L'idée de l'installer au collège Debussy semble abandonnée. Du coup, l'association porteuse du projet table sur une ouverture en septembre 2015…

… plusieurs propositions ont été faites à l'association. Dont l'installation du collège Freinet à Debussy. Une possibilité dont n'ont pas voulu les parents d'élèves et les enseignants de Debussy, qui eux-mêmes ont d'autres projets pour leur établissement. plusieurs propositions ont été faites à l'association.… Qu'en est-il aujourd'hui ? C'est le stand-by. «La première proposition retenue, Debussy, est irréalisable, commente Marie-Bertille Couëdel, présidente de l'association.Une des conditions qu'on a posée, en effet, c'est l'adhésion totale des équipes en place à notre arrivée. À Debussy, ce n'est pas le cas.»

British way of life (Archives)


"Le pouvoir aux parents !", disent-ils 
Dès leur retour au pouvoir, 
les conservateurs veulent créer 5000 écoles "indépendantes".



C’est un crève-cœur de voir ces gamins passer leur journée assis comme des plantes vertes, laisser le caviar de notre jeunesse à la cochonnerie de la passivité et de l’ignorance. Ils veulent apprendre et en ont besoin, mais de manière différente. Il y a des dispositifs qui existent : par exemple, on les sort pendant six semaines de classe, on les met entre eux et on essaye de leur redonner le goût de la scolarité, du respect de soi-même et des autres… Mais ce système est encore plus discriminatoire, réussit sur une ultra-minorité qui a dans le fond des facilités et s’en tirera toujours.
Le reste continue de se mettre à l’écart ...

Enquête nationale sur les règlements intérieurs des écoles et des établissements scolaires
La FCPE s'associe à la section française de Défense des Enfants International (DEI)
pour lancer une enquête nationale sur règlements intérieurs des établissement scolaires.

La PEEP et la FCPE tiennent également à souligner que, sans les représentants des parents à tous les niveaux de l’Education nationale,
il n’y aurait ni contre-pouvoir, ni regards croisés au sein des instances décisionnelles de l’Éducation nationale.
L’absence des représentants de parents dans ces instances risque de conduire, à terme, à l’immobilisme, à une Ecole « statique ». .

Relations école - parents : Mme Monique Sassier, médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur
(audition à l’Assemblée Nationale – 15 mars 2014)

24% des Français déclarent que le système actuel prépare BIEN les élèves au monde du travail
Dont 1% «très bien»
76% des Français déclarent au contraire que le système actuel prépare MAL les élèves au monde du travail 
Dont 20% «très mal»
… Les freins par rapport aux formations en apprentissage : des formations qui conduisent à des métiers peu valorisés
L'image des formations en apprentissage - Sondage CSA - Institut Montaigne - fév. 2014 ]



"Droits des enfants"

DU P.Q. ... POUR LE Q.I.
Aussi étonnant que cela puisse paraître,
lorsqu'on oblige 400, 800, 1200, voire 2000 enfants ou adolescents à être présents de 8 heures à 16 - 17 heures ou plus, dans un lieu clos (école, collège, lycée),
il peut arriver que plusieurs dizaines, ou centaines d'entre eux, en fonction du menu du jour, aient, à un moment ou un autre, des besoins - dont on dit qu'ils sont "naturels" - à satisfaire...
… Plusieurs établissements de type « Pailleron » ont brûlé depuis 1973 ; aucune victime n’a en revanche été à déplorer …


L’état des sanitaires n’est pas sans conséquences sur les problèmes d’hygiène et de santé des jeunes: pathologies induites, risques de transmission bactériologique, atteinte au bien-être des personnes …
… Les faits graves et/ou interdits ne sont pourtant pas rares, mais de conséquences différentes selon les cas. Certains faits signalés transgressent un interdit (usage du portable), d’autres mettent de plus en jeu la santé des élèves (consommation de tabac, alcool, drogues...), d’autres concernent le comportement des élèves entre eux et leurs réactions de violence (bagarres, agressions, rackets, actes sexuels...), d’autres enfin, la violence sur soi (tentative de suicide...)
[ Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement - Rapport 2013 – pdf ]

Supprimer la Segpa ce serait, d'un coup de baguette magique, effacer les motifs de l'échec scolaire. Tout s'expliquerait par la spécialisation. C'est dans le merveilleux brouet du collège unique que vont se régler, par le miracle escompté de la confusion généralisée, les difficultés constatées dès l'école primaire et qui, pour beaucoup de nos élèves, les ont mis en échec au moment de l'apprentissage de la lecture…

Enseigner en banlieue n'a pas grand chose à voir avec le fait d'enseigner en centre ville mais c'est surtout le profil des enseignants qui y est diffèrent. Les élèves des quartiers sensibles ont en effet en face d'eux une majorité de jeunes professeurs inexpérimentés, sans formation initiale, dont c'est le premier poste et qui ignorent souvent tout de la banlieue…
Au moment où chacun s'interroge sur les raisons qui peuvent expliquer que notre système éducatif crée et amplifie les inégalités scolaires en recoupant les inégalités sociales, cette question de la sélectivité de nos enseignants doit être beaucoup plus sérieusement prise en compte (à ce sujet, les dernières propositions de Terra Nova apparaissent bien dérisoires)…

La jeunesse ne naît pas « hors sol »: son bien-être et sa place active dans la société dépendent étroitement du statut qui aura été ménagé et réellement appliqué aux enfants dès leur plus jeune âge dans notre pays. Certains jeunes relèvent d’ailleurs encore du statut d’enfant, tant qu’ils ont moins de 18 ans . En tout état de cause, l’enfance est en quelque sorte le « tremplin de la jeunesse ». 
DEI–France suggère donc, comme elle l’avait fait auprès du Haut-Commissaire à la jeunesse en 2009, que nos gouvernants élargissent leur champ de concertation et d’action et que, au lieu de  se pencher dans une approche essentiellement « réactive » sur la seule résolution des problématiques propres aux jeunes à l’entrée dans le monde adulte, ils repensent notre société de façon « proactive », avec une approche bienveillante fondée sur le principe de l’intérêt supérieur, et donc du respect de l’ensemble des droits,  de tous les enfants dans notre pays. 
C’est dans ce sens que DEI-France adresse une lettre ouverte au Président de la République

… Comment une fac qui se veut politiquement si affranchie peut-elle se financer si l’Etat l’abandonne ?..
… Un prof récuse les chaires payées par des industriels : "Ca consiste à lui réserver les fruits de notre recherche, alors que nous sommes ici pour que tout le monde bénéficie de notre savoir". Au passage, on découvre que les Américains utilisent le mot français "triage" pour désigner la façon de choisir les victimes d’une sélection ou d’un choix difficile…
Ce qui arrive aux Etats-Unis déboule souvent en France quelques années plus tard. Ce qui nous dit ce film, c’est que l’Etat, quand il est à court d’argent, n’hésite pas à reporter sur les familles le paiement des frais de scolarité dans les établissements les plus prestigieux…

Cela fait quarante ans que les acteurs et les observateurs constatent à quel point le type de pédagogie généralement utilisée au collège ne fonctionne tout simplement pas pour l’ensemble des élèves et renforce les écarts de niveau.
Pour le rapport de Terra Nova toujours, le collège accroît la ségrégation scolaire, comprenez ségrégation sociale. Il est vrai que c’est traditionnellement à ce niveau que l’évitement scolaire commence à se pratiquer à grande échelle. Cela étant, rien ne dit qu’une école renouvelée (et le rapport le dit aussi) convertisse comme par magie tous les parents aux bénéfices de la mixité sociale!..

Le «manque de progressivité» et le «défaut de cohérence» entre primaire et collège sont «parmi les causes majeures de l’échec des élèves», peut-on lire en préambule du document. «L’opinion impute l’échec scolaire au collège unique (celui que la réforme Haby de 1975 a voulu instituer), résume Maya Akkari, coordinatrice du pôle éducation de Terra Nova, mais c’est bien parce qu’il n’a jamais été mis en place que le collège échoue»

[ « Pour une école commune du cours préparatoire à la troisième. Un pas supplémentaire vers la démocratisation », Terra Nova – 5 mars 2014 ]

«Pour la première fois j’ai eu l’impression d’être habillée “en prof”, avec des marques bas de gamme, alors que les mères d’élèves portent au moins deux mois de mon salaire sur le dos, sans parler des bijoux ni des brushing parfaits et des manucures impeccables. Je me fais penser aux profs des sketchs des Inconnus.»
… Au fond, ce que l’école attend des élèves, c’est qu’ils possèdent déjà les fameux prérequis qui les rendent disponibles aux apprentissage. Et c’est indéniablement très agréable pour des enseignants qui, avant d’arriver là ont circulé dans des secteurs plus difficiles. Ils voient et apprécient la différence…

...  Troisième surprise: l'inscription des "Instructions" de 1938 dans la mouvance pédagogique de l' "Education nouvelle", signées par le ministre lui-même (et non par l'un de ses directeurs): "De toutes ces tentatives que l'on regroupe sous le nom général d'Ecole nouvelle et qui visent à faire un appel direct à l'activité spontanée de l'enfant, nous avons beaucoup à tirer". Les "Instructions de 1938" et la démarche du ministre Jean Zay reçoivent d'ailleurs le soutien public de Célestin Freinet. ..

… Comme le rappelle l’historien Pascal Ory, Zay "échoua à régler la plupart" des problèmes de l’école, qu’il avait pourtant identifiés, tout comme Peillon bute sur la difficulté de réformer l’école française, pourtant fort perfectible. En cause ? "Le conservatisme politique et l’esprit de corps", dit Ory pour Zay, mais aussi des financements plutôt défaillants…
… Jean Zay proposa en outre de réduire les vacances d’été de 15 jours (passant la fin de l'année scolaire du 30 au 15 juillet), tout comme Peillon tenta (vainement) de l'imposer au début de son mandat. Jean Zay affirma lutter contre le "surmenage scolaire" des enfants et les devoirs à la maison, tout comme Peillon allégea les programmes dans le secondaire…



… Concernant les seuls professeurs des écoles, André Ouzoulias soulignait qu’à raison de 7.000 enseignants formés chaque année, il faudrait attendre 2054 pour que l’ensemble des institutrices et instituteurs soient formés à la pédagogie du langage oral. Il appelait à un effort “historique”, comparable à celui qui fut mené dans les années 70. Ce qui vaut pour le langage oral vaut pour bien d’autres sujets.
Refondation pédagogique
Combien de temps tolérera-t-on de confier nos enfants à des enseignants qui n’ont aucune obligation et si peu de possibilités de se tenir à jour en matière de sciences cognitives, de psychologie de l’enfant et de l’adolescent, de didactique, voire, pour les professeurs du secondaire, dans leur discipline d’enseignement? Certains le font, mais la part que prend l’institution dans cet effort est dérisoire. Cet abandon est ravageur. Tant qu’il n’y sera pas mis terme, les promesses de “refondation pédagogique” risquent fort de demeurer vaines…

l’enquête auprès des jeunes montre que s’ils en veulent aux politiques («tous corrompus»), c’est parce qu’ils laissent la finance diriger le monde : ils sont 90 % à le penser. Pas l’entreprise, pas le capitalisme (ils se disent plutôt libéraux sur le plan économique, en tout cas «par nécessité»), mais la finance qui écrase tout sur son passage au profit astronomique de quelques uns. Sans effectivement que les décisions politiques ne l’entravent.
Et c’est ainsi que les jeunes, toutes catégories confondues (y compris ceux qui ont un emploi) sont, en moyenne, à 61 %, favorables à une révolte type de celle de mai 68…
[ Enquête "Génération Quoi ?" - France 2 ]

Seuls 25 % des 18-25 ans ont la conviction que leur vie sera meilleure que celle de leurs parents. Ils sont 45% à imaginer qu'elle sera pire, 29% qu'elle sera semblable. Près d'un tiers (33%) sont persuadés qu'ils ne connaîtront jamais autre chose que la crise. Quant à la vie de leurs propres enfants, 43% pensent qu'elle sera encore pire que la leur. A toutes ces questions, les jeunes femmes répondent de façon encore plus pessimiste que leurs congénères masculins.«Ces pourcentages sont très élevés, sachant que les jeunes sont, dans la plupart des enquêtes, plus optimistes que leurs aînés
… cette génération est fortement clivée en fonction des parcours et des statuts, précaires ou non. Ce n'est pas une mais des jeunesses qui se dessinent. En passant des étudiants ou salariés en CDI aux chômeurs-intérimaires-inactifs, le pessimisme gagne 20 points…
… Près des trois quarts (70%) d'entre eux ont le sentiment que la société française ne leur donne pas les moyens de montrer ce dont ils sont capables. «C'est massif, et en forte progression. En 2006, ils étaient 53% dans ce cas.»
Les jeunes se montrent très sévères sur le fonctionnement du système éducatif à la française. Récompense-t-il le mérite? Non, à 61%. Donne-t-il sa chance à tous? Non, à 61%. 

…  Ce qui va changer ? Jusque-là, les enseignants d’histoire-géographie bénéficiaient d’une décharge pour gérer les cartes affichées dans les salles…
…  Les enseignants en Zep bénéficieront d’une diminution de 10% de leur temps d’enseignement devant la classe, ce qui est mieux que rien, mais encore bien loin des 50% dont bénéficient les enseignants de classes préparatoires.
 Idem des enseignants des classes à examen – récompense, sans doute, des efforts accomplis pour atteindre un taux de réussite de 90% au baccalauréat, dont il ne saute pas aux yeux qu’ils soient plus « méritoires » que ceux …
… La véritable réforme du métier demeure donc, pour l’heure, à l’état de « serpent de mer ».

Notre école primaire reçoit 17% de moins que la moyenne OCDE, les lycées reçoivent 38% de plus
… Contrairement à de nombreux pays, la France présente un déséquilibre flagrant dans la répartition des dépenses d’éducation entre le primaire et le secondaire", accuse sévèrement l’OCDE dans sa fiche "France".
Ainsi quand on se désole qu’un jeune sur cinq débarque au collège sans savoir lire, écrire et compter, il faut comprendre tout simplement qu’on paye cash le choix historique d’avoir négligé notre primaire. ..
[ Regards sur l’éducation – OCDE – 2013 – pdf ]



La refondation
... des "rythmes scolaires"

deux appréciations d’une même réforme qu’on aimerait bien pouvoir concilier, à défaut de les réconcilier. Le retour à la semaine de quatre jours et demi d’école, déjà entériné pour 1,3 million d’écoliers (17 % des communes), mais qui reste à faire pour 5,8 millions d’enfants parce que le chef de l’Etat a permis « l’étalement » de la mesure sur deux ans (2013 et 2014), est revenu sous le feu des projecteurs, ce mercredi 12 février, avec la divulgation de deux rapports pour le moins contradictoires
… A cinquante jours des élections municipales, bien que la réforme ne soit pas – ou pas encore – redevenue un enjeu de campagne, le fossé semble se creuser entre les acteurs de l’école

Seuls 22% estiment que le changement de rythmes a amélioré les apprentissages des élèves.
Les deux tiers des écoles n'ont pas de projet ou de réflexion spécifique pour la maternelle. 
Un enseignant sur deux n'a pas été consulté pour la transition entre les temps scolaire et périscolaire...
 «Tous estiment qu'il manque les autres pièces (programmes, effectifs, Rased, formation continue, plus de maîtres que de classes...) 
déterminantes pour une meilleure réussite des élèves», conclut le syndicat majoritaire, regrettant que «les leçons de 2013 n'aient pas été tirées pour 2014».
Pas sûr que les tensions occasionnées pas la «réforme Peillon», bien qu'assourdies ces derniers mois, ne se soient tout à fait tassées. 


Des demandes d’engagements concrets
et des propositions pour améliorer la vie démocratique :
- la participation à un conseil d’enfants et de jeunes dans la ville (84% d'avis favorables)
 - la possibilité d’agir au sein d’associations (80%)
 - l'explication de la vie politique à l’école (78%) 
-  la simplification des démarches administratives pour voter (75%). 
[ Enquête AFEV (Association de la Fondation étudiante pour la Ville) - OJS (Observatoire Jeunesse Solidaire) ]

Le Lycée ("expérimental", de Saint-Nazaire) jouit depuis son ouverture d'espaces de liberté qui permet à l'équipe éducative et aux élèves d'expérimenter dans de bonnes conditions.
Pourtant, à l'heure où les innovations sont encensées et considérées comme une priorité au ministère de l’Éducation Nationale, au même titre que la refondation de l’école, nous affirmons que notre pouvoir d'expérimenter est bafoué, notre fonctionnement vivement remis en cause. Nous n'avons plus aujourd’hui la liberté de circuler. En effet, une circulaire portant sur les sorties et voyages interdit aux professeurs de véhiculer des élèves. Au-delà de cette circulaire, nous subissons des velléités de normalisation qui visent à nous faire entrer dans le rang et à restreindre notre autonomie pédagogique et financière, ce qui à terme, nous empêche de fonctionner.
A notre demande de dérogation ou de prise en compte de nos spécificités, le Rectorat de Nantes et le Ministère de l’Éducation Nationale nous opposent pour l’instant une fin de non-recevoir…

Pourquoi un comité ?
Outre l'épineuse question du mini-bus du lycée que nous ne pouvons plus utiliser, c'est l'existence du lycée en tant qu'école différente et pour tous 
qui est menacée par la normalisation et la politique gestionnaire en vogue à l'éducation nationale comme dans tout le reste de la société.
Il s'agit pour nous de retrouver toutes nos libertés d'action, de circulation menacées non seulement par les circulaires en tout genre, mais aussi par la baisse continuelle de notre budget, les tracasseries administratives en tout genre et surtout l'intrusion d'instances extérieures dans le circuit de prises de nos décisions.
Les énergies et les bonnes volontés présentes ce soir au lycée ont déjà permis de nous sentir moins seuls !
comitesoutien-lxp at orange.fr

Un rapport avec le rapport ?
(ci-dessous)

… Enfin, les lycéens et lycéennes ont soif d’implication dans leur lycée ! 75% souhaitent une meilleure écoute des élèves, un plus grand pouvoir des instances lycéennes. Malgré le niveau satisfaisant des relations entre élèves et équipes éducatives (63%), ils pensent à 58% que leur avis n’est pas assez pris en compte dans la vie quotidienne du lycée. Ils voudraient notamment être davantage associés au choix des animations et activités culturelles, au fonctionnement (règles de vie, horaires, organisation, pause déjeuner, etc.), à l’orientation ou encore à l’aménagement et à la rénovation des locaux.
[ Rapport «Consultation des lycéennes et lycéens d’Ile-de-France» : - La vie au lycée - La réussite - La démocratie au lycée – janvier 2014 – pdf 


Les sept violences DE l’école
et parmi celles-ci :
 5. Le non respect des exigences du droit, notamment des articles 12 à 15 de la Convention relative aux Droits de l’Enfant, constitue la cinquième violence de l’école. Les fonctionnements institutionnels actuels interdisent l’apprentissage progressif des responsabilités citoyennes, l’intériorisation des exigences du vivre-ensemble et la compréhension de la loi comme outil d’articulation des libertés.
C’est encore une infime minorité d’enseignants aujourd’hui qui a lu, seulement lu !, le texte fondamental à valeur supra-constitutionnelle
qui structure – devrait structurer... - les relations adultes-enfants, sachant que les enfants, par définition, ne sont évidemment pas destinés à le rester ! 
Les articles 12 à 15 de la CDE obligent à l’instauration des dispositifs de participation progressive des élèves dans les fonctionnements institutionnels même de l’école : force est de constater, à regarder lucidement ce qui se passe dans le quotidien de l’école, qu’un élève de maternelle a plus de pouvoir d’initiatives et d’autonomie dans les activités qui rythment sa journée qu’un élève majeur de terminale qui doit encore demander l’autorisation d’aller faire pipi !
Bernard Defrance

Non à un Munich éducatif!
Cette position ferme a été finalement prise il y a tout juste un siècle, après quelques années d'atermoiements face à une ''guérilla'' menée par des parents d'élèves catholiques dans un certain nombre d'écoles communales (à l'appel de la haute hiérarchie de l'Eglise en France). Toute ressemblance avec une situation potentielle actuelle doit évidemment être tenue pour une pure coïncidence…
… Six mois plus tard, c'est la guerre de ''14'' et «l'Union sacrée». Et un siècle plus tard ?


…En 1882, les parents avaient quasiment l'interdiction d'entrer dans les écoles. Ils n'ont commencé à devenir partenaires de l'école qu'à partir de 1905, avec la création d'associations de parents dans le secondaire…
… La nouvelle phase qui devrait maintenant s'ouvrir, inscrite dans la loi de Vincent Peillon et réaffirmée dans la circulaire du 15 octobre 2013, est celle de la co-éducation. On ne cantonne plus les parents à l'extérieur, ils doivent participer au fonctionnement de l'établissement scolaire et à l'élaboration des projets éducatifs.
Cela n'est pas encore acquis… 
[ Audition de M. Georges Fotinos, chercheur associé à l'Observatoire international de la violence à l'école ]

… Mon hypothèse est que si ces enfants-là sont capables d'une telle violence ce n'est pas "à cause d'Internet", mais parce que les parents ne sont plus là, à leurs côtés pour leur transmettre la notion de respect et d'écoute de l'autre. On n'apprend pas l'altérité quand on passe son temps devant la télé ou un écran, matin, midi, soir. Les parents de ces enfants sont peut-être là physiquement, mais pas psychiquement : leur enfant n'a personne à qui parler, notamment quand il est confronté à des images violentes. Ce ne sont donc pas les écrans qui rendent certains enfants hyper-violents - c'est leur grande solitude. …

Cette proposition de loi n'avait pas beaucoup fait parler d'elle, jusqu'à ce qu'éclate fin janvier la polémique autour de l'enseignement d'une prétendue théorie du genre à l'école. Tout à coup, ce projet d'interdire l'école à la maison bénéficie d'un "éclairage" inédit - présenté comme faisant partie d'un plan du gouvernement pour imposer le "gender" à l'école. "Le droit à la scolarité à la maison est un des actes de résistance possibles contre l'utilisation de nos enfants comme cobayes sexuels", énonce ainsi le site Prorussia.tv …
… Mais alors pourquoi l'avoir déposée ? "Pour attirer l'attention du gouvernement sur la façon dont les services publics perdent pied dans certaines cités" répond le sénateur.

«un nombre très important de jeunes est en désespérance. Je l'évalue à un sur sept». «Ils sont plus stressés, plus inquiets de l'avenir, en difficulté pour se sentir exister, pour affirmer leur identité, parce qu'ils ne sont pas étayés par le groupe, parce qu'ils manquent d'appartenance sociale et idéologique, parce qu'ils sont de plus en plus renvoyés à eux-mêmes pour se définir. Certains ados, les plus démunis, ne veulent pas de ce combat.»…
…«Aux urgences, qui sont surchargées, on laisse repartir avec ses parents, sans bilan psychologique, la jeune fille qui a avalé une demi-boîte de comprimés, mais qui n'est que somnolente, pas comateuse, et tient à peu près sur ses jambes. Avec cette croyance erronée selon laquelle celui qui n'est pas mort ne voulait pas vraiment se tuer. C'est une erreur ! Le risque de récidive est majeur quand la souffrance n'est pas reconnue.»
Même banalisation pour les comas éthyliques traités comme de simples « cuites ». ..

Une confiance incroyable qui consiste à penser que des problématiques pourraient être surmontées si le sujet est pris en charge par l’école. Malgré une forte présence dans les programmes scolaires «le vivre ensemble» ne se porte pas formidablement bien actuellement en France…
… Qui doit forger les valeurs de l’enfant? L’état, l’école, les familles? Peut-être l’institution a-t-elle été trop rapide. Il y une forme d’ethnocentrisme de classe à penser que tout ce qu’on pense est évident pour tout le monde, quand bien même ces idées paraissent fondées! Il y a un conflit, nous voyons apparaître des groupes qui disent «ce ne sont pas nos valeurs». Les militants de l’égalité ont pensé naïvement que tout le monde était pour l’égalité.…
Les dernières statistiques de l’Insee le montrent, si les jeunes français sont davantage diplômés qu’il y a trente ans, leur diplôme est largement indexé à la profession de leur père…


Ferry lui-même dès son intervention à la Conférence Molé, en 1858 : «Tempérer l’égoïsme, voilà la fonction de la femme au point de vue social le plus élevé, dit-il. Mais pour l’exercer il faut qu’elle reste elle-même, c’est-à-dire qu’elle se tienne à l’écart de la vie active qui gâte le cœur, qui exalte la personnalité […]. Il faut qu’elle n’ait part ni aux fonctions de production, ni aux fonctions de direction». C’était reprendre à nouveau frais – mais non sans conséquences pratiques réelles – ce que disait déjà Auguste Comte : «Je crois les femmes aussi impropres à diriger une grande entreprise commerciale ou industrielle qu’aucune opération militaire ; à plus forte raison sont-elles incapables de tout gouvernement».
 Très logiquement et très consciemment, Auguste Comte et Jules Ferry refusent donc la «co-éducation des sexes» (ce qu’on appelle maintenant la «mixité» )…
C’est toute une culture, et elle pèse sans doute encore sur nous.

«Les jeunes sont obsédés par leur vie privée. Ils veulent avoir le contrôle de leur vie sociale à tous les niveaux, assure la chercheuse. Leur préoccupation majeure est de pouvoir se construire librement, sans avoir leurs parents sur le dos. Alors ils apprennent à maîtriser les paramètres de confidentialité des services qu’ils utilisent, même s’ils sont compliqués. Ou alors, ils les détournent en se créant des faux profils avec des pseudos.»
C’est la raison pour laquelle les jeunes cherchent de nouveaux lieux de socialisation en ligne lorsque leurs parents deviennent leurs amis sur Facebook ou les suivent sur Twitter. «Ce n’est pas cool quand la famille débarque là où on traîne avec ses amis. Alors on trouve un nouvel endroit »
«Facebook, c'est le réseau social des vieux»
Facebook fête aujourd’hui ses 10 ans. Mais le plus grand réseau social sur Internet n’a plus la cote chez les ados, qui préfèrent se lâcher ailleurs. ..
« sur facebook, y a ma mère et ma grand-mère, ça change totalement la donne, parce que je dois vraiment me serrer la vis, elle sait pas que je fume, elle sait pas que je sors … »83% des jeunes sont plutôt bien armés puisqu’ils estiment leur propre maîtrise des outils numériques allant de 7/10 à 10/10 si elle devait être notée. 41% des jeunes se seraient formés seuls au maniement d’Internet et de l’ordinateur, en autodidactes, tandis que 29% affirment l’avoir été au cours de leurs études. Mais 70% des jeunes auraient aussi souhaité bénéficier davantage d’initiation à l’ordinateur et Internet lors de leur cursus scolaire.
Même s’ils sont privilégiés du fait d’avoir grandi avec les technologies numériques, certains perdent le train en route: 29% des jeunes interrogés se disent ainsi perdus face aux évolutions rapides d’Internet et de l’informatique


l'implacable loi de la Rue de Grenelle. Depuis vingt ans, quel que soit ses antécédents, son niveau de préparation, ou son appartenance politique, rares sont les ministres qui soient parvenus à transformer l'essai du ministère de l'Education nationale. Xavier Darcos s'y est brûlé les ailes, poussé dehors par la contestation lycéenne. Même destin pour François Fillon, qui n'a pas résisté aux manifestations contre sa réforme du bac. 
Avec Vincent Peillon, pas de lycéens dans la rue, mais le constat d'une immense opportunité gâchée un peu moins de deux ans après son entrée au gouvernement, ses 58 000 postes supplémentaires sous le bras…
 
 

Les partisans du projet d’école publique coopérative sollicitent les candidats aux municipales
Il y avait déjà l’incinérateur ; il y a aussi l’avenir de l’hôpital ; il y a désormais 1, 2, 3 École.
Autant de sujets sur lesquels les candidats aux municipales vont devoir se positionner. Car le collectif qui, depuis un an et demi, a monté ce projet d’école publique coopérative qui pratiquera la méthode Freinet, ne baisse pas les bras et a bien l’intention de peser dans la balance.
Le collectif travaille d’arrache-pied à bâtir le projet d’une école pilote à Rochefort. ..

 

... Il est 21 heures. Dans un hôtel low-cost de grande banlieue, un enfant d'une famille expulsée termine ses devoirs dans le couloir, rallumant la lumière au rythme de la minuterie. A l'autre bout de la ville, des frères et sœurs s'endorment dans un baraquement de tôles, la peur au ventre de penser que demain matin, peut-être, les forces de l'ordre viendront raser leur bidonville. Ailleurs, une famille pousse la table du dîner pour dérouler les matelas moisis par l'humidité dans une pièce trop petite. Bienvenue en France, au XXIe siècle, où depuis plus de trente ans, et malgré un doublement de la richesse nationale, «c’est la crise». Une crise permanente, qui permet de justifier les atteintes aux droits fondamentaux.
Est-ce la peur ou la résignation ? Comment se fait-il qu’une majorité de Français ne s'indigne plus devant la régression sociale programmée et les atteintes récurrentes à la dignité de tous ?..
... En France, 3,6 millions de personnes sont soit privées de domicile personnel, soit vivent dans des conditions très difficiles (privation de confort ou surpeuplement), soit sont en situation d’occupation précaire (hôtel, caravanes…). Le nombre de sans-abri a ainsi augmenté de 50 % depuis 2011 pour atteindre le chiffre de 141 500 personnes, dont 30 000 enfants début 2012. Le numéro d’urgence, le 115, qui gère les places d’hébergement d’urgence, est saturé…
 
 

C'est le prix du mètre carré 
qui fait la différence... 
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers
souligne l'inégalité devant l'école
La carte scolaire et l'apartheid...
interroger certains préjugés, ceux qui ont fait que pendant des siècles un protestant ne se mariait pas avec une catholique, ceux qui font que l’on insulte encore aujourd’hui une ministre à cause de sa couleur de peau, ceux qui font que des petits garçons sont malmenés aux cris de «pédés» dans la cour de l’école, ceux qui font que Matteo n’osera jamais dire qu’il est élevé et aimé par deux mamans, ceux qui font qu’Alice veut mourir car on la traite de garçon manqué, ceux qui créent la haine et la discorde…
… En permettant aux élèves de se demander pourquoi les princesses ne pourraient pas aussi sauver les princes, en montrant que, selon les lieux et les époques, les rôles des hommes et des femmes ont varié et que l’amour a des formes multiples, les chercheurs, les enseignants et les professeurs des écoles permettent aux enfants, citoyens et citoyennes de demain, de construire un monde plus égalitaire et plus harmonieux.

… Leur idée est de limiter les possibilités d'enseignement à domicile pour éviter « une désocialisation volontaire, destinée à soumettre l'enfant, particulièrement vulnérable, à un conditionnement psychique, idéologique ou religieux ». Ils demandent qu'une scolarisation à domicile soit validée par un médecin agréé qui reconnaisse de réelles difficultés pour l'enfant à être scolarisé.
Cette proposition n'est donc pas une mesure que le gouvernement s'apprêterait à prendre : il s'agit d'une initiative parlementaire, issue des rangs de l'opposition de droite au Sénat, et qui n'a que peu de chances de devenir réalité dans l'immédiat


Parents-profs : la déchirure
Ils se regardent, s’épient, se jaugent depuis des années.


[ Relations entre l'école et les parents : M. Sébastien Sihr, Mme Séverine Kakpo - Audition 23 01 14 à l’Assemblée Nationale
Le modèle d’une école ouverte qui accueille les parents doit être généralisé
"Il faut lever les implicites, les malentendus entre l’école et les parents", souligne Sébastien Sihr, plaidant pour la mise en place d’outils tel qu’un guide pour les parents. Entre les parents et les enseignants,"tout se joue dans le contact du quotidien, lors de des réunions de rentrée quand les familles sont reçues dans la classe. Je crois à la capacité de l’enseignant d’expliquer aux parents ‘voilà ce que l’on va faire cette année avec vos enfants’."

 Dans un contexte d'inflation de décisions d'exclusion dont la légitimité est parfois contestée, la principale fédération de parents d'élèves – la FCPE - vient de relancer le débat sur l' ''impartialité'' des conseils de discipline…
… on peut très bien imaginer que, dans une même affaire, le chef d’établissement soit à la fois victime, accusateur, instructeur et juge. La seule innovation que comportent les textes en la matière consiste dans l’institution d’un Conseil de discipline départemental …
 
 

Il faudrait des gouvernants informés et intelligents.
Par exemple, le président François Hollande a rendu hommage à Jules Ferry au début de son mandat.
Or, Jules Ferry était notoirement raciste et colonialiste. Il aurait été plus judicieux de choisir une figure moins polémique.
Encore plus choquantes sont les références fréquentes d'Arnaud Montebourg à Colbert. Pour le ministre, Colbert est l'homme du redressement productif de la France. Mais c'est celui qui a organisé l'esclavage, qui a construit la compagnie des Indes occidentales.
Son redressement productif il l'a construit sur les colonies!

 

«Les pouvoirs publics ont découvert le phénomène du harcèlement scolaire en 2011. Jusqu’à cette date, il avait toujours été sous-estimé alors que les pays nordiques et anglo-saxons travaillent dessus depuis plus de vingt ans», tonne Jean-Pierre Bellon, professeur de philosophie et cofondateur de l’APPH.  Au-delà des dernières annonces du plan de lutte national, en matière de prévention, insiste-t-il, il faut aller plus loin : «Créer des équipes réunissant enseignants, CPE, personnels de santé formés dans chaque établissement.» Pour pouvoir réagir vite : «Plus l’ado pourra en parler tôt, à des professionnels compétents, moins il aura à en souffrir toute sa vie.»

Base Elèves, un conte de fée ?
 Marchant dans les pas de vos prédécesseurs, et usant comme eux de réponses types ne répondant pas aux questions spécifiques des parlementaires qui vous interpellent1, vous commencez par donner une image féerique de ce fichage généralisé de la jeunesse. En ce début d’année, peu de temps après Noël, le Collectif National de Résistance à Base Élèves (CNRBE) s’en veut presque de rompre le charme de vos arguments, par une simple analyse des faits et par le fruit de ses recherches. ..
Monsieur le Ministre, vous confondez visiblement la refondation que vous mettez en œuvre, qui a fait l’objet d’une loi, et le fichage, qui n’en a jamais fait l’objet
L’éducation et la traçabilité des enfants sont incompatibles. Le fichage conduit au déterminisme, à l’abandon du droit à l’oubli, à la stigmatisation, à la sélection précoce et à l’exclusion.
De même la confiance entre les enseignants et les parents d’élèves est nécessaire pour réussir l’éducation des enfants…

en continuant à tenter d’améliorer l’école et le métier d’enseignant tels qu’ils sont au lieu d’essayer d’imaginer ce qu’ils pourraient être, la “refondation” confirme n’annoncer que le nouvel avatar d’un système scolaire ancien et destiné à demeurer, au fond, inchangé. ..

Vincent Peillon - et ses éventuels successeurs - boiront jusqu’à la lie le calice contenant l’amère potion que concocta François Hollande le jour où il promit de recruter 60.000 personnels sur cinq ans
… Ici on croisera les disciplines sur un projet commun, là un voyage scolaire sera exploité tout au long de l’année par les enseignants de différentes disciplines… Mais que ces initiatives, éminemment louables, demeurent fragiles et parcellaires. Si le gouvernement ne trouve pas la clé du changement, la “refondation” de l’école risque fort de se traduire au sens le plus strict du terme par une consolidation des fondations d’un système scolaire dont chacun sait, pourtant, qu’il est impuissant à remplir la promesse d’égalité inscrite au fronton des écoles.


au delà des effets d'annonce et de communication, les mesures doivent être mises en perspective avec le nombre d'établissements concernés :100 collèges à la rentrée 2014 (même si le ministre s'en défend, c'est son recul stratégique face à la mobilisation des professeurs de classes préparatoires qui explique ce si petit nombre) ; 350 à terme, alors que la France en compte plus de 5000. Ce sont donc 50 000 collégiens d'abord puis 142 000 à terme qui seront ciblés. La France en compte 2 588 613 !
Dans le primaire, 100 000 élèves en 2014, 351 135 à terme pour 5 810 779 élèves en tout…

… «Combien de Bac+8 à la place d’un Bac+5 lui-même à la place d’un Bac+3 à la place d’un Bac tout court à la place du gars qui a son Brevet, lequel peut bien aller se faire foutre, il avait qu’à être bon en dictée?» …

La notion de « grande difficulté » ne fait l’objet d’aucune définition. En revanche, elle renvoie à une réalité : la situation de tous les élèves qui, à un moment de leur scolarité, sont en échec, ou considérés « en échec » …
… elle concerne des élèves très différents les uns des autres et la situation de chacun d’eux est singulière et complexe…
… l’entrée au collège est une rupture pour l’élève en situation de grande difficulté. Il subit plus durement le passage d’un milieu proche et sécurisant à un environnement complexe dans lequel il peine à trouver sa place.
L’organisation du collège est mal adaptée (et peu adaptable) à la spécificité des élèves les plus fragiles.
Le morcellement de l’enseignement entre dix ou onze professeurs…
La réduction de la grande difficulté passe inévitablement par un changement profond de l’organisation et du fonctionnement du collège

[ Le traitement de la grande difficulté au cours de la scolarité obligatoire – Rapport E.N. nov. 2013 – pdf ]
 
 


Le feuilleton des rythmes scolaires devrait conduire à une interrogation plus générale sur l’enveloppe institutionnelle de notre Education nationale. Celle-ci demeure en effet une administration centralisée empilant directions, inspections, délégations, bureaux, coiffant un système hiérarchisé de 30 académies dans lesquelles chaque recteur dispose d’adjoints, services, directeur de cabinet, conseillers techniques, personnels d’inspection …
… La centralisation administrative est un héritage napoléonien, entériné par les républicains opportunistes des années 1880, non mise en cause à la Libération, alors que la haute administration avait, en juillet 1940, dans sa quasi totalité, fait allégeance à Vichy…
… Dans cette culture, le dogme républicain de l’égalité, captif de la superstructure centrale, se mue en prescription d’uniformité. Et le système éducatif se révèle faussement égalitaire et profondément inefficace. La chape hiérarchique, garante de cette uniformité bureaucratique par un flux de circulaires et des programmes trop chargés et détaillés, bloque les initiatives du terrain quand elle ne les décourage pas …
… Abolition des privilèges, reconfiguration de l’administration et en premier lieu celle de l’Education nationale : il faudrait aussi que les partis républicains cessent de se balancer des éléments de langage et que les langues de bois cèdent à des débats sans complaisance mais constructifs et réellement tournés vers le Bien commun. Utopie naïve, impossible gageure ?... 
1989...1997...2005... Et lorsqu'un groupe d'enseignants se réunit pour inventer ensemble un fonctionnement différent, ce sont les anciens professeurs passés dans la hiérarchie administrative (inspecteurs d'académie, recteurs sont tous d'anciens profs) qui s'y opposent...

... L'école française fabrique donc des vrais Français: individualistes, dépourvus de sens civique, incapables de coopérer (sauf dans l'union sacrée contre un ennemi), élitistes.

2013 : "le système scolaire tricolore est non seulement peu performant en terme de compétences, mais très inégalitaire sur le plan social." (Pisa 2012)
Pisa révèle le caractère extrêmement inégalitaire de notre système. Satisfaisant pour les enfants de cadres et d'enseignants, dramatiquement pénalisant pour les classes moyennes et ouvrières. La véritable contre-performance de la France se situe là.
Et tout le monde, haut fonctionnaires, recteurs, inspecteurs, ministres et anciens ministres, le sait… 


« Faire pour » c’est ce qu’on voit si souvent; c’est le triste constat des actions de participation dites citoyennes ou démocratiques, où on invite les usagers, les habitants, le public , à assister, acquiescer (en donnant son avis ou pas, peu importe) au spectacle de ce qui est déjà décidé, déjà fait, déjà pensé et clos.
Plaçons dans cette catégorie ces conseils de classe , d’école, de quartier, d’établissement, de vie sociale (etc.) sans pouvoir, sans autonomie, sans pensée, sans motivation intrinsèque, qui n’existent que par la volonté de ceux qui les convoquent. Faire pour c’est le face à face du professionnel et de l’usager, de celui qui détient tous les critères de l’action, qui décide des objectifs comme des modalités d’évaluation, … face à celui qui est censé agir, parcourir et réaliser les changements intimés… 
… Sur les dix dernières années, la création de classes de sections européennes et autres classes de musique ou théâtre aménagées, majoritairement développées dans les quartiers les plus favorisés et concentrant les meilleurs élèves exposés à des programmes d'excellence, a progressivement et sans bruit vidé de sa substance le collège unique, créant des inégalités dans l'offre scolaire, développant la ségrégation entre les établissements, voire au sein des établissements…

L'école française est structurellement et durablement inégalitaire au-delà des décennies, par-delà les alternances politiques. Car elle se caractérise à la fois par une immense tolérance face à l'échec scolaire et, en contrepoint, par un intérêt prépondérant pour la fabrication des élites scolaires et sociales

 … Sur les dix dernières années, la création de classes de sections européennes et autres classes de musique ou théâtre aménagées, majoritairement développées dans les quartiers les plus favorisés et concentrant les meilleurs élèves exposés à des programmes d'excellence, a progressivement et sans bruit vidé de sa substance le collège unique, créant des inégalités dans l'offre scolaire, développant la ségrégation entre les établissements, voire au sein des établissements…
L'école française est structurellement et durablement inégalitaire au-delà des décennies, par-delà les alternances politiques. Car elle se caractérise à la fois par une immense tolérance face à l'échec scolaire et, en contrepoint, par un intérêt prépondérant pour la fabrication des élites scolaires et sociales


… cette fois-ci, les dernières évolutions alertent l'équipe éducative, alors qu'elle pensait avoir été entendue, voici un an, en rencontrant le ministre Vincent Peillon au sujet de la place de l'innovation dans l'Éducation nationale. « Notre discours a été écouté de façon attentive, observe-t-elle aujourd'hui. Cependant, nous faisons face actuellement à des situations qui entravent dès à présent notre fonctionnement ...
...« À l'heure où les constats d'échec du système scolaire se multiplient (PISA, INSEE) et où le gouvernement se propose de refonder l'école, pourquoi mettre en danger un lycée qui propose une alternative ?
... des membres de l'équipe éducative et des élèves du Lycée Expérimental de Saint-Nazaire ont été reçus par des membres du cabinet du recteur afin d'évoquer les difficultés de fonctionnement de leur établissement, notamment en ce qui concerne leur liberté de circulation mise à mal par une circulaire interdisant aux enseignant-e-s de véhiculer des élèves avec le minibus du lycée.
Cette rencontre s'est soldée par une fin de non-recevoir

Largement méconnu des adultes et des parents en particulier, ce site est un des rares réseaux sociaux investi presque exclusivement par les adolescents. Plus que cela, ask.fm joue désormais un rôle clé aujourd’hui dans leur sociabilité. Qu’ils choisissent ou non d’y avoir une page, les adolescents sont tous plus ou moins au fait des péripéties de cette plaque tournante relationnelle, où se vivent des drames affectifs, des hontes cuisantes, et où se reconfigurent les liens…
…D’autres nous font part d’expériences de honte cuisantes qu’ils ont subi, liées au sentiment d’être allés trop loin :
«  J’ai dit des choses sur ask, j’aurais pas dû. C’était la honte après, au collège »

dans la plupart des pays, les sondés ont estimé que les enseignants mériteraient des salaires plus élevés. Sauf la France, les États-Unis et le Japon qui pensent que ces derniers devraient être payés moins, observe Peter Dolton. Pas de quoi remonter le moral d'une profession qui, en France, crie son mal-être …
[ Varkey GEMS Foundation | Teacher Status Index | 2013 - pdf ]

... Nous ne proposons pas d’innovation dont nous chercherions à montrer la supériorité, nous nous efforçons seulement d’identifier les pratiques qui s’avèrent les plus efficaces et les plus équitables...
... les 3000 élèves que nous avons observés ne passent pas «un temps considérable à des exercices de lecture globale et de devinettes de mots qu’ils n’ont jamais appris à décoder.» Contrairement aux idées reçues, dans la majorité des classes, les élèves bénéficient d’un enseignement précoce et systématique des correspondances entre les lettres et les sons : la méthode syllabique n’a pas le monopole de la lecture de syllabes...

L'enquête PISA, publiée au début du mois de décembre, a redit à la France ce qu'elle n'avait guère envie d'entendre : que, comparé à ceux de 64 autres pays du globe, le système scolaire tricolore est non seulement peu performant en terme de compétences, mais très inégalitaire sur le plan social.
... (commentaires) : Oui mais... si l'on s'inspire des pays arrivant premiers aux tests internationaux,il faudra, comme en Corée du Sud, interdire les cours particuliers après vingt-trois heures.
Eh oui ! Pays différents, réalités différentes...

… Par tous ses pores, la machine Éducation nationale tente d’expulser des évolutions dont elle sait qu’elles constituent une révolution qui ne dit pas son nom : le fonctionnement coopératif versus la compétition “méritocratique”? …
… La révolution numérique est évidemment et avant tout une révolution pédagogique : en aidant les enseignants à individualiser les apprentissages,elle tente ce que la loi d’orientation de 1989 a raté - mettre l’enfant au cœur du système, articuler les prérogatives abstraites des programmes aux besoins réels des élèves, placer la notion “d’apprentissage” au-dessus de celle “d’enseignement” (learning versus teaching).
Les cadres dirigeants du système, qui disent soutenir cette révolution, ne peuvent ignorer que les échelons intermédiaires sont loin d’être unanimes à la souhaiter, et très loin d’avoir été préparés à l’accompagner…

… On reste dans l'optique que ''l'obligation'' de la ''scolarité obligatoire'' est un cadre commode pour inscrire des préconisations répondant à tel ou tel problème monté en épingle dans le monde politique ou sociétal (sans guère se soucier du ''reste''...) …
… le résultat de toute notre histoire où l'Ecole a été investie d'un grand rôle d'abord par les religions lors des affrontements religieux ( entre protestants et catholiques), puis par l'Etat centralisateur qui s'est fait ''éducateur'' en vue de la solution de problèmes socio-politiques (en finir avec la Révolution et les révolutions, ''gouverner les esprits'', dont les personnalités les plus emblématiques ont été Napoléon, Guizot et Ferry) …

… Mais les principes de la démarche alternative dont nous parlons ici peuvent-ils être transférés au système scolaire classique ? Oui, même si la réponse est complexe …
Nous savons donc ce qui peut contribuer à améliorer le climat scolaire et les performances des élèves. Ce qui est rejeté en marge de l'institution offre des perspectives de lutte contre les difficultés scolaires. Reste à savoir combien d'enquêtes PISA devront encore être publiées avant que les politiques tentent enfin d'aider les élèves par des solutions éprouvées.

Car ce qui compte, ce qui a de la valeur, dans l’inconscient de l’Éducation nationale, ce n’est pas l’élève et ses besoins mais l’enseignant et ses mérites académiques (avoir réussi le concours qui fait appel aux savoirs les plus robustes). Renverser cette conception élitiste, qui explique largement la prégnance des inégalités scolaires et sociales, aurait pu constituer le socle d’une réelle et profonde refondation de l’école. Vincent Peillon le savait. Que ne l’a-t-il dit plus tôt ?

Le double jeu de l'école française est démasqué. Mardi 3, l'enquête PISA a mis un coup de projecteur sur un sombre constat : la « classe France » est la plus hétérogène du monde. …
… une raison simple que montre aussi PISA : l'éducation nationale n'existe plus ! Fini l'unité d'antan. Il y a un système dual qui produit d'un côté des cancres, de l'autre des élites. Et il n'y a plus de grand corps regroupant les 800 000 enseignants qui achetaient comme un seul homme à la Camif, s'assuraient à la MAIF et la MGEN et adhéraient au syndicat. L'individualisme s'est insinué jusque dans ce collectif hier très fort. Avec ses 4 800 euros net mensuels moyens, selon les données du ministère – 5 800 pour les chaires supérieures, le grade convoité –, la vie d'un professeur de CPGE ne ressemble pas à celle d'un professeur certifié …

… Parmi les dizaines de statistiques publiées cette semaine avec la parution de PISA, il en est une qui m’a interpellé. "En France seulement 17% des enseignants bénéficient d'un accompagnement contre 61% dans l'OCDE et 100% à Singapour"
Le conseiller pédagogique, emploi fictif. Dans ses fonctions, l’inspecteur est accompagné de conseillers pédagogiques. C’est globalement un ancien enseignant qui en avait marre des élèves, qui préfère travailler dans les bureaux …
… L’année dernière dans mon école, une instit à deux mois de la retraite est partie deux semaines en stage, dont j’espère qu’il lui est utile aujourd’hui qu’elle n’enseigne plus…

ce qui nous coûte le plus, et de loin, ce n'est pas le trop plein de profs, c’est la lourdeur de l’organisation de notre système éducatif primaire et secondaire. Nous gérons 49.160 établissements, là où les Allemands n’en ont que 28.181. Nous avons 21.500 écoles de plus que nos voisins, avec les frais que cela induit ! Certes notre démographie n’est pas la même, mais 132% d’écoles en plus c’est beaucoup, tandis que notre population est 20% inférieure à celle de l’Allemagne. Chez nous, 50% de la dépense éducative va à des frais de gestion et de structures, contre 34% en Allemagne. Et c'est au détriment de la masse salariale des profs qui, chez nous ne représente que 31% de la dépense contre 51% en Allemagne…

comment la répartition du fonds d'amorçage a été définie, pourquoi sa pérennité n'est pas envisagée, et pourquoi toutes les communes en bénéficieront, même celles qui ne mettraient pas en place d'activités périscolaires !
… Et à l'avenir, pense-t-il prendre en compte la question des transports scolaires, des écoles en regroupement pédagogique intercommunal (pour lesquelles l'aide en fonction du nombre d'enfants n'a pas de sens), des communes qui partent de rien en matière de périscolaire (comparativement à celles qui en développent depuis 20 ans) ? Pas plus, semble-t-il

… La France vient de récolter une très mauvaise note dans le cadre du Programme international pour le suivi des élèves (PISA), organisé par l'OCDE. L'édition 2012, divulguée le 3 décembre, confirme ce que les enquêtes précédentes avaient déjà mis en évidence : le caractère très inégalitaire de notre école. Une école où l'écart entre « bons » et « mauvais » élèves se creuse ; qui sait faire réussir les enfants de cadres et d'enseignants, mais pas ceux issus des classes moyennes et ouvrières.
La France, cinquième puissance économique mondiale, s'arroge même le triste titre de championne des inégalités

Participer à PISA a coûté 534 000 euros à la France en 2012 et, tous les ans, c'est à peu près le même montant en bas de la facture. A la cotisation de 283 000 euros pour participer au questionnaire central (sans les questionnaires élèves ou parents, facturés en plus), s'ajoutent au minimum 251 000 euros de dépenses occasionnées en France en salaires (trois temps-plein), impression des carnets des élèves (56 000 euros), corrections (160 journées de travail)… pour faire passer PISA à 4 300 adolescents…

... « La France est mal classée à PISA 2012, quels sont les premiers responsables ? ». Deux choix : les enseignants ou les parents !!! (Véridique, regardez ici). Aucune information réelle, pas de débat de fond, mais une seule préoccupation : chercher les coupables. Bien sûr, ce sont les enseignants (63%). Sortez le goudron et les plumes...
... il ne faut pas oublier que PISA émane d’une organisation économique, il n’y donc pas lieu de s’étonner que la philanthropie n’y soit pas un axiome. PISA a pour objet de répondre à la question : « Dans quelle mesure les jeunes adultes sont-ils prêts à relever les défis de demain ? », autrement dit, d’évaluer dans quelle mesure les petits citoyens de 15 ans sont préparés à s’insérer avec succès dans le monde du travail et à y devenir des agents économiques efficaces. On a le droit de ne pas adhérer à cette vision de l’éducation...

... Avec la crise, il y a de plus en plus de familles précaires incapables d’aider leurs enfants. Face à cela, l’école continue largement à fonctionner comme si ces différences n’existaient pas. Elle est indifférente aux différences, comme disait Pierre Bourdieu. Elle ne tient pas compte des écarts majeurs de capital culturel transmis dans les familles, de leurs ressources inégales pour suivre la scolarité des enfants, notamment économiques (séjours à l’étranger ou cours particuliers - souvent, les enseignants ne savent pas combien d’élèves en prennent). Le système fonctionne de manière très fermée, favorisant ceux qui en connaissent les clés - en témoigne la «belle scolarité» des enfants d’enseignants...

tabou absolu en France, du moins au plan institutionnel : certains professeurs sont meilleurs que d’autres (cette idée-là passe encore mais pas son corollaire : c’est donc qu’il y en a de “mauvais”). Pourquoi ne pas leur confier plus d’élèves, à ces enseignants qui, face aux mêmes élèves, font mieux que leurs collègues? Et quand on le fait, cela profite-t-il toujours autant aux élèves? ..
… derrière le tabou qui interdit d’affirmer que certains enseignants sont “meilleurs”, l’institution est à la manœuvre. Elle sait que certains font mieux. Que fait-elle pour les récompenser? Leur proposer des élèves eux aussi meilleurs. Tous ne cèdent pas à ces sirènes …

.… Il n’y a pas que les rythmes scolaires à mécontenter les instituteurs. D’après le sondage Louis Harris Interactive pour le Snuipp, dévoilé par Libération, cette catégorie d’enseignants voit ses attentes dans François Hollande déçues, et ce malgré les créations de postes venant après les vagues de suppressions de l’ère Sarkozy. Seuls 29% des sondés estiment que l’école est une priorité du gouvernement, alors que Vincent Peillon affirme vouloir faire du primaire l’épicentre de sa refondation de l’école.
Sur le dossier très sensible des rythmes scolaires, les résultats interpellent : seuls 6% des sondés approuvent la réforme

14 % des enseignants se disent en burn-out [enquête 2011 du Carrefour Santé-social], un sur trois dans un « état anxieux » [étude sur la qualité de vie au travail, G. Fotinos et J.M. Horenstein, 2011]. Les difficultés viennent surtout du fait qu’il existe un fossé entre le métier tel qu’il est imaginé, idéalisé, et la réalité. Nos témoignages montrent que les premières années d’exercice désillusionnent ceux qui souhaitaient devenir professeur. Ce sont souvent d’anciens bons élèves, passionnés par leur discipline, mais mal préparés à toutes les facettes du métier - pédagogue, animateur, gendarme...


… L'exercice de communication politique auquel donne lieu, tous les trois ans, Pisa est préoccupant. Ne pourrait-on pas imaginer un ministre actant avec humilité et pragmatisme que notre école ne tient plus ses promesses et faisant de la lutte contre l'échec scolaire son unique priorité ? …
Pisa révèle le caractère extrêmement inégalitaire de notre système. Satisfaisant pour les enfants de cadres et d'enseignants, dramatiquement pénalisant pour les classes moyennes et ouvrières. La véritable contre-performance de la France se situe là. Et tout le monde, haut fonctionnaires, recteurs, inspecteurs, ministres et anciens ministres, le sait

L'enquête Pisa a longtemps été décriée par les gouvernements français successifs. Ils l'accusaient de ne pas prendre en compte les spécificités locales, d'être trop "anglo-saxonne". Mais nous vivons aujourd'hui dans un espace mondialisé…
… Pisa a par exemple montré que la qualité des enseignants était un élément clé pour expliquer la qualité d'un système éducatif. Donc qu'il fallait plus investir dans leur formation. C'est ce qui est fait actuellement dans notre pays. Mais il ne s'agissait pas seulement d'une préconisation de l'OCDE...

Il y a certes plusieurs axes d'appréciation possibles des résultats de PISA, mais il serait pour le moins étonnant que le Conseil supérieur des programmes ne se saisisse pas au premier chef de la question des différences de résultats scolaires selon l'origine socioculturelle des élèves (plus ou moins inégaux selon les pays) pour apprécier la position de la France et les défis prioritaires à relever.
La France, dit-on souvent (et on a raison de le dire) est l’un des seuls pays où l’égalité est explicitement une mission pour l’Ecole. Sans doute. Mais la France est aussi l’un des pays où les résultats des élèves à leur sortie de l’école obligatoire sont les plus dépendants de leurs origines socioculturelles, et les plus inégalitaires...

ce n’est pas aux élèves français que Pisa attribue une mauvaise place dans le classement, ni à leurs enseignants, c’est à un discours et des politiques éducatives qui n’ont pas été à la hauteur. Pour parvenir à redresser l’école française, il faudra que les politiques et les citoyens s’accordent sur des objectifs, les placent au centre et tiennent leurs priorités dans le temps. Mais quand on connaît l’histoire du débat éducatif dans notre pays, on ne peut pas dire que cette conclusion soit vraiment optimiste.

Une autre école ?
pour, dans, une autre société ?
«Possible» ?
    On peut aussi faire pire : 
c’est en cours. 
Ou apparemment, autrement,
moins pire :  on en cause ...
dans les colloques;
on cherche, chez les chercheurs;
on expertise chez les experts;
on calcule chez les stratèges : comment faire la même chose, 
ou pire,
en innovant sans rien changer ?


"une autre école
est-elle possible ?"
Nous sommes tous
ministres de l'éducation.

... une école alternative ?
... pour une société alternative ?
Qui n'en veut ?























Petit pont massacreur, jeu de la tomate, rêve bleu, rêve indien, jeu du cosmos , jeu de la grenouille ...
90 "jeux de la mort" recensés,
dont le tristement célèbre
"jeu du foulard"
(nombreux accidents et 10 morts/an) :
le "mortifère est entré dans l'univers
du divertissement infantile"
amputez les enfants-adolescents du pouvoir qui leur revient dans l'Institution scolaire
- qui leur revient, du fait qu'ils y sont indispensables -
et, en les coupant de la réalité extérieure, en les renvoyant à leur seul monde intérieur,
vous les désocialisez, c'est-à-dire que vous les névrotisez.
DES ECOLES DIFFERENTESune école différente pour TOUS
Contre les armes d'instruction massive ...
... l'ennui, l'échec et les violences scolaires :
connaître, soutenir les pédagogies "actives" en France,
et leurs écoles "alternatives".
COUSINET - DECROLY - FREINET - HOLT
MONTESSORI - NEILL - OURY - STEINER ...
UNE ÉCOLE DIFFÉRENTE :

ÉDUQUER AUTREMENT... ENSEIGNER AUTREMENT...VIVRE AUTREMENT ?
"montrer que prendre le risque de faire l'école autrement
n'en est pas un. 
C'est en effet, prendre un bien plus grand risque encore,
parce qu'il s'agit d'enfants, 
de continuer à appliquer des méthodes 
dont on connaît les limites et la nocivité."
DES ÉCOLES, 
DES COLLÈGES et DES LYCÉES DIFFÉRENTS
LE guide-annuaire
LE GUIDE ANNUAIRE DES ECOLES DIFFERENTES
inclus : 1 an
ou 2 ans de Mises à Jour
(modifications, projets d'ouvertures d'écoles,
publiques ou privées)
COMMANDE POSTALE
Commande express sécurisée
expédition express & "suivie":
Délai habituel de livraison toutes destinations (France): 24 heures 
Trente éditions plus tard, l'échec scolaire est devenu un fait de société,
et il commence même à se dire,
timidement mais publiquement,
qu'il s'agit en fait d'échec de l'école, 
plus que de l'écolier.
Quant à l'idée d'"écoles différentes", et à ce qu'elle induit en termes de réflexion et de choix le plus en amont possible, comme en termes de pratiques et de cohérence, 
c'est une autre affaire !
Rapports, statistiques et colloques ont abouti à un diagnostic : 
notre très vieux système scolaire est inadapté aux exigences d'une société post-industrielle. 
Et depuis toujours à la nature, aux rythmes, aux besoins et aux capacités des enfants.
C'est-à-dire aux exigences d'une société ... humaine.

Lorsqu'un enfant/ado s'ennuie, décroche, 
se décourage, se révolte,

il n'est jamais trop tôt pour rassembler
le maximum d'informations
(... et non de "pubs" ! )
pour faire, à temps, le meilleur choix :
changer l'école ou ... changer d'école !
"CHANGER D'ÉCOLE ?
ou CHANGER L'ÉCOLE" ?
... "REFONDER" ?

Une "refondation" ?
Pour-de-vrai-sans-déc. ?
Bigre.
 

Enrayer la chute ?
Le co-pilote dépressif enfermé, enclenchant la descente qui va condamner 150 êtres humains à la mort …
Qui sont les pilotes qui hantent les salles de marchés, les clubs internationaux à 100 smics de cotisation, qui font construire le yacht qui sortira trois jours en mer dans l’année mais qui aura 10 mètres de plus que celui du rival, qui spéculent sur la faim de centaines de millions d’êtres humains en jouant sur les marchés des céréales à la bourse de Chicago, qui laissent les pauvres de la planète s’entretuer au nom de religions diverses et souvent à l’intérieur de la même religion, qui créent un septième et un huitième continents de détritus, déchets et ordures au milieu des océans, qui laissent – voire ordonnent de – torturer en divers camps et prisons, «secrètes» ou pas, qui chassent l’homme et l’enfant en bateaux de réfugiés en perdition ou camps de rétention aux marches des «démocraties», qui raclent les fonds des mers et fracturent les tréfonds des terres, qui s’acharnent à détruire ce qu’il reste des ressources de la planète à la recherche éperdue de la moindre miette de profit à arracher au concurrent ? …


D’école il n’a qu’à peine été question. «L’école et la laïcité  (…) seront au coeur de l’action de mon gouvernement».
Un  propos incantatoire qui prouve exactement l’inverse de ce qui est dit: l’école sera bien évidemment à la périphérie de l’action de ce gouvernement. Et la défaite politique dudit gouvernement conforte un peu plus cette intuition. Une fois de plus, les échéances électorales vont polluer le temps et les enjeux éducatifs. Rappelons que la ministre Najat Vallaud Belkacem a jusqu’au 10 avril pour négocier avec les organisations syndicales une réforme importante, celle du collège que l’on tente en vain de mettre à l’agenda politique depuis 15 ans…

Classe unique - petites écoles - accueil des moins de 5 ans ...
Le point sur les recours au Tribunal administratif :
("Ecole & Territoire")
2015
06 mars : Audience devant le Conseil d'Etat. Le ministère fait appel devant le conseil d'Etat pour demander l'annulation des arrêts de la cour administrative de Marseille nous donnant raison contre l'inspecteur du 04 qui refusait de donner les dérogations aux élèves de moins de 5 ans dans les classes uniques qu'il avait l'intention de fermer (voir 2012). Gagné.
C'est une décision très importante pour l'ensemble des maires de petites communes ayant encore une école à classe unique.
La décision n°365663 du 18 mars 2015, sera publiée dans la jurisprudence du site du Conseil d'Etat et celle de "Légifrance".
2014
14 août : audience en référé au TA de Pau contre la fermeture d'une classe maternelle à Soulom (65). Perdu
04 août : audience en référé au TA de Limoges contre la fermeture de l'école maternelle de Fléré la rivière (36). Perdu...
     [ Conseil d’Etat -18 mars 2015 - Moins de 5 ans en classe unique ]
Depuis trente-cinq ans, les décideurs politiques et les partenaires sociaux n’ont opté que pour un enchevêtrement de dispositifs ciblés en fonction de critères d’âge, de statuts, de lieux d’habitation. Ceux-ci ont en grande partie échoué et la précarité est devenue la norme de l’entrée dans la vie active pour beaucoup de jeunes. L’âge moyen du premier CDI, signe de stabilité, se situe entre 28 et 29 ans, il était à 22 ans en 1992. Le diagnostic est connu depuis de nombreuses années

lorsqu'on en vient aux solutions qui pourraient être mises en oeuvre afin qu'elle remplisse sa "mission première de faire partager aux élèves les valeurs de la République", c'est pour constater que nombre de mesures et de dispositifs sont en place, parfois de très longue date, mais que cela ne suffit pas. Rien ne dit, en outre, que nous soyons collectivement d'accord sur les "valeurs" à transmettre, ni prêts à en déléguer la transmission à l'école.
Celle-ci est certes la matrice de la société, mais elle en est aussi le miroir

UMP et PS ont pourtant raison. Il faudrait évaluer. Il vaudrait mieux éviter de reproduire ce qui s’est passé avec la loi d’orientation de 1989, enterrée sans une larme et sans bilan sérieux, ou ce qui s’est passé avec les programmes intéressants de 2002, balayés d’un revers de main sans évaluation pour être remplacés par des programmes débiles en 2008. Encore faut-il se mettre d’accord sur ce que l’on évalue et comment.
Comment évaluer une prétendue refondation qui n’a jamais été précisément définie, jamais clairement distinguée de la réforme, de la réparation, du replâtrage, de la rénovation. Il serait plus facile aujourd’hui d’évaluer la continuité que la refondation

Le caractère "libre" du privé, largement théorique
Ici, la ressource privée peut être massivement mobilisée tout en continuant à profiter de la bienveillante protection de l'Etat. Le mécanisme est simple : l'offre scolaire présentant, de notoriété publique, un inégal accès aux filières les plus recherchées, ceux qui en ont les moyens les dépensent, afin de bénéficier du meilleur service pour leurs enfants. Domiciliation dans la "zone de chalandise" d'établissements recherchés. Investissement dans des activités parascolaires ou extrascolaires susceptibles d'offrir un avantage concurrentiel -cours particuliers, séjours linguistiques, etc. Recours à l'enseignement privé sous contrat (le hors-contrat demeure marginal).
Le tout sous couvert de méritocratie républicaine …
… Ce dispositif contribue depuis des décennies à entériner les positions sociales acquises à la naissance, ce qui serait peut-être moins choquant s'il ne prétendait pas l'inverse à longueur de discours…
La question est non pas de savoir si le libéralisme fera irruption dans le secteur éducatif, mais dans quel délai et avec quelle ampleur. ..



"Le-Collège-du-Secteur"
… les nouveaux secteurs devraient voir le jour à la rentrée 2016, en même temps que la réforme du collège.
Mais pour l’affectation des élèves au sein d’un secteur élargi, le ministère renvoie la balle aux acteurs locaux. A eux de déterminer qui ira où et sur quels critères.
Or, rien ne dit que ceux-ci oseront s’aventurer sur ce terrain glissant et que les élus prendront le risque de se mettre à dos une partie de leur électorat…
… le redécoupage des secteurs sera «l’un des chantiers des futurs conseils généraux, une fois les élections départementales passées».
Reste aussi la question des collèges privés. «Seront-ils intégrés dans la réflexion ? Se verront-ils imposer des contraintes de mixité ?, s’interroge Philippe Tournier, du SNPDEN. Si tel n’est pas le cas, les familles qui ne sont pas d’accord avec l’affectation de leur enfant pourront toujours quitter le public et se tourner vers le privé, et la mesure risque d’être un coup d’épée dans l’eau

L’avenir de l’éducation s’écrit ici en lettre « Capital »: c’est une évidence pour tous les intervenants, puisque « l’école publique ne fonctionne pas et que l’Etat ne peut pas tout », assure Dino Varkey, directeur de GEMS. Dans une sorte de confiance parfois béate dans la vertu du  marché, l’on nous explique ici que puisqu’une entreprise cherche la performance, elle seule peut créer les conditions de l’excellence dans le secteur éducatif
Il a manqué quelques experts français pour défendre notre modèle éducatif, laïc et gratuit, qui, il y a un siècle encore faisait figure de standard mondial. Ce temps-là est manifestement derrière nous…
le décrochage scolaire peut être très précoce et survenir bien avant l’adolescence. Certains enfants vivent douloureusement un « non-accrochage », et d’autres, un décrochage en tout début de leur parcours scolaire. Ces enfants, en raison de leur histoire personnelle, familiale, sociale, ne parviennent pas à s’inscrire dans les apprentissages de leur classe ou dans les liens sociaux nécessaires pour devenir des élèves….

les RASED ont été décimés par des fermetures massives de postes et par celle des Centres de formation. Entre 2008 et 2012, les équipes ont été disloquées, dispersées, 5000 postes en RASED étaient supprimés, à bas bruit, utilisés comme « variables d’ajustement » des budgets successifs de l’Education nationale. Les RASED ont connu une perte de 50% d’enseignants spécialisés…

… Le ministère de l’Education a publié fin février la carte par académie des CIO que l’Etat est prêt à garder… Et c’est catastrophique.
C’est-à-dire ?
Le ministère ne veut financer que 66 CIO parmi les 230 départementaux existants. Si en face, les conseils généraux décident de se désengager, vous mesurez le désastre. On ne peut pas rester sans rien faire, c’est insupportable pour ces milliers de jeunes, et moins jeunes d’ailleurs, qui n’auront plus personne vers qui se tourner. Et après, la ministre répète à tout va que la lutte contre le décrochage scolaire est une priorité ! ..



Heureux, mais inquiets. Déprimés, mais optimistes. Avides d'expériences, mais demandeurs de limites posées par les adultes... A lire l'étude publiée par l'Inserm ce jeudi, on a d'abord l'impression que les ados d'aujourd'hui ne sont pas très différents des ados d'hier: parfois bien dans leur peau, parfois, non. Mais cette enquête réalisée auprès de 15 235 jeunes de 13 à 18 ans permet aussi d'en savoir un peu plus …
… en 1993, les amis étaient les premiers interlocuteurs en cas de difficulté. Vingt ans plus tard, ils ne sont que le troisième recours évoqué par les adolescents, après l'isolement et la musique. ..
… les tentatives de suicide des adolescents sont en hausse: 7,8% des jeunes de 2013 en ont déjà fait une, contre 6,5% en 1993. 
Quand à la dépression, elle touche inégalement suivant le sexe: 16,8% des filles sont concernées, et 7% des garçons…
… hausse de l'échec scolaire, du décrochage, du harcèlement, de la violence à l'école...
Des professionnels qui s'inquiètent de l'omniprésence des écrans dans la vie des ados, qui compliqueraient les apprentissages, par désinvestissement de l'imaginaire et des mots au profit des images "clés en mains"…

[ Enquête épidémiologique « Portraits d’adolescents »INSERM – pdf ]

les pédagogies et les comportements attendus des élèves à l’école élémentaire sont très différentes de celles du collège:
« Les élèves qui nous arrivent ne sont pas incompétents mais il faut mesurer à quel point le changement est radical pour eux! En élémentaire, ils peuvent avoir le droit de se lever, d’intervenir plus librement. Finalement ils sont plus autonomes qu’au collège où on attend d’eux qu’ils soient plus statiques et silencieux. »…
… les programmes, les cours, les manuels pourraient aussi être directement plus explicites et demander moins de décodage! Et sans doute faudrait-il tout simplement adapter davantage l’enseignement aux enseignés que l’inverse. Cette mesure est donc aussi, en même temps qu'une amélioration notable, un aveu d'échec. ..

"Le-Collège": Réforme ? Refondation ?
… sur les intentions de la ministre de l’éducation nationale comme sur les réserves syndicales,
tout – ou presque – a déjà été dit. Interdisciplinarité, souplesse et autonomie sont les maîtres mots d’une réforme qui, sans entamer le dogme du « collège unique », cet idéal d’une formation commune offerte à toute une génération, doit permettre dès la rentrée 2016 de diversifier les enseignements en tenant compte des besoins des élèves, ici de leurs fragilités, là de leurs forces. Mettre en œuvre un collège unique mais pas uniforme…
…  «Révolution copernicienne», comme l’espère le SGEN-CFDT, ou «ravalement de l’existant», comme le redoute le SNPDEN (majoritaire parmi les chefs d’établissement) ?
La réponse est probablement entre les deux

Un nouveau découpage de la carte scolaire
Il doit introduire plus de mixité sociale dans les établissements. "Nous commençons par construire un outil diagnostic avec des chercheurs, dont Agnès Van Zanten et Eric Morin", a précisé la ministre. L’école privée sous contrat devrait être "mise dans la boucle", une formule de la ministre suffisamment vague pour ne pas soulever de mécontentement prématuré. On se demande comment la ministre, malgré toute sa bonne volonté, pourra faire avaler la pilule aux familles qui se verraient brutalement rattachées à un collège difficile...

… Pour ces trois raisons, la réforme qui sera présentée mercredi par la ministre ne prendra pas ces risques: sans rouvrir le dossier de la carte scolaire, sans allouer des moyens en fonction de critères de mixité, et sans décréter l’autonomie des établissements – et pas simplement l’autonomie pédagogique des enseignants-, il serait illusoire de prétendre sortir du statu quo dans lequel s’enlisent des générations de collégiens…

Le collège: branle-bas et bis repetita?
… le dégagement envisagé semble-t-il par la ministre de l'Education nationale de trois heures hebdomadaires disciplinaires (à l'instar des ''10%''), ne concerne cette fois ci que les collèges (mais pas les lycées), et selon des attendus plutôt renouvelés comme on peut le voir dans son intervention devant  la Commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale du 28 janvier 2015…
en organisant le temps de façon plus libre. Une plus grande place sera laissée au travail en commun, au travail par projets, à l’interdisciplinarité. La réforme des collèges donnera à cet effet une grande autonomie aux établissements et une grande liberté pédagogique aux équipes enseignantes, avec l’introduction d’enseignements complémentaires où plusieurs disciplines pourront se croiser afin d’être plus parlantes pour les élèves, de les amener à comprendre des concepts à partir d’un projet concret sur lequel ils auront travaillé avec plusieurs enseignants »

Nous dormons une heure et demie de moins aujourd'hui par rapport à ce qui était mesuré il y a quatre-vingts ans. Une étude publiée le 2 mars par le réseau Morphée a mis en évidence qu'en consultant les écrans tard le soir, voire pendant la nuit, les adolescents français se coupaient de leurs besoins en sommeil.

Pour 30% des répondants, le lever est extrêmement difficile, le matin, les jours de cours (note de 9 ou 10 sur une échelle de 10). Cela va de pair avec un coucher  de plus en plus tardif et une privation de sommeil pour 27% des ados (il leur manque au moins 2 heures de sommeil en période d’école, par rapport aux vacances ou aux jours de repos). On observe donc un empiètement de l’activité de plus en plus important sur le temps de sommeil, pourtant indispensable pour pouvoir récupérer et être efficace le lendemain. Cela est particulièrement préjudiciable à cette période de la vie où la personnalité se construit et où les apprentissages se mettent en place…
Autre chiffre marquant, 23% des collégiens interrogés sont somnolents ou s’endorment en classe : c’est énorme!



"Les-Rythmes"
… La loi d’orientation du 14 juillet 1989 fixe pour objectif le rééquilibrage de la journée, de la semaine et de l’année. En juin 1989, le Conseil supérieur de l’éducation adopte à la quasi-unanimité un calendrier triennal fondé sur cette fameuse alternance « 7/2 ». Une fois encore, le progrès ne dure guère : en février 1991, après des bouchons terribles au retour des congés d’hiver, le premier ministre de l’époque, Michel Rocard, se prononce publiquement pour un retour aux trois zones, allant jusqu’à suggérer qu’on pourrait de nouveau étaler les congés d’été (comme en 1980, avec des départs échelonnés en juin-juillet). Les lobbys touristiques s’engouffrent dans la brèche. Le 28 mars 1991, la France en revient aux trois zones, même si 56 des 62 membres du Conseil supérieur de l’éducation quittent la salle au moment du vote…

… Et oui, la France et son école vivent sous le régime des vacances à deux vitesses: d’un côté ceux qui peuvent partir ou envoyer leurs enfants se mettre au vert, ces jolies familles avec des grands-parents dans des maisons à la campagne, de l’autre les enfants qui passent des vacances entre le centre de loisirs (jusqu'au CM2) et chez eux, ce qui est souvent fort sympathique, mais a moins le goût des vacances …
… Personne, au Snes ou au Ministère de l’éducation ne peut imaginer que les vacances d’été sont trop longues pour des enfants dont les parents ont cinq semaines de congés par ans? Trop longues pour les enfants qui ne partent pas? Que ces moments ne sont pas mis à profit, vraiment pas, par tous de la même façon?
Les ministres successifs ne cessent de déplorer le fait que l’école française perpétue les inégalités sociales…
… Que ce calendrier de l'Éducation nationale soit pensé dans l’intérêt de deux catégories d’adultes: les enseignants et les professionnels du tourisme relève du pur et simple double discours de sa part.



"La-Fessée"
«c'est très très massif et clair, affirme Jérôme Fourquet, directeur du département opinion publique à l'Ifop. Sept Français sur dix ne veulent pas que la loi interdise la fessée.» Il y voit deux explications principales: «Les Français accordent sans doute à la fessée un certain nombre de vertus pédagogiques, détaille-t-il, et ils trouvent incongrue cette injonction européenne, alors qu'il y a par exemple des failles béantes sur la question de la délinquance des mineurs.» Autre élément sur ce score sans appel: «La part des tout à fait favorables à l'interdiction s'élève à 7 %, insiste-t-il. Tandis que les tout à fait opposés sont 27 %.»
33 % des femmes sont favorables à l'interdiction, contre 27 % des hommes
Le consensus existe chez tous les partis politiques, même si
[ Les Français et l’interdiction des châtiments corporels envers les enfantsIFOP – Figaro – mars 2015 ]
 

la plupart des Français ont reçu des corrections de leurs parents, en ont donné, et la très grande majorité (80 % selon les derniers baromètres), sont hostiles à une interdiction. Certains observateurs craignent qu’une loi bannissant les châtiments corporels ne sape l’autorité des parents à un moment où celle-ci est déjà mise à mal.
Une loi poserait en outre des problèmes concrets d’application. Et ne prendrait pas en compte les violences psychologiques, sur lesquelles il est impossible de légiférer…
… Le Conseil de l’Europe incite depuis plusieurs années ses Etats membres à bannir les châtiments corporels envers les enfants. 27 des 47 pays membres ont adopté une législation en ce sens. La justice française de son côté punit les violences éducatives mais tolère un «droit de correction», à condition que cette correction soit légère et qu’elle ait un but éducatif.

Si l'idée d'une loi fait aujourd'hui son chemin, la France a longtemps contemplé avec amusement les expérimentations scandinaves en la matière. En 1979, date de la toute première loi anti-fessée au monde, on pouvait lire dans "L'Express" un article intitulé : "Ils sont fous ces Suédois":
Une loi sur la fessée ! Quand la France a appris ça, elle s'est tapé sur les cuissestout en grinçant des dents. Comment conformer les générations successives au juste modèle des pères, si ces derniers n'ont plus le droit de retrousser leurs manches? Bref, les Suédois font, plus que jamais, figure d'épouvantail aux yeux de la tradition latine."

La perception du rôle de l’école :

L’école devrait donner avant tout le sens de la discipline et de l’effort : 64 %
L’école devrait former avant tout des gens à l’esprit éveillé et critique : 35 %
Ne se prononcent pas : 1 %
(tableau 47/71)
[ Opinionway - Cevipof - 26 février 2015 ]
quand vous pensez à la politique, à quoi pensez-vous d'abord ?
- méfiance : 40% / - dégoût : 25%/ - intérêt : 12%/ - ennui : 11% / etc (tableau 54/71)
la France de "l’après-Charlie" est une France du repli.
Inquiète, méfiante, angoissée. Une société de défiance,
plus encore qu’elle ne l’était fin décembre 2014…

1) Les Français très sévères sur l’éducation des enfants d’aujourd’hui
2) L’école continue de très fortement diviser les Français
3) Les Français très sévères sur la réforme des rythmes scolaires et très hostiles à l’abandon des notes
4) L’histoire-géographie, matière préférée des Français ...
[ Sondage BVA-Doméo-Presse régionale – février 2015 ]
 
août 1999 - "Plus spectaculaire, enfin, est le renversement observé sur le rôle de  l'école
dans l'enquête déjà citée du Cecop et de la Sofres.
Pour 61 %  des Français (+ 10 points depuis 1995), l'école doit en priorité
donner le sens de la discipline et de l'effort,
 contre 36 % qui pensent qu'elle doit avant tout former 
des esprits éveillés et critiques. (...).
Extrait
du COMPTE-RENDU de la
RÉUNION DU COMITÉ DE SOUTIEN au 
Lycée Expérimental de Saint-Nazaire
(février 2015)

"Rappel historique de la création du lycée par son co-fondateur, André Daniel:
/.../  La cuisine, inexistante lors du démarrage, est née de l' idée d'un élève. Il pose la question de la prise de décisions.
 Tout mode de fonctionnement du Lycée Expérimental mis en cause par un élément extérieur doit être refusé.
 Entre les origines et l'époque actuelle, il y a eu la décentralisation, ce qui en résulte est que le Ministère de l' Education Nationale ne veuille plus s'en occuper. /.../ "

Adhérer, être informés, soutenir :
                        comitesoutien-lxp@orange.fr


Les pages Facebook qui annonçaient en français, anglais et espagnol la tenue de cet événement — événement soutenu l'an dernier par 145 000 francophones — ont déjà été supprimées par les gardiens du réseau.
«Une journée de réflexion sur Facebook, ça ne peut qu'avoir du bon», lance à l'autre bout du fil Julie Van der Kar, porte-parole de la campagne «Facebook te fiche» lancée dans le monde depuis la Belgique pour sensibiliser les internautes à l'impact de ce réseau sur leur vie privée.

Paris, XVIème arrondissement. Là où tout le monde croit que la sécurité n'est pas un problème, là où tout le monde pense confier ses enfants à de "bons" établissements privés catholiques, réside en vérité un véritable climat de haine. Coups, menaces, violation de ma vie privée, diffamation, moqueries, humiliations, exclusion …
À force, je n'avais plus une heure de répit, ils m'insultaient en cours, discrètement afin que les professeurs ne les entendent pas. De plus, Facebook était devenu une plateforme d'humiliations…
Plus d’un milliard de jeunes dans le monde sont menacés par des troubles auditifs parce qu’ils écoutent de la musique trop forte, a averti vendredi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le niveau sonore dans les concerts et boîtes de nuit est souvent trop élevé, de même que le volume dans les écouteurs des appareils audio et autres smartphones. Selon des données recueillies par l’OMS, environ 50% des jeunes entre 12 et 35 ans des pays à haut et moyen revenus sont exposés à des niveaux sonores trop élevés…
…Les adolescents doivent réduire le volume de leurs appareils audio et smartphones, ne pas les utiliser plus d’une heure par jour, mettre des bouchons dans les oreilles dans les locaux bruyants et faire des pauses…

Le problème est que les gens qui décident de l'action publique dans ce pays n'écoutent pas les jeunes, même quand il s'agit de prendre des décisions les concernant. 
Un exemple. Récemment, j'ai participé à une consultation au ministère de la Jeunesse sur les jeunes et Internet. Il y avait des représentants du ministère, de la Police, des acteurs de la Jeunesse... mais pas de jeunes! Le sujet: "Les jeunes et les réseaux sociaux". Résultat, l'essentiel de la discussion a tourné autour des dangers liés aux réseaux sociaux, des risques d'embrigadements, etc. Et mes interlocuteurs parlaient beaucoup de Facebook ou Twitter, mais …
  Pouce !



"La-Cantine"
… Entre février 2005 et février 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 83%, enregistrant des hausses records de 191% pour des denrées de base comme le blé. Ces violentes fluctuations des prix touchent sévèrement les ménages les plus pauvres des pays du Sud, qui peuvent consacrer jusqu’à 75% de leur budget à l’alimentation…
«Ces activités toxiques mettent en péril le droit à l’alimentation de centaines de millions de personnes», explique Clara Jamart, auteure de l’étude pour Oxfam France. «La spéculation galopante sur les marchés dérivés de matières premières agricoles aggrave la volatilité des prix alimentaires, et prive les populations les plus pauvres de l’accès aux denrée alimentaires de base».
... les résultats de cette nouvelle étude démontrent que trois groupes bancaires français proposent toujours à leurs clients des outils permettant de spéculer sur les prix des matières premières agricoles[ rapport "Les banques françaises spéculent-elles toujours sur la faim"FEVR. 2015 ]
"La-Laïcité-Vivre-Ensemble-L'Esprit-du-11-01-Etc..."

… Quand on voit les enquêtes PISA et le triste record de la France, où l’origine sociale joue le plus dans l’accès au diplôme ! Que l’école tienne ses promesses ! Tout cela me rappelle le "plus jamais ça" après les émeutes de banlieue de 2005, qui n’a débouché sur rien….
On nous rebat aussi les oreilles avec le "vivre ensemble". Mais on pourra demander à l’école ce qu’on voudra, tant qu’il n’y aura pas une réelle politique de mixité sociale —  une problématique complexe qui dépasse l’école — menée au niveau de la nation, on n’y arrivera pas. Le vivre ensemble, c’est très concret.
Mais qui veut vivre avec ces jeunes ? Qui veut habiter ces quartiers ?
… Pratiquement la moitié de ceux qui deviennent enseignants ont leur premier poste dans un établissement difficile. La plupart sont issus des classes moyennes et n’ont guère été formés pour affronter la situation dans laquelle ils/elles (2/3 sont des femmes) sont mis. C’est un véritable choc culturel. Le résultat est, d’une part, un fort taux d’absentéisme, d’autre part, le fait que les professeurs, personne ne peut leur en faire grief, demandent leur mutation dès qu’ils le peuvent. D’où un manque criant de stabilité des équipes éducatives dans les lieux qui en auraient le plus besoin. Ne nous étonnons pas si, parfois, ce choc culturel aboutit à une apparence de choc des civilisations. Ce choc est socialement construit.

D’autant plus que la République et l’éducation nationale consacrent plus de moyens pour des élèves de milieux favorisés que pour ceux de quartiers populaires. On sait que les professeurs des classes préparatoires, choisis par l’Inspection, disposent d’un horaire nettement allégé, ce qui leur permet d’effectuer un accompagnement quasi individuel des élèves, payé en heures supplémentaires.  Je n’insiste pas

"Les-Notes"
… Pourquoi Najat Vallaud Belkacem a t-elle été si prompte à réagir ? pourquoi n'a-t-elle pas attendu le mois d'avril comme prévu pour faire part de ses décisions sur le sujet de l'évaluation au même moment que les annonces sur la réforme du brevet et celle du collège ? 
A deux ans des élections présidentielles, le mot d'ordre est "pas de vagues". Par ailleurs, Najat Vallaud Belkacem n'allait pas prendre le risque de contredire le président de la République qui le 21 janvier avait bien précisé que l'école devait continuer à noter…
… Et si on travaillait sur les appréciations ? si l'on exigeait des profs d'écrire systématiquement des appréciations détaillées, juste autre chose que "nul", " bien", "quelques efforts", "leçon mal apprise", ou "décidément trop paresseux"...
Chiche?

« Forcément, les notes, il y est attaché. Hollande est un pur produit de la notation et du tri sélectif.» Si le système de notation suscite de tels débats passionnés, juge-t-il, c’est parce qu’il traduit la conception politique du système éducatif et de la société même. «C’est cela qui se joue aujourd’hui, et la ministre vient de répondre : circulez, y a rien à voir

… le storytelling ambiant nous assure que le Président de la république et son Premier ministre n’ont pas souhaité, un mois après les événements de janvier, remettre en cause l’autorité des professeurs en supprimant les notes
… Malaise en feuilletant ces photos de jeunes gens pâlots alanguis comme dans un film de Visconti dans un salon de l’Elysée. Ce cliché a un effet dévastateur. Au delà de l’erreur de communication -quelques semaines après les attentats de janvier…- il désamorce de façon définitive tout discours sur  la réussite pour tous, l’égalité des chances, l’école républicaine etc. En regardant ces jeunes énarques «nés du bon côté du périphérique» mis en scène de façon très provocante, on ne peut croire que le pouvoir en place ait la moindre volonté d’amener le plus grand nombre à réussir. Et encore moins que ce gouvernement n’ait eu un instant l’intention de modifier le système qui a façonné cette jeune «garde» : des notes, des notes et encore des notes.


"Les-Rythmes"
74% des professeurs des écoles estiment que l'organisation des rythmes scolaires du décret Hamon ont un impact négatif sur les élèves.
Ils ne sont que 4% à juger que cette réforme a un impact positif.
Le périscolaire (activités sportives, culturelles, artistiques) est jugé "très inégal d'une ville à l'autre", parfois "sans locaux adaptés", "bruyant" ou "même synonyme de garderie". C'est en maternelle que les critiques sont "les plus vives" : sieste insuffisante, enfants désorientés par "les différents temps morcelant la journée"...
les enseignants sont 79% à demander une nouvelle organisation des horaires à l'école, 70% à vouloir supprimer les activités pédagogiques complémentaires et 70% à considérer qu'il faut repenser l'organisation et le contenu du temps d'activité périscolaire…
… Et comme les effectifs restent aussi chargés, comme les programmes scolaires toujours aussi lourds n’ont pas encore changé, seuls 9% des enseignants constatent un effet bénéfique sur les apprentissages
existe-t-il un dopage légalisé pour les enfants ? Loin de prendre en compte l’histoire et la singularité de chaque élève, l’école est-elle devenue un agent d’homogénéisation et de répression des jeunes jugés "différents" ? Cette drogue de l’obéissance ne serait-elle pas utilisée comme une "méthode pédagogique" perverse ? Qu’est-ce que cela signifie ? Et pourquoi n’y a-t-il pas dans l’ensemble de la société un grand débat sur le sujet ? ..

… Nous aurons des campagnes de promotion de la maladie financées par les laboratoires pharmaceutiques  qui entraîneront un surdiagnostic et un surdépistage, comme ça s’est passé aux Etats-Unis, englobant sans distinction tous les comportements perturbateurs des enfants et des adolescents, puis étendu aux adultes distraits ne sachant pas s’organiser, instables et en difficulté d’insertion sociale. Autrement dit: beaucoup de gens.
Une grande partie sera diagnostiquée hyperactif à tort …
… Ce médicament permet aussi de masquer les responsabilités politiques, sociales, pédagogiques, éducatives et familiales dans le malaise de certains enfants. Cette propagande mensongère est non fondée scientifiquement. Elle  prend des hypothèses spéculatives pour des faits.
Mais cela influence malheureusement les politiques publiques car cette propagande se fait passer pour scientifique, grâce à un lobbying très actif…


… En 2013, selon une enquête de la Depp (direction de l'évaluation de la prospective et de la performance) 18% des collégiens ont été insultés et humiliés sur internet. Mais en 2013 aussi il y a eu les suicides de Matteo et de Marion, 13 ans …
… La chute de résultats scolaires, la perte d'appétit, des changements de comportement, il faut guetter tout ça. Mais souvent, les parents ne voient rien. Parce que l'infernale mécanique du harcèlement s'appuie sur la honte. C'est pourquoi les profs ont un rôle à jouer

Le harcèlement touche un élève sur dix, soit plus d’un million de jeunes. Et il serait responsable de dizaines de morts d’adolescents chaque année. Le documentaire "Souffre-douleurs, ils se manifestent", d’Andrea Rawlins-Gaston et Laurent Follea, donne la parole aux victimes…
... La douleur brouille la voix de Raphaël lorsqu’il raconte la journée fatale où il n’a pas su rassurer son fils Matteo, 13 ans, dont on se moquait parce qu’il était roux : ""Ton père, il a la bite rouillée"… Raphaël n’a pas eu le temps d’en reparler avec son fils, de lui dire que son calvaire allait s’arrêter. Après une énième séance de coups, Matteo s’est pendu. Du chagrin à perpétuité pour Raphaël et sa femme Virginie. "Il faut nommer le harcèlement scolaire, martèle la réalisatrice. Il peut tuer. Les harceleurs ne se rendent pas toujours compte du mal qu’ils font, disent que c’est pour rire."…

"Souffre-douleurs, ils se manifestent", mardi 10 février, à 22h25, sur France 2. Suivi d’un débat, à 23h20, "Harcèlement, briser le silence".



… Ce travail au cœur même de l’école s’est fait, se fait, continuera à se faire bien longtemps après que les «je suis Charlie» auront disparu des profils et des balcons. Mais malgré cette forte mobilisation, et peut-être en partie à cause d’elle, l’école a été pour ainsi dire placée en position de coupable.
L’école, coupable idéale
En quelques jours, quelques heures presque, dès l’affaire des minutes de silence non respectées (dans 4 ou 5 % des établissements scolaires, peut-être, mais une place considérable conférée par la loupe médiatique), l’école s’est retrouvée au beau milieu de la place publique, pointée du doigt par la Cité entière : si elle ne peut faire respecter le silence, c’est qu’elle ne sait plus se faire respecter, qu’elle ne sait plus former de citoyens, qu’elle ne sait plus transmettre l’esprit et les valeurs de la République…
… si les élèves sont à ce point perméables à ces théories, à leur développement sur le web, c’est que l’école ne sait plus former de jugement critique, ne sait pas poser de garde-fou à l’usage d’Internet…
… Il semblait pourtant qu’une évaluation diagnostique de la situation aurait pu mener à des mesures dans des champs aussi variés que les affaires sociales, les affaires familiales, la politique de la ville et l’aménagement urbain, le logement, notamment social et la mixité urbaine, le chômage et l’insertion des jeunes, la prison, le suivi et la réinsertion des anciens prisonniers, l’intégration et l’inclusion, mais on n’a pas beaucoup entendu sur ce sujet les ministres de la Ville, de la Jeunesse, du Logement, de l’Egalité des territoires, des Affaires sociales, du Travail, de l’Emploi, de la formation professionnelle et du Dialogue Social…

"La-Cantine"
Même dans les aliments réputés sains, vitamines A et C, protéines, phosphore, calcium, fer et autres minéraux ou oligo-éléments ont été divisés par deux, par 25, voire par 100, en un demi-siècle.
Pour retrouver les qualités nutritionnelles d’un fruit ou d’un légume des années 50, il faudrait aujourd’hui en manger une demi-cagette ! ..
… quand nos grand-parents croquaient dans une transparente de Croncels, ils avalaient 400 mg de vitamine C, indispensable à la fabrication et à la réparation de la peau et des os. Aujourd’hui, les supermarchés nous proposent des bacs de Golden standardisées, qui ne nous apportent que 4 mg de vitamine C chacune. Soit cent fois moins…
… Il y a un demi-siècle, une seule orange couvrait la quasi-totalité de nos besoins quotidiens – les fameux AJR (apports journaliers recommandés) – en vitamine A. Aujourd’hui, il faudrait en manger 21 pour ingurgiter la même quantité de la précieuse vitamine. De même, une pêche des années 50 équivaut à 26 pêches aujourd’hui.


Si les mots des responsables politiques sont de plus en plus forts, c’est que la situation qu’ils dénoncent ne s’est guère améliorée depuis une trentaine d’années. Intégration, emploi, logement, éducation, laïcité… De nombreux chantiers laissés en jachère ont resurgi après les tueries de Charlie Hebdo, de Montrouge et du magasin juif de la porte de Vincennes…
… Depuis la fin des «trente glorieuses», on constate l’incapacité absolue des gouvernements successifs à endiguer le chômage, à corriger les échecs de la politique de la ville, à éviter l’effondrement du tissu urbain. Tout cela a touché d’abord les fractions les plus fragiles et les plus exclues de la population. Celles-ci sont très souvent issues de l’immigration, mais il ne s’agit pas d’un «problème d’immigration»
On s’expose à de fortes désillusions si l’on croit qu’il suffira de prêcher un catéchisme républicain pour résoudre les problèmes de la jeunesse. L’histoire de la République montre que la laïcité a toujours été un enjeu de luttes entre une conception disciplinaire et une conception ouverte, tournée vers l’émancipation des citoyens. Le refus du consensus, en particulier à l’adolescence, doit être géré dans la compréhension. Sinon on renforce les gens dans leur sentiment d’injustice…
C'est le prix du mètre carré 
qui fait la différence...
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers
souligne l'inégalité devant l'école
La carte scolaire et l'apartheid...
(septembre 2005)


… Tout ce qui veut redonner de la solennité à l'institution scolaire tient de l'incantation : valoriser l'hymne national, le drapeau, la devise république…tout cela est déjà recommandé, et se fait déjà… ou pas. Les chefs d'établissement ont le dernier mot dans ce domaine. Certains n'apprécient pas ces manifestations qui ont un fort relent de Troisième République. ..
L'essentiel est ailleurs. Plus urgent sont les volets "lutte contre l'échec scolaire" et "pour la mixité sociale à l'école". Rien de nouveau, pourtant…
Mais les annonces ne disent pas grand-chose du collège, ces quatre années de tous les dangers où beaucoup d'élèves fragiles dés-adhèrent des règles de la République. Suffira-t-il, comme le propose la ministre, d'introduire un peu plus de mixité sociale dans les collèges pour y développer une dynamique de réussite ? Compte-t-elle revoir la carte scolaire pour y parvenir ? On touche là au cœur du débat sur les valeurs de la république, mais les propositions de ce 22 janvier n'y répondent qu'à la marge.

Là, il faut profiter d’une émotion collective pour nous donner les moyens d’agir», assure François Dubet. Parmi les acteurs du monde éducatif, ces rodomontades sur l’école ont pourtant un parfum de déjà-vu. En 2005, les émeutes au cours desquelles plusieurs établissements scolaires avaient été pris pour cible avaient donné lieu à de grandes envolées lyriques sur le thème du tout pour l’école… Prélude à une décennie où l’institution a pourtant été saignée à blanc.
Le sentiment que la classe politique fait mine de redécouvrir les problèmes de l’école à l’occasion de telles circonstances agace aussi le monde enseignant…
… Autant dire qu’il y a peu d’espoir qu’un nouveau catéchisme républicain ait de quelconques effets sur un terrain scolaire aussi dégradé.
Point aveugle de la refondation de l’école lancée par Vincent Peillon en 2012, la mixité sociale à l’école, pour laquelle rien n’a été vraiment essayé hormis un retour à une plus stricte application de la carte scolaire, dont on sait à quel point elle n’empêche pas l'évitement scolaire et les phénomènes de ghettoïsation, a été renvoyée par Najat Vallaud-Belkacem à un « état des lieux » qui devra être réalisé au cours de l’année à venir…
Lequel donnera lieu sans aucun doute à un nouveau rapport...

… Comme le rappelle le Conseil national d’évaluation du système scolaire dans une note publiée ce 22 janvier, «plus les écoles sont ségréguées socialement et ethniquement, plus les problèmes de santé des jeunes, leur consommation de stupéfiants, les incivilités, les maternités précoces, l’intolérance vis-à-vis de l’étranger ou plus généralement de l’altérité, la difficulté à dialoguer et à travailler avec des jeunes de milieux sociaux et culturels différents… progressent. Les écoles ghettos créent de plus des dynamiques d’apprentissage négatives qu’éclairent aujourd’hui les statistiques scolaires». Ainsi, «les résultats scolaires des élèves issus de l’immigration se sont dégradés durant la dernière décennie et l’écart de performance entre les jeunes autochtones et les immigrés de la seconde génération est supérieur, en France, à celui observé dans les autres pays de l’OCDE», précise la note.
[ Apprentissage de la citoyenneté dans l’école française : un engagement fort dans les instructions officielles, une réalité de terrain en décalage -  CNESCO - Conseil National d’Evaluation du Système SCOlaire – 13 janvier 2015 ]


… «Je suis très frappé par beaucoup de discours que j’entends, sur la magie scolaire, comme si cette institution avait le pouvoir, à part tout le reste de la société, de créer les conditions pour que s’épanouisse un véritable esprit républicain !  Mais nous avons affaire à des jeunes qui n’ignorent pas que pour un grand nombre d’entre eux, ce qui les attend à la sortie de l’école, c’est le chômage ! Problème majeur. Nous avons affaire à une jeunesse sans perspective sociale. On peut difficilement attendre qu’ils aient une attitude enthousiaste et positive à l’égard d’une institution scolaire supposée les préparer à cet avenir».
«L’incantation ne fait du bien qu’à ceux qui la prononcent, ceux qui l’écoutent n’en retirent pas grand-chose ! Sortons des incantations ! C’est très bien de louer l’esprit républicain et la laïcité, mais il faut prendre le problème très concrètement : comment fait-on pénétrer cet esprit dans les établissements scolaires ? …
… Comment donner aux enseignants les moyens d’être des interfaces efficaces entre cette pression de l’information qui nous assaille de toutes parts avec ce qu’elle suppose de connaissances pour être déchiffrée, et des élèves très démunis et portés qui plus est à mettre systématiquement en doute la parole institutionnelle, d’autant plus que leur situation sociale les fait se sentir exclus de la société»…

… Mais voilà qu'avec la crise, avec la compétition sociale pour l'emploi, même ceux qui ont réussi à décrocher un CAP ou un BEP se retrouvent massivement au chômage. Eux sont 120.000, 17% d'une génération. Et au total, ce sont 200.000 jeunes chaque année, soit presque un tiers d'une génération, qui se trouvent peu ou prou exclus du monde du travail. Et qui sont ces "mauvais" élèves de notre école républicaine, elle qui prétend pratiquer l'égalité des chances, récompenser le "mérite" des uns et des autres sans distinction de naissance, sans privilèges ?
Ils sont massivement issus des milieux les plus modestes, comme le rappelle la sociologue Marie-Duru Bellat …
"J'ai traversé cette incroyable période d'angoisse quand votre ado rentre en classe de seconde. On est pris d'une telle fébrilité, plongé dans mille démarches, calculs, qu'on en oublie tout le reste

Le voisin avec qui nous partageons rues, structures publiques, écoles et lieux de travail était hier encore un lointain étranger. Une proximité déstabilisante, puisque nous ne savons pas à quoi nous attendre. Et, à l'inverse de ce qui se passe dans la dimension virtuelle et sur les réseaux "sociaux", il n'est pas possible de supprimer ou d'ignorer d'un clic des différences presque trop réelles, inconciliables avec notre point de vue. 
Les réponses que nous avons concoctées jusqu'ici se sont révélées un échec. Un multiculturalisme superficiel, une fascination pour la diversité ont envahi nos vies, qui se traduisent par un goût de la cuisine ethnique ou des festivals du dimanche, de simples flirts avec un brin d'exotisme. Des variantes du consumérisme mondial au temps de Facebook
… Nous vivons sur un terrain miné, sans pouvoir prévoir les prochaines déflagrations…

Une armée secrète de gentils pédagogues attend-elle que les écoles ferment pour permettre aux enfants des quartiers populaires de faire leur miel des pédagogies actives?
Les enfants, une fois les écoles fermées, se mettront tous à vouloir davantage apprendre?
Et bien sûr, tous les parents sauront se saisir de cette merveilleuse opportunité de devoir apprendre à lire, écrire, compter, raisonner à leurs enfants…
… Chaque privatisation, par définition, ouvre un marché.
Cela vaut pour les autoroutes autant que pour l’école.
La privatisation de l’éducation constituera une manne exceptionnelle pour le capitalisme.
C’est ainsi qu’il attend son heure, patiemment, et que nous allons assurément vers la généralisation d’un business de l’éducation, qui rend notre discussion déjà caduque…

…A l’évidence, on n’a pas tiré les leçons de l’abandon de la loi révolutionnaire de 1989. Pas une larme, même pas chez les auteurs de la loi et leurs amis. Et jamais la moindre référence à cette loi, comme si l’on en avait honte
… On n’a toujours pas compris en haut de la pyramide EDNAT, que hormis quelques héros et militants pédagogiques, le projet d’école et le socle sont dans les tiroirs, car il est impossible à un enseignant de mettre en œuvre un socle et une tonne de programmes disciplinaires juxtaposés, prioritaires, sauf à ne plus faire l’école et à ne faire que de la paperasse…
… On a dit à MM. Darcos et Chatel que tout allait bien, on leur a dit que tout le monde avait compris et appliquait : les 4 jours, les nouveaux vieux programmes de 2008, la formation remplacée par une vague animation, l’aide personnalisée (un scandale), les évaluations (une maladie), les feuilles de route, les contrats unilatéraux de progrès, les injonctions… On dit la même chose aux ministres de gauche. Il suffit de retourner une demi-manche de sa veste …


... Smartphones, iPad et iPod interdits. Les PDG du secteur des nouvelles technologies veillent jalousement sur leur progéniture en prenant soin de la protéger des sirènes numériques ...
"Vos enfants doivent adorer l'iPad " avais-je lancé à Steve Jobs, en essayant de changer de sujet. La première tablette d'Apple venait d'être lancée sur le marché. "Ils ne s'en sont pas servis, m'a-t-il répondu. Nous limitons l'utilisation de la technologie par les enfants à la maison."
Depuis lors, j'ai rencontré un certain nombre de PDG de la Silicon Valley qui m'ont tenu le même discours. Ils limitent strictement le temps d'écran de leurs enfants, interdisant souvent les gadgets électroniques les veilles d'école et fixant des limites très strictes les week-ends.
Ce mode d'éducation m'a laissé perplexe. La plupart des parents que je connais semblent adopter la stratégie inverse : ils laissent leurs enfants se plonger nuit et jour dans la lueur des tablettes, des smartphones et des ordinateurs. ..
... Si ceux qui évoluent hors de l'univers high-tech offrent des smartphones à leurs enfants dès l'âge de 8 ans, nombre de parents qui travaillent dans les nouvelles technologies attendent que leur enfant ait 14 ans. Et il existe une règle universelle parmi les parents high-tech que j'ai interrogés. "La règle numéro un, c'est: pas d'écrans dans la chambre. Un point c'est tout" .
"Les-Notes"

…Le débat est très clivant. Du coup, cette conférence présidée par le physicien Etienne Klein et qui formulera ses recommandations à la ministre en janvier a d'ores et déjà annoncée que l'idée de remplacer les notes ne ferait pas partie de ses recommandations. "La question du système de notation est un faux problème. Il n'y aura donc pas de suppression des notes. Par contre le jury recommandera "une évaluation plus riche", a t-il dit. Ouf. Grand soulagement au premier rang de la classe. L'annonce est une façon habile d'éteindre le début d'incendie et surtout d'éviter l'écueil de tomber une fois de plus dans un débat caricatural et stérile. Bien joué pour l'instant.
Le sujet néanmoins reste sur la table…

Le débat en cours sur les notes et leur éventuelle suppression suit la recette classique du bon débat bien ringard sur l'école qui se reproduit chaque fois qu'un nouveau sujet est mis sur la table. Nous vous fournissons la recette pour le reproduire à volonté …
… Il est plus compliqué de débattre sur comment améliorer l’école –par exemple en évaluant mieux pour faire progresser les élèves– que de lancer un débat «pour ou contre la suppression des notes». Donc optez pour le deuxième. Surtout quand on sait pertinemment que ces notes, elles, ne seront jamais totalement supprimées étant donné que le bac reste un examen noté et que le lycée vit dans l’attente du bac. Bref, c’est le tour de magie à appliquer au débat scolaire: un coup de baguette et toute réflexion devient opposition binaire.
On l’a vu avec le redoublement …
Où est le problème si la soupe est bonne, ou pas trop mauvaise pour ce que l'on croit être la majorité de nos concitoyens? A fortiori pour les enfants de journalistes et de politiques– à savoir ceux qui régissent les débats? Notre repère c’est notre école et celle de nos enfants… Et, nous qui prenons la plume ne sommes pas ceux qui avons rencontré de gros problèmes scolaires…

… Reste qu’à l’échelle des trente académies, la pression démographique, avec plus de 20000 enfants supplémentaires attendus sur les bancs de l’école, continuera d’absorber pratiquement la moitié des emplois dans le premier degré (1062 sur 2511). En collège et lycée, où 30000 élèves de plus sont prévus, le changement de cap reste difficile à discerner : la répartition des 2 528 emplois ne distingue pas les dotations au titre de la démographie de celles liée au contexte socio-économique…
On saura au printemps, à l’annonce des fermetures et ouvertures de classes, si le nouveau modèle, qui promeut la solidarité des territoires, est transposable de la théorie à la pratique. Une échéance qui s’annonce d’autant plus compliquée qu’auront lieu, dans le même temps, les élections territoriales…


l'école doit donner envie d'apprendre, apprendre à innover et à créer. Les auteurs américains évoquent les 4 C : créativité, communication, collaboration, (esprit) critique. Les traits de caractère font ainsi partie du champ de l'apprentissage, Poltov appelle ainsi à une école qui doit savoir nourrir la persévérance. Quand la recherche nous montre que 43 % des métiers d'aujourd'hui seront automatisés d'ici vingt ans, et que 65 % des actuels élèves de maternelle exerceront des métiers qui n'existent pas, on se dit que l'école doit préparer à l'incertitude

Pertes et gaspillage alimentaires
Chiffres clés : 179g/pers/repas (collège) – 200g/pers/repas (lycée);
moyenne 185g/pers/repas.
… données issues d’une campagne de pesées par l’association «De mon assiette à notre planète» menée dans 30 collèges en France (29 publics et en gestion directe et 1 privé en gestion concédée) ...

Aujourd’hui les pesticides sont partout : dans les sols, l’air, l’eau. La question de l’impact sur la santé humaine des cocktails de molécules dangereuses est posée. Sans même parler des insectes pollinisateurs qui disparaissent à grande vitesse, tandis qu’on épand toujours plus d’insecticides.
Est-il possible de restreindre la boulimie de substances chimiques dans un pays qui en est le plus gros consommateur de l’Union européenne ?..



Hors de lieux paradisiaques que les hiérarques s’empressent de montrer aux ministres en retournant provisoirement une manche de leur veste, on ne parle que de morosité, de doute, de découragement persistant, d’absence d’engagement, de souffrance au travail pour les enseignants et d’ennui terrible pour les élèves…
La succession de trois ministres pour un projet qui s’inscrit nécessairement dans la durée, et même si possible, dans un temps long qui n’est pas celui de l’électoralisme à court terme, a sans doute été un frein plutôt qu’un stimulus…
… L’intoxication de l’opinion publique pour laquelle la refondation n’a pas de sens en soi, persiste et s’aggrave avec l’accumulation d’annonces et avec la tendance à se laisser entraîner dans des débats secondaires qui n’ont que peu d’intérêt, mais qui permettent toujours d’éviter les problèmes. On a commencé fort avec le temps scolaire qui a complètement occulté les vrais enjeux de la refondation. La réduction de la journée scolaire n’a aucun rapport avec la refondation. On peut toujours modifier les horaires… Si on ne change pas les programmes, les contenus, les pratiques, les regards,
on ne changera rien

"Les-Rythmes-Scolaires"
… Cependant, devant l’impasse dans laquelle le Ministère de l’Education Nationale n’en finit pas de se fourvoyer, en toute indépendance et sans rechercher le moindre avantage personnel,
j’ai décidé de vous écrire une longue lettre, susceptible de vous apporter un éclairage sans fard sur la réforme des «rythmes scolaires», incroyablement bâclée. Pourtant, elle était une «pièce» maîtresse du projet de «refondation de l’école»
… S’agissant du développement et des rythmes biologiques de l’enfant-élève, il n’y a aucun expert au Ministère de l’Education Nationale… malgré les apparences…

   A défaut de "hussards", noirs, quelques "grognards", grognons ...
"REP-ZEP-Quartiers-Défavorisés"
… la ministre de l’Education a indiqué que les collèges concernés bénéficieraient d’une «clause de sauvegarde négociée avec chaque établissement, pour que le nombre d’enfants par classe reste bas, et une indemnité sera versée pendant trois ans aux enseignants [les profs en ZEP touchent une prime ndlr]»….
… Dans la mesure où les objectifs assignés à l’éducation prioritaire ne sont pas clairs, il est très difficile de tirer un bilan. En fait, tout dépend de ce qu’on attend d’une politique publique : qu’elle corrige des inégalités, ou qu’elle transforme le système ? La quantité ou la qualité ? Mais il est certain que les ZEP ont limité la casse par rapport à la dégradation socio-économique observée dans les bassins d’habitat où se trouvent certains établissements…

CAPE : Convention Académique de Priorité Educative. Retenez bien ce nouvel acronyme.
L’Education Nationale en est friande. Il est promis, comme les autres, a un brillant avenir d’au plus 3 ans. Il sera vite chassé par un autre, l’important est ici d’enrober un cache-misère dans un emballage sémantique donnant l’illusion du dynamisme

Définir des simples zones géographiques où le ministère donnait plus de moyens, comme c’était le cas dans les premières années, s'était avéré inefficace. L’effort a alors porté sur le développement d’une pédagogie différente, mieux adaptée, et sur le recrutement de professeurs volontaires…
… A y bien comprendre, c'est à la mesure du public accueilli que l'argent devrait être débloqué.Compte-tenu des disparités entre les centre-ville et leurs périphéries, cela promet de nouvelles manifestations. 


«Une politique dépourvue de tout ce qui la rend souhaitable», écrit Morozov. Plus spécifiquement, «des humains ayant perdu leur capacité innée de raisonnement moral », «des institutions culturelles moroses - si ce n'est moribondes»... Et surtout:
Un environnement social parfaitement contrôlé, qui rendrait toute contestation non seulement impossible, mais également inconcevable…
Le citoyen doit être visible, performant, contrôlable. Alors que les grandes entreprises maîtresses des data, le gouvernement et les institutions ne sont pas astreints à cette transparence…

… Il suffit généralement d’utiliser quotidiennement un smartphone pour prendre la mesure de ce que peut être l’addiction. Et il suffit d’observer le comportement compulsif des plus jeunes avec ces outils de communication pour se poser quelques sérieuses questions …
… L’analyse montre que l’usage du smartphone et le «texting-SMS» sont corrélés de manière négative aux critères de réussite scolaire. Ils sont en revanche corrélés de manière positive à l'anxiété. Or il est par ailleurs établi que statistiquement la réussite scolaire est inversement associée aux différentes manifestations de l'anxiété. Les résultats établissent ainsi, avec un fort degré de signification statistique, que l’augmentation de l’usage des smartphones est inversement proportionnelle au bien-être et aux performances universitaires

It’s complicated : the social lives of networked teens (disponible gratuitement en anglais, en attendant une traduction en français) veut expliquer aux parents ce que font concrètement leurs enfants sur Internet, s’attachant à démonter plusieurs fantasmes et à nuancer les risques les plus couramment évoqués (cyberaddiction, perte d’identité, disparition de leur vie privée, harcèlement, mauvaises rencontres).
It’s complicated, du nom d'un statut Facebook, illustre toutes les facettes de cette vie en ligne qu’ont ces adolescents aux yeux rivés sur leur smartphone



"Les-Rythmes"
«Le but est de montrer l'extrême difficulté des petites communes. L’État va baisser les dotations et ce sont les villes plus pauvres qui vont le prendre de plein fouet», a expliqué le maire EELV Michel Bourgain…
… la ville devrait perdre 750.000 euros de dotations de l’État d'ici 2017, presque 10% de son budget annuel.
A titre d'exemple, «cela représente un an de fonctionnement des centres de loisirs ou un mois de fermeture des services publics», a poursuivi l'édile, qui souhaite par son action «inciter les autres maires de France à protester».
Le collectif «Les plumé-e-s de l'austérité», composé d'élus et d'habitants de la ville, est à l'origine de plusieurs initiatives décalées et fait circuler actuellement une pétition.

Quelle que soit leur taille, la très grande majorité des communes (de 74% à 86%) déclare rencontrer des difficultés d'application de la réforme ou, pour celles qui la mettent en oeuvre en 2014-2015, anticiper de telles difficultés: dans l'ordre décroissant, problèmes de financement, de locaux, de personnel principalement.

… Critiqué par les maires, l'Etat va finalement prolonger le fonds d'amorçage de la réforme des rythmes scolaires dans son intégralité. Manuel Valls a annoncé mardi au Sénat que les aides de l'Etat seraient maintenues à leur "niveau actuel" pour toutes les communes. Il était prévu jusqu'ici de n'en conserver qu'une partie…
… Comme en 2014-2015, les mairies bénéficieront d'une aide de l'Etat de 50 euros par an et par élève (90 dans les Zones Ubraines Sensibles et Zones Rurales Revitalisées). Seule différence, elle sera versée à condition de mettre en oeuvre des activités périscolaires de "qualité"

"Les-ABCD"
… Des «ABCD de l’égalité» qui ne disent pas leur nom ? On ne nie pas, au ministère, avoir «conservé la partie la plus efficace» de l’expérimentation et chercher à mettre à profit l’expertise acquise, l’an dernier, par les enseignants des 250 écoles volontaires. Une maigre consolation pour des équipes souvent placées en première ligne, face aux campagnes lancées par la militante Farida Belghoul, que Mme Vallaud-Belkacem juge aujourd’hui «discréditée», ou les partisans de La Manif pour tous.
Reste le sentiment que, sans dispositif formalisé et volontariste, sans cadre imposé, la lutte contre les inégalités pourrait bien se diluer parmi les nombreuses autres missions de l’école.
Cela fait trente ans que le combat contre les préjugés sexistes est inscrit parmi les objectifs de l’institution, 
sans qu’il dépasse le stade de l’injonction

C’est une habitude à l’Education nationale: prendre des mesures qui font sens sur le papier, assez consensuelles en théorie, mais qui ne passent pas sur le terrain. En l’occurrence: modifier l’organisation de l’éducation prioritaire.
L’idée ne semblait pas poser problème lors des réflexions de la Refondation à l’été 2012…
… Aujourd’hui, l'éducation prioritaire englobe presque 20% des élèves français... avec un bilan disons, mitigé, puisque l’école française est désastreusement inégalitaire…
Reste une vraie interrogation: la péréquation doit-elle se faire entre les établissements défavorisés? Car certes on ne peut pas étendre l’éducation prioritaire à l’infini mais on pourrait aussi imaginer que les moyens, la répartition des postes (jeunes enseignants et professeurs expérimentés) soient pensés autrement. Comme le montrait la Cour des comptes en 2012, les élèves parisiens coûtent beaucoup plus cher que ceux du 93…

ce plan défait tout le système des Espé, les écoles supérieures du professorat, en envoyant en alternance les futurs profs dès l’obtention du Master 1 (sans attendre la fin du M2 comme c’est la règle depuis 2012). Vincent Peillon avait eu à cœur de « réparer » la formation enseignante, détricotée par la droite. De ce point de vue, on ne peut qu’être surpris qu’un gouvernement de gauche emprunte à la droite en renforçant l’apprentissage dans le parcours de formation des professeurs du 93…
On le voit bien : les totems de l’Education à la française, égalité entre les territoires, programmes, concours et formation nationaux, ne fonctionnent plus. Sans le vouloir (ou pas?), avec la Seine-Saint-Denis, Najat Vallaud- Belkacem a ouvert la voie à une territorialisation de l’éducation.

"Les-Décrochés"
…Dans le sud de la Sarthe, la plate-forme de suivi et d’appui des décrocheurs observe une accélération du phénomène en milieu rural
… Selon l’Insee, les garçons et les jeunes dont les parents sont peu diplômés sont les plus concernés. «En milieu rural, la faible ouverture culturelle et la pauvreté économique des parents ont un fort impact», ajoute Dominique Lehuta-Gelly. Or, s’il y a encore dix ans, les jeunes sans diplôme entraient directement sur le marché du travail,les portes des entreprises leur sont désormais fermées...

seuls 5 % des décrocheurs sont des enfants de cadres contre 48 % d'enfants d'ouvriers. Le niveau de vie influe sur le décrochage scolaire car 60 % des familles touchées déclarent n'avoir pas assez de revenus pour permettre aux enfants de poursuivre leurs études, relève l'Insee.
Le décrochage scolaire frappe davantage les familles nombreuses : plus d'un quart des élèves concernés (29 %) a plus de trois frères et sœurs. Leurs mères sont généralement peu diplômées, seules 15 % d'entre elles étant titulaires d'un baccalauréat.
Enfin, les élèves touchés ont souvent rencontré un «parcours de vie difficile»…
[ Les décrocheurs du système éducatif : de qui parle-t-on ?INSEE – pdf ]

"Après une classe prépa et un bac+5, j'ai travaillé dans un musée mais ensuite j'ai enchaîné les faux stages, un service civique, deux ans de chômage...Je cherchais un travail plus stable. C'est un ami enseignant qui m'a conseillé d'envoyer mon CV au rectorat de Créteil". Bonne pioche: Delphine reçoit très vite une réponse positive, puis le nom de la circonscription dans laquelle elle est affectée - "J'ai été recrutée par mail, sans jamais avoir eu une seule personne au téléphone". Pas de formation à la tenue de classe, juste un entretien avec l'inspectrice de sa circonscription, et zou: une semaine après la rentrée, Delphine débarque dans une école d'Aubervilliers, classée REP (Réseau d'éducation prioritaire), où l'attendent 25 élèves de CE2…
Le temps du quinquennat est court: chacun sait que devenir ministre à mi-mandat, après le vote d’une loi d’orientation, et alors que dans notre pays les budgets sont triannuels corsète de toutes façons l’action publique. Donc oui: « elle » ne fera pas de grandes réformes, parce que le temps politique ne lui laisse pas d’autre choix. Le temps médiatique lui a faim: alors donnons lui de la limitation du redoublement (pratiqué depuis des années et inscrit dans la dernière loi d’orientation), de la lutte contre le décrochage (relancé tous les 6 mois depuis 10 ans), ou du plan numérique (financé par les collectivités…ça n’engage à rien).
Cette situation ne laisse pas de susciter un certain malaise: journalistes spécialisés, politiques, cadres de l’administration, nous sommes dans le même bateau:
nous faisons tous semblant.

« Do schools kill creativity ? » (les écoles tuent-elles la créativité ?) : la question a été posée aux quelque 1800 participants de cette sixième édition du WISE, venus dune centaine de pays. Le résultat est sans appel : 66 % ont répondu par l’affirmative
« A 4 ans, un enfant pose une centaine de questions par jour. A 7 ans, il commence à comprendre qu’il vaut mieux savoir répondre aux questions plutôt que d’en poser. »
 
Si le budget de cette fastueuse opération reste un secret bien gardé - "de l'ordre de plusieurs millions d'euros" sait-on seulement -, 
la richissime Qatar Foundation semble ne pas compter 
pour organiser le sommet.
Elle a ainsi entièrement financé le déplacement de 400 personnes
"qui n’auraient pas pu venir autrement".
Se faire une place au soleil de la connaissance n'a pas de prix...
… François Hollande a annoncé pour la troisième fois, en l'amplifiant, un grand plan numérique pour l'Ecole. A l'instar de François Mitterrand, une trentaine d'années plus tôt, et lui aussi à la télévision…

… dans un éclair de lucidité ou un accès de sincérité, il reconnaît que «le pari n’est pas automatiquement gagné : l’objectif sera atteint si les nouvelles technologies sont intégrées dans la pédagogie; mais, pour l’instant, aucun pays n’a réalisé cette intégration».
 On connaît la suite

… les collectivités locales vont être sollicitées, les mairies pour les écoles et les conseils généraux pour les collèges étant en charge des infrastructures, du matériel et de la maintenance. On parle de 80% du financement par ce biais, on est curieux de voir la réaction des maires notamment, lesquels ont déjà eu du mal à avaler la pilule des nouveaux rythmes scolaires. Le ministère ne paraît pas inquiet sur ce sujet, et il est prévu de créer un fonds d’amorçage pour aider les collectivités locales à s’équiper, dans un premier temps, sur le modèle de ce qui s’est fait pour l’aménagement des rythmes scolaires, avec le succès que l’on sait : inégalités territoriales massives, communes refusant d’investir dans le périscolaire, parents d’élèves mis à contribution…

… François Hollande, lors de son intervention télévisée le 6 novembre, a annoncé la mise à disposition de tablettes numériques à l’attention de chaque collégien dès la classe de cinquième. Décision qui n’aurait fait l’objet d’aucune concertation préalable avec le corps enseignant, ni d’études d’impact menées sur la durée…
Jusqu’à quand et jusqu’où allons-nous accepter que quelques milliers de personnes dans le monde, principalement composées de dirigeants de groupes économiques et d’ingénieurs, infléchissent le cours individuel et collectif de nos existences, sans que des oppositions, des digues juridiques, ou des contre-pouvoirs ne se dressent ? Il s’agit d’un combat politique et citoyen majeur de notre temps 


… Car les tablettes sont principalement conçues pour «consommer» – lecture, visionnage de vidéos  – et moins pour «produire», car l'absence de clavier physique rend l'écriture de textes longs peu pratique sur ces supports. Fin 2013, le spécialiste de l'enseignement en ligne Donald Clark notait, dans un texte publié en France par Framasoft, que ni les élèves, ni les étudiants, ni les salariés ne se servent de cet outil spontanément pour apprendre ou travailler.
«Les tablettes sont faites pour consommer du contenu, les ordinateurs [portables] permettent la création de contenus.
Ce n'est pas parce que les choses sont belles …
… «Des tablettes propriétaires brident les outils et les contenus mobilisables par les enseignants. (...) Un inconvénient majeur des tablettes est la quasi impossibilité de les rendre interopérables.» Lors de la publication du rapport, plusieurs membres du Conseil avaient d'ailleurs fortement critiqué les plans d'équipement d'établissements scolaires en tablettes tactiles….

Entre les statuts Facebook, les tweets et les photos Instagram postées à longueur de journée, nous passons trop de temps, tête baissée, à scruter le petit écran de notre smartphone: en moyenne deux à quatre heures par jour, soit 700 à 1400 heures par an. Et nous martyrisons notre dos …
… chacun devrait au moins faire l’effort de regarder son smartphone en adoptant une meilleure position, et en évitant de passer des heures au quotidien penché sur ces appareils.

… Selon un récent sondage Pew Research, 91% des adultes américains pensent que les consommateurs ont perdu le contrôle de leurs données personnelles et n'ont aucun moyen de savoir ce que collectent exactement les entreprises et ce qu'elles en font. Plus précisément, 80% des usagers des réseaux sociaux se disent préoccupés par l'accès que peuvent avoir des tiers aux données qu'ils y partagent.
Et ils ont raison de se faire du souci parce que, voyez-vous, des erreurs sont toujours possibles. Il arrive que des serveurs se fassent pirater, que des informations tombent entre de mauvaises mains et que la NSA conçoive des backdoors…
… Mais ils vous jurent qu'ils ne s'en serviront qu'à des fins publicitaires. Parole de scout.

  Pouce !
60 000 postes pour l’école à l’horizon 2017. A la moitié du quinquennat, le ministère de l’éducation nationale reconnaît en avoir créé 3 856 dans l’enseignement public (2 906 dans le primaire et 950 en collèges et lycées).
Il s’agit là de vrais postes, d’emplois de titulaires, pérennes, à temps plein devant les élèves – quand l’essentiel des créations faites depuis 2012 concerne des stagiaires…
Or, depuis 2012, il n’y a pas de miracle. Le recrutement des stagiaires est savamment calibré pour compenser les départs en retraite des professeurs, à peine plus. La préoccupation n’est ni d’offrir des moyens d’enseignement sur le long terme aux 12,3 millions d’élèves ni de réellement transformer l’école primaire, comme promis. Il s’agit plus de jouer les artifices pour faire du chiffre sans grever les finances publiques que de réinventer une école capable d’enseigner à tous à lire, écrire et compter…
… L'éducation prioritaire comptera toujours un millier de réseaux (collèges et écoles de leur secteur), certains établissements entrant en ZEP et d'autres en sortant, un choix effectué par chaque académie suivant un indicateur social. De quoi faire redouter aux enseignants et parents des classes plus chargées et la perte de dispositifs de soutien des élèves.
D'autant que Paris fait partie des académies qui auront moins de réseaux, passant de 32 à 29…


… "Sur les 222 écoles que comporte le Lot en 2013, ce sont plus de 179 écoles qui sont concernées par la fermeture annoncée", assurent les opposants au projet. Francetv info revient sur cette menace, qui pourrait bien toucher d'autres départements ruraux…
"On n'en est plus à l'époque des hussards noirs de la République, où il fallait sortir les enfants des champs pour les ramener à l'école", argue Guillaume Lecuivre. Pour l'inspecteur, "l'école de village, la communale à la Jules Ferry, doit forcément évoluer". Dans le Lot comme ailleurs.


"Les-Notes"
… Dans cet établissement rural qui accueille 250 enfants de milieux modestes, les notes ont tout bonnement disparu
… Et ils sont plus actifs en classe. Bravo ! Mais quel signal envoie donc la ministre de l'Education en passant la journée dans cet établissement ? Veut-elle orienter les travaux de la conférence nationale sur l'évaluation censée lui remettre des recommandations à la mi-décembre ? La ministre a-t-elle déjà fait ses choix ?

Encourager ou sanctionner: c'est l'éternel dilemme et l'éternel débat, en France, depuis des années. Selon le sondage de l'APEL, 90% des parents considèrent les mauvaises notes comme anxiogènes et 75% comme un facteur déstabilisant pour l'élève. Membre du Conseil supérieur des programmes et auteur de "Ce que l'école devrait enseigner"* Roger-François Gauthier, dénonce une machine à décourager qui met en selle des élèves saturés d'évaluations et notés sans relâche. "Rares sont les exercices gratuits où l'erreur est comprise comme l'épisode normal d'un apprentissage"
[ Les Français et les notes à l’école Opinionway – APEL – nov. 2014 ]

"Les-Notes"
Donc ça a été décidé. Et contrairement à ce qu'on croit c'était une réforme venant du gaullisme, et non pas des post-soixante-huitards…
… Il y a une sorte de conflit entre la façon dont nous recrutons nos élites, en particulier les enseignants, et la volonté d'évaluer les enfants différemment…
… En France, nous nous caractérisons par le fait qu'en moyenne, nous sommes moyens. Mais en revanche, nous sommes devant des résultats beaucoup plus inégaux et beaucoup plus sensible à l'origine sociale. Nous ne sommes pas dans une situation catastrophique, mais dans une situation plus inégalitaire. Ce qui, à mes yeux, n'est pas étonnant, car tout notre système est toujours de demander si on est le premier, le deuxième ou le dernier. Les notes font partie de ce système de classement.

"B.A.-BA"
… «Dans le débat sur ''les méthodes de lecture'', la science a bon dos. Invoquée à la fois par le ministre de l'Education nationale et par ses opposants, elle semble se plier aux différents points de vue»…

"Le-Redoublement"
Article 15
Au deuxième alinéa de l'article D. 331-34 du même code, les mots : «ou de redoublement,» sont supprimés.
Le troisième alinéa est remplacé par les dispositions suivantes :
«Le chef d'établissement peut conseiller, notamment quand le conseil de classe l'a recommandé, à l'élève et à ses représentants légaux que celui-ci suive un dispositif de remise à niveau.» …
[ Décret n° 2014-1377 du 18 novembre 2014 relatif au suivi et à l'accompagnement pédagogique des élèvesJ.O. du 20 nov. 2014 ]

La pratique du redoublement a considérablement diminué au cours des vingt dernières années.
La baisse concerne tous les niveaux et résulte d’une politique mise en œuvre dans toutes les académies. Cette politique a eu un effet positif sur la fluidité des parcours des élèves et leur réussite aux examens, mais cette évolution profite davantage aux milieux favorisés.
À l’échelle internationale, la France demeure l’un des pays où le retard est le plus important et où la discrimination en fonction de l’origine sociale est la plus forte.
[ n° 36 – Octobre 2014 - NOTE D’INFORMATION – DEPP/ DIRECTION DE L’ÉVALUATION, DE LA PROSPECTIVE ET DE LA PERFORMANCE ]

 
 

… Dans le 1er volet de son étude, publié en avril 2014, Georges Fotinos avait constaté une dégradation des relations entre les parents et les directeurs d'école. Dans les collèges et lycées, le constat est identique : en 2013, près de 21 % des Personnels de direction (Perdir) indiquent une dégradation dans leurs relations avec les parents d'élèves. Au cours de l'année 2012/2013, un Perdir sur deux se déclare sujet au harcèlement, quatre sur dix ont reçu des menaces et trois sur dix des insultes…

  Co-éducation ?
Les recommandations se succèdent aux recommandations, les rapports aux rapports, les mises en garde aux mises en garde…
… 20% des Français sont responsables de 60% des émissions. Le Cerema dresse un portrait-robot de ce "grand émetteur" :
"un homme, riche, diplômé, actif, possédant une ou plusieurs voitures, vivant dans un foyer comportant un ou deux enfants,
installé dans un territoire rural ou périphérique relativement éloigné des transports publics, des établissements scolaires et des commerces"…
… Autrement dit, plus les gens ont passé de longues années sur les bancs de l’université ou des grandes écoles,
plus ils ont tendance à se déplacer en émettant des gaz à effet de serre. En forçant le trait, on peut même ajouter que,
plus on a les moyens d’être conscients du risque que représente le CO2, plus on en émet.

"Le-Programme" & "Le-Socle"
… les enseignants sont sans arrêt tentés de sacrifier les apprentissages réels des élèves sur l’autel du sacro-saint programme. 
Car il faut avant toute chose terminer le programme, tant pis si on laisse des élèves en cours de route, toutes les notions doivent avoir été abordées sans quoi les parents, l’enseignant lui-même et sa hiérarchie ne seront pas satisfaits…
… le livret de compétences qui servait à évaluer les acquisitions a dû être simplifié deux fois et qu’il reste terriblement jargonnant. En fait, aujourd’hui même Claude Thélot, qui avait organisé la grande consultation nationale qui avait accouché du concept, dit qu’il serait bien incapable de maîtriser toutes les compétences et connaissances du socle!..

"Le-Code"
… le rapport organise ses trois premières recommandations autour d’un nouvel enseignement disciplinaire, organisé à travers un CAPES, une agrégation informatique et la mise en place d’un bac spécifique.
Autrement dit un énième plan informatique, dont on sait les échecs successifs. Autrement dit, une énième logique d’empilement vertical contraire en outre à l’esprit-même du numérique, très horizontal !
Nous proposons une approche transversale …
… Nous proposons que toutes les filières de formation introduisent la question du numérique dans ses dimensions culturelles, citoyennes et techniques et non pas réserver les atouts du numérique à une seule. On ne peut séparer ceux qui sauront tirer partie des atouts du numérique de ceux qui seront abandonnés à un usage consumériste et partiel. Au delà, en lisant le rapport, nous sommes surpris de la méconnaissance de la réalité des jeunes qui sont en décrochage du système éducatif… qui amène les auteurs, à penser que le numérique va être en soi le moyen de les raccrocher…

Ce que changent les Mooc en particulier, et le numérique en général, dans ce paysage mouvant? Ils promettent de faire tomber les ultimes barrières qui s'opposent à une standardisation mondiale de la formation des élites, en suscitant des offres nouvelles adaptées au marché de l'emploi. Elles seront aussi profitables aux filières les plus immédiatement rentables (commerce, gestion, sciences, informatique, ingénierie...) que fatales aux formations moins directement productrices de valeur ajoutée (humanités et sciences humaines). ..

… Parmi les mesures auxquelles le président du CnNum est particulièrement attaché, une série de trois se détache: celles qui visent à "désenclaver" le numérique à l'école - à ne pas le réserver aux filières scientifiques mais aussi, sinon avant tout, à en imprégner les filières littéraires; à créer un bac Humanités numériques - "un signal fort, parce qu' à force de vouloir mettre du numérique partout, on n'en a mis nulle-part"; à enseigner dès la 3e le code informatique, un nouveau langage, mais surtout une manière "d'apprendre à apprendre différemment, plus horizontale". ..

"Les-Rythmes"
… Critiqué par les maires, l'Etat va finalement prolonger le fonds d'amorçage de la réforme des rythmes scolaires dans son intégralité. Manuel Valls a annoncé mardi au Sénat que les aides de l'Etat seraient maintenues à leur "niveau actuel" pour toutes les communes. Il était prévu jusqu'ici de n'en conserver qu'une partie…
… Comme en 2014-2015, les mairies bénéficieront d'une aide de l'Etat de 50 euros par an et par élève (90 dans les Zones Ubraines Sensibles et Zones Rurales Revitalisées). Seule différence, elle sera versée à condition de mettre en oeuvre des activités périscolaires de "qualité"

… nous rappelons ces recommandations déjà formulées en mai 2014:
- La durée du temps scolaire journalier doit être plus courte.
- Le temps scolaire hebdomadaire doit être réparti sur 9 demi-journées. Le vendredi après-midi doit exclusivement être réservé aux enseignements. En effet, plus la coupure du weekend est longue, plus la reprise des apprentissages scolaires est difficile. De plus, si tel n'était pas le cas, les activités complémentaires de l'école n'étant pas obligatoires, la coupure du week-end se ferait ressentir encore plus longtemps (lundi, mardi matin) et plus négativement (fatigue, performances scolaires plus faibles)…

DÉSINTOX.Après plusieurs années de pénurie sévère des enseignants remplaçants, fruit des réductions de postes voulues par la droite, l’éducation nationale ne laisserait désormais plus aucun élève sur le pavé. La thèse de Najat Vallaud-Belkacem ne fonctionne qu’à moitié…
… En promettant de recréer 60 000 postes d’enseignants, François Hollande a stoppé cette hémorragie. Mais sa ministre de l’Education pèche par optimisme. Car contrairement à ce que Najat Vallaud-Belkacem suggère, le vivier de remplaçants n’a pas été reconstitué
… Résultat : sur l’année scolaire 2012-2013, les écoliers ont encore perdu l’équivalent de 659 293 journées de cours, indique un rapport de la Direction générale de l’éducation scolaire (DGesco)

"Le-Code"
… On le voit, le «tsunami numérique» déferle bien sur l'école. Et avec, derrière lui, l'intention plus ou moins avouée de changer l'école radicalement en imposant de nouvelles manières d'enseigner ou d'évaluer, manières que l'on connaît très bien parce qu’elles ont déjà fait la preuve de leurs nocivité.
Face à la chronique à venir d'un échec retentissant et d'une gabegie annoncée, il est effectivement temps de tourner casaque. 
Quant aux élèves, à qui doivent-ils dire merci pour cette «impasse» ?

… on se trouve sans doute dans une sorte de cercle vicieux : pour que l’utilisation de la nouvelle technologie porte vraiment ses fruits (et suscite donc une émulation et une extension généralisée), il faut une autre organisation de l’enseignement qui repose actuellement sur la formule dominante suivante : un enseignant dans une classe, les élèves recevant l’enseignement simultanément. Mais on attend aussi précisément de cette introduction des NTIC qu’elles imposent d’elles-mêmes cette révolution de l’organisation de l’enseignement…

… Soyons honnêtes, ce "plan numérique" ne sera pas totalement inutile... pour nos meilleurs élèves, qui eux sauront en tirer parti. Est-ce le public visé?
Nous l'avons déjà vécue, la révolution numérique. Moi du moins. En 1985, avec le "Plan informatique pour tous", dont j'ai toujours pensé qu'il servait surtout à essayer de sauver Thomson de la faillite. Qui n'a jamais planté un MO5 ou 6 et vaillamment tenté de recharger un programme de la gamme ne peut pas comprendre... Les défauts de l'époque sont presque les mêmes aujourd'hui: manque de formation, manque de maintenance, obsolescence matérielle, etc.

… une critique de la stratégie numérique de l'Education nationale.Une analyse de la pensée magique qui, dans l’école, consiste à dire que l’achat de matériel, par ailleurs onéreux, va changer les pédagogies, la transmission et faire progresser les élèves. Voici comment l’auteur résume sa pensée sur l’état de la réflexion autour du numérique à l’école:
«L’illusion technologique, l’inertie de notre système éducatif, l’échec d’un évangélisme digital.»
Et, Lannoy29, c’est son nom sur Twitter, s’interroge sur les paroles creuses, du type «le numérique est un acteur majeur» alors que les contenus et les pratiques pédagogiques sont, eux, très peu discutés.
Il s’interroge sur l’avenir d’une illusion: «Illusion de croire que l’objet puisse être performatif par lui-même. “Distribuons des TBI et des tablettes, et vous verrez, plus rien ne sera comme avant!” Mais c’est justement l’inverse qui se produit!»
… Bien sûr il est plus facile, en termes de retombées médiatiques, d’annoncer que les élèves vont avoir droit à des tablettes fournies par l’école… Mais, il faut le dire, nous sommes en train de perdre du temps (et de l’argent) pour économiser de la réflexion et du débat!
Par exemple, le code, faut-il vraiment l’apprendre?

Evitons donc deux pièges. Celui du fraîchement digital-converti qui évangélise en excluant et dénonçant toute pensée contradictoire (aussitôt taxée d’hérésie). Et celui du révisionniste qui réécrit l’histoire en rejetant les échecs de l’école sur le numérique (procédé commode qui évite de se poser les bonnes questions).
Le numérique n’est qu’un ensemble d’outils. Sans doute au potentiel gigantesque. Mais rien de plus néanmoins que des outils. Plus que jamais, la pédagogie doit redevenir la priorité

 
La révolution numérique, comme avant elle les révolutions agricole ou industrielle, réservera un sort funeste aux formations qui n'auront pas compris à temps qu'elles devaient se concentrer sur la part irréductiblement humaine des métiers auxquels elles préparent : la capacité à créer, à penser différemment, à donner du sens, à inventer des solutions nouvelles, à offrir de l'empathie, à ancrer nos histoires singulières dans un récit collectif...

… "Malgré les demandes répétées de l'ONG Carbon Disclosure Project (CDP) [qui incite les entreprises à communiquer publiquement leurs émissions de CO2], le géant des réseaux sociaux refuse depuis des années de dévoiler quelle quantité de CO2 et autres gaz à effet de serre il émet."…
… "Il devrait pourtant savoir que les jeunes détestent qu'une figure d'autorité leur dise quoi faire et ne s'applique pas la même règle", s'indigne le journaliste du Guardian

"Certains disent qu'ils n'ont 'rien à cacher', mais dire cela, c'est inverser les responsabilités", a expliqué Edward Snowden. "Dire : 'Je n'ai rien à cacher', cela revient à dire : 'Je me fiche de ce droit'. C'est dire : 'Je ne dispose tellement pas de ce droit que j'en suis arrivé au point où je dois m'en justifier'. Alors que normalement, c'est le gouvernement qui doit se justifier de ne pas respecter vos droits", a-t-il développé, pour appuyer son appel à une réforme de la politique américaine en matière de respect de la vie privée…

  Pouce !
"La-Refondation"
Le développement de l’autoritarisme, avec de nouvelles générations de petits chefs formatés au centre de conditionnement de l’ESEN, lié à « l’administratisation », à la technicisation, au règne de l’évaluationnite technocratique et au culte de l’apparence,  a accéléré la déshumanisation du système.
Les inspecteurs soudain mus en « jeunes » cadres dynamiques, armés de leur ordinateur, de leurs courbes et camemberts, sont devenus des contrôleurs et des fabricants de feuilles de route. « Montrez moi vos évaluations et je vous donnerai votre feuille de route »…
… On aurait pu espérer que la volonté affichée de refonder l’école allait conduire inéluctablement à une refondation du système, de sa gouvernance, de la «gestion des ressources humaines», à la fin de l’effet «pyramide / tuyaux d’orgues / parapluies», à une remise en cause de l’autoritarisme et du mépris, à la démocratisation des pratiques, au dialogue vrai entre inspecteur  et inspecté. Il faut bien reconnaître que deux ans après la loi de refondation, il n’en est rien
   A défaut de "hussards", noirs, quelques "grognards", grognons ...


… Le gouvernement "s'est épuisé depuis deux ans dans des initiatives sectorielles qui n'ont pas été rattachées à un véritable projet", et il a manqué à la refondation "un slogan". "On aurait aimé entendre que la refondation a pour enjeu de construire une école vraiment démocratique, lutter contre l'échec".
"Combien de +Pisa chocs+ faudra-t-il ?", a-t-il relevé, rappelant que l'enquête de l'OCDE sacre la France championne des inégalités scolaires…
… Mais la refondation "ne peut se réduire" à des moyens, "la question centrale est l'évolution de la pédagogie, cela passe par la formation continue qui reste insuffisante".

… Vous avez dénoncé la folie de l’évaluation qui envahit tout. Avez-vous le sentiment qu’elle recule?
Non, elle ne fait que s’accroître. Il s’agit dans tous les cas d’inciter par tous les moyens matériels et symboliques à ce que les professionnels du soin, de l’éducation, de la recherche, du travail social, de la justice, de la police, de l’information, de la culture, ne puissent pas penser leurs actes autrement que sur le modèle de la marchandise, du produit financier et des services tarifés. Cette injonction à devoir concevoir les actes professionnels sur le seul modèle de la pensée néolibérale, de ses catégories symboliques et matérielles, participe à une véritable civilisation des mœurs au sein de laquelle l’humain se réduit à un «capital», un stock de ressources qui à l’instar de la nature doit être exploitée à l’infini

"Les-Profs"
… Bon nombre d’observateurs et d’acteurs périphériques qui croyaient bien connaître «les profs» peinent aujourd’hui à saisir la métamorphose en cours. Les associations complémentaires de l’école, les mouvements d’éducation populaire, se retrouvent déboussolés, à force d’être restés trop longtemps campés sur les images d’Epinal...
les trois quart (76 %) de ces moins de 35 ans sont inscrits sur Facebook et que 85 % d’entre eux s’y connectent au moins une fois par jour. «Les jeunes enseignants figurent même dans le trio de tête des groupes les plus connectés», rappelle Christophe Lafond, délégué national de la MGEN. Lors de l’enquête, «62 % ont déclaré ne pas pouvoir se passer d’un accès à internet mobile, quand ce n’est le cas que de 39 % des salariés du pays»…

"La-Formation"
la difficile mise en place des nouvelles écoles de formation des enseignants.
Les étudiants ont du mal à voir leur «utilité effective»
… La nouvelle formation, conçue comme devant allier alternance - avec des stages de terrain - et acquis disciplinaires de haut niveau, devait permettre de former une nouvelle génération d'enseignants censés être mieux armés pour, entre autres, enlever à la France son triste statut de championne des inégalités et éviter que 140.000 jeunes ne sortent chaque année du système scolaire sans qualification. 
Le rapport pointe «une mise en oeuvre laborieuse et complexe» des nouvelles écoles et des «insuffisances»…

[ La mise en place des écoles supérieures du professorat et de l’éducationRapport  IGEN-IGAENR – sept. 2014 ]

La conséquence, c’est la suppression d’heures disponibles de formation donc, la panade pour assurer les enseignements que l’Espé doit donner aux fonctionnaires-stagiaires. Mais le choix est cornélien: assurer la formation en Espé, qui rapporte moins d’argent que la recherche, ou chercher à gagner plus d’argent de l’Etat en ayant plus de chercheurs publiants?
En théorie, les universités doivent faire les deux. Dans les faits, c'est presque impossible. Cela s’appelle des injonctions contradictoires…
… D’accord, la rentrée est fichue. La formation des professeurs va passer l’année à essuyer les plâtres.
Mais l’an prochain, ça ira mieux, non? ..

"Les-Rythmes"
L’Association des petites villes de France, que préside Olivier DUSSOPT, Député de l’Ardèche et Maire d’Annonay, a saisi la ministre de l’Éducation 
pour lui faire part de la vive inquiétude de ses élus à propos de la non pérennisation du fonds d'amorçage pour les rythmes scolaires à partir de la rentrée scolaire 2015-2016…
… Elle contribue également à une forte instabilité des règles financières, rendant très difficile l’élaboration des budgets locaux à venir, 
et risque de mettre en péril la réforme des rythmes scolaires dans de nombreuses communes, aggravant ainsi les inégalités sur l’ensemble du territoire

"Le-Code"
… la pratique scolaire qui bute sur une difficulté imprévue : la production de passivité par les méthodes actives.
En pratique, la majorité des élèves quand on sollicite leur activité, s'ennuie, se bloque. Finalement, cette méthode fonctionne bien dans les milieux les plus favorisés mais pas dans les quartiers populaires…
… le numérique valorise spontanément le bagage de capacité logique et d'organisation des connaissances dont les individus disposent très tôt, notamment du fait de leur vocabulaire. De ce point de vue-là, mieux on est outillé intellectuellement, plus on est efficace grâce au numérique.
C'est donc un facteur d'inégalité...

… Les professeurs attendent notre rapport - même s'il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt: il y a là de vrais défis pour eux. Ils doivent apprendre à enseigner autrement, apprendre des choses qu'ils ne savent plus ou pas encore, à coder, etc. Eux aussi sont désormais tenus de se former en permanence, tout au long de leur vie professionnelle.
Mais ce défi les replace au centre du dispositif. …
[ Rapport du CCNum Ferry 3.0 - JULES FERRY 3.0 - 
Bâtir une école créative et juste dans un monde numérique - Octobre 2014 ]

… Les pirates auraient eu accès à 13 Go de fichiers - au moins 100.000 photos - que les utilisateurs pensaient avoir supprimé. ..
… Il faut dire que la moitié des utilisateurs de Snapchat ont entre 13 et 17 ans….
Snapchat a toujours connu des controverses quant à la sécurité de son service. Les "snaps" ne sont pas réellement éphémères. Il est écrit noir sur blanc dans les conditions d’utilisation que les messages ne disparaissent pas : "Il peut y avoir des moyens d’accéder aux snaps en stockage temporaire sur les appareils du destinataire, même s’ils ont été effacés

beaucoup de patrons de la Silicon Valley sont méfiants à l’égard de leur propre technologie.
«Les évangélistes de la technologie sont souvent bien plus conservateurs quand il s’agit de leur vie privée.»
Steve Jobs, patron emblématique, interdisait l’iPad, chez lui, à ses propres enfants, comme le révélait il y a peu un article du New York Times.
 Les enfants d’Evan Williams, co-fondateur de Twitter, n’ont pas d’iPad, mais «des centaines de livres», des vrais
«La réalité, c’est que ces patrons savent mieux que la plupart des parents jusqu’à quel point la technologie peut mal tourner.»
Depuis plusieurs années, de nombreuses études vont également dans ce sens. En 2010 déjà, les enfants américains passaient en moyenne
plus 7 heures par jour devant les écrans. Un chiffre inquiétant quand on sait que, selon une autre étude,
passer plus de 45 minutes par jour devant un écran serait dangereux pour un enfant…

  Pouce !
vers les 60000 créations de postes promises
22 206 postes ont déjà été créés sur les 54 000 attendus pour 2017. La projection à trois ans du budget pose la création de 9421 postes cette année, 10711 en 2016 et 11662 en 2017. Si le rythme proposé là est tenu jusqu’à la fin du quinquennat, les 54000 postes promis dans l’enseignement scolaire (additionné des 5000 dans le supérieur et des 1000 dans l’enseignement agricole) auront bien été créés. En tenant compte des départs en retraite, il va falloir trouver des candidats pour pourvoir les 25000 postes qui seront ouverts cette année.
Des économies quand même…
En dépit de ces créations de postes, l’éducation n’échappe pas aux économies…

Au niveau des jeux dangereux il y a un indicateur qui a été donné ce matin, on est passé de 25 morts dans les années 2000, à actuellement 2 morts pour cette année, à un maximum de 3 ou 4. C'est toujours trop bien sûr, mais la prévention se fait. Après il ne suffit pas d'un claquement de doigt pour que tout ça disparaisse, il ne faut jamais arrêter, le harcèlement prend son temps…

[ Jeux dangereux, violences, harcèlementsColloque 2014 – APEAS ]

plus le film est récent, plus la probabilité que l’écolier reparte en voiture est grande. Si vous n’avez pas envie de fouiller votre cinémathèque, jetez donc un œil dans la rue : la quasi-totalité des écoliers ne sont plus piétons mais passagers.
Les – trop rares – études consacrées au sujet confirment que les enfants marchent de moins en moins…
Pourquoi marchent-ils si peu ? Parce qu’on leur interdit !...

Les parents-drones sont servis par un véritable marché de la surveillance et par une société qui tolère de moins en moins l'autonomisation des enfants.
Aujourd'hui il existe des tonnes de systèmes permettant de coller aux basques de nos enfants. Du simple baby-phone qui clignotait aux pleurs du bébés, on est passés à un système autrement plus sophistiqué et qui suit à la trace l’enfant jusqu’à un âge relativement avancé…


l'essentiel du budget de l'éducation est consacré à rémunérer les enseignants. Pour diminuer les coûts, le levier le plus immédiat consisterait
à payer moins d'enseignants. Or la plupart des acteurs et experts du secteur estiment que le numérique, s'il invite à une réinvention du rôle des enseignants,
ne pourra pas s'y substituer – voire, dans certains cas, qu'il implique d'augmenter le nombre d'adultes dans les établissements….
… Pour le dire autrement, Education nationale et Enseignement supérieur pratiquent une politique finalement pas très éloignée des compagnies aériennes : elles panachent offres "premium", réservées aux élites, et produits de base "low cost" pour gérer les grandes masses…

… Depuis 2009, plusieurs indicateurs enregistrent la même secousse : les Français, de plus en plus individualistes, acceptent de moins en moins le principe de solidarité nationale. Entre jeunes et vieux, salariés et sans emplois, pauvres et riches. En 2014, 63% des Français considèrent que «les prestations sociales aux familles avec enfants» sont «globalement suffisantes». En 2008, ils n’étaient que 31% à penser la même chose…
[ CREDOC : En 2014, le soutien à l’Etat-Providence vacille – Note de synthèse – pdf ]

Dans ce contexte de désenchantement généralisé, les parents sont souvent politiquement perdus, désabusés et ont l'impression de ne pouvoir trouver aucune solution à la crise. Résultat: être un bon parent est la dernière utopie et l'enfant, devenu l'élément central de la cellule familiale, devient la valeur refuge", explique l'auteur. La dégradation des relations parents professeurs aurait commencé dans les années 1990. L'élément déclencheur? La réforme du Code de l'éducation de 1989, dite "loi Jospin", qui fait du parent d'élève "un membre à part entière de la communauté éducative" …
… Ajoutons à cela la montée de l'individualisme, la progression du communautarisme, la crise économique, la hausse du chômage, et l'on obtient un système scolaire en panne sèche, où les parents craignent pour l'avenir de leurs enfants et où les enseignants dépriment en voyant ce qu'est devenue leur profession…



la «Refondation», voulue par Vincent Peillon, a été porteuse d’espoir. Malheureusement, la création des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (Espe) déçoit tous les acteurs. Elle risque même, à nos yeux, de compromettre l’avenir de notre école primaire, pourtant au cœur de notre République. Car il faut une école primaire forte, cohérente, dotée d’un projet culturel bien identifié, avec des maîtres formés et déterminés, sachant faire de leur polyvalence un moyen efficace de préparer leurs élèves …
Les Espe sont des coquilles vides. Malgré les efforts de certains acteurs, les futurs professeurs du premier degré font l’expérience de l’absence d’ambition nationale dans le domaine qu’ils ont choisi et - faisons-leur ce crédit - auquel ils croient assez pour y consacrer une vie professionnelle aux avantages matériels de moins en moins évidents comme le rappelle le dernier rapport de l’OCDE…

… Un rapport, publié mercredi 8 octobre, dresse un premier bilan sévère des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE, ex-IUFM), qui ont ouvert leurs portes à la rentrée 2013…
… les liens entre les ESPE et les praticiens «n’ont souvent été, dans le meilleur des cas, qu’assez formels», déplorent les inspections générales. Dans les établissements scolaires, les stagiaires ont rarement bénéficié de visites de leurs formateurs universitaires. Ils ont été suivis par des enseignants «tuteurs» qui n’étaient pas forcément formés ni même sensibilisés à l’accompagnement des débutants…

[ Rapport d’information sur les ESPESénat – juin 2014 – pdf ]

[ La mise en place des ESPEInspection Générale – oct. 2014 – pdf  ]



… Sauf que… la fin du redoublement et le contenu de la circulaire examinée en ce moment par le Conseil d’état ne sont pas à proprement parler une nouveauté: on en parle depuis le lancement de la «Refondation de l’école» par Vincent Peillon à l’été 2012.
Et la Refondation c’est aussi une loi, qui a été discutée à l’Assemblée nationale au printemps 2013. D’ailleurs, au moment du premier vote, en mars 2013 on se dirigeait vers une fin du redoublement…
… Cela rappelerait presque ce qui s’est passé avec les ABCD de l’égalité. Le ministère de l’éducation impulse une réforme, un changement mais recule facilement quand il faut vraiment assumer une position ferme. On pourra toujours dire qu’il faut apaiser l’école. Quitte à mener une politique illisible. La détermination n’est pas le fort des ministres de l’Education nationale...

"Le-Redoublement"
Le redoublement des classes de primaire aurait dû quasiment disparaître avec la loi d’orientation de Lionel Jospin, en 1989. La création des cycles qui défendent l’idée que chaque enfant doit prend le temps dont il a besoin pour atteindre des objectifs fixés sur trois années, aurait dû faire disparaître le redoublement du vocabulaire de l’école. 
Or, il est resté parce que les parents y sont attachés

… D'après l'enquête PISA de 2012, 28% des élèves français de plus de 15 ans ont déjà redoublé, ce qui place la France au 5e rang des nations "redoublantes". Les garçons redoublent plus que les filles, et le risque de redoublement est 37% plus élevé dans les familles monoparentales. La pratique touche aussi différemment les élèves de filières générales et ceux des filières professionnelles: 57% des élèves de seconde professionnelle sont "en retard" d'au moins une année, contre 20% des élèves de seconde générale et technologique. En revanche, la nationalité de l'élève est sans effet sur le risque de redoublement…
… Dit autrement, le redoublement, c'est bien, mais pour les enfants des autres? ..

"Les-Apprentis"
Cela fait plus de vingt ans que l'objectif de 500000 apprentis a été posé. Avec François Hollande à la manœuvre, on va y arriver, c'est sûr. Et on va voir ce qu'on va voir
… le diagnostic et le pronostic ne sauraient être les mêmes pour''l’apprentissage'' à un niveau de qualification élevée (un apprentissage que l’on peut sans doute appeler, pour être plus clair, ''l’alternance'') celui qui relève des enseignements supérieurs (dont les effectifs sont passés de 20000 en 1995 à 135000 en 2013), et celui que l’on appelle plus communément ''les apprentis'' …

… De fait, l’expansion de l’apprentissage en France a essentiellement bénéficié aux jeunes déjà diplômés, notamment ceux du supérieur, dont la part dans les entrées en apprentissage est passée de 1?% du total en 1992 à 14?% en 2010. Durant cette période, la proportion des apprentis sans diplôme préalable a chuté de 60 % à seulement 35?%. Or, ce sont justement ces jeunes pour lesquels le dispositif de l’apprentissage est le plus utile en termes d’insertion professionnelle. En laissant ces jeunes de côté, l’apprentissage ne joue pas le rôle d’insertion et de correction des inégalités sociales que l’on peut en attendre. Comment en est-on arrivé là

… A la fin du contrat, l'employeur n'a absolument aucune obligation à garder le jeune dans son entreprise. Dans certains secteurs professionnels, comme la communication ou les médias, l'embauche de jeunes en apprentissage peut effectivement être un moyen de bénéficier de main d'oeuvre volontaire et motivée à bon marché...
Mais l'apprentissage c'est aussi pour beaucoup d'entreprises qui y ont recours un moyen de former "à leur main" leurs futurs salariés …


Entre amis, on dénonce les inégalités scolaires et on échange ensuite sur le meilleur moyen de détourner la sectorisation scolaire. Partout, se déploie un entre-soi social, la volonté de développer un capital social endogène qui participe des inégalités. Par peur du déclassement, nous faisons des choix qui peuvent engendrer des inégalités et qui marginalisent les plus pauvres…
... Alors que Jacques Attali affirmait, la semaine dernière dans «Libération», préférer le principe de «mobilité sociale» à celui d’égalité, le sociologue François Dubet juge pour sa part nécessaire d’inverser la tendance...

… "Notre système éducatif a réussi à cumuler deux problèmes qui devraient théoriquement être contradictoires : une forte résistance au changement accompagnée de fréquents réflexes protestataires et, dans le même temps, une infantilisation déresponsabilisante de tous les acteurs, allant de pair avec une organisation très hiérarchique"…

"Les-Rythmes"
… en juin, quand nous les avons consultés, 80% des parents de la commune étaient opposés à la mise en place de cette réforme - et ils le sont toujours, tout comme les enseignants de l'école. C'est une décision prise en commun, qui n'a rien de politique. Le problème, c'est qu'à Gazenville nous n'avons ni les locaux, ni le financement pour proposer plus d'activités périscolaires. Nous nous battons déjà depuis 30 ans pour garder cette école et ses trois classes dans le village, alors qu'elle absorbe à elle seule 30% du budget municipal. On ne peut pas faire plus, c'est impossible

Pour "La-Révolution":
Penser à cocher la bonne option : "acteur" ou "esclave" ...
… La maintenance des équipements informatiques dans les établissements laisse très souvent à désirer, et empêche nombre de projets d’être réalisés…
«Est-ce que le système éducatif aujourd’hui, de la maternelle à bac+8, donne aux jeunes suffisamment d’outils conceptuels pour être du côté des acteurs de la révolution, ceux qui la conçoivent, plutôt que de celui des utilisateurs, des esclaves?».

Balise GPS intégrée dans le manteau pour suivre ses déplacements, applications sur votre smartphone pour contrôler le sien, ou encore chaussette intelligente pour connaître en temps réel son pouls ou sa température. Les objets connectés pour pister votre progéniture fleurissent, mais est-ce une bonne nouvelle ?

… "Le temps vertigineux passé par les enfants sur les écrans pénalise aussi la lecture de romans, qui induit un repli sur soi, une introspection, une méditation lente, alors que l’écran induit l’échange entre amis et un rapport au temps qui s’accélère.
 Les parents ne freineront pas le mouvement –ils lisent aussi de moins en moins.
 Les élites non plus, qui ont déserté les humanités, dont la rentabilité sociale est jugée marginale.
 «Le cadre supérieur ne va plus au théâtre, ce n’est pas statutaire.»
Une autre rupture est que la culture ne sert plus aux jeunesà apprendre mais à se divertir.
Le plaisir est devenu leur maître mot. Ils veulent du ludique, des sensations fortes /.../"

Le résultat est-il inquiétant ? «Les jeunes ne sont pas plus cons qu’avant, répond Sylvie Octobre, ils ont des connaissances pointues, mais c’est un peu du gruyère

… les Coréens appellent la «prison Kakao Talk», du nom de l’incontournable service de messagerie téléphonique - 97% des utilisateurs de smartphones ont recours à cette application en Corée du Sud, soit plus de deux habitants sur trois…
… une réalité nouvelle dans ce pays ultraconnecté où le harcèlement scolaire est répandu : 28% des collégiens et lycéens ont déjà été victimes de harcèlement en ligne, d’après une enquête de l’Institut national pour les politiques sur la jeunesse.
Le taux de suicide des 15-24 ans, quant à lui, a presque doublé entre 2001 et 2011

"Le-Mérite"
En réalité, la réussite se joue dès les petites classes pour les enfants des milieux modestes. En terminale, notre système a largement eu le temps d'écarter tous les élèves qui ne rentraient pas dans son moule, dont certains pouvaient se montrer très "méritants". La plupart de ces exclus - et ce n'est pas un hasard - viennent des familles les moins favorisées…
Mais quel mérite mesure l'école ? Avant tout, une capacité au raisonnement abstrait. Quid de la multiplicité des formes d'intelligence, de la créativité, de la capacité à coopérer avec autrui ? Ces qualités seront pourtant essentielles dans la vie du citoyen et salarié. Il n'y a pas de mérite, mais des mérites.

Sous prétexte de dégager une élite, on traite mal ceux qui n’y appartiennent pas. Un exemple : l’ex-ministre Vincent Peillon voulait rapprocher le collège de l’école élémentaire. La réponse a été immédiate : vous allez baisser le niveau, sacrifier les élites, mieux vaut accepter le «massacre des innocents» en sixième… Or tous les sociologues savent que l’élite scolaire reflète les inégalités sociales…
… Certes, il faut dégager de bons élèves, mais cela ne nous dispense pas de nous occuper presque prioritairement de ceux qui ne le sont pas. Il faut compenser le mérite par l’idée qu’on a des devoirs envers ceux qui n’en ont pas. Et ici il y a un vrai clivage idéologique.


Sans surprise, l'équipement informatique à domicile demeure le fait des enseignants. La dotation par l'établissement ou la collectivité stagne ou décroit.
Les collèges se révèlent moins dotés en ressources pédagogiques numériques que les lycées.
Les enseignants de sciences humaines/sociales et de sciences/production déclarent plus que les "littéraires" disposer de ressources.
La pratique hebdomadaire et la disponibilité des ressources se conjuguent.
Les plus jeunes semblent (encore) moins au fait que les autres enseignants…
… Principaux facteurs dissuasifs, pour les utilisateurs des TICE : la taille des groupes d'élèves (48 %), équipement informatique insuffisant (47 %), obsolète, défectueux, inadapté (46 %), débit réseau ou Internet insuffisant (42 %).
[ Enquête PROFETIC auprès de 5 000 enseignants du second degré - RAPPORT 2014 ]

… Les crédits mis à la disposition de la Caisse nationale d'allocations familiale (CNAF) pour subventionner la création de places ont en effet été sous-consommés à hauteur de 243 millions d'euros en 2013. Seulement 6000 places ont été décidées, contre 11000 prévues…
les communes connaissent des difficultés financières qui pourraient les détourner des projets d'accueil de la petite enfance. D'autant plus que le coût de création d'un berceau est passé de 18000 euros en 2000 à 34000 en 2013…



Reste à savoir si elle saura et pourra aller au-delà alors que le piège tendu pendant la campagne présidentielle se referme un peu plus chaque mois - ces 60.000 postes offerts sans aucune forme de contrepartie, sur la base d’un programme composé d’intentions souvent louables mais dont les modalités de mises en œuvre n’ont jamais été nettement définies. Le tout couronné par une loi qui s’en remet à commissions et décrets pour révéler - ou pas - son suc et dans une atmosphère parasitée par la réforme des rythmes. Il faudra un immense talent et pas mal de chance pour sortir de ce bourbier.
les 3 heures libérées par la réforme des rythmes scolairesmise en place en 2013 et 2014, nécessitent un redéploiement ou un développement de nouvelles activités périscolaires par les communes.

Elaborés dans le cadre d'un projet concerté associant tous les acteurs éducatifs, ces nouveaux temps éducatifs doivent être accessibles à chaque enfant sans discrimination et gratuits pour les familles.
Cette égalité de tous sur tout le territoire doit être garantie par l'Etat.
La FCPE demande la mise en place d'un financement pérenne des nouvelles activités périscolaires, prenant le relais du fonds d'amorçage à la rentrée 2016 et rappelle que l'argent public doit être réservé à l'Ecole publique.

L’obligation de faire ne résout pas les difficultés de mise en place.
La rentrée des classes pose à nouveau la question des moyens et de la qualité des nouveaux temps liés aux rythmes scolaires. L'Association des Maires Ruraux de France signale que "l’école rurale déjà largement pénalisée ne doit pas être la victime collatérale de cette décision : celle-ci risque d’amplifier une école de la République à plusieurs vitesses".
Suite aux déclarations de prérentrée de la ministre, les maires ruraux estiment qu'ils n’ont pas besoin "d’injonctions de surveillant général".

… Mais la généralisation de la semaine de 4,5 jours ne passe visiblement pas. Selon un sondage de l'institut CSA pour RTL, une nette majorité de sondés, 60%, contestent le bien-fondé de la réforme. Ils n'étaient "que" 47% il y a un an…
… 59% des Français ne veulent pas changer le système d'évaluation à l'école. 
Critiquées au quotidien, jugées démotivantes et parfois vides de sens, les notes font paradoxalement toujours figure de référence…
Le port de l'uniforme fait en revanche l’unanimité : 67% des sondés l’approuvent.  Il est considéré comme une bonne mesure pour lutter contre les inégalités sociales, que l'école ne parvient pas à combattre, selon 57% des Français.
[ Les français et l’école – CSA – RTL – sept. 2014 ]

… La refondation avait pour tâche de réduire cette fracture historique qui pèse si fort dans les résultats de la France en matière d’éducation. La réforme territoriale ne fait rien de moins qu’anéantir ce projet par «le transfert aux régions […] des collèges[…]…
… Et si Najat Vallaud Belkacem intervenait pour donner un peu de sens à ce point de la réforme et confirmait la refondation? …
Un abandon, en silence. Une loi a été votée, le président s’était engagé à rapprocher école et collège. La réforme territoriale ne doit pas contredire cet engagement. Dans deux ans, si la direction n’est pas suffisamment marquée, l’école serait immanquablement «libéralisée»

Comment en effet croire encore que l’éducation est une priorité du quinquennat de François Hollande quand la valse des locataires de la Rue de Grenelle bloque toute avancée importante dans la réforme de ce système qui ne va pas bien ? Si une partie des 900 000 enseignants vit ce départ comme un abandon, d’autres affichent leur dépit…
…  Même s'il est resté peu de temps, il n'a pas annoncé que le nombre d'élèves par classe serait drastiquement réduit à la rentrée prochaine ou que le corps des enseignants remplaçants serait abondé en conséquence afin de pallier toutes les absences des titulaires. Pour que de telles choses voient le jour, ce n'est pas d'un nouveau ministre que nous avons besoin, c'est d'une autre politique» …


Du fait de la progression démographique et du développement des classes moyennes dans le monde, les systèmes éducatifs vont devoir former, d'ici 2050, autant d'étudiants que durant toute l'histoire de l'humanité réunie…
… Bien des pays, et la France en premier, ont également mis en place un système élitiste de sélection de «talents». Cet esprit de compétition – qui n'est pas très «égalité et fraternité» soi-dit en passant – laisse fort peu de place à un travail collaboratif…
… Il y a aussi chez nous la peur de l'échec et l'absence de deuxième chance. Il faut donc introduire d'urgence, dès le plus jeune âge, un «permis» de se tromper et un «devoir» d'explorer…
Diwan, école laïque et gratuite, doit actuellement financer sur son propre budget les salaires des enseignants affectés aux classes créées depuis moins de cinq ans. Une charge financière importante, frein à l'ouverture de nouvelles sections. À l’instar de ce qui a déjà été mis en place au Pays Basque, Diwan souhaite un "aboutissement rapide" du dossier de contractualisation précoce. Une disposition par laquelle l'État prendrait en charge les nouvelles écoles Diwan sous contrat d'association dès lors que l'effectif d'une classe est identique à celui requis pour l'ouverture d'une classe bilingue dans l'enseignement public, soit 15 élèves de plus de 3 ans…
«Le jugement à l’égard du fonctionnement de l’école élémentaire et maternelle se dégrade, celui à l’égard de l’élémentaire atteignant le niveau le plus bas enregistré depuis 2007.

La majorité des Français estime que la profession d’enseignant en primaire s’est plutôt dégradée ces dernières années.
Près de six français sur dix estiment que le métier d’enseignant a aujourd’hui une mauvaise image en France, cette perception étant néanmoins beaucoup plus positive que celle des enseignants eux-mêmes.
L’image des enseignants encore plus que celle de la profession est perçue comme s’étant dégradée au cours des dernières années.
Si moins d’un Français sur deux conseillerait à une personne de son entourage de devenir professeur des écoles, ils restent toutefois plus nombreux que les enseignants eux-mêmes à recommander ce métier.»
[ Les Français, l’Ecole, et le métier d’enseignant : quel regard aujourd’hui ? – Rapport SNUIPP – Harris ]

La dichotomie éducation-instruction (même si elle ne peut jamais être tenue jusqu’au bout) a en effet structuré en profondeur depuis la Révolution française le débat public sur l'Ecole …
… Si l'on doutait encore de l'option ''éducative'' (et même'' ultra-éducative'') de la création du ministère de l' «Instruction publique » (en dépit de son intitulé), le mieux est alors de suivre son premier titulaire, Monseigneur Frayssinous
«Des programmes nationaux devraient définir le minimum culturel commun, c’est à dire le noyau de savoirs et de savoirs-faire fondamentaux et obligatoires que tous les citoyens devraient posséder […]. Cette formation élémentaire devrait mettre l’accent sur les savoirs fondamentaux qui sont la condition de l’acquisition de tous les autres savoirs, et sur la disposition à acquérir des savoirs».

Cinquante après «les Héritiers», et trente ans après le rapport ''Bourdieu'' du Collège de France, on en est toujours là...
il y a plus de 4 millions d'années, cette transformation ne fut pas le résultat de la volonté délibérée d'une communauté de primates voulant échapper à leur condition. Elle fut nécessairement le fait du hasard, quel que soit le nom donné à ce facteur, qui se traduit par l'imprévisibilité et le non-programmable.

Dans le cas de l'humanité d'aujourd'hui, au contraire, deux voies différentes pourraient être choisies délibérément pour provoquer les mutations générant une post-humanité éventuelle …
… En ce qui concerne les potentialités cognitives, certains chercheurs se sont demandés, par exemple, si l'immersion très approfondie et prolongée des individus dans les sociétés numériques ne pourraient pas faire apparaître, au hasard, chez certains d'entre eux, des mutations transmissibles aux descendants, résultant des nouvelles pratiques imposées aux cerveaux et aux organes sensoriels par l'ordinateur et l'internet...

(Serguei - Le Monde - 14 08 14)
… "les emplois que les robots laisseront aux humains seront ceux qui nécessitent réflexion et connaissances. En d'autres termes, seuls les humains les mieux éduqués rivaliseront avec les machines. Et dans le système éducatif des Etats-Unis comme dans le reste du monde, les étudiants sont toujours assis en rangées et en colonnes, apprenant à rester tranquilles et à mémoriser ce qu'on leur dit, préparés à une vie dans une usine du XXème siècle."…
… “The jobs that the robots will leave for humans will be those that require thought and knowledge. In other words, only the best-educated humans will compete with machines. And education systems in the U.S. and much of the rest of the world are still sitting students in rows and columns, teaching them to keep quiet and memorize what is told to them, preparing them for life in a 20th century factory.”…

La mémoire travaille davantage lorsque l’étudiant réfléchit à ce qu’il écrit. Grâce à l’ordinateur, il va donc certes plus vite, mais il écrit de façon moins intelligente, comme le fait comprendre Daniel Oppenheimer: «Taper à la vitesse de la lumière encourage à transcrire ce que l’on entend, sans faire vraiment attention à ce qui est dit». …
Dust off those Bic ballpoints and college-ruled notebooks — research shows that taking notes by hand is better than taking notes on a laptop for remembering conceptual information over the long term…

à l'adolescence "la durée minimum de sommeil doit se situer entre huit et neuf heures et l'heure limite de coucher ne devrait pas dépasser 22h". A l'ère du numérique, le début des cours ne serait pas le seul problème des collégiens et lycéens. Les multiples écrans parasitent aussi le sommeil de nos adolescents

… Outre que la plupart d’entre nous dorment moins qu’aux siècles précédents (on serait passé de 10 heures en moyenne à 8 heures, puis à six heures), des sources de lumière nous alertent en permanence (écrans, lampes-témoins, vitrines vues du dedans). Les appels de la machine capitaliste nous «branchent» sans interruption, nous disant que nous avons la chance d’appartenir au grand réseau, ce à quoi nous nous soumettons sans peine. «La soumission à ces dispositifs, écrit Crary, est à peu près irrésistible, étant donné l’appréhension de l’échec social et économique, la peur de se faire distancer, d’être considéré comme démodé. Les rythmes de consommation technologique sont inséparables d’exigences d’autoadministration permanente.»

… Le Guardian a réalisé une très intéressante et très courte vidéo de 90 secondes pour tout savoir sur la situation des toilettes dans le monde, on retient notamment que plus de gens ont accès à des téléphones portables qu'à des toilettes dans le monde.
2,5 milliards de personnes n'ont pas accès à des installations sanitaires

  Pouce !
"Nous suivons le programme commun, mais avec des méthodes d'apprentissage très différentes"…
… "Les problèmes des élèves en difficulté viennent du fait que leur forme d'intelligence n'est pas valorisée dans le système actuel, uniquement focalisé sur la forme logico-mathématique et la forme verbale", reprend le responsable du collège. Tout Français le sait bien : à l'école de feu Jules Ferry, mieux vaut avoir l'esprit "intello" plutôt qu'une âme d'artiste…
 
Rappel : l'association nationale de parents d'élèves FCPE, en partenariat avec la section française de Défense des Enfants International, procède à une enquête nationale sur les règlements intérieurs des établissements scolaires

Il n'est pas trop tard pour envoyer les copies de règlements intérieurs à Bernard Defrance :
par courrier, 57 allée Bayard, 93190 Livry-Gargan et par courriel

À la manière d’une équipe de football formée d’individualités brillantes, mais maladroite dans le jeu collectif, la France a commencé à perdre du terrain. Notre pays a reculé économiquement, en comparaison de ceux qui, il y a vingt-cinq ans, avaient un niveau de vie comparable au nôtre ; mais il a aussi reculé socialement, avec un chômage qui s’est installé jusqu’à finir par sembler inéluctable …
...Si la France investit plus de 6 % de son PIB dans l’éducation, les dépenses par élève dans le primaire sont de 17 % inférieures à la moyenne de l’OCDE alors qu’elles lui sont largement supérieures en ce qui concerne le collège et surtout le lycée. ..
...En dépit de la situation budgétaire, c’est un domaine dans lequel il ne faut pas hésiter à investir des ressources publiques, pour permettre à tous les enfants d’entrer à l’école avec toutes leurs chances de réussite. Il est d’ailleurs certain qu’un tel investissement se justifie pleinement du strict point de vue de l’équilibre intertemporel des finances publiques...


La comparaison avec le coût inférieur de l’enseignement en Allemagne est visiblement restée en travers de la gorge du ministre  : «La comparaison des systèmes éducatifs sur la base de statistiques est un travail important mais qui ne peut constituer à lui seul un guide pour l’amélioration de nos politiques publiques, surtout si cette comparaison est réalisée à grands traits, et sans une certaines dose de subtilité dans l’analyse», tacle Benoît Hamon…
… Il rappelle ainsi à Jean Pisani-Ferry qu’il est représenté dans le comité de pilotage de l’évaluation de la politique de lutte contre le décrochage, «un moyen certes moins visible mais au moins aussi essentiel pour votre institution et l’avenir de notre pays, de formuler des propositions concrètes pour permettre la réussite scolaire du plus grand nombre»

… L'économiste Jean Pisani Ferry lui a répondu le 7 août (dans une tribune publiée par «Les Echos») que «par nature, une étude fondée sur une approche 'top down' ne peut prétendre à la même granularité qu'une investigation sectorielle spécifique. Inévitablement, l'étendue du champ couvert se paie d'une moindre précision…»
… Au collège, le coût salarial par élève en France (2.392 dollars), reste inférieur à la moyenne de l'OCDE : la France se situe à cet égard en 22ème position sur 28 pays



la question de la rémunération, pour importante qu’elle soit, ne suffit pas à traiter le sujet (on sortait en 1994 de la “revalorisation” Jospin). Elle souligne en revanche qu’aucune décision ni aucun ministre n’a su renverser la vapeur et donner le sentiment aux enseignants que le pays leur savait gré de leurs efforts…
Qu’ a-t-on fait pour aider les professeurs à réussir mieux avec leurs élèves ? Qu’a-t-on fait pour leur exprimer, concrètement, une reconnaissance collective ? Leur a-t-on proposé des formations qui répondent à leurs préoccupations ? A-t-on encouragé ceux qui s’engageaient au-delà de leurs obligations statutaires, notamment dans la mise en œuvre de projets de tous ordres - voyages, sorties, numérique, culture, etc. ? Les a-t-on suffisamment encouragés et accompagnés au quotidien ?
Il n’existe pas de réponse simple à ces questions

…  L’école maternelle est une école bienveillante. Sa mission principale est de donner envie aux enfants d’aller  à  l’Ecole  pour  apprendre,  grandir  et  s’affirmer  comme  sujet  singulier. Elle  s’appuie  sur  un principe fondamental : tous  les enfants sont capables d'apprendre et de progresser. En manifestant sa  confiance  à  l’égard de  chaque  enfant,  l’école  maternelle l'engage à avoir confiance dans son propre pouvoir d’agir et de penser, dans sa capacité à apprendre et  réussir  sa scolarité et au-delà … …L’école maternelle est un cycle unique et première étape pour garantir la réussite de tous les élèves au sein d’une école juste pour tous et exigeante pour chacun …
… L’institution est attentive à ne pas  sous-estimer ni sur-estimer  les inégalités socio-économiques, territoriales, culturelles ou entre filles et garçons pour éviter l’apparition précoce de difficultés scolaires …
[ Conseil Supérieur des Programmes - PROJET DE PROGRAMME ET RECOMMANDATIONS - ÉCOLE MATERNELLE – juillet 2014 ]

… «le nouveau cycle CM1-CM2-6ème contraint premier et second degrés au rapprochement pédagogique …»
… «Un grand nombre d’enseignants n’avaient même pas regardé ces textes avant nos visites et les ont découverts en séance. Certains en avaient entendu parler, mais sans vraiment y avoir réfléchi» …
«… Si des réponses ne sont pas rapidement données et des solutions trouvées..., le conseil école-collège s’inscrira dans la suite de toutes les mesures et incitations réitérées régulièrement...sans parvenir à franchir une étape décisive …»
[ La mise en place des conseils école-collège - Rapport conjoint IGEN / IGAENR - mai 2014 ]

Nos ados ont les idées noires. Quand on est âgé de 10 à 19 ans,la dépression est la principale cause de maladie et de handicap selon un rapport publié mercredi par l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) sur la santé des adolescents…

… enquête internationale de l'OMS ? «Globalement dans la moyenne» explique Emmanuelle Godeau, du service médical du rectorat de Toulouse, responsable de l'enquête HBSC en France. Cette étude révèle que, concernant «la perception qu’ils ont de leur état de santé général, les jeunes Français font un peu mieux que la moyenne des autres adolescents européens, qu’ils aient 11, 13 et 15 ans»…

Année scolaire 2014–2015 : vacances de la Toussaint du samedi 18 octobre 2014 au dimanche 2 novembre 2014 pour toutes les zones. 
Vacances de Noël : du samedi 20 décembre 2014 au dimanche 4 janvier 2015.
Le calendrier complet toutes zones.

Une vie lycéenne moribonde
La vie lycéenne vivote en effet depuis vingt ans grâce à l’impulsion des quelques rares proviseurs impliqués ou des conseillers principaux d’éducation qui ont la confiance des premiers. Le plus souvent, ce sont les lycéens eux-mêmes qui rappellent les textes aux chefs d’établissement et les contraignent, en faisant le siège de leur bureau, chaque automne, à organiser les élections, à mettre en place les réunions des CVL, à consulter les dits CVL avant chaque conseil d’administration, à susciter les projets d’établissement… à faire vivre la démocratie lycéenne, tout simplement.
Il suffit, pour s’en convaincre, d’interroger quelques lycéens à ce sujet ou, mieux, quelques élus de la vie lycéenne. Il peut être intéressant aussi de faire, comme je l’avais fait récemment, une lecture attentive des règlements intérieurs des lycées dans lesquels, bien souvent, les droits mêmes des lycéens (expression, publication, réunion, association…) sont bafoués, au mépris des textes officiels et de la loi
 

Des demandes d’engagements concrets


Les-Droits-De
Un enfant est tranquillement assis dans une pièce avec un marshmallow. Et il ne le mange pas, puisqu’on lui a promis qu’il en aurait deux autres un peu plus tard s’il résistait à la tentation pendant un quart d’heure. Ce petit est un parangon de retenue, un expert ès gratifications différées. Il continuera – c’est en tout cas ce qu’affirment les psychologues – à faire preuve de la rectitude nécessaire pour décrocher ces récompenses si douces et difficiles à obtenir que sont la réussite scolaire, l’argent et la santé…
Que faire des enfants non-conformistes?..
Empruntant déjà aux idées de Taylor, l’école n’était guère conçue pour encourager l’esprit critique. Elle ne l’est pas davantage aujourd’hui, tant le salaire et la sécurité de l’emploi des professeurs dépendent de la réussite des élèves aux tests standardisés. «Ce que nous enseignons aujourd’hui, c’est l’obéissance, la conformité, le respect des instructions»

"La-Carte"
En réalité, c’est l’expansion des baccalauréats professionnels (créés par le ministre de l’Education nationale Jean-Pierre Chevènement en 1985) qui assure quasiment toute la progression du taux de bacheliers dans une classe d’âge depuis une vingtaine d’années : 23,7% de bacheliers professionnels dans la classe d’âge de 2014 contre 8% dans celle de 1994…
… les «objectifs de Lisbonne» envisagent 50% d’une classe d’âge à bac+3 («bac + licence»). Difficile à atteindre alors que la part des bacheliers généraux et technologiques dans une classe d’âge stagne obstinément à peu près à cette hauteur depuis vingt ans…
… alors même que Jacques Chirac n'a pas hésité à dire à la «Convention sur l'éducation et la formation» tenue par les partis de droite en janvier 1990 que «80%, ça n'a pas de signification, car il n'y a pas 80% d'élèves aptes à s'ouvrir à l'étude des concepts»

«Le plus drôle, c’est que les écoles privées, à force d’accueillir tous ces élèves qui fuient le système public finissent par être les seules qui abritent une vraie mixité sociale!» 
On peut modestement rappeler que le rôle de l’Éducation nationale, des communes, des départements, leur responsabilité, serait d’éviter la constitution et le renforcement de ghettos scolaires. Une conception intelligente des cartes scolaires, le maintien des équipes enseignantes en place, des propositions pédagogiques efficaces …

de nombreux postes – particulièrement les plus lucratifs – ne sont presque exclusivement accessibles qu'aux jeunes issus de milieux favorisés.
En Grande-Bretagne, par exemple, seuls 7 % des enfants fréquentent une école privée.
Mais environ la moitié des hauts dirigeants du pays et deux tiers de ses médecins ont été formés dans le privé. Cette tendance devrait s'affirmer,
et la prochaine génération de médecins britanniques sera probablement issue de familles appartenant aux 20 % de la population les plus riches…
… Le statut financier étant le principal déterminant des opportunités, les jeunes issus de milieux moins favorisés sont de plus en plus découragés
– une situation susceptible d'entraîner des troubles sociaux.
A moins d'accorder à la jeune génération des perspectives d'amélioration de son statut social et économique, le fossé entre riches et pauvres continuera de s'élargir, créant un cercle vicieux qu'il sera de plus en plus difficile de briser. ..

Quarante-deux établissements d'enseignement supérieur sont «hors-la-loi», dénonce l'Union nationale des étudiants de France (UNEF, syndicat majoritaire). Dans un communiqué publié mercredi 16 juillet, l'organisation étudiante accuse 14 de ces universités et grandes écoles de pratiquer des «frais d'inscription supérieurs au montant fixé nationalement par le ministère» et 33 universités de «sélectionner les étudiants à l'entrée de la licence et du master», et ce, «en toute illégalité»

Cela remonte à la mise en place de l’autonomie. On leur a transféré des charges sans leur donner les moyens correspondants. Elles se sont retrouvées à gérer la pénurie et à recourir à cette pratique qui va à l’encontre de leur mission de service public.
 «Le tirage au sort est scandaleux, comme toutes les méthodes disant aux bacheliers qu’ils n’ont pas le choix de leurs filières. Certains vont renoncer à poursuivre leurs études. D’autres devront s’inscrire ailleurs sans l’avoir choisi, ce qui contribue à l’échec…

Une pratique bizarre et discutable, qui renvoie à une équation très française : l’université doit accueillir tous les bacheliers qui le demandent avec interdiction de sélectionner, mais sans que l’Etat n’augmente les moyens alloués en proportion, et l’injonction de diminuer l’échec en première année ainsi que l’obligation de mieux insérer les étudiants professionnellement…
… Il y a aussi un phénomène de propagation. Dès lors qu’une université fixe des capacités maximales à une licence, les autres facs ressentent la pression des candidats recalés. Et sont incitées à adopter, à leur tour, des plafonds…
«Ce type de débat n’est pas à l’ordre du jour.» En clair, le gouvernement n’a aucune envie de s’attaquer à un sujet tabou, une ligne rouge pour les principales organisations étudiantes…
«Le système est arrivé à ses limites, estime Anne Fraïsse, il faut regarder les vrais problèmes et cesser d’utiliser l’université pour masquer le chômage…



La création des 60 000 postes reste en revanche menacée par plusieurs facteurs. En premier lieu la crise du recrutement. 3396 postes n'ont en effet pas été pourvus en 2013. Cette tendance ne devrait pas être démentie en 2014…
… Au total, malgré l'objectif répété de créations de postes, le nombre d'enseignants titulaires (primaire, privé, public et privé confondu) aura reculé entre l'élection de François Hollande et la fin de l'année 2014. Et ne devrait pas beaucoup augmenter d'ici 2017. 

Il y a tout d’abord les sujets chauds à traiter dans l’urgence : les ABCD de l’égalité, sur lesquels le ministère vient d'opérer un spectaculaire recul, la circulaire pour la refondation de l’éducation prioritaire, ou le suivi de la réforme des rythmes scolaires. La réforme qui monopolise le débat médiatique sur l’école depuis des mois n’occupe dans ce rapport que quelques pages, comme si l’administration voulait signifier que ce n’est qu’une réforme parmi d’autres …
… En clair, l’objectif des 60 000 créations de postes sera très compliqué à tenir et, pour l'instant, le compte n'y est pas
«La résorption du décrochage (stock) stagne depuis des années», le «stock» représentant la somme cumulée des quelque 140 000 jeunes qui décrochent chaque année. De plus, le «volume des jeunes pris en charge dans le cadre de la remédiation reste faible»
/.../ Le rapport rappelle l’existence d’une note demandant plus de rigueur dans l’octroi de dérogations :
 «Il n’y a pas lieu d’accorder des demandes de dérogation qui se ferait au titre de la convenance personnelle qu’elle soit en raison d’offre pédagogique ou d’autres motifs, sauf situation exceptionnelle à étudier au cas par cas.» ...
[ le rapport ]
 

"La-Carte-Scolaire"
… Ce qui m’énerve, ce sont les dames-patronnesses qui disent : «On est tous de toutes les couleurs, qu’est-ce que c’est chouette !» Oui, je le pense aussi, mais ça ne va pas m’empêcher de remarquer ce qui se passe autour de moi. Il y a des gamins noirs, et je ne vais pas dire qu’ils sont blancs. Elles, elles ne disent pas «mes pauvres», comme au XIXe siècle. Mais elles disent «je vais voir "mes roms"».
Voilà les bobos bien-pensantes, bien contentes d’habiter là, mais gênées quand leurs enfants fréquentent trop les enfants des hôtels sociaux de Couronnes, où vivent des sans-papiers. À l’anniversaire, on en invite un, mais c’est tout…
Tous les élèves n’ont pas les mêmes probabilités d’avoir leur bac selon le lieu où ils vivent. Mieux vaut être scolarisé dans l’académie de Rennes, Nantes ou Grenoble (+de 90% de taux de réussite au bac), qu’à Créteil, Amiens ou en Guadeloupe. L’échec scolaire varie assez fortement d’une académie à l’autre. A Amiens ou en Corse, plus de 15% des 18-24 ans sont sortis du système éducatif sans diplôme en 2010. Ils étaient deux fois moins à Rennes, et autour de 5% à Paris…

"La-Refondation"

À la manière d’une équipe de football formée d’individualités brillantes, mais maladroite dans le jeu collectif, la France a commencé à perdre du terrain. Notre pays a reculé économiquement, en comparaison de ceux qui, il y a vingt-cinq ans, avaient un niveau de vie comparable au nôtre ; mais il a aussi reculé socialement, avec un chômage qui s’est installé jusqu’à finir par sembler inéluctable …
...Si la France investit plus de 6 % de son PIB dans l’éducation, les dépenses par élève dans le primaire sont de 17 % inférieures à la moyenne de l’OCDE alors qu’elles lui sont largement supérieures en ce qui concerne le collège et surtout le lycée. ..
...En dépit de la situation budgétaire, c’est un domaine dans lequel il ne faut pas hésiter à investir des ressources publiques, pour permettre à tous les enfants d’entrer à l’école avec toutes leurs chances de réussite. Il est d’ailleurs certain qu’un tel investissement se justifie pleinement du strict point de vue de l’équilibre intertemporel des finances publiques...

…En augmentant l'écart éducatif entre une élite restreinte et une classe moyenne poursuivant des études standard, et en reproduisant des réseaux très fermés où les élites s'auto-recrutent, le système éducatif français freine la mobilité sociale. L'élitisme républicain est incontestablement élitiste, mais il est peu républicain.
La solution de ces problèmes est à la fois logique et connue. Lorsqu'existent de fortes disparités éducatives et culturelles dans une population et lorsque le système éducatif est sélectif, la dépense publique d'éducation ne doit pas être la même pour tous…
… l'OCDE recommande à la France de consacrer 0,13% du PIB par an à l'éducation prioritaire, soit plus du double de l'effort actuellement consenti. Un autre moyen consiste à favoriser la scolarisation des enfants dès l'âge de deux ans. Or, selon l'Observatoire de la petite enfance, cette scolarisation est passée de 35% à 11,6% entre le début des années 2000 et 2011. Enfin, l'Etat doit consacrer davantage de moyens à l'école primaire. Là encore, la France fait office de mauvais élève avec une dépense annuelle de 30% inférieure à la moyenne de l'OCDE…

...Tous les ministères sont concernés et contribueront à ce nouveau plan d’économies
Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche se voit annuler 189 millions d’euros de crédits budgétaires; le ministère des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports 25 millions ; le ministère de l'Agriculture 34 millions et le ministère de la Culture et de la Communication 69 millions d'euros...

"Refonder"
Il n'est pas évident de mener à bien une refondation lorsque les ingénieurs-architectes ont décidé de quitter le chantier avant le début des travaux. Pour Benoit Hamon qui n'est pas, à proprement parler, un spécialiste des questions d'éducation, c'est une vrai tuile…
… On le voit bien, refonder l'éducation nationale, premier budget de la nation et premier employeur de France, en cherchant parallèlement l'équilibre budgétaire, relève de la gageure. Afficher des objectifs ambitieux tout en étant incapable de les incarner par des mesures financées entraine fatalement la déception. Dès lors, il s'agit de parer au plus pressé et surtout d'éviter que la déception ne se transforme en colère

"Le-Socle"
On suppose que tout le monde est d’accord sur ce socle, dont la première mouture a été définie par une loi de 2005 ? Il n’en est rien.
Certes, la plupart des acteurs de l’enseignement français s’accordent à reconnaître les "piliers" sur lesquels s’appuie ce socle :
la maîtrise du français et d'une langue étrangère, la maîtrise rudimentaire des mathématiques, une culture humaniste et scientifique
pour agir en citoyen éclairé et une maîtrise des technologies de l’information et de la communication. 
Mais, en se montrant quelque peu schématique, on peut dire qu'une importante divergence philosophique sépare deux "bords"
- nullement liés, d’ailleurs, au clivage gauche-droite. D'un côté, ceux qui souhaitent que le socle insiste sur les "connaissances",
c’est-à-dire l’ensemble des choses apprises par les élèves dans les différentes disciplines (les équations à deux inconnues en maths, la Grande Guerre en histoire…). 
De l’autre, ceux qui voudraient que l’accent soit mis sur les "compétences", c’est-à-dire ce que les jeunes sont capables de faire dans la vie de tous les jours grâce à  ce qu’ils ont appris …

ESPE
Pour faire émerger un “esprit d’école” et une culture commune, à tous les enseignants, “au-delà des différences d’identités professionnelles et de statuts”, la commission préconise notamment un renforcement des troncs communs de formation. Pour l’heure, seulement deux écoles sur trois les ont mis en place.
La commission insiste également sur la nécessité de constituer “des équipes pluricatégorielles de formateurs professionnels”, venus du terrain. L’erreur à ne pas commettre, c’est de recruter des formateurs hors-sol, qui n’auraient plus de liens réels avec les élèves”

Dans la formation d’un enseignant, la dimension professionnelle et didactique dépend essentiellement des professionnels de terrain, qui ont vocation à être associés intimement au cursus, pas seulement lors du suivi des stages mais aussi dans les ÉSPÉ. De ce point de vue, l’universitarisation ne peut être un référentiel absolu pour toutes les parties de la formation. 
Cependant, il faut aussi admettre que les futurs enseignants doivent apprendre à faire évoluer leurs pratiques professionnelles, ne serait-ce que sous la pression du développement du numérique. Leur formation, y compris dans ces aspects pédagogiques et didactiques, ne peut se contenter de les amener à répéter de «bons» gestes ou de «bonnes» pratiques. Ce ne sont pas forcément les enseignants de terrain qui pourront leur transmettre cette capacité perpétuelle de remise en question de leurs savoirs et de leurs postures de professeur …
[ RAPPORT D'INFORMATION fait au nom de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication par la mission d’information sur les écoles supérieures du professorat et de l’éducation, Par M. Jacques-Bernard MAGNER, Sénateur - Juin 2014 - pdf  ]

… il faut bien avoir en tête qu’un large pan de la jeunesse fait ou a fait dès l’âge de 16 ans l’expérience d’une forme d’exclusion des voies d’insertion scolaire et sociale privilégiées par le système. Facteur aggravant si on parle spécifiquement de la dimension européenne : ce sont ces jeunes qui profitent le moins des programmes de mobilité étudiante.
Erasmus par exemple…
Oui, pour prendre le plus connu. Même ce dernier ne touche que 4% des étudiants européens, et environ 30.000 étudiants par an en France. Vous avez donc affaire à une population qui n’est pas représentative. L’étudiant Erasmus typique, selon une étude de l’Agence Europe Education formation est, je cite «une étudiante en troisième année de Licence de droit ou sciences sociales ou humaines, dont l’un des parents au moins a étudié dans le supérieur et dont la famille est plutôt aisée». Pour le dire autrement : on donne plus d’Europe aux plus Européens

Une école inégalitaire qui fait réussir les plus favorisés et laisse tomber les plus pauvres et les plus "éloignés" du système scolaire, habitants des quartiers-ghettos, des territoires ruraux et néo ruraux en déclin: le constat n'est pas nouveau.  Les études le démontrent, année après année.  Mais rien ne change, ou si peu…
… L'école française joue ainsi de moins en moins son rôle d'ascenseur social. Certes, il y a toujours des exemples édifiants de parcours individuels à brandir - un ou une jeune de banlieue passée par Sciences Po ou sorti(e) diplômé(e) d'une école d'ingénieurs…
Vous avez annoncé vouloir lutter contre les inégalités à l’école
de quelle manière comptez-vous vous y prendre ?
Benoît Hamon - Il est un mythe, celui d’une école républicaine égalitaire. Il est une réalité, celle d’une école où le poids des inégalités sociales pèse lourdement dans le destin scolaire des enfants. Il faut donc attaquer la réalité et non entretenir le mythe. Parler moins de la promesse de l’école, et la tenir davantage. Car la promesse d’égalité n’est pas tenue. Nous mettons donc en oeuvre une politique globale : la priorité au primaire. L’objectif est d’anticiper et prévenir le décrochage. La priorité au primaire se fonde sur la réforme des rythmes scolaires, le dispositif «plus de maîtres que de classes» et la scolarisation avant trois ans…
60 000 postes dans l'éducation à la fin du quinquennat Hollande? Les rapports annuels de performances 2013 (RAP), publiés cette semaine sur le site du ministère du budget, dressent un bilan d'étape mitigé. On y apprend notamment que seuls 6405 postes des 9981 qui auraient dû être créés en 2013 l'ont été. La faute à deux facteurs principaux …


… le rapport de l’Europe explore différents horizons afin de moderniser le métier d’enseignant et de redorer son image afin d’attirer les candidats. On le voit aussi, la situation en France est assez éloignée des recommandations de l’Europe, qui recoupent celles de l’OCDE. Pire, les projections, à partir de ce qui existe et de ce qui est en chantier, n’invitent pas l’optimisme : tout porte à croire que le recrutement des profs va continuer à être problématique.
Cette année, le concours de professeur des écoles a retenu des candidats à 4,17 / 20 de moyenne dans certaines académies, et le CAPES de maths n’a pas permis de pourvoir tous les postes…
La mauvaise image de la profession et les bas salaires expliquent en grande partie la désertion du métier. C'est ce que relève l'étude, qui s'est appuyée, pour parvenir à ses conclusions, sur un sondage, réalisée par Bruxelles auprès de plus de 80 000 professeurs, étudiants, formateurs et chefs d'établissement de 31 pays européens. En France, à titre d'exemple, la moitié des postes mis au dernier concours de mathématiques n’ont pas été pourvus. 
En outre, si la plupart des sondés répondent qu'ils ont choisi ce métier par vocation, un enseignant sur trois envisage de changer de profession. En France, ils sont même plus de 60% à rêver d'une reconversion
… Côté financement, Bruxelles se montre toutefois réaliste : la crise est un frein majeure à la mise en place de ces mesures….
[ New study: How to make the teaching profession more attractive - mai 2014 ]

… Benoît Hamon a estimé qu'"un maire ne peut pas plus faire obstacle à ce qui ne relève pas de sa compétence, de ses prérogatives et de son pouvoir (le temps scolaire) qu'un ministre ne peut obliger les communes à organiser le temps périscolaire".
Qu'importe, le gouvernement se retrouve ainsi pris au piège par une communication à double fond: une moindre fermeté sur les modalités d'application de la réforme, conjuguée à un discours volontariste sur l'absence de "recul" sur ce dossier. Les deux ne vont pas ensemble.
Et les élus l'ont bien compris. ..
Mais la possibilité de libérer le vendredi après-midi, d’avoir des journées de 6 heures de cours et la «non-sanctuarisation» des petites vacances cristallisent de nombreuses critiques.
Lyon, par exemple, annonce son intention de libérer le vendredi après-midi. Quelle est votre réaction ?
Benoît Hamon - La formule des 8 demi-journées et vendredi après-midi libéré n’est pas celle que je préconise :
elle est pensée pour le milieu rural, car cela permet de partager les intervenants. Mais je ne peux pas empêcher une commune de proposer une organisation du temps scolaire dans ce cadre, même s’il est, à nos yeux, inadapté. Cela étant, à Lyon comme ailleurs, les apprentissages seront concentrés sur cinq matinées et les enfants en tireront bénéfice. Chacune des organisations est validée par le rectorat. Si on veut alléger la semaine, passer de 24 à 23h, notre préconisation, qui est expliquée dans la circulaire qui accompagne le texte, est de favoriser le rétrécissement des vacances d’été…
Rappel : l'association nationale de parents d'élèves FCPE, en partenariat avec la section française de Défense des Enfants International, procède à une enquête nationale sur les règlements intérieurs des établissements scolaires.
Il n'est pas trop tard pour envoyer les copies de règlements intérieurs à Bernard Defrance :
par courrier, 57 allée Bayard, 93190 Livry-Gargan et par courriel,
 Les résultats de cette enquête devraient pouvoir être publiés pour la prochaine rentrée scolaire et donner lieu à des propositions pour le ministère de l'Education et les parlementaires.

Peut-on réellement favoriser la coopération dans une société dominée par la compétition?
C’est à ce point, une fois de plus, que le pédagogique rencontre le politique. Si les moyens d’expression de la bienveillance, au quotidien, relèvent du premier, ses conditions procèdent du second. Peut-on bâtir une école de la confiance dans une société percluse de défiance? Peut-on réellement favoriser la coopération dans une société dominée par la compétition? Comment convaincre ceux qui, à bon droit, estiment qu’il faut tanner le cuir de leurs élèves ou de leurs enfants, qu’une éducation fondée sur la bienveillance ne fera pas d’eux des agneaux dans un monde de loups?..

"Refondation" ... "réforme" ... ?
… Comme le souligne Antoine Prost, la réforme de l’école suppose une conjonction de la demande sociale, des acteurs éducatifs et du champ politique. Or une telle situation tend à se raréfier. Faisons trois hypothèses pour expliquer cette évolution. Dans une société française qui entretient un rapport obsessionnel à l’institution scolaire, ce consensus est difficile à obtenir [7]. Il l’est d’autant plus que, depuis 1995, l’arrêt de l’expansion scolaire (stagnation de l’accès au baccalauréat) tend à durcir les oppositions entre les acteurs du système éducatif [8]. Enfin, non seulement les attentes quant à l’école s’accroissent et s’avivent, mais elles sont contradictoires : mixité sociale et libre choix, sanctuarisation et ouverture, autonomie et crainte d’un système à plusieurs vitesses…

Sacrifiée sur l'autel budgétaire, l'idée que l'espace et l'homme interagissent, que le simple fait de donner envie aux gens de rester sur place, de discuter, peut produire des interactions informelles qui, un jour, débouchent sur des collaborations formelles - ce qu'on appelle, d'un terme trop vague, le "travail en équipe". Tenue pour nulle l'hypothèse selon laquelle un enseignant qui a envie d'effectuer une partie de son travail hors de la classe à l'intérieur de l'établissement se rendra plus disponible, de fait, pour ses collègues mais aussi pour ses élèves.
La suppression de la journée de pré-rentrée, s'inscrivait dans la même logique




Le projet du Lycée est aujourd’hui mis en péril de façon insidieuse : petit à petit, à grand renfort de «ce n’est pas possible», les particularités du Lycée Expérimental ( Saint Nazaire ) un lieu de diversité et de lutte contre les inégalités ont tendance à disparaître, victimes d’une volonté de normalisation.
L’administration dresse des murs, normalise, réfrène des libertés au nom du sécuritaire, fait en sorte que les expérimentations pédagogiques soient des écoles comme les autres. Est-ce à ce point difficile de préserver l’originalité, l’invention et la création ?
Appel à témoignages.

... Depuis que cette circulaire est en vigueur de nombreux établissement ont dû annuler des sorties pour des raisons de coût et de souplesse.
Dans le cadre spécifique du Lycée Expérimental, pour qui les sorties sont un axe pédagogique fort, cette circulaire empêche le fonctionnement ordinaire et remet en cause son existence.
Nous demandons donc la révision de la circulaire n° 2011-117 du 3-8-2011 du Ministère de l'Éducation Nationale, afin de permettre le transport d'élèves par des enseignants volontaires dans le cadre de leur travail...

Quelques mois plus tard, un autre ministre, Edgar Faure, suite à la loi d'orientation de l'enseignement supérieur, et à sa réforme de l’Education nationale (tiers temps pédagogique, participations dans les lycées, suppression du latin en sixième..) :«En décrétant le changement, l’immobilisme s’est mis en marche et je ne sais plus comment l’arrêter.» 

Si le cancre est un enfant qui n’aime pas l’école, car en retard ou en échec scolaire, existe-t-il des méthodes pédagogiques nouvelles qui permettent de l’aider ?
Après un reportage dans un collège de garçons du XXe arrondissement de Paris, Marc Gilbert tente de répondre à la question avec ses invités …

… D. Meuret insiste sur le rôle crucial joué par un rapport très fouillé de la commission Parent de 1963, institué par une loi et visant à dépasser l’ancien modèle scolaire jugé obsolète. Il le compare à celui, moins ambitieux, du colloque d’Amiens organisé en France en 1968. Si les deux avaient des buts et conceptions similaires, visant la modernisation de l’école et son adaptation à la diversification du profil des élèves, il semblerait cependant que le second n’ait pas conduit à un changement de paradigme….



Indigestion de Pisa. 83 universitaires s'inquiètent dans une tribune publiée par The Guardian mardi de l'influence des études sur les politiques éducatives. Britanniques, Australiens, Américains, Suédois... Tous critiquent "les conséquences négatives" de ces classements…
… Ils demandent donc à l'OCDE de ne pas mener la prochaine étude (prévue pour 2015) pour laisser à l'école le temps de souffler un peu….
… les interprétations erronées sont légions. La plus courante consiste à oublier que les tests sont faits sur des élèves de 15 ans -ce qui implique par exemple qu'il faudra attendre 2021 pour s'intéresser aux conséquences de la réforme des rythmes scolaires à partir de Pisa…
"Il y a un décalage entre le contenu de Pisa et l'usage qui en est fait par le politique, pas seulement en France", note Nathalie Mons …

… Les signataires de cette lettre reprochent au programme PISA d’accroître le stress et la souffrance à l’école et d’appauvrir le travail des enseignants réduits à administrer des batteries de tests de plus en plus longs, de détourner les gouvernements de missions moins quantifiables mais tout aussi essentielles de l’école, comme former de futurs citoyens éclairés, développer le sens moral, civique, artistique, etc. Et de pointer : "Préparer des jeunes gens à un emploi rémunéré n’est pas le seul ni le principal objectif des politiques publiques  d’éducation." Pisa au pilori ? Une idée qui pourrait faire mouche en France…


"Rythmes"

… Benoit Hamon a donc fini par trancher, et tout décalé d’un jour. Les profs rentreront le lundi 1er septembre et les élèves le lendemain, le mardi 2 septembre. Mais cela ne résout rien. Au contraire
… Ce qui ressort de cette séquence politique, c’est le sentiment que l’amateurisme règne au ministère : mauvaise appréciation de la situation, méconnaissance de la réalité du métier, manque cruel de clairvoyance et d’à-propos, calculs politiciens de pied-nickelé, communication défaillante

un « rapport fantôme », un document d’une cinquantaine de pages qui n’a aucune existence officielle…
«Le coût moyen s’établit à 186 euros par enfant et par an, et le coût médian à 168 euros», apprend-on. 
Peu ou prou l’estimation de 150 euros faite par l’Association des maires de France (AMF).
Mais le coût brut varie très fortement d’une collectivité à l’autre :
293 euros pour Arras, 261 euros à Nevers, entre 300 et 390 euros à Creil... 
A Paris, où les 6 700 ateliers périscolaires ont été très diversement accueillis par la communauté éducative, le chiffre de 442 euros est avancé…
[ PROJET DE RAPPORT de la Mission d’Information Commune sur la réforme des Rythmes scolaires – Rapporteuse Mme Françoise CARTRON, Sénatrice de la Gironde – pdf ]

Alors que Benoît Hamon vient d’annoncer la prolongation d’un an du fonds d’amorçage, l’AMF et la Caisse nationale des affaires familiales (Cnaf) ont lancé le 12 mai 2014 une vaste enquête auprès des 24.000 communes et des EPCI ayant une école, pour cerner plus finement leurs besoins de financement concernant la réforme des rythmes scolaires…

[ Le questionnaire "rythmes scolaires" - AMF-CNAF - pdf ]

L’AMRF dénonce la double peine pour les ruraux déjà contraints par des surcoûts liés aux distances, à la densité de population et à l'obligation de mises aux normes disproportionnées ;
L’AMRF exprime sa demande d'une participation pérenne de l'Etat pour les rythmes scolaires. La première victoire lors de la loi de finances 2014 sur la non-discrimination envers les communes qui n’ont pu mettre en place cette réforme, renforce la pertinence d’un combat pour obtenir que lorsque l’Etat décide, l’Etat paie …

Rendre les enfants davantage acteurs. Non M. Hamon, la disponibilité aux apprentissages des enfants n'est pas présente que de 9h à 11h. Quand on les motive, qu'on donne du sens à tout ce qu'ils font, qu'on démarre le matin en évitant qu'ils ne s'énervent, qu'on alterne les activités selon leur coût cognitif, qu'on rend les enfants davantage acteurs de leurs apprentissages en les autonomisant plus, qu'on les informe bien sur les objectifs à atteindre, qu'on leur apprend à s'auto-évaluer et à profiter des erreurs qu'ils commettent, ils sont disponibles bien plus longtemps
 

«Pour une année supplémentaire, le fonds d’amorçage, calibré sur les communes qui connaissent le plus de difficultés [...], sera prolongé», a déclaré le ministre de l’Education nationale sur France Inter, sans préciser le montant de l’aide…
… En ce qui concerne le montant, Benoît Hamon s’est borné à promettre qu’il serait «adapté» aux besoins.
«On estimera le montant en fonction des difficultés réelles rencontrées dans certains territoires ruraux, dans un certain nombre de communes», a-t-il dit, assurant que «l’engagement du gouvernement est clair».
Selon les estimations de l’Association des maires de France (AMF), la réforme coûterait en moyenne 150 euros par enfant aux communes, soit près d’un milliard d’euros par an.
[ Décret n° 2014-457 du 7 mai 2014 portant autorisation d'expérimentations relatives à l'organisation des rythmes scolaires dans les écoles maternelles et élémentaires ]


… je suis opposé à l'idée de mettre en place un moratoire. C'est le meilleur moyen de repousser d'encore trente ans cette réforme nécessaire. Mais contraindre les élus en leur fixant une date limite n'apporte aucune solution aux problèmes auxquels les maires ruraux doivent faire face…
Le gouvernement doit savoir ce qu'il veut. Encore une fois, il met la charrue avant les bœufs. Les villes se livrent à une surenchère d'équipement pour être toujours plus attractives que leurs voisines, les travaux d'aménagement sont omniprésents pour répondre à une concurrence effrénée. La déperdition de moyens est grande dans cette rivalité. Est-ce la priorité ? Il faut plus de péréquation entre les communes et accompagner celles qui ont le moins de moyens…

le gouvernement devrait mettre à contribution la Caisse nationale d'allocations familiales (CNAF) pour aider les maires à financer la réforme avec moins d'animateurs. Cela reviendrait à prolonger «l'expérimentation» annoncée en novembre dernier par Jean-Marc Ayrault sur l'assouplissement des taux d'encadrement pour l'ensemble des activités périscolaires. La CNAF financerait alors non seulement les activités liées à la réforme des rythmes mais aussi celles des centres de loisirs (les deux heures du soir). Au lieu d'avoir à recruter 1 animateur pour 14 enfants (pour les plus de 6 ans) et 1 pour 10 en dessous, les normes seraient assouplies à 1 pour 18 et 1 pour 14…
Cela apaisera-t-il tous les élus, alors que l'Association des maires de France (AMF) réclame la pérennisation du fonds de l'Etat ? La question se posera, d'autant que le financement de la CNAF sera soumis à condition, avec la mise en place d'un projet éducatif territorial…

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE) a rejeté, lundi 5 mai, le projet de décret complémentaire sur les rythmes scolaires introduisant des assouplissements pour les communes qui peinent à mettre en place la semaine de quatre jours et demi pour septembre. Le texte a recueilli trois voix en sa faveur, trente et un suffrages hostiles et vingt-sept abstentions…
… Le premier décret sur les rythmes avait été rejeté au CSE avec cinq voix pour, trente abstentions, vingt-trois votes contre et quatorze refus de vote, sans recueillir aucune voix de syndicats d'enseignants, ni de fédérations de parents, et il avait également été rejeté par le CTM.


 

«Les professionnels du tourisme rappellent que la détermination des vacances scolaires, si elle répond à des impératifs pédagogiques, a également des impacts importants sur l'emploi touristique français, qui représente 2 millions d'emplois directs et indirects», indiquent-ils dans leur communiqué. Pour cette raison, ils réclament, comme ils l'avaient déjà fait en septembre dernier, que le gouvernement accompagne «l'éventuelle réduction des vacances estivales par l'instauration d'un zonage afin de pouvoir accueillir et recevoir les touristes dans les meilleures conditions»

  Rythmes ... & blues


L’idée était belle
Faute de courage politique, faute de mobilisation de l’intelligence collective du terrain, faute d’écoute des spécialistes libres, elle n’aura été qu’un mirage.
Elle aura vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin… Exactement comme la loi de 1989 (loi Jospin) qui était pourtant refondatrice et qui fut abandonnée par ses propres auteurs et leurs amis, sans une larme, et sans jamais avoir citée comme une référence pour la prétendue refondation de 2012

Confusions entretenues à souhait ensuite. Entre rythmes scolaires et activités périscolaires dans un premier temps. Entre loi de refondation de l’école de la République et décret relatifs aux rythmes scolaires dans un second temps. Entre enseignements scolaires et activités périscolaires dans un troisième temps. Le flou était donc de mise : c’est qu’il y avait peut-être un loup….
… Comment ne pas s’apercevoir que la viabilité de nombre d’écoles rurales serait à moyen terme hypothéquée en raison du manque de ressources du tissu associatif local, et ce dans un contexte de promotion outrancier de la métropole parée de toutes les vertus ? Comment ne pas craindre le risque d’externalisation dans le périscolaire de matières artistiques ou sportives obligatoires, et ce dans un contexte de recentrage sur un socle commun minimaliste ?..

   A défaut de "hussards", noirs, quelques "grognards", grognons ...
- La journée de six heures expérimentée depuis plus d'un siècle a montré ses limites …
- Le vendredi après-midi doit exclusivement être réservé aux enseignements. En effet, plus la coupure du weekend est longue, plus la reprise des apprentissages scolaires est difficile…
- Toutes les petites vacances, notamment celles d'automne, durent deux semaines…
- Les évaluations des «nouvelles expérimentations» en matière d'aménagement ne se limitent pas à des statistiques…
Sans la prise en considération des quatre clauses précédentes, l'ORTEJ considère que «les nouvelles expérimentations» ne respectent pas les «rythmes naturels d'apprentissage et de repos des enfants afin de favoriser la réussite de tous à l'école primaire», conformément au décret du 24 janvier 2013.
  Rythmes ... & blues
Près d'un directeur d'école sur deux s'est fait agresser, verbalement ou physiquement, par des parents, l'année passée, selon une vaste étude. 
Du jamais-vu.
un faisceau de statistiques annonce aussi l'orage. D'après Georges Fotinos, c'est «la méfiance, voire la défiance» qui domine le discours des directeurs vis-à-vis de ces parents qu'ils croisent tous les jours ou presque à la grille de l'école. Pour 40,3 % d'entre eux, les liens se sont détériorés ces dernières années. Six sur dix pensent aussi que les parents «ne savent pas ce qu'il faut faire pour aider leurs enfants à la maison». Mais, surtout, le chiffre est édifiant : près d'un sur deux affirment s'être fait agresser verbalement ou physiquement par des parents lors de l'année écoulée. «Les parents nous prennent de plus en plus pour des marchands de savoir : ils exigent un catalogue de prestations, comme si on était un comité d'entreprise»

[ L’état des relations école/parents : "entre méfiance, défiance et bienveillance" - pdf 
Autre enquête en cours : Enquête nationale "Etat des lieux des relations Lycées-Collèges / Parents d'élèves" ]
Georges Fotinos est chercheur associé à l’OIVE (Observatoire International de la Violence à l’Ecole)
la seule enquête de victimation d’ampleur auprès des personnels de maternelle et d’élémentaire dont on disposait jusqu’à présent - celle divulguée à la rentrée 2012 par le sociologue Eric Debarbieux et... le même George Fotinos - faisait, elle, clairement le distinguo entre agressions physiques et verbales, sans donner, il est vrai, exclusivement la parole aux directeurs d’école (quasiment les deux tiers des 11 820 réponses traitées émanant d’enseignants)…

On entend parler d’une «judiciarisation» de l’école. Confirmez-vous ce phénomène ?
On observe, tant du côté des enseignants que des parents, une volonté de faire appel à la justice pour résoudre un conflit. C’est un fait de société. Une société qui veut réparation à tout et fait plus facilement appel à la justice qu’avant. On voit bien que l’école n’est pas un sanctuaire : elle est le reflet de la société et de ses maux…
… La formation des enseignants, renouvelée dans le cadre des toutes nouvelles Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE), a un rôle fondamental à jouer. Elle doit amener l’enseignant à intégrer que même s’il n’a que l’enfant face à lui en classe, c’est tout son environnement qu’il doit désormais prendre en compte. Autrement dit, ce ne sont pas seulement 25 élèves qu’il a face à lui... mais beaucoup plus.

1861 : «Les parents, ce fléau des écoles, sont convaincus du tort des maîtres. L'enfant indocile répond effrontément aux réprimandes que son maître lui adresse ; et s'il subit une punition ce n'est qu'en menaçant son maître et quelquefois en l'injuriant. Ses parents le soutiennent. Quand le maître, pour mettre une digue à tant d'insubordination veut sévir, l'enfant indocile lui répond fièrement: 'je ne veux pas être puni, je suis innocent ; vous êtes injuste, je le dirai à mes parents qui le diront à d'autres'. Et les parents viennent vous assaillir. Autrefois le maître était craint ; aujourd'hui on en rit parce qu'on ne le craint plus» …
1912 : «Désordre de notre civilisation industrielle, manque d'enseignement professionnel, crise de la puberté, désorganisation de la famille, voire désarroi des croyances et des idées sont des causes qui produisent dans tous les pays d'Europe les mêmes effets». ..


… autre principe cher à ce collectif, c'est la mixité sociale. «Nous ne voulons ni d'une école d'élite, ni d'une école de la dernière chance.» Un tiers des enfants seraient issus du quartier d'implantation ; les élèves d'un autre tiers viendraient par choix des parents ; le dernier tiers des places seraient réservées aux enfants en difficulté dans le système traditionnel. Pour le secondaire qui n'ouvrira pas la première année, on pourrait imaginer que les élèves soient en collège ou en lycée classique le matin et à l'auto-école l'après-midi…
Le collectif 123 Ecole est un ensemble d’acteurs de l’éducation (enseignants, parents, éducateurs, animateurs), de bénévoles qui soutiennent le projet de création d’un établissement public innovant.
Actuellement, le collectif compte plus de 500 personnes souhaitant et soutenant la création de cette école : l’école coopérative Célestin Freinet…

Au-delà du débat sur le genre, n’y a-t-il pas deux conceptions de l’école qui s’affrontent, l’une qui transmet des connaissances, l’autre qui éduque ?
Cette alternative n’est pas défendable. On ne peut instruire sans éduquer. Enseigner, c’est aussi apprendre à respecter certains résultats de la science même s’ils ne vous font pas plaisir. L’éducation s’immisce partout. Quand on emmène des classes à la piscine et que les garçons se moquent des filles trop grosses, le professeur ne devrait rien dire car c’est de l’éducation ? C’est très français de croire que l’on peut séparer éducation et instruction. Il n’y a qu’en France qu’existe la fonction de conseillers principaux d’éducation (CPE). On peut voir des collégiens se bagarrer et entendre le professeur dire : «Je vais chercher le CPE.»

L'usage abusif des smartphones et des consoles de jeux entrave le développement équilibré du cerveau, selon Byun Giwon, docteur au Balance Brain Centre de Séoul. Les gros utilisateurs sont susceptibles de ne développer que le côté gauche, laissant le côté droit inexploité ou sous-développé.
Parmi les risques : d'importants troubles de la mémoire, de l'attention, sous-développement émotionnel, et dans 15% des cas, premiers signes de démence.
Les médecins sud-coréens parlent de "démence digitale" (64 % des jeunes possèdent un smartphone, 18,4 % des 10–19 ans l'utilisant plus de 7 heures par jour).
- Surge in "digital dementia"
… Les 510 élèves de l'établissement et les 45 professeurs et personnels d'encadrement sont dotés de tablettes numériques équipées de manuels scolaires leur permettant de se passer des livres scolaires…
… Selon le président du conseil général, le coût de mise en place de cette expérimentation est de 470.000 euros, dont 50 % pour les tablettes. «Ce projet est très intéressant car il permet de mettre à jour les programmes, ce qui n'est pas le cas des livres classiques renouvelés en région Centre tous les quatorze ans en moyenne»
obsolescence technologique, batterie, casse, perte ? … :
En ce qui concerne les smartphones, leur durée de vie est équivalente à environ deux à trois ans seulement !
… cette application surfe sur une nouvelle tendance qui ressemble à un effet boomerang face aux conséquences invasives du Web social : le repli sur soi
"Les outils antisociaux se démocratisent", assurait Chris Baker au Washington Post le 17 mars, décrivant Facebook et Twitter comme de vieux ascenseurs dans lesquels les gens s'entassent…
… la plateforme communautaire la plus connue du genre, Ask.fm, qui invite ses utilisateurs à se poser des questions, souvent "trash", traîne déjà son lot de drames. Revendiquant plus de 50 millions de fidèles à travers le monde (dont 1,3 million en France), le réseau social, adulé des adolescents, a vu plusieurs de ses habitués se suicider …

… Les 510 élèves de l'établissement et les 45 professeurs et personnels d'encadrement sont dotés de tablettes numériques équipées de manuels scolaires leur permettant de se passer des livres scolaires…
… Selon le président du conseil général, le coût de mise en place de cette expérimentation est de 470?000 euros, dont 50 % pour les tablettes. «Ce projet est très intéressant car il permet de mettre à jour les programmes, ce qui n'est pas le cas des livres classiques renouvelés en région Centre tous les quatorze ans en moyenne»…

obsolescence technologique, batterie, casse, perte ? … :
En ce qui concerne les smartphones, leur durée de vie est équivalente à environ deux à trois ans seulement !
«Il n’y aura ni report, ni retrait, ni libre choix, toutes les communes passeront aux nouveaux rythmes à la rentrée, explique le service de presse, le décret sur la nouvelle semaine scolaire n’est pas modifié. Simplement, on va étudier au cas par cas, au niveau du terrain, les communes ayant des difficultés. Si elles ont des projets innovants mais qui n’entrent pas dans le cadre du décret, on pourrait assouplir».
Consternation: alors où est le changement ?
On croit comprendre qu’il y aura des dérogations…
… A ce stade, on a un peu perdu le fil…

… Le Premier ministre veut le redressement de l'Ecole. L'Ecole n'a pas besoin d'être redressée mais d'être refondée. La FCPE attend que la promesse des 60 000 postes pour l'Education nationale soit tenue. L'Ecole doit être véritablement transformée pour préparer tous les enfants à leur future vie d'adultes et ne pas se contenter de «transmettre des savoirs et les valeurs de la République». Les réformes du collège et des programmes scolaires doivent être menées rapidement

Chez les parents, ils sont 69 % à déclarer qu'ils conseilleraient le métier d'enseignant à leurs enfants. 
En premier lieu parce qu'il permet de "concilier vie professionnelle et vie privée".
En revanche, seulement quatre enseignants sur dix conseilleraient ce métier à leurs enfants…
Les deux catégories de sondés divergent également sur leurs attentes. Alors que les parents attendent surtout une transmission des savoirs, les enseignants eux souhaitent transmettre "le goût de l'effort". Et ces derniers aimeraient pouvoir "davantage développer les compétences personnelles de chaque élève"…
[ Le métier d’enseignant Avril 2014 – OpinionWay – APEL – pdf ]

… Alors que cette école de campagne atteint les quotas pour la rentrée 2015, l'inspection académique envisage quand même la fermeture d'une classe.
 Pourtant la méthode de travail qui est mise en oeuvre devrait être une référence pour la réflexion sur l'évolution de l'école de la république…
… 23 élèves est le nombre minimum nécessaire pour garder une classe ouverte selon l'éducation nationale, alors que ce devrait être le nombre maximum accepté pour un bon apprentissage.
 Le gouvernement s'étonne de l'échec scolaire général et de la violence croissante dans les écoles…
 Aidez nous à sauver notre école !

Chaque commune se «bat» pour assurer un niveau minimum de population, d’équipements et de services. Le résultat en est la prolifération des maisons isolées, l’allongement démesuré des réseaux, la multiplication des équipements et des coûts de fonctionnement afférents. Pour une population supérieure, l’Allemagne compte deux fois moins d’écoles primaires que la France, ce qui l’autorise à s’occuper plus des enseignants et des élèves que des bâtiments ; en Lozère, un professeur enseigne à onze élèves en moyenne, contre trente en Seine-Saint-Denis ; il est désormais question d’apporter (quand et avec quels moyens ?) la fibre optique dans chaque cour de ferme !

«Quand ma fille a eu dix ans, mon mari s'est rendu compte que dans toute sa vie, elle n'avait probablement pas passé plus de dix minutes sans supervision adulte».
Pourtant, les enfants ont réellement besoin d'explorer le monde par eux mêmes, de prendre des risques et d'apprendre à surmonter leurs peurs. Sans ce genre d'expérimentation, ils deviennent potentiellement plus peureux et phobiques …
… Les cabanes faites par les enfants n'ont pas l'air très stables mais le but est de les laisser faire des erreurs et recommencer... Ça s'appelle l'enfance, non?

Aux Etats-Unis, un certain nombre de thèmes ne doivent pas être abordés dans les sujets de concours et d’examens car ils pourraient susciter chez les candidats des réactions nuisibles à leur concentration et à leur efficacité. Il existe même une charte officielle transmise à chaque rédacteur afin de les briefer sur les « contenus partisans, sensibles ou controversés »…
… d’où vient cette impression que c’est la vie elle-même, dans ce qu’elle a de complexe, d’ambivalent, de nuancé, de vaste et de profond, que l’on arrête aux portes des salles d’examens ? D’où vient ce sentiment qu’on prend les élèves pour des névrosés immatures ?...

Une bousculade, un ricanement, une insulte - c'est la répétition qui permet de qualifier les faits de harcèlement. Sur 12 millions d'élèves, 10 % en seraient victimes de façon plus ou moins violente. Parfois jusqu'au suicide. Longtemps, l'Education nationale est restée muette sur ce sujet. "Depuis plusieurs années, l'école s'est repliée sur elle-même. Elle s'est coupée de la société, excluant tout ce qui pouvait l'éloigner de sa vocation initiale, la transmission des savoirs", analyse Eric Debarbieux …
Il est temps. Avec l'essor d'Internet, le cyberharcèlement prend des formes encore plus sournoises et violentes…


Baisse des dotations d’Etat aux collectivités territoriales …
Hausse des effectifs scolaires à la rentrée 2014 …
Elémentaire - Lycée

Et maintenant ?
L’histoire dira la trace laissée par Vincent Peillon : fut-il un bon ministre de l’éducation nationale, là au mauvais moment ?
Ou un grand ambitieux pressé, maladroit et légèrement malentendant ?...
En attendant, l’avenir risque fort de s’assombrir pour l’école :
on croit comprendre qu’elle ne sera plus la priorité du gouvernement et que les 50 milliards lui tournent autour…
Quant à Benoit Hamon …

Trois nouveaux recours contre Base élèves
… Ces démarches, bien que portées individuellement, sont un outil de la lutte au long cours menée par tous ceux – citoyens, parents d’élèves, enseignants, directeurs d’école … – qui malgré les pressions, les menaces, les sanctions, continuent de refuser le fichier Base Elèves et son corollaire de bases de données centralisées et partageables mis en place par l’Education Nationale. Des bases de données toujours plus nombreuses, dont les mises en relations comme les utilisateurs ne cessent de se multiplier …
du passage de Vincent Peillon, le grand public retiendra surtout la réforme des rythmes. Ce sujet hypermédiatique, qui touche toutes les familles et les 323 000 professeurs des écoles, a phagocyté tous les autres…
… Sur ce sujet, Vincent Peillon a pourtant mésestimé les résistances au changement et raté sa communication. Il n'est pas parvenu à faire comprendre le sens de son dispositif, qui a été perçu comme une course inter-villes au plus grand nombre d'activités offertes… C'est d'abord cet échec qu'il paie aujourd'hui…
… Il aurait aimé être celui qui retire un avantage aux enseignants des classes préparatoires pour le donner aux enseignants des zones d'éducation prioritaire.
La France des privilèges n'était pas mûre pour ça

En 40 ans, 15 ministres se sont succédé à la tête du ministère de l'Education nationale…
… ces deux-là (Jospin et Bayrou) ont fait exception et sont restés environ quatre ans à la tête du ministère de l'Education nationale (alors que la moyenne est de 2 ans et demi)...
ça pose la question de la "durée" d'un ministre, en particulier de l'éducation nationale. Quand les profs de lycée ont compris que la (pseudo) transformation de l'école et de la société commencerait par le primaire, qu'ont-ils pensé? Ils en ont conclu qu'ils étaient dans la situation de  2000 personnes qui attendent devant un restaurant. Le cuistot promet que tous auront un repas chaud, mais

… dans la classe inversée, l’interaction est érigée en principe.
Les élèves peuvent travailler en petit groupe, s’expliquer les choses entre eux, résoudre un problème en collectivement. (Travailler en équipe, c’est traditionnellement une compétence que l’école peine à enseigner.)
Alors que donne la classe inversée? On sait depuis longtemps que des professeurs enthousiastes et motivés produisent toujours des effets positifs sur les résultats des élèves, donc oui les effets sont, en toute logique, bénéfiques pour cette pédagogie qui est toujours choisie par des enseignants à la recherche d'innovation pour leurs cours…

… «Ainsi, beaucoup d’adolescents somnolent dans la journée au moins une fois par semaine, certains d’entre eux avouent dormir pendant les pauses ou certains cours, et il n’est plus rare que les profs réveillent un élève endormi», relève l'Inpes….
… «De nombreux travaux confirment le lien entre usage excessif des nouveaux médias, en particulier électroniques, et mauvais sommeil, dans des contextes culturels aussi variés que ceux de la France, du Japon, de l’Allemagne, de la Finlande ou de la Belgique» ….

… si quelques établissements vont bénéficier d'un surcroît de moyens, ce sera au détriment des autres. Autrement dit, au lieu de mettre le paquet sur l'éducation prioritaire, on va déshabiller Pierre pour habiller Paul
… Peillon ou pas, reste la question: à un moment où l'Etat cherche 50 milliards d'économie d'ici 2017, le ministère de l'Education est-il assuré d'avoir les moyens de mener sa grande réforme de l'éducation prioritaire ?

... Les différences de niveau entre le collège implanté dans des zones favorisées et son voisin dans des quartiers populaires ont toujours existé. Mais depuis les années 1990, l’offre de formules pédagogiques s’est considérablement diversifiée : parcours sportifs, artistiques, options de langues rares (russe, chinois) ou mortes (latin, grec)… Or, cette diversification a surtout été importante dans les établissements aux publics favorisés, tandis que les collèges populaires ouvraient des sections réservées aux enfants les plus marginalisés : options préprofessionnelles, Segpa… De fait, une ségrégation socio-géographique s’est mise en place : non seulement le collège français n’a pas réduit les inégalités sociales, mais il a contribué à les accroître…

C'est le prix du mètre carré
qui fait la différence... 
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers 
souligne l'inégalité devant l'école
La carte scolaire et l'apartheid...

 

En Corée du Sud, les enseignements disposent maintenant d’un moyen de désactiver l’ensemble des smartphones de leurs élèves durant les heures de classe.
Pour les profs, les smartphones c’est l’enfer. Si les raisons ne manquent pas aux élèves pour décrocher du cours,les smartphones sont une occasion de plus pour s’évader, t’chater ou jouer plus ou moins discrètement…
… Si le gouvernement sud-coréen en est arrivé là,. c’est qu’une partie des jeunes du pays ne peut plus se passer de téléphone.18% des élèves en seraient même devenus «esclaves». En moyenne, ces enfants passent plus de sept heures par jours à pianoter sur leurs appareils et souffrent de dépressions lorsqu’ils en sont privés…

… La Fondation Varkey GEMS vient en effet d’annoncer la création du «premier prix mondial des professeurs». Pour postuler, il suffit d’être «un enseignant remarquable ayant apporté une contribution exceptionnelle à la profession». La fondation émane de la GEMS Education, un groupe privé détenteur de réseaux d’établissements sur tous les continents qui vient d’acquérir l’Ecole des Roches. Soit l’établissement le plus onéreux de France…
(La guerre duGolfe à coups de chèques education
)

… C'est à l'occasion de ce nouveau forum sur l'éducation qu'ils ont annoncé la création d'un prix d'un million de dollars, soit le double de celui accordé par le Qatar…Le résultat d'une course à l'échalote? Plus que jamais, ces deux émirats, qui ont investi un terrain souvent négligé, affichent en tout cas leur vif intérêt pour l'éducation

… Ce prix est cette fois remis à Doha, capitale du Qatar, lors de la session annuelle du WISE, financé, lui, par la Qatar Foundation – un sommet aujourd'hui perçu comme un lieu important de réflexion eninnovation éducative.Mieux que le Loto. Assis sur leurs tas de pétrodollars, les petits Etats du Golfe se bagarrent donc à coups de chèques pour être sacrés bienfaiteur mondial de l'éducation – dont ils ont bien compris qu'il s'agissait d'un placement à fort rendement.Face au succès qatari de WISE, Bahreïn a riposté. En 2010, le spécialiste des séminaires internationaux Richard Attias a monté une première édition très réussie de l'Education Project. Mais les émeutes récurrentes à Manama, la capitale, ont empêché la réédition de la conférence. Et voilà le terrain de la concurrence libéré pour que Dubaï s'y engouffre...


…  la réforme ne concernera dès 2013 que 20 à 25% des élèves du primaire – les autres attendront 2014 - et une possible claque aux élections locales pour les élus de la majorité, qui pourrait bien refroidir les imaginations…
… Au point que si des projets ambitieux sont mis en place dans certaines écoles, l’enquête note que certains envisagent d’allonger la sieste ou le temps de garderie en guise de périscolaire !
Quant au "monde associatif éducatif et ses professionnels’’, ils sont, eux, oubliés des discussions pratiquement partout… Comme si une "hiérarchie implicite", bien française, venait miner toute forme de concertation possible. Seule éclaircie, saluée par le rapport Fotinos : les parents d’élèves, qui font montre d’une "présence dynamique, constante et attentive" sans laquelle la réforme Peillon finirait sans doute... aux oubliettes. ..

J’ai été mal orienté. Du coup, à l’instar de Zazie qui voulait devenir institutrice pour faire chier les mômes, pour me venger, je suis devenu conseiller d’orientation psychologue…
… Difficile, avec un peu plus de quinze minutes par élève et par an, de travailler de façon approfondie avec tous…
spectateur impuissant d’un système qui s’effondre et qui choisit très tôt la minorité qui réussira scolairement et professionnellement, la majorité qui s’en sortira et la minorité qui sera vouée à la galère... J’approuve pas, hein. Je décris…

… «Comment donner une réalité à la priorité au primaire sans de tels modules dans la formation des enseignants ?», s’interroge Sébastien Sihr.Il y a selon lui «un changement de discours sur l’importance de la formation des enseignants, mais pas de déclinaison concrète». Sur la formation continue, l’inquiétude est encore plus grande  : «Autant sur la formation initiale, c’est le flou, autant sur la formation continue, il n’y a rien, dénonce-t-il encore. Or, on ne changera pas l’école sans une grande formation continue. Si les 330.000 professeurs des écoles ne sont pas accompagnés via des cycles de formation continue, on passera à côté de la réforme.»…

Priorité à l'éducation: l'annonce par Vincent Peillon de 10000 recrutements supplémentaires dans le secondaire met en scène la promesse de François Hollande. Mais l'annonce n'en est pas une. Ces 10 000 recrutements font en effet partie de l'enveloppe de 30000 contrats aidés pour l'Education nationale annoncée aux recteurs le 11 juin dernier, précise-t-on rue de Grenelle. ..

Alors que l'éducation devait être une priorité nationale du nouveau mandat présidentiel, du nord au sud de notre département, écoles, collèges et lycée continuent de subir le rationnement et se trouvent en butte à de nouvelles fermetures de sites, de filières et de classes dont la liste s'allonge toujours davantage quelques semaines avant la fin de cette année scolaire. Ainsi les autorités du Rectorat de l'académie de Reims continuent de vouloir imposer avec brutalité, et dans le plus complet mépris du dialogue démocratique, leurs projets mortifères aux usagers, enseignants et élus de plusieurs établissements parfois en lutte depuis des mois.
 … Emmanuel Jacquemin, un élu du pays de Sedan, poursuivait mardi une grève de la faim entamée le 1er juin, pour protester contre les fermetures de classes et d'établissements scolaires programmées dans les Ardennes à l'horizon 2014, a-t-il indiqué à l'AFP. "En fermant des écoles, on condamne des territoires entiers. Le rectorat applique une pure logique comptable sans prendre en compte les répercussions économiques et sociales de décisions quasi-autoritaires"…
… "Fermer des sites ou des filières dans des zones rurales, c'est transformer le parcours scolaire des enfants en parcours du combattant avec des temps de transports énormes et quelques fois dangereux"

…   Pour l’école, depuis toujours, l’élève ne sait pas et il est là pour écouter, mémoriser, restituer à court terme pour être évalué et passer le bac…
… La solution ne peut se trouver que dans le projet éducatif de territoire, à la condition que celui-ci ne soit pas la juxtaposition d’activités « secondaires », à côté d’une éducation formelle impérialiste, comme des cerises sur un gâteau refondé ou sur un pain rassis immuable. Le projet éducatif ne peut avoir de sens …

…   "Les zéros éliminatoires", qui comptait, vendredi 21 juin, 157 membres. Ils ont écrit une lettre au ministre de l'éducation nationale pour lui faire part de leur incompréhension : "A la rentrée, il manquera des enseignants, souligne le groupe. On fera alors appel à des contractuels. Parmi ces contractuels, il y aura sans aucun doute des éliminés du CRPE 2013. Curieusement, là, on les jugera aptes à enseigner..."

Selon vous, faut-il proscrire définitivement les claques  aux enfants ?

Une nouvelle campagne télévisée contre les «violences éducatives ordinaires» est présentée ce mardi matin par la Fondation pour l'enfance, qui veut convaincre que claques et fessées, loin d'être des gestes anodins, peuvent avoir des conséquences néfastes sur les enfants…
…  «32 pays ont interdit par la loi les violences éducatives ordinaires en direction des enfants», mais pas la France. Une proposition de loi en ce sens avait été déposée en 2010 par l'ex-députée et pédiatre Edwige Antier, mais n'avait pas eu de suite...

…  Une élève de 5e d’un collège de Rouen a lancé sur internet une pétition contre les dissections d’animaux en classe qui a recueilli plus de 12 000 signatures en l’espace de deux mois.
«Avons-nous besoin de massacrer des cadavres d’animaux pour apprendre ?», écrit l’adolescente dans sa pétition adressée au ministre de l’Education nationale Vincent Peillon …

La dernière réunion du Parlement des enfants – une sorte de mise en scène convenue qui voit les responsables politiques faire semblant de prendre les enfants au sérieux, pourvu que ces derniers récitent bien leur leçon …
… à l’école primaire, l’éducation civique – du moins dans sa version BOEN (Bulletin officiel de l’Education nationale) – c’est d’abord cela : se lever pendant la Marseillaise et honorer le drapeau. Le reste attendra

Le Conseil d'État a rejeté le projet de décret visant à permettre un assouplissement des taux d'encadrement périscolairesdans le cadre d'un projet éducatif territorial.
La circulaire du 20 mars 2013 relative au projet éducatif territorial l'annonçait comme un fait accompli

… Les élus qui ont choisi de mettre en place la réforme des rythmes scolaires dès 2013 risquent d’avoir une mauvaise surprise. L’Etat ne verserait pas le fonds d’amorçage promis en 2013, se défaussant sur la Cnaf. Mise devant le fait accompli, celle-ci refuse de financer en plus les activités périscolaires. ..
…  « Quand les élus vont découvrir qu’il ne peuvent pas compter sur l’aide attendue, ils risquent de renoncer à leur décision de passer aux nouveaux rythmes dès 2013 », prévoit le président de la Cnaf...

…  la ''bivalence'' des professeurs de l'enseignement secondaire. Souhaitée par certains, elle est redoutée par d'autres, alors même qu'elle existe de fait en histoire-géographie, physique-chimie, sciences économiques et sociales, sans compter la ''trivalence'' français-latin-grec.
Il faut remonter jusqu'au début de la Ve République: dès 1959

Avant toute chose, il me faut ici redire que je suis POUR la semaine de 4 jours et demi, parce que je pense que les journées sont trop chargées pour les élèves, les heures de classe trop denses, et que les premiers à en pâtir sont les élèves en difficulté, qui s’enlisent. Je ne suis pas persuadé que la réforme des rythmes qui sera mise en place à la rentrée 2013 soit la meilleure …
j'aurais presque de quoi être contre la semaine de 4 jours et demi, vu ce qu'elle va me coûter l'année prochaine !...
Fort heureusement, le ministre a prévu un geste : on parle de 90 € annuels. Mais c’est pas encore sûr.

le gouvernement a fait passer son amendement visant à ne plus faire du libre, une priorité dans le service public éducatif numérique
… Voilà quinze jours, les sénateurs votaient un amendement offrant une place de choix au libre : le futur service public de l’enseignement numérique et de l’enseignement à distance « utilise en priorité des logiciels libres et des formats ouverts de documents » …
…  ce débat « mériterait une étude approfondie par rapport aux avantages et aux inconvénients et notamment aux coûts qui peuvent être générés aujourd’hui par un certain nombre de logiciels et à la fracture numérique que cela peut poser pour des familles (…) ». 

…  la réforme ne concernera dès 2013 que 20 à 25% des élèves du primaire – les autres attendront 2014 - et une possible claque aux élections locales pour les élus de la majorité, qui pourrait bien refroidir les imaginations…
… Au point que si des projets ambitieux sont mis en place dans certaines écoles, l’enquête note que certains envisagent d’allonger la sieste ou le temps de garderie en guise de périscolaire !
Quant au "monde associatif éducatif et ses professionnels’’, ils sont, eux, oubliés des discussions pratiquement partout… Comme si une "hiérarchie implicite", bien française, venait miner toute forme de concertation possible. Seule éclaircie, saluée par le rapport Fotinos : les parents d’élèves, qui font montre d’une "présence dynamique, constante et attentive" sans laquelle la réforme Peillon finirait sans doute... aux oubliettes. ..

On aurait pu s’attendre à une remise à plat de ces questions et à un retour en force de la pédagogie, au-delà de déclarations d’intentions. On aurait pu s’attendre à la suppression de l’aide individualisée hors temps de classe et à la relance des RASED. Le maintien autoritaire des politiques précédentes et de la technocratie a fortement décrédibilisé le discours officiel…

Acheter la présence et l’application des collégiens: l’idée a fait scandale en France, mais elle est pratiquée ailleurs, où l’on se demande surtout si elle est efficace...
... Les défenseurs de l’expérience, dont le ministre de l’Éducation de l’époque, invoquaient, eux, l’urgence d’une «guerre contre le décrochage scolaire», ou bien ramenaient le dispositif à la dimension rassurante d’un «financement de projets de classe». D’autres faisaient preuve d’un hardi pragmatisme...
... C’est pourquoi d’autres expérimentations, portant sur d’autres dispositifs, devraient logiquement être menées. N’en déplaise aux principes, qu’attend-on pour s’y mettre?

... « Gérer les enseignants autrement ». La loi fixe à l’école l’objectif de réussite de tous les élèves. La façon dont les enseignants sont employés, affectés et soutenus est l’un des leviers d’actions les plus importants pour y parvenir. La Cour a analysé dans ce contexte la gestion de l’ensemble des enseignants, du 1er et du 2nd degré, des secteurs public et privé sous contrat. Au terme de son enquête, elle développe quatre axes de recommandations.
- Améliorer la gestion des enseignants pour redresser les résultats des élèves
- Un décalage croissant entre les règles de gestion et la réalité du métier des enseignants
- Une gestion de masse uniforme et inégalitaire
- Une richesse humaine mal valorisée ... 
... la Cour formule une série de recommandations, qui forment un tout indissociable et s’articulent autour de quatre axes :
1.  Redéfinir le métier enseignant en adaptant en particulier les obligations réglementaires de service ;
2.  Mieux valoriser les ressources humaines, au niveau individuel et des équipes ;
3.  Affecter les enseignants en fonction de la réalité des postes et des projets d’établissement ;
4.  Assurer une gestion de proximité.
[ Gérer les enseignants autrement - Cour des comptes - 22 mai 2013 - pdf ]


.. ils sont 87% à ne pas savoir ce qu’est une betterave ! Un écolier sur trois ne sait pas non plus identifier un poireau, une courgette, une figue ou un artichaut ! Enfin dernière épreuve, trouver à base de quoi étaient faits une dizaine d’aliments transformés. Les résultats sont surprenants. Un quart d’entre eux ne savent pas que les frites sont faites à partir de pommes de terre. Quant aux chips, jambon et nuggets, ils sont environ 40% à ne pas savoir d’où ils viennent…Pour les steaks hachés, on passe à deux tiers de mauvaises réponses (et la réponse cheval était acceptée !). Quant aux pâtes, ils sont seulement un tiers à savoir de quoi elles sont composées !

... Qu'il s'agisse de performance, d'égalité et de climat scolaire, ce que révèlent les enquêtes internationales n'est pas flatteur pour la France. Le système souffre en premier lieu de son incapacité à se réformer : alors que tout le monde - parents d'élèves, enseignants, syndicats, responsables politiques, experts - s'accorde à considérer l'école face à de lourds problèmes, nous sommes paralysés par l'incapacité de métamorphoser le système...
... Les catégories sociales qui tirent le meilleur bénéfice de la capacité du système à les conforter et à les reproduire n'ont guère de propension à le réformer... Exemple ? Les classes préparatoires. Très sélectives et onéreuses pour le système éducatif, elles visent les grandes écoles qui garantissent de hautes positions sociales et consolident la reproduction des inégalités. On doit aussi s'interroger sur l'efficacité et l'équité du dispositif, et sur la qualité véritable des élites qui en sont issues. Or qui "ose" poser le problème ? Personne. Car la totalité des élites - quelles qu'en soient les orientations politiques - se reproduit dans ce terreau. Chacun défend la culture, la science, la civilisation, la nation... ; la réalité est ailleurs : comment cuirasser mon intérêt et garantir à mes enfants une position sociale élevée...

... Deux parents sur trois (63 %) sont favorables à une réduction des vacances d'été pour "renforcer les connaissances" des élèves, en respectant l'équilibre de "7 semaines de classe/2 semaines de vacances" recommandé par les chronobiologistes, selon le sondage publié vendredi, à l'issue du congrès de la Peep qui s'est tenu à Dijon.
Ils sont 43 % à souhaiter des vacances d'été réduites de deux semaines, mais 18 % sont même favorables à une réduction comprise entre trois et cinq semaines ...
... Pour 71 % des personnes interrogées, "les devoirs sont importants" (29 % "très importants" et 42 % "assez importants"). Ils sont 60 % à estimer que les devoirs doivent être faits à la maison...

... il convient de rappeler que l’innovation a toujours  été et elle est toujours suspecte. On le sait bien : un enseignant innovant doit toujours prouver plus qu’un collègue conformiste.La hiérarchie a toujours été, elle est toujours, conservatrice, infiniment plus exigeante avec les novateurs qu’avec les classiques ou les traditionnels...

...  Oui, il faut de la morale à l’école à condition que ce ne soit pas une petite couche de peinture sur un édifice où rien n’a changé, surtout pas les fondations
Si tel était le cas in fine, ce sont les élèves qui vont rigoler, même pendant les cours de morale ! Ils auront compris que l’heure de morale n’est finalement pas très morale.

A l’Education nationale, le schéma est classique : en septembre dernier, Vincent Peillon annonce à la surprise générale la mise en place prochaine dans les établissements scolaires d’une nouvelle discipline scolaire, la morale laïque ; mesure approuvée comme il se doit par un miraculeux sondage (91% des sondés approuvent l’initiative)...
... chômeurs en situation précaire, immigrés sans droits, Roms à la rue, sans-papiers en rétention, campagne massive et haineuse contre les homosexuels, politiciens malhonnêtes, la République devrait en rabattre dans sa prétention de s’ériger en éducatrice, de faire la leçon aux enfants des écoles, surtout quand le système éducatif lui-même est perçu par ceux qui y sont en échec comme un outil de discrimination.
Malgré les injonctions officielles, l’éducation civique tournera à vide tant que les valeurs proclamées par ses institutions seront aussi éloignées de la réalité. ..

... Le langage du pouvoir soumis à des injonctions contradictoires tend par une pente naturelle à l’euphémisation, à l’oxymore, à la dénégation, un phénomène observé par Pier Paolo Pasolini (1922-1975) et Leonardo Sciascia (1921-1989) chez les dirigeants de la démocratie chrétienne, dans l’Italie des années 1970. Dans les périodes de crise, les hommes politiques adoptent spontanément une novlangue que Leonardo Sciascia a qualifiée de « langage du non dire » et qui est une tentative de se dissimuler, de s’enfouir dans la langue, dans le jargon, « pour survivre », écrivait Pasolini, « fût-ce comme automates, comme masques...» C’est à Pasolini et à Sciascia que j’ai pensé en écoutant...

... On s'apprête en réalité à toucher à l'emploi du temps de plus de 30 millions de personnes – 12 millions d'élèves, deux fois plus de parents, des centaines de milliers d'enseignants, d'animateurs, de personnels... Pour revenir à la semaine d'école de quatre jours et demi telle qu'elle existait avant 2008, il faudrait que ces millions d'individus soient extrêmement convaincus du bien-fondé de faire machine arrière.
Et puis il y a la peur d'une rupture d'égalité...
 
 


L'Assemblée nationale a voté dans la nuit de jeudi à vendredi 15 mars l'article 1er du projet de loi sur la refondation de l'école ...
... l'interdiction totale des notes en primaire a été rejetée. Quant au redoublement, il devra être exceptionnel, en vertu d'un amendement PS adopté et allant plus loin que le texte initial du rapport annexé qui prônait de continuer à réduire progressivement cette pratique...
... Jeudi après-midi, ils étaient une soixantaine dans l’hémicycle pour débattre des quelque 600 amendements déposés...

... En fait, le sujet ne semble pas mobiliser la représentation nationale. Nombre de députés ont manifestement préféré terminer leurs vacances d'hiver plutôt que venir débattre de ce sujet qui ne concerne la bagatelle de 12 millions d'enfants et n'engage que... l'avenir du pays. Ca c'est pour le quantitatif. Pour le  qualitatif, ce n'est pas vraiment mieux...
... une discussion sur l'école qui ne semble pas intéresser les députés puisque depuis trois jours les bancs restent désespérément clairsemés...
C'est un vrai spectacle, certes, mais le débat du l'école, lui, n'a toujours pas lieu!

... Bien que la «refondation» entreprise par Vincent Peillon revienne sur presque tous les reculs des cinq dernières années, ce sentiment de «dépossession» n'a pas disparu, pas plus que la culture managériale au sein des cadres de l’Éducation nationale.
Alors, faut-il donc encore désobéir ?
... ... Je ne peux soutenir l'idée que les choses, sur le terrain, ont totalement changée. Je rejoins Pierre Frakowiack sur ce point (à écouter : Question d’Education, l’émission d’Emmanuel Davidenkoff sur ce sujet). Mais je ne peux croire que cela soit partout cette même logique de management et mépris des enseignants qui règne en maîtresse. Ailleurs, il juge ainsi la situation : «Le totalitarisme de la pyramide Education nationale surmonte toutes les alternances dans tous les sens.»...
... Ceux qui étaient pour un changement des rythmes scolaires trouvent que ça va trop vite et pas assez loin… la profession qui était la plus privilégiée par le programme de Hollande semble la plus désorientée. Le besoin d’en découdre aujourd’hui est plus qu’évident alors qu’il y a quelques mois, la résignation était la règle...

Freinet n'en croirait peut-être pas ses yeux. Dewey non plus. Piaget se retournerait peut-être dans sa tombe, qui sait ? Les MOOC (Massive Open Online Courses) arrivent dans notre Hexagone accompagnés d'un doux parfum made in USA...
... Mais les MOOCprocurent surtout une belle opportunité de s'interroger sur la place de l'apprenant et le rôle de l'enseignant dans nos systèmes éducatifs actuels.
Une belle opportunité, donc, lorsque nos étudiants nous soulignent par exemple combien ils sont demandeurs de changements pédagogiques, que les cours en amphithéâtre avec PowerPoint les ennuient (ils préfèreraient les consulter hors temps de cours) et qu'ils recherchent plus d'échanges, de témoignages, de mises en action pour apprendre...

... Aujourd'hui, le mal est fait. Etait-il inéluctable ? On en reparlera plus tard, à l'heure du bilan. Peut-il être encore circonscrit ? C'est la question du moment. Avec un brin d'angoisse, Hollande et Ayrault surveillent comme le lait sur le feu une colère qui monte dans le corps enseignant et une grogne qui avance à bas bruit chez les élus locaux...
... Sous les yeux effarés de son ministre de l'Education, il a ainsi accordé aux élus le droit de choisir l'année où la réforme, chez eux, entrerait en vigueur. Si l'Elysée et Matignon, la main dans la main, avaient voulu montrer aux acteurs du dossier combien pouvait être flottante leur détermination, ils ne s'y seraient pas pris autrement...
... Il y a du jeu dans la conduite de toute cette affaire, et, même quand ils ne le savent pas, enseignants et élus le devinent sans peine. En tout cas, ils le constatent, par exemple lorsqu'ils signalent en choeur que le passage à quatre jours et demi, pour les uns dès 2013, pour les autres en 2014, opère, entre les communes, une rupture d'égalité qui complique, de surcroît, une question aussi prosaïque que celle du ramassage scolaire...
 
 


... Du côté des associations d’élus, l’AMGVF se tient coite, tandis que l’AMF dresse la liste des villes qui n’appliqueront pas la réforme en 2013.
On aurait donc plus tendance, en ce moment à compter les villes qui visent 2014, plutôt que celles qui visent 2013. Et les yeux sont rivés sur Lille et Paris. Alors que Bordeaux vient d’annoncer, jeudi 28 février, après de longues semaines d’hésitations, que finalement, ce serait 2014...

... 42% des Français considèrent que cette réforme va augmenter les inégalités entre les élèves selon les communes, 11% estimant au contraire qu’elle va les réduire, 39% jugeant que son effet sera neutre. Les parents d’enfants scolarisés craignent particulièrement que la réforme favorise un accroissement des inégalités (62%).
Les Français doutent de la capacité de leur commune à mettre en place la réforme : 45% estiment qu’elle ne dispose pas de suffisamment d’infrastructures pour accueillir les élèves dans le cadre des activités périscolaires qui seront mises en place et 57% qu’elle ne dispose pas de suffisamment de personnel qualifié pour organiser les activités et encadrer les élèves. Les habitants des communes de moins de 2 000 habitants se montrent largement plus sceptiques sur la capacité de leur commune, tant en termes d’infrastructures que de personnel encadrant....
[ La perception de la mise en place de la réforme des rythmes scolaires - Harris Interactive - L'ensemble des résultats - 20 février 2013- pdf ]

... Lorsqu'on voit les difficultés qu'a Vincent Peillon à mettre en oeuvre une réforme annoncé comme "acquise" et souhaitée par l'opinion, une réforme d'ampleur des programmes est difficilement envisageable....
... Si le ministère souhaite que sa réforme s'applique au maximum d'enfants, il ne peut en aucun cas l'imposer à l'enseignement privé sous contrat. La rue de Grenelle reste discrète sur ce sujet, pour ne pas raviver inutilement des tensions entre public et privé. ..
... Le débat sur les rythmes scolaires sature l'espace médiatique et occulte tout le contenu (même mince) de la loi à venir. Un échec sur les rythmes plomberait toute possibilité de réforme d'ampleur de l'école, au moins pour la durée du quinquennat.

... D’accord sur le principe de la réforme - l’allégement des journées de classe et une meilleure répartition des heures de cours sur la semaine -, les collectivités locales reculent devant le poids financier. Elles vont devoir financer des activités périscolaires durant les plages libérées par le raccourcissement des journées, prendre en charge le transport du mercredi, etc. Or leurs budgets sont déjà tendus. Et l’annonce d’une réduction des transferts de l’Etat ajoute à l’inquiétude...

... Parlons-nous de la réussite de la réforme? Ou simplement de limiter les coûts?
... les plannings prévus par cette réforme. Elle devait se faire dans le plus grand respect du rythme chrono-biologique des enfants mais dérive en organisation d'adultes. En imposant du "périscolaire" de 45 minutes, l'Etat oblige les communes à faire du bricolage qui n'est pas du tout en accord avec le rythme de l'enfant: 45 minutes le midi pour certains, 45 minutes le soir pour d'autres...

... Les ministres passent, mais les rapports qu'ils ont commandés restent. Si l'on se penche sur le Rapport d'orientation sur les rythmes scolaires, on y lit que la "quasi-unanimité"de ceux qui ont participé à cette concertation estiment que la "densité de la journée d’école a été fortement accentuée par la suppression d’une demi-journée de classe dans la semaine".
Qu'a fait la précédente majorité de cette ambitieuse concertation ? Rien

... il n'est pas nécessaire d'attendre au-delà de la rentrée 2013 pour prendre des mesures dont la nécessité est reconnue par tous et qui ne dépendent que de l'Éducation nationale concernant la pause du midi et l'équilibre des journées au collège et au lycée,...
... « 4 heures de cours proprement dits par jour est un maximum à ne pas dépasser. Le dépassement constitue une escroquerie pratiquée par les adultes aux dépens de la majorité des élèves. Il faut permettre le travail personnel au domicile et/ou au lycée". Trente ans après, on voit où l'on en est.

... En cas d’application du décret en septembre, il craint « un doublement de la fréquentation de la plage périscolaire ». Comprendre : si la classe finissait à 15h45, la grande majorité des enfants, que les parents récupèrent habituellement à 16h30, viendraient gonfler l’effectif des garderies.
Ce trou creusé par l’Education nationale, explique Laurent Derrien, c’est la mairie qui va devoir le boucher avec du personnel qualifié.Garderie ? Animations culturelles et/ou sportives ? Chat perché dans la cour ? Personne ne sait exactement, mais il faudra débourser des dizaines de milliers d’euros ...

... Enseignants et parents dénoncent le manque de moyens pour réaliser cette réforme. "On n'a pas les locaux, les gymnases nécessaires", fait valoir Olivier, 30 ans, en charge des CE2. "Où met-on les activités culturelles ou sportives de qualité ?, demande Juliette Robin. Impossible d'aller et revenir du musée en 45 minutes. Quant au conservatoire de musique, il affiche déjà complet, tout comme les piscines. C'est un programme merveilleux d'ouvrir la musique à tout le monde. Mais avec quels profs ? Quels locaux ? Quel matériel ?"...

... « Quand j’entends Marcel Rufo (le pédopsychiatre s’est exprimé en faveur de la réforme dans un entretien à La Provence) dire “c’est merveilleux cette réforme, les enfants vont faire de la voile !”, je bous », raconte une enseignante d’Amiens-Nord ...
... les profs ne comprennent pas pourquoi, à quelques semaines de la date fatidique où les communes vont devoir décider si elles passent ou non l’an prochain au 4,5 jours, des questions pratiques telles que : « où se dérouleront les activités périscolaires », « quel personnel les encadrera ? », n’aient toujours pas trouvé de réponse...

cinq voix pour, trente abstentions, vingt-trois votes contre et quatorze refus de vote ...
Le Conseil supérieur de l'Education (CSE), instance consultative, a rejeté mardi le projet de décret sur les rythmes scolaires, qui doit rétablir la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013, sauf dérogations, certains jugeant que le texte va trop loin, d'autres pas assez.
Ce texte, qui prévoit le rajout du mercredi matin en primaire en septembre 2013 (dérogations possibles pour le samedi et pour un report à 2014) a recueilli 5 voix pour, 30 abstentions, 23 votes contre et 14 refus de votes ...
... "Il y a des gens qui ont refusé de voter" parce qu'ils voulaient aller plus loin, "demandaient davantage d'informations" ou " voulaient des choses différentes, ce qui nous laisse penser qu'on n'est pas très loin d'un point d'équilibre qui a vocation a être trouvé dans les jours qui viennent", a-t-on analysé au ministère ...
... A aucun moment des débats au CSE, il semble que l’intérêt de l’enfant ait été évoqué. Suite aux amendements déposés, le projet de décret est en train d'être finalisé...

La réforme des rythmes à l'école primaire... Des déclinaisons locales seront possibles à l’intérieur du cadre réglementaire national afin de prendre en compte les contraintes et les atouts des différents territoires et de permettre à ces derniers de mener à bien leurs ambitions éducatives.
    Un certain nombre de dérogations – notamment le choix du samedi matin au lieu du mercredi matin – pourront être accordées. L’intérêt des élèves étant la priorité absolue, ces dérogations devront être justifiées par les particularités du projet éducatif territorial et présenter des garanties pédagogiques suffisantes...

...  « À votre décharge je reconnais que l’étau dans lequel vous vous trouvez, avec d’un côté des élus pour qui le critère économique l’emporte trop souvent sur tous les autres, de l’autre des enseignants qui estiment être lésés dans la nouvelle organisation et n’imaginent donc pas la mettre en œuvre sans une compensation financière, sans compter ceux que j’ose appeler “réactionnaires”, qui sous le prétexte de défendre l’école républicaine, n’hésitent pas, comme le fait Charles Coutel, à brandir l’anti constitutionnalité de l’expression de “projet éducatif local”,il est difficile de décider. »...

... Refonder l'école sans offrir de perspectives d'avenir radicalement différentes aux élèves de collège et de lycée, à leurs parents, à leurs enseignants, refonder l'école sans réformer le bac, les classes préparatoires et l'accès aux grandes écoles, refonder l'école sans reformer la carte scolaire afin d'éviter que le service public ménage et nourrisse en son sein les inégalités qu'il prétend combattre, refonder l'école "par le bas" portera sans doute quelques fruits, mais ne fera pas reculer l'élitisme d'un iota...

... Un million d'élèves prennent aujourd’hui des cours de soutien privé, ce qui représente environ 40 millions d’heures de cours chaque année.
Les Français champions d'Europe
La France est le premier marché de soutien scolaire privé dans l’Union européenne avec «un volume d’affaires de 1,5 milliard d’euros» en 2011. Au Royaume-Uni, en Allemagne et dans les pays du nord de l’Europe, le soutien scolaire reste marginal. ..
[ Les rapports du C.A.S. :
09/01/13 - Quelle organisation pour le soutien scolaire ? (Note d'analyse 315 - Janvier 2013)

... une partie non négligeable des problèmes de notre école vient du poids que l'élitisme forcené de notre système fait peser sur les élèves, les familles et, dans une certaine mesure les enseignants (dans une certaine mesure seulement car nombre d'entre eux y sont attachés). De là les contournements de carte scolaire ou le choix du privé. De là la concurrence féroce entre lycées publics dans les grandes villes et notamment de Paris pour attirer les meilleurs éléments. De là le cortège de vexations, parfois d'humiliations, qui jalonnent le parcours des élèves qui ne répondent pas aux canons de la beauté scolaire (en gros : être soumis à l'autorité et bon en maths). De là la persistance du redoublement qui, selon tous nos récents ministre, de droite comme de gauche, "coûte cher et ne sert à rien"...

... Où est passée la loi d’orientation ?
Un bruit et une fureur qui paraissent à vrai dire sans guère de rapport ni de légitimité avec la réalité des préoccupations éducatives du moment, autant pour ce qui touche à l’enseignement public qu’à l’enseignement privé sous contrat.
En la matière, le terrain devait être occupé, pour les semaines qui viennent, par la discussion parlementaire sur la prochaine loi d’orientation. Un domaine où Vincent Peillon avance à pas comptés, à demi-pas, quand ce n’est pas à reculons ...

... Il faudra, bien entendu, attendre les décrets d’application (la loi d’orientation renvoie 20 fois à des décrets)...
...comme d’autres l’ont bien analysé, les options prises par Vincent Peillon et François Hollande sont un piège. La refondation peut ne ressembler qu’à une restauration de l’école de 2007, avant la suppression de la formation des enseignants, avant la suppression des postes, avant la suppression de la semaine à quatre jours et demain, avant les programmes de 2008…
Cependant, ces quatre points, continuité école-collège, priorité au primaire, le numérique et les rythmes scolaires, permettent de croire que l’on cherche à édifier l’école sur de nouvelles fondations...

...Je ne veux pas raviver la guerre scolaire. Et suis très respectueux du caractère propre de l'enseignement catholique. Mais, en retour...
... la présidente de l'APEL, confirme en effet que "trois types de sollicitations" lui sont remontées depuis la diffusion, le 19 octobre 2012, d'un communiqué de son organisation marquant son "opposition ferme au projet de loi". "Des félicitations pour notre prise de position, des regrets que nous n'appelions pas à manifester le 13 janvier, et aussi parfois une opposition à notre prise de position", rappelle-t-elle.
Les 843 000 parents d'élèves que regroupe cette association sont très divers. Selon une étude du Credoc de 2004, seuls 14 % choisissent le privé pour des raisons confessionnelles.
[ L’enseignement libre :
choix de conviction mais aussi de pragmatisme - CREDOC - avril 2005 - pdf ]

« Il faut changer les façons d’enseigner et les mentalités »... la plus grande réforme pédagogique, en réalité, c’est que cela permet l’allégement de la journée de classe, en tentant de se rapprocher des 5 heures par jour. En fait, cette réforme des 4 jours et demi, 5 heures par jour, est consensuelle. Elle ne recueille pas seulement les faveurs des chrono-biologistes et de l’académie de médecine, elle a été votée par les parlementaires de gauche et de droite. Elle est unanimement reconnue mais, dès que l’on passe aux travaux pratiques, tout le monde hésite. Cela dit quelque chose de la France...

.. Pour que les élèves ne quittent pas l'école avant 16 h 30, il est prévu des "activités pédagogiques complémentaires", prises en charge par les enseignants, qui remplaceront l'aide personnalisée. Il pourra s'agir d'une aide aux élèves en difficulté, d'une aide au travail personnel ou d'activités liées au projet d'école...
"Le présent décret modifie les rythmes scolaires dans le premier degré afin de mettre en place une semaine scolaire plus équilibrée et d'alléger la journée d'enseignement en vue d'améliorer les conditions d'apprentissage des élèves et de contribuer à leur réussite ..."
[ Rythmes scolaires : le projet de décret pour la rentrée 2013 ]

... "Les méthodes et contenu d'enseignement, la formation, la scolarisation des élèves en situation de handicap, les Rased et bien sûr les salaires des enseignants arrivent en tête, indique Jérôme Lambert. Les 4,5 jours viennent bien après. D'autant que la réforme des rythmes scolaires qui nous est proposée n'est ni plus ni moins un retour à l'école de 2008 avant la suppression du samedi matin par Xavier Darcos. Ça n'est pas ça changer l'école." ...

Est-il normal que l’école décide contre les choix d'un élève?Est-il logique que les enseignants désignent qui fera de la chaudronnerie ou de la mécanique, qui ira en formation industrielle, ou en section économique ?...
... « Oui ou non l’Etat a-t-il le droit d’imposer à chaque enfant une orientation scolaire, c'est-à-dire celui de lui interdire toute étude autre que celle qu’il lui assigne ? Si l’on veut que le mérite scolaire décide des places sociales, il faut répondre oui. Or cette réponse n’a jamais été assumée politiquement, car la majorité des Français y étaient hostiles, à commencer par les enseignants qui l’auraient admise pour les enfants des autres mais non pour les leurs. Le résultat fut donc un compromis honteux. Le système public fonctionne comme s’il avait ce droit, et il en use largement envers les humbles. »En fait, le sujet n’a jamais été débattu...

... Pirls ? Il s'agit du Programme international de recherche en lecture scolaire, coordonné tous les cinq ans dans 45 pays...
...les élèves français âgés de 10 ans maîtrisent moins bien la lecture que la moyenne des écoliers européens du même âge. Et que, sur plusieurs points, leurs performances se sont dégradées depuis une décennie. Plus préoccupant encore : ce ne sont plus seulement les élèves des zones d'éducation prioritaire, les moins favorisées, qui tirent le niveau général vers le bas - tous les établissements sont touchés, et même le groupe des très bons élèves ...

C’est la première fois que la Finlande est réellement distancée et que l’Asie se pose en championne du monde de l’enseignement scolaire. Ce bouleversement est révélé par deux enquêtes qui font référence et sont publiées aujourd’hui, PIRLS et TIMSS...
... Ces résultats ne disent évidemment pas tout d’un système éducatif. Ils ne révèlent pas son ambition ni sa philosophie générale...
... Dans de nombreux pays, la presse fait part de la déception concernant les résultats obtenus...
...les Pays-Bas sont ceux qui réussissent le mieux à aider les écoliers qui ont des difficultés d’apprentissage à obtenir un niveau suffisant. Le revers, c’est que les Pays-Bas n’ont pratiquement pas d’élèves avec des performances excellentes...

... La France, avec un score de 520 points, se situe au-dessus de la moyenne internationale (500 points) mais en deçà de la moyenne européenne (534 points)...
... Les inégalités de performance entre les élèves demeurent importantes en France et ne se réduisent qu’à la faveur d’une baisse significative du pourcentage d’élèves français les plus avancés (7 % en 2001 contre 5 % en 2011). Les élèves français sont en outre surreprésentés dans le quartile européen des élèves les plus faibles (32 % contre 25 %)...
... Enfin, un problème récurrent demeure en matière d’estime de soi des élèves français: ceux-ci sont toujours les plus nombreux à s’abstenir de répondre lorsque les réponses doivent être rédigées. Ils sont aussi les plus nombreux à ne pas terminer les épreuves...
[ PIRLS 2011 International Results in Reading - pdf ]

... L’arrivée dans les établissements, de personnels sans la moindre formation, certes mastérisés, mais qui n’ont jamais entendu parler des mouvements pédagogiques, des grands pédagogues contemporains, des pédagogies alternatives, de l’éducation populaire, convaincus que le seul modèle pédagogique est celui de la transmission magistrale frontale, creuse encore le déficit d’engagement collectif...
... Cela n’empêchera pas de travailler sur un projet d’établissement que l’on rangera dans un tiroir jusqu’à la prochaine réunion. Quand on fait cours, on a autre chose à faire qu’à mettre en œuvre le projet.
C’est ainsi que l’institution, et tout particulièrement depuis 5 ans, connaît une période de doute et de démobilisation dont les enseignants ne sont pas responsables, pris à la fois dans le tourbillon de l’absence dramatique de projet politique pour l’Ecole, dans la vague ultra libérale du pilotage technocratique autoritaire, dans la valse de l’ennui...

... le peu de cas que les élites font des préceptes qu'elles souhaiteraient, officiellement, voir enseignés dès la maternelle: le respect de la parole de l'autre, la capacité à argumenter calmement, la digne soumission à la loi. L'inverse, en somme, des chamailleries de cour de récréation auxquelles se livrent d'éminents ex ministres, députés, enseignants et autres inspecteurs de finances, quasiment tous passés par les meilleures institutions de notre République...
... Qui accuseront-ils la prochaine fois ? Mai 68 ? Pourtant, nombre d'entre eux ne sont pas les enfants de cette histoire, et avoir subi les règles d'airain de l'école à la papa, visiblement, ne les a nullement vacciné contre les excès imputés aux années 70-80.
On ne le dira jamais assez : l'école est à la fois la matrice et le miroir de la société. Notre école semble malade ? C'est notre société qui l'est (et la réciproque est vraie). Rien ne sert d'espérer des jours meilleurs si la «refondation» promise ne s'étend pas à l'ensemble du corps social, en commençant par les élites qui, par les pouvoirs qui leur sont conférés, ont un devoir d'exemplarité. C'est le point aveugle de la réforme préparée par Vincent Peillon : si ce dernier veut «refonder la société par l'école», encore faut-il qu'il soit vigoureusement accompagné dans la refondation de l'école par la société...

...Sur 100 jeunes entrés en 6e en 1995, 44 sont désormais titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur. Cette proportion varie de 20% pour les enfants d'ouvriers non qualifiés à 76% pour les enfants de cadres ou d'enseignants. Une grande partie des inégalités scolaires se joue avant le baccalauréat. Les chances d'avoir le bac et le type de bac obtenu diffèrent déjà nettement selon le milieu social : parmi les jeunes entrés en 6e en 1995, près de 90% des enfants d'enseignants ou de cadres ont eu le bac, contre 40% des enfants d'ouvriers non qualifiés...
[ France, portrait social - Insee Références - Édition 2012- pdf ]

... Cette dégradation de l’insertion professionnelle des sortants de lycée intervient dans un contexte de crise économique et de recul de l’emploi dans l’ensemble des secteurs marchands ...
[ Note d'information DEPP (E.N.) - Une insertion professionnelle des sortants de lycée entravée par la crise économique de 2008 - nov. 2012 - pdf ]

 ... Dans un grand nombre d’écoles et de collèges, les enseignants n’ont jamais entendu parler de la refondation et n’ont jamais été invités à penser le changement. Au contraire même, les pratiques autoritaristes, les exigences paperassières du pilotage ultra libéral par les résultats apparents, ont sévi et sévissent toujours. Le doute s’est installé dans les milieux progressistes en même temps que le soulagement chez les conservateurs...

... "Je crois au bricolage", a dit le ministre au maire pour résumer son souhait de donner "un cadre global sur la refonte des rythmes".
Le temps périscolaire, "ce n'est pas un temps que nous allons laisser cannibaliser par l'institution scolaire, ça n'est pas l'idée", a assuré le ministre. Il a affirmé vouloir laisser le "maximum à l'autonomie" pour l'organisation des activités périscolaires.
"Cela n'interdira pas à ceux qui font déjà différemment de continuer à faire différemment. Nous encouragerons même à faire différemment,"...
... Vincent Peillon a assuré aux maires que les enseignant aussi feraient un effort pour le changement:"nous leur demandons de venir une demi-journée de plus sans leur proposer de mieux les payer" ...

... Changer l'école, c’est compliqué. Cela bouscule beaucoup d’habitudes. C’est tellement plus simple de tout laisser en l'état! Je crains que le souffle de la réfondation soit en train de retomber. ...
... Est-ce que ce projet de réforme ira jusqu’au bout? Je me pose la question.»...
... Les familles comme les profs et les municipalités doivent savoir rapidement à quoi s’en tenir pour pouvoir s’organiser. Je crains un grand bazar généralisé avec un système à plusieurs vitesses...
...Si le gouvernement recule sur cette réforme, que va-t-il rester du grand projet de refondation de l’école? L’entrée à la maternelle plus tôt? Ce serait un simple ravalement de l’école, pas une refondation.»...

... Pour ceux qui en doutaient encore, la grande concertation organisée pendant trois mois sous les ors de la Sorbonne et censée mettre tout le monde autour de la table pour parvenir à un consensus n’aura donc, sur ce point, servi à rien. Les élèves français qui ont de très loin les journées les plus chargées des pays de l'OCDE attendront encore.
Du côté de la principale association de parents d’élèves, la FCPE, on se désole d’un tel report devant le lobbying des maires...

... on évitera de parler de refondation dans ce texte, avec juste raison puisque rien ne vient donner corps à une ambition nouvelle pour la formation des enseignants. Ces textes sont étriqués, empêtrés dans d’impossibles compromis entre des acteurs mal identifiés. Ils témoignent d’une méconnaissance de l’existant en matière de formation d’enseignants et ils sous-estiment, à dessein peut-être, les effets de système de l’organisation universitaire.
Qu’énoncent-ils ? Des principes d’abord, qu’ils s’empressent de démentir dans les parties suivantes de l’exposé...
... on comprendra qu’il n’est plus seulement question de rejouer le film de Lelouch, Tout ça pour ça, mais bien de faire un grand bond en arrière quand il aurait plutôt fallu le faire dans l’autre sens... »

... à la rentrée de septembre, tout ce qui avait été mis en cause, voire condamné, a été maintenu,à la grande surprise, il faut bien le dire, des pédagogues qui avaient légèrement pensé qu’il aurait été possible de suspendre l’aide individualisée hors temps de classe, unanimement condamnée, et les animations pédagogiques souvent sans intérêt de l’avis des enseignants, pour donner le temps aux équipes de travailler dans les établissements sur la refondation, son sens, ses priorités, ses modalités sur le terrain...
... en maintenant les fonctionnements antérieurs, en renonçant à annuler les sanctions dont ont été victimes les « désobéisseurs », en encourageant le zèle d’une proportion des cadres, on a fortement réduit l’espoir, on a éteint les enthousiasmes renaissants, on a obéré les chances de réussite de la refondation...

...  La paperasse, envahissante, qu'on leur demande d'adresser à la hiérarchie, que ce soit pour organiser une sortie à la piscine ou pour signaler un élève en difficulté. Le sentiment d'être infantilisés par la hiérarchie. L'impression de subir, à chaque changement de ministre, un nouvel empilement de réformes venues d'en haut, sans rapport avec leurs besoins... 
... Résultat, la majorité demande des réformes plutôt qu'une réforme, des mesures simples et concrètes pour, là encore, améliorer le quotidien, mais surtout pas de "grand soir", de véritable "refondation"...

... Bref, on n’est pas déçu par la prose et les idées de la droite forte, où les bienheureux semblent vivre dans un monde simple, sans nuance ni complexité. Un monde surtout très éloigné de l’école, qui paraît n'en connaître ni les réalités ni les enjeux. Libéralisation forcenée, ultraflexibilité des personnels, mesurettes poudre aux yeux relevant de la méthode Couet, bourrées d’incohérences et de paradoxes, confusions, approximations, mélange des genres, populisme, tout ceci ferait rire si ...

... Comme on s’est rendu compte que ces dérives conduisent le système dans l’impasse, on affiche une volonté de remettre la pédagogie à sa place. Mais la question est très difficile à traiter, surtout quand on renvoie républicains et pédagogues dos à dos, assuré ainsi de conforter les conservatismes. Alors, on parle de pédagogies au pluriel ce qui permet de s’en laver les mains, laissant à chacun la responsabilité de trouver des adaptations formelles à un modèle unique. Comme s’il y avait des pédagogies pour les nuls et des pédagogies pour les forts… 

... Jardin, en cassant la convention de la parole off et en plaçant la discussion sur le terrain de la vérité, met le ministre devant sa réalité de réformateur sans le sou dans l’incapacité de mener à bien des réformes structurelles, mais obligé d’aller au bout de guingois et de présenter à la France quelque chose ressemblant à une réforme.
Ainsi la réforme des rythmes scolaires, dont on a déjà dit ici maintes fois qu’en l’état elle ne va pas changer grand-chose pour les élèves – pour cela il aurait fallu par exemple que l’état ait les moyens de ses ambitions et puisse financer la fameuse 6ème heure d’école obligatoire, entre 15 h 30 et 16 h 30.
Ainsi la réforme de la formation des enseignants, dont il se dit que telle qu’elle se présente la montagne va accoucher d’une souris faute de crédits ...

[ 7 novembre 2012 ]... le vrai reproche, au fond, portait sur l’opportunité de critiquer de manière un peu trop véhémente une proposition du ministre Peillon, celui-là même sur lequel tout le camp de l’éducation digne de ce nom a misé son livret A, le surdoué du cartable, le pur-sang qui va faire gagner l’école, le crack de la pédagogie au discours fédérateur, le champion maison arrivé aux plus hautes responsabilités et qui va nous venger des années de mise à sac...
... Parce qu’on croit à la Refondation, malgré tout, malgré le manque de moyens qui risque de réduire sacrément la voilure, il faut dire quand les sentiers empruntés ressemblent fort à des impasses. Il est du devoir de ceux qui accompagnent de signifier à quel moment précis ils cessent d’accompagner, et pourquoi...
... « tu te trompes Vincent, on est d’accord sur plein de choses, mais là tu as tort, on ne te suivra pas sur ce coup-là ».
La réforme des rythmes scolaires, voulue par tous ou presque, on le redit donc fermement et sans animosité, est en train de virer à la réformette cache-misère : journées à peine moins longues, plus denses encore à cause de programmes toujours aussi chargés, aide aux devoirs en forme de trompe-l’œil, périscolaire a minima, alternance vacances / classe inchangée…
Tout faux, ou presque.
Cette critique constructive, les corps intermédiaires – syndicats, associations, mouvements divers – ne doivent pas hésiter à la faire, sans quoi ils cessent de jouer leur rôle...

... Le redoublement, une des particularités du système scolaire français, aurait du plomb dans l’aile. François Hollande veut en limiter le nombre. Perspective évasive, dans dix ans on appréciera ce qu’il en est...
... Qui est prêt à lancer l’éradication du redoublement? Pour le moment, personne: le «retard» des uns organise «l’avance» des autres. Le redoublement est une matrice, parmi d’autres mécanismes, au service de l’élitisme républicain: la sélection précoce et souvent «pour la vie» des meilleurs. Beaucoup d’arguments militent pour supprimer le redoublement, en revanche ...

... cette réforme est en train de se vider de son sang, victime de trop d’incohérence, grosse de trop de contresens, et que tout ce qu’elle était censée apporter, changer en profondeur, s’est perdu en route...
... Tout se passe donc comme si on voulait sauver les apparences : laisser penser que le nouveau rythme de l’école va enfin permettre des journées plus calmes, plus légères, et ainsi la progression de tous ; laisser croire que les devoirs seront faits correctement et les leçons sues lorsque les enfants rentreront chez eux ; laisser imaginer que les élèves s’enrichiront et se cultiveront sur le temps périscolaire de fin de journée...
... Peu importe les contradictions, au fond, pour Peillon : d’une part il donne le change aux familles («aucun enfant ne sera hors de l’école avant 16 h 30», et plus de corvée de devoirs à la maison), d’autre part il évite la grogne des collectivités locales, enfin surtout il ne débourse pas un sou. Gagnant gagnant...

... Avant même l'ouverture des négociations, la question de revoir la durée des vacances d'été, qui arrange sans doute avant tout l'industrie touristique et les enseignants, n'est plus évoquée. Avec trois millions d'enfants qui, chaque année, ne partent pas en vacances, la grande majorité d'entre eux prenant au maximum 15 jours, le sujet mérite sans doute mieux qu'un rapide renoncement.
Le volet pédagogique de la refondation de l'école, tel que l'a dessiné Vincent Peillon – fin des redoublements, des formes d'évaluation et de notation plus constructives, fin des devoirs à la maison –, s'il était réellement appliqué marquerait un tournant. Mais comme bien des spécialistes de l'école l'ont noté, il pourrait une nouvelle fois s'agir de «serpents de mer, intéressants, mais ....
... Les devoirs à la maison sont officiellement proscrits depuis 1956 et la volonté de sortir de l'orientation couperet, orientation subie, pour aller vers une orientation choisie figurait déjà dans la loi Jospin de 1989...
... le risque de voir s'accroître à nouveau les inégalités est là quand on sait par exemple que la région (les régions ont aujourd'hui compétences pour la construction, l'équipement et le fonctionnement des lycées) Languedoc-Roussillon dépense aujourd'hui 3 660 euros par élève contre 1 540 en Rhône-Alpes...

... passer des paroles aux actes !
Le diagnostic est substantiel, détaillé et pertinent mais les propositions concrètes apparaissent plus restreintes et ne répondent pas toujours aux priorités et urgences que supposeraient la prise en compte du diagnostic.
On y sent le souci – légitime- de réunir le consensus le plus large possible. Au risque de ne satisfaire personne et de ne pas provoquer l’élan que devrait susciter une loi d’orientation et de programmation. Il convient de se souvenir de la pertinence de la loi de 1989 et, en même temps, de sa faible appropriation par les acteurs de l’Ecole.
L’ensemble des mesures proposées constituerait, si elles étaient mises en œuvre, la plus importante réforme du système éducatif depuis longtemps. Il faudra veiller à ce que la cohérence d’ensemble soit conservée...

... à trop vouloir ménager la chèvre et le chou, (“quand on change les choses, il faut le faire avec le plus de circonspection possible ”) Peillon risque de finir contre un platane : ce ne sera pas plus facile de faire passer les mesures difficiles plus tard, d’une part, et d’autre part les mesures engagées souffrent du coup d’incohérence (les rythmes scolaires, encore : leur modification n’aurait de sens réel que si on ramenait les vacances d’été à 6 semaines au lieu de 8, mais cette question est encore trop sensible)...
... le système de gouvernance reste inchangé. Alors que le système pyramidal est mis en avant par tous les acteurs de l’éducation et notamment les enseignants comme un problème majeur de gouvernance, aucune restructuration n’est prévue...

Comment "refonder" une institution qui ne croit plus en elle-même et qui, pis, ne tente même plus de sauver les apparences ? 
... L'Etat doute-t-il à ce point de lui-même pour qu'il envisage d'externaliser un projet aussi central que la "refondation de l'école républicaine", cette belle promesse faite par François Hollande et réitérée par Vincent Peillon ? Les Inspecteurs généraux et la direction générale de l'enseignement scolaire sont-ils incapables de réécrire des programmes scolaires ? La direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance a-t-elle besoin d'un alter ego "indépendant" pour produire de bonnes statistiques ? Si oui, alors osons la question que ne formule pas le rapport de la concertation : à quoi sert encore l'administration de l'Education nationale ?

... le ballet des chefs au pied de l’estrade ce mardi matin, dans le prestigieux grand amphithéâtre de la Sorbonne, ne peut que faire sourire. Les congratulations entre ceux qui pensent vraiment à une véritable refondation, ceux qui ont précipitamment retourné leur veste, ceux qui n’ont retourné qu’une manche de la veste mais qui visent un poste, ceux qui considèrent que l’on peut passer du libéralisme déshumanisant à la démocratie humaniste en quelques heures en affichant la même conviction sans pour autant admettre les dégâts commis, sont un spectacle qui pourrait inspirer les humoristes...

... De fait, lerapport se présente comme une "boîte à idées". Celles-ci ne sont pas nouvelles, mais ont toujours buté sur des positions conservatrices, corporatistes, et sans doute aussi sur un manque de courage politique. Prises une à une, elles pourraient passer pour anecdotiques. Assemblées, et appliquées, elles ouvriraient la voie à une révolution...

... Si 68 % des Français s'opposent à la suppression des devoirs à la maison selon un sondage Ifop* publié mardi après-midi, les jeunes, eux, applaudissent. Ils se jugent accablés de devoirs. Tous expliquent qu'ils ont entre une et deux heures de travail quotidien à réaliser en dehors de l'école. «On a vraiment dix fois trop de travail!», peste Lucas. «Comme la correction en classe se fait en groupe, le professeur n'a pas le temps de venir nous voir et nous expliquer ce qui ne va pas si on n'a pas compris» ...
* [ Les Français et la suppression des devoirs scolaires à la maison pour les élèves du primaire - Résultats détaillés - Octobre 2012 - IFOP - pdf ]

... Mise à part l'augmentation des moyens, qui n'est pas négligeable, la seule annonce véritable sur le primaire concerne les devoirs. Ils seront faits à l'école, après la classe. Si le président dit vrai, ce serait la concrétisation d'une mesure prise en 1956. Il ne faut donc pas désespérer.

... Pour l'instant, dans les faits, le nouveau ministre de l'Education n'a pas changé grand-chose - je ne parle pas ici de l'atmosphère nettement plus détendue et des espoirs (raisonnables) qui s'affichent aujourd'hui.
Mais sur le plan rhétorique, on a d'ores et déjà assisté à un petit séisme.
Or les mots sont importants: rabâchés dans les discours...
... Maintenant, après les grands mots et les belles promesses, il reste à voir ce qui va changer réellement. Rendez-vous dans quelques mois...

... L'éducation nationale doit assumer pleinement son rôle qui n'est pas seulement de former des citoyens mais aussi de préparer les jeunes à un emploi. Les deux sont liés. Or, en orientant mal, nous poussons les jeunes dans des difficultés qui produisent échecs et exclusions, nous fabriquons des décrocheurs...
... Si la question des vacances d'été doit bloquer toutes les autres avancées,je proposerai au Premier ministre de ne pas y toucher. Mon souci est d'aller le plus loin possible dans la réforme du système éducatif...

... «On a un peu entendu tout et son contraire, depuis un certain temps. Pour l’instant on n’a pas le sentiment que le ministre actuel (de l’Education) considère qu’il faut nous consulter, nous les professionnels du tourisme, et on le déplore».
«On comprend bien que ce ne soit pas l’avis des professionnels qui soit le plus déterminant dans la vie des enfants, mais ...

... La loi de 2005 sur l’intégration des enfants handicapés a, bien malgré elle, contribué à dégrader la situation... [elle]  est aussi l’occasion de justifier toutes les intégrations, sans discernement, sans réflexion, sans adaptation, sans réelle vision ni projet particulier, et ce alors qu’elle couvre des situations très diverses, voire radicalement différentes : entre un autiste «de haut niveau», un handicapé moteur en fauteuil et un enfant souffrant de troubles du comportement, peu de points communs.
Vous devez intégrer, dit-on à l’école sans lui donner les moyens de le faire correctement. On se contente trop souvent de balancer sans plus d’accompagnement le gamin dans une classe dont l’instit n’est absolument pas formé pour comprendre ce type d’enfant et encore moins travailler avec. Dans le meilleur des cas on peut compter sur un AVS, très mal payé, peu qualifié, pas formé (et encore, cette année, 2 700 postes en moins alors que la demande explose)...
... En pleine « Refondation de l’école », il est souhaitable que ces questions soient abordées. Sans quoi la situation des Kadiatou, des Jeff, des Luis (et donc des écoles et des classes qui les accueillent) ne s’améliorera pas dans les années à venir. Des enfants que l’institution a le devoir d’accueillir, mais qu’elle ne se donne pas les moyens d’accueillir correctement, et dont les inspecteurs nous disent qu’on ne peut rien pour eux. Injonction paradoxale...

... Cela étant il va soulever trois types de débat.
-  1 Le premier, aussi vieux que Jules Ferry : le rôle de l’école est-il de préparer des têtes bien faites ou la vie d’après, professionnelle ? Les choses ne sont pas aussi tranchées que ça dans la vraie vie, mais c’est un débat presque philosophique.
-  2 Deuxième question : l’orientation...

Idées nombreuses et variées recherchent ministre courageux pour les appliquer ...
... Elles  sont nombreuses, intéressantes et leur richesse vient du fait qu’elles se placent sur plusieurs registres. Il ne reste qu’une question : qu’en fera le ministre ? S’il les prend toutes, il a, en kit, l’architecture d’une école nouvelle. S’il choisit la facilité, en n'y piochant que celles qui lui permettront de durer, la concertation nationale n’aura servi à rien, et ce rapport s’empilera sur bien d'autres. Et dans ce pays imaginatif, le courage politique est un ingrédient plus rare que les idées !...

... On a, comme d'habitude, invité les 5 000 permanents de l'Éducation nationale, tous des gens très qualifiés, mais assez éloignés des élèves. Tout cela ne saurait exonérer le gouvernement d'une perspective. Or, pour l'instant, je ne vois pas de projet fort pour l'école.
Pourtant, Vincent Peillon promet de tout "refonder", ce n'est pas rien.
On a jusqu'à aujourd'hui empilé beaucoup de réformes, on a réparé, ajusté, réagi, et la maison Éducation est une construction de bric et de broc, avec des pans baroques, des murs classiques, des rafistolages en tôle ondulée...

... l’Etat dépense 47 % de plus pour former un élève parisien que pour former un banlieusard de Créteil ou de Versailles. 51 % de plus pour former un Parisien qu'un Niçois...
... A Créteil, 21,6 % des enseignants ont moins de 30 ans (pour une moyenne nationale à 9,2 %) et 8,6 % sont non titulaires (contre 4,9 % en moyenne). A contrario, à Paris, 24,2 % des profs sont agrégés pour une moyenne nationale deux fois moins élevée...
... Est-ce que cela va changer ?...

... Nous avons atteint le stade délicat où les élus, compte tenu de l’importance croissante de leur investissement demanderont des comptes, discuteront des projets éducatifs et voudront assumer leur responsabilité. L’école sera contrainte de changer. Mieux vaut qu’elle anticipe, même s’il est déjà un peu tard ...
...  Refonder les pratiques pour refonder l’école. Redonner toute sa place à la pédagogie, complètement déniée depuis 2007.
Le temps est venu de voir si l’espoir de la refondation sera respecté et si une pédagogie de la réforme permettra de remobiliser les acteurs ...

... Mais que leur est-il arrivé ? Depuis dix ans, pas une rentrée sans qu'une poignée de pamphlétaires quasi-professionnels prennent la plume pour tirer à boulets rouges sur une école qui aurait abandonné sa mission civilisatrice, où toute autorité aurait été minée par les effets du laxisme post-soixante-huitard, une école soumise aux caprices de l'enfant-roi, dévastée par le "tout tout de suite" et le consumérisme, gangrenée par une cinquième colonne de "pédagogistes" obtus prêts à tout pour ruiner la culture, la civilisation, l'homme.
Cette année, rien ou presque ...

La grande concertationsur l'école, lancée début juillet par le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon s'est achevée jeudi [27 sept.], comme le prévoyait le calendrier officiel...

Dé-concertant ...

...Au total, rien de neuf. La semaine de quatre jours, décidée en 2007 par Xavier Darcos sera enterrée en 2013, comme annoncé par Vincent Peillon dès sa prise de fonction. Les écoliers devraient avoir quatre jours et demi d'école, avec le mercredi matin...
... L'organisation du calendrier scolaire, et la question du zonage, voire du raccourcissement des vacances n'est pas encore tranchée. Et pour cause: le sujet est extrêmement complexe, et suscite l'opposition des lobbys touristiques...

Dé-concertés ...

... Refonder l'école -et refonder "la République par l'école"- comme le ministre de l'Education nationale l'a promis, imposera de sortir du "ni-ni" qui caractérise les politiques publiques menées au collège depuis plus d'un demi-siècle. Sans quoi cette refondation s'apparentera à une nième de ces réformes dont l'empilement désoriente les familles et décourage les enseignants.

... Le problème est que cette concertation tourne en rondet que le sens même du mot refondation a été oublié dans le flot des revendications et des propositions d’adaptation de l’existant sans en changer les fondements et les finalités.
 En fait, quasiment plus personne ne parle de refondation, sauf Pierre Merle dans un groupe auquel je participais mercredi. Curieusement, personne ne contestait ses analyses et sa conviction de l’impérieuse nécessité de refonder, de construire de nouvelles fondations, mais toutes les interventions qui suivirent ne proposaient que des aménagements, des corrections, des compléments, à l’existant...

Pour la FCPE, l'UNEF et l'UNL, constitutives du pôle des usagers du service public d’éducation, la concertation qui se tient actuellement sur le devenir de l’Ecole ne pourra pas déboucher sur une véritable refondation si on ne réforme pas en profondeur le baccalauréat. Ce diplôme est pourtant le grand oublié de la discussion actuelle. Face à la stagnation de son taux de réussite, et à sa «dévalorisation» prétendue, il est temps de le refonder...
Nous ne pouvons pas non plus continuer à évaluer quinze années de scolarité en seulement quelques jours...

... Nous demandons l’abandon de l’ensemble des fichiers BE, BNIE, RNIE, Sconet-SIECLE, AFFELNET, APB, LPC et autres livrets scolaires électroniques...
... Diminuer le nombre de cases comme semble le prévoir l’actuel Ministre de l’Education Nationale ne changera pas la nature de l’usine à cases qu’est en train de devenir l’école et le rôle de contremaître de fabrication des ressources humaines qui est aujourd'hui assigné aux enseignants...
... Enfin, avec l’absence de réponse à la mise en demeure adressée par le CNRBE au Ministère le 14 mars 2012, et avec l’absence de l’élémentaire décision de levée des sanctions contre les enseignants qui ont résisté aux mesures prises par le gouvernement précédent (engagement subliminal de la campagne électorale), nous n’avons à ce jour aucun signe que le changement soit pour maintenant.
Nous ne participerons pas à la concertation.

Piloter… Non. La feuille de route imposée par une personne qui ne sait pas faire l’école, qui serait incapable de réaliser elle-même les injonctions données, n’a pas de sens...
...On ne refondera pas l’école si l’on fuit ces questions comme cela semble être le cas à ce jour.

... L’autre voie serait de modifier en profondeur le fonctionnement de l’écolede sorte que les disciplines ne soient pas seulement étudiées à proportion de leur capacité à mener vers l’élite, mais parce que chacun jugerait bon que les élèves reçoivent une formation variée, qui les élèverait intellectuellement et moralement. Une refondation, en somme, qui ne cantonnerait pas la « morale laïque » au rang de discipline parmi les autres mais en ferait le socle de tous les enseignements. Oui, cela exigerait une vigoureuse refondation de l’école. N’est-ce pas le projet ?

... les technologies de l'information et de la communication ont également changé la donne. «Les enfants sont devenus des acteurs directs. Ils sont donc plus ouverts, plus intervenants, plus entreprenants, mais en contrepartie n'ont pas de limites.» Il ajoute enfin que«le désarroi des adultes est amplificateur».
Il est donc urgent de parvenir à un «consensus» entre adultes sur les règles à poser. «Les disputes entre adultes et le manque de solidarité angoissent les enfants, tout en leur laissant le terrain libre. Le débat sur l'école entre adultes, c'est la cour de récré!», ajoute Philippe Jeammet.
Ses préconisations? Travailler sur la solidarité des équipes pédagogiques (directeurs, professeurs, psychologues, éducateurs…) et libérer du temps pour la vie d'équipe et les relations avec les parents...



L'actualité : dans, hors, en face, avant, pendant, après, 
en sortant de ... "l'école"

La Sécurité, disent-ils, Fra-ter-ni-té, disent-ils,
"les Droits de l'Enfant", disent-ils...

... De plus en plus populaires, en banlieue comme à la campagne, les systèmes de vidéosurveillance placés à l’intérieur des établissements scolaires connaissent peut-être leurs dernières heures. Saisie début 2010 par plusieurs associations de parents d’élèves et d’enseignants, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) vient de mettre en demeure cinq d’entre eux de retirer les équipements installés dans les lieux de vie, tels la cour de récréation, le préau ou le foyer des élèves.
Une décision qui concerne tout type d’établissement, de la maternelle au lycée, et «qui a valeur de jurisprudence», s’empresse de préciser la Cnil...
... On ne peut pas dire aux enfants : Faites attention à votre vie privée sur Internet, et dans le même temps les filmer en permanence quand ils sont à l’école. »
...En installant ces caméras, les chefs d’établissement n’avaient pas de mauvaises intentions. Ils ne s’étaient simplement pas posé la question de savoir s’ils en avaient vraiment besoin. »

le modèle américain, fessebouk...
la fessée rend bête et méchant.

... Battre un enfant, "c'est tout, sauf de l'éducation, c'est de la brimade, c'est de l'humiliation"
Pour le docteur Lazimi, une loi sur le sujet doit voir le jour en France. "La loi interdit de frapper un adulte, la loi interdit de frapper un animal, et c'est normal. La loi doit interdire de frapper un enfant", souligne-t-il, tout en rappelant que seules la France et l'Angleterre n'ont pas légiféré sur le sujet dans l'Union européenne.
Selon la Fondation pour l'enfance, 28 pays ont déjà interdit ces "pratiques inefficaces et traumatisantes".

Alors que le Conseil de l’Europe organise aujourd’hui à Strasbourg un débat international sur l’interdiction de la fessée, celle-ci n’a jamais eu autant le vent en poupe auprès des parents. « On assiste à un retour aux années 1950, affirme le psychologue Didier Pleux*. Tombée aux oubliettes dans les années 1970, la fessée connaît actuellement un retour en force.
Les parents sont de plus en plus nombreux à me dire dans mon cabinet que c’est l’unique moyen qu’ils trouvent pour exercer leur autorité. »
(sondage Le Figaro)
« Levez la main contre la fessée ! », tel est le slogan d’une campagne du Conseil de l'Europe contre les châtiments corporels infligés aux enfants. Les châtiments corporels constituent la forme la plus répandue de violence à l’encontre des enfants. C’est aussi une violation des droits des enfants en tant qu’êtres humains. Inefficaces en tant que méthode de discipline, les châtiments corporels transmettent un message erroné et peuvent être à l’origine de graves dommages physiques et mentaux. Le Conseil de l'Europe lutte contre les châtiments corporels en menant une campagne pour leur abolition totale et en faisant la promotion d’une parentalité positive et non violente dans ses quarante sept Etats membres.
... le clergé fessa aussi allègrement hors de ses rangs. La fessée disciplinaire connut son «plein-emploi dans les collèges quatre siècles durant, du XVe au XVIIIe siècles. Les règlements étaient particulièrement sévères dans les établissements scolaires tenus par des religieux», explique Jean Feixas. Les cancres et insoumis recevaient le plus souvent leur volée en public et au réfectoire, après les repas. Avec obligation de dire merci. Dans les collèges de jésuites, on raffina jusqu’à désigner un moine fesseur, comme il existait un frère portier ou un frère économe...

La télé, aussi, rend bête et méchant
...La recherche, étalée sur huit ans, a touché 1.314 enfants, dont les parents avaient accepté d'indiquer le temps consacré à regarder la télévision par leur progéniture à 29 mois puis à 53 mois, tandis que les enseignants ont évalué les performances scolaires et psychosociales, ainsi que la santé des sujets...
Chaque heure au delà de la moyenne (qui est de huit heures par semaine au Québec) réduit de 7% l'engagement manifesté par l'enfant en classe ...
sans compter l'agressivité, la moindre activité physique, la consommation de sodas, le grignotage et... l'obésité...

...every additional hour of television exposure at 29 months corresponded to 7% and 6% unit decreases in classroom engagement, 10% unit increases in victimization by classmates, 13% unit decreases in time spent doing weekend physical activity , 9% unit decreases in activities involving physical effort, higher consumption scores for soft drinks and snacks by 9% and 10% , and 5% unit increases in body mass index...

Allergie, ennui, humiliation, stress, phobie, absentéisme, décrochage, déscolarisation :
ON DIRAIT QU'ILS S'ENNUIENT ...
Les formes radicales d'abandon sont préoccupantes :
les "décrocheurs", sortant du secondaire sans diplôme, sont estimés à 120 000 tous les ans.
Les vaincus, parfois écartés sans ménagement, sont découragés et atteints dans leur estime de soi.
Tant Osloqueles Gorguettes, démontrent que, si on joue franc-jeu avec les adolescents, 
le résultat dépasse les espérances.
Le C.E.S. n'a pas explosé dans une fuite en avant 
de revendications impossibles à satisfaire de la part des élèves:
le sentiment de leurs responsabilités a été permanent.
C'est que, aussi, ils aimaient leur établissement, qui était devenu pour eux un lieu de vie.
Et non le lieu de mort, ce parking déshumanisé et déshumanisant,
qu'il tend toujours plus à devenir aujourd'hui dans notre pays,
contre le vœu profond de la plupart de ceux qui y travaillent.

"Lycée alternatif".
L’inscription au Lycée Autogéré de Paris se fait suivant une procédure particulière.
Cette démarche doit être menée par l’élève.
La "réunion de présentation" (durée : 2 heures) a lieu une fois par mois d’octobre à mai.
Il suffit de se présenter au lycée à 09 heures. 
Et quelques "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :

les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école, les punitions collectives, l'état des toilettes, le téléphone portable, le créationnisme... 
Imaginez que chaque jour vous partiez au travail avec 22 kg sur le dos. C'est pourtant le lot de milliers d'élèves qui vont en classe avec environ 9 kg sur les bretelles !

Cartable trop lourd : ministère de l'éducation condamné... en Italie.

Le calendrier de l'année scolaire

La France se caractérisait
par une forte charge scolaire annuelle,
avec 936 heures de présence
dont 855 heures d'enseignement,
récréations déduites
(seul le Luxembourg fait plus).
2008 : Des journées encore plus longues. La France devient le pays d'Europe de l'Ouest qui compte le moins de jours de classe : 140 par an. En Finlande, pays dont les élèves caracolent en tête des palmarès internationaux, l'année scolaire en compte 188.

Une nouvelle « loi d’orientation » a été votée,
qui ne sera pas forcément mieux appliquée que la précédente,
mais dans le droit fil des déclarations de Lisbonne (mars 2000) :
«  L’Union doit devenir l’économie de la connaissance 
la plus compétitive et la plus dynamique du monde ».
Et à moindre coût !
Elle se donnait des objectifs en matière d’innovation,
de "cohésion sociale" et d’emploi.
A peu près aucun n’a été atteint...
Nouvelle loi reprenant pour l'essentiel les directives de l'OCDE
(notamment le fameux "socle" - smic culturel, "paquetage de survie"),
déjà préconisé par la commission Fauroux (*), sous le gouvernement Juppé,
... il y a plus de dix ans !

Changer l’école ?
Des initiatives sérieuses existent, et depuis longtemps.
Elles ont fait leurs preuves, et depuis très longtemps.
Dans le secteur public comme dans le privé.

(*) commission présidée par Roger Fauroux, ex-président-directeur général de Saint-Gobain, ex-ancien ministre de l’Industrie... commission dans laquelle on trouvait, entre autres, de brillants philanthropes tels que Michel Bon, futur PDG de France Télécom jusqu'à sa faillite, Francis Mer, à l'époque PDG d’Usinor-Sacilor, mais aucun représentant des salariés.


ET L'HORREUR ÉDUCATIVE ?

"SAVEZ-VOUS QU'IL EXISTE D'AUTRES FORMES DE PEDAGOGIE ?"
blablablablablablablablablablabla...

L'école en échec
"Depuis trente ans, tout ou presque a été expérimenté par l'éducation nationale."


Ben oui ..."Presque  !" :

QUESTIONS POUR UN PROJET
  Des écoles, des collèges et des lycées différents, dans l'E.N. :
Des écoles publiques "expérimentales"
  Freinet dans (?) le système "éducatif" (?)
  Colloque Freinet à ... Londres

  Pluralisme scolaire et "éducation alternative"
  Des écoles différentes ? Pourquoi ? Pour qui ?
  L'heure de la...It's time for ... Re-creation
  68 - 98 : les 30 P-l-eureuses
  Jaune devant, marron ... : du P.Q. pour le Q.I.

  Et l'horreur éducative ?
  Le nouveau sirop-typhon :
déplacements de populations ? Chèque-éducation ? ou non-scolarisation ?
  Apprendre sans école
("Homeschooling",école à la maison, instruction à domicile, cours à distance...) :
Les Enfants D'Abord ... ou MES enfants d'abord ?


Les politiques de lutte contre l'échec scolaire restent peu efficaces
"Pourtant, ici ou là, des établissements luttent avec succès contre l'échec scolaire.
Profitant de leur autonomie croissante, ils concoctent leurs propres recettes,
et cela marche.
Mais il n'existe rien en France qui permette de diffuser ces expériences réussies."

... Ah bon ?
Et l'INRP ?
Et Innovalo ?
Et le Bureau A 11 dit "de Valorisation des innovations" à la DESCO ?!
Et feu le "atlas des innovations" ?
de feu le C.N.I.R.S.?
et ses "conseils" - en novLang - acceptés avec déférence et révérences par les "innovateurs" tels que  D.E.C.L.I.C. 93 (DECLIC ! ...RECIT, parmi d'autres, d'une "initiative", devenue mystification, "citoyenne")
... et tant d'autres "services" gazogènes de la rue de Grenelle et annexes ?

Et les publications de l'Icem-Freinet  et autres mouvements pédagogiques ?

... et éventuellement,
le guide-annuaire des écoles différentes,
qui les "diffuse"ces "expériences réussies",
privées comme publiques,
et depuis 30 ans,
mais
sans complaisance
ni langue de bois, ni amnésie,
ni stérile bla-bla universitaire de connivence
... et sans attendre l'autorisation ou les subventions d'un ministre de passage,
ni plan de carrière ...
DES ECOLES DIFFERENTESDES ECOLES DIFFERENTES


QUOI DE NEUF
POUR "CHANGER" L'ÉCOLE ?


Octobre 75 - Quelques mois avant la publication de LES ENFANTS D'ABORD
Avec Christiane Rochefort, une des premières réunions de "Possible"-A.I.E.



... Sept heures du matin, San Lorenzo, au coeur de Naples. Un gamin se faufile dans le labyrinthe des ruelles humides, une lourde caisse de conserves à bout de bras. Survêtement délavé, capuche sur la tête et baskets défoncées, le petit Gennaro commence sa journée de travail.
Personne ne s'étonne de le voir trimer de si bonne heure. En septembre 2011, Gennaro a été embauché dans une épicerie. Six jours sur sept, dix heures par jour, il garnit les étals, décharge des caisses et livre les courses dans le quartier.
Gennaro rêvait de devenir informaticien, il est commis de boutique, le métier le plus répandu chez les enfants travailleurs de Naples. Il travaille au noir, à moins de 1 euro de l'heure, et gagne, au mieux, 50 euros par semaine. Gennaro vient d’avoir 14 ans...

"les Droits de l'Enfant", disent-ils...

... Les soldats sont parfois de toutes petites mains. Des gamins payés quelques dizaines d’euros pour transporter des barrettes dans leurs cartables. Le mercredi et le soir, on peut voir les rangs des guetteurs se gonfler de «débutants», des collégiens qui tentent de se faire remarquer en criant akhténa avant les autres...

... L’incroyable marché du deal à Saint-Ouen n’a pas poussé que sur la misère. Il se nourrit de la proximité d’un monde qui a de l’argent. Les Parisiens, étudiants, jeunes, bobos, viennent dans cette ville proche et tranquille acheter leurs barrettes de shit. La clientèle rêvée, nombreuse et globalement clean...

...L’Olympiade moderne, il fallait avant tout la créer ; maintenant il faudra l’épurer. Elle met en mouvement trop d’activités étrangères aux sports, trop d’ambitions. [...] On complique ses rouages ; on rend aussi sa célébration trop coûteuse”...
(Pierre de Coubertin - 1906)

... L'Olympisme est au fond un reflet de notre monde. On est tous pris dans le même dilemme de se faire modeler par les attentes de nos milieux, de s'en demander toujours plus en se comparant, en se jugeant, en s'évaluant. Et c'est pourquoi on se dope aussi, au café, à la nicotine... Je pense que c'est intrinsèque à notre société qui est particulièrement exigeante. Je ne pense pas que cette société puisse vivre très longtemps comme ça. Nous nous éloignons trop de la notion de plaisir...
... le problème ne se pose pas tant au niveau des jeunes, mais des parents, des coachs, qui se mettent à avoir des attentes par rapport aux jeunes. Dans une vie de psychothérapeute, on rencontre beaucoup de jeunes qui ont été sacrifiés par leurs parents pour un sport, pour un rêve de parent non réalisé. ..

... L'hyper-manifestation sportive est pourtant encadrée par un formidable déploiement policier et militaire, la Grande-Bretagne, déjà championne du monde de la vidéosurveillance, en rajoute une couche orwellienne. Gigantisme militarisé de l'amusement.
Les contribuables du monde entier financent le sport dit de haut niveau au détriment d'investissements pour aider pauvres, chômeurs, mal-logés, mal-payés...
... Les Romains avaient leurs panem et circenses ("pain et jeux du cirque") ; nous avons de plus en plus de "circenses" et, pour beaucoup, de moins en moins de "panem"...

... Les contribuables paient donc pour de gigantesques installations qu'ils n'utiliseront jamais. Combien de stades de banlieue, de foyers communautaires, d'écoles ou de centres aérés pourraient être construits avec cette manne déversée sur une toute petite minorité ?..
L'actualité : dans, hors, en face, autour, avant, pendant, après,
en sortant de
... "l'école"
 

... On est dans une société loufoque,
qui dépense pas mal d'énergie pour l'éducation de sa jeunesse
et qui, ensuite, adhère à un système économique qui assure l'écrasement de la jeunesse et de la baisse de son niveau de vie.
C'est un gaspillage d'énergie énorme.
Les jeunes sont assez conscients de ce qui les attend sur le marché du travail.

Et donc j'imagine qu'ils ne sont pas très contents...

Le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde dépassera en 2016 celui des 99% restants, affirme Oxfam. Etude à l'appui, l'organisation non-gouvernementale informe que "la part du patrimoine mondial détenu par les 1% les plus riches était passée de 44% en 2009 à 48% en 2014, et dépasserait les 50 % en 2016"…l
… "Le mariage, les enfants, un salaire et une maison sont les marqueurs traditionnels de l'âge adulte. Prenez un effondrement économique qui touche particulièrement les jeunes, associez le avec une culture toujours plus grande d'individualisme et de narcissisme, et vous aurez comme résultat une disparition progressive de ces marqueurs"…
… "d'après nos observations, un quart des millenials ne se seront jamais mariés lorsqu'ils auront atteint le milieu de leur vie.
Ce sera la part la plus haute jamais observée dans l'histoire moderne." 

Balivernes ! Si le TTIP voulu par les multinationales passe, toutes les normes et les acquis européens en matière de protection sociale, environnementale et sanitaire risquent de sauter. Les emplois dont il est question, à quelles conditions sont-ils créés ? Vu les prémices, il n'y a pas de quoi être optimiste...
… En Espagne, 18,2 % des enfants de moins de dix ans sont en permanence gravement sous-alimentés. En Angleterre, à Berlin, il y a des exemples où des syndicats d'enseignants organisent des collectes parce que les enfants ont faim.
La démocratie peut disparaître en Europe…


...des centaines de portraits d’enfants non identifiés, aux visages généralement maculés de sang, sont projetés sur quatre écrans afin que des parents ou voisins puissent les identifier et se recueillir sur leur tombes numérotées dans le cimetière voisin.
A tuer des enfants que peut-on espérer sinon plus de deuils, de haine et de violence ?
Le résultat est sans appel : un taux de chômage record de près de 24 %, soit plus de deux fois supérieur à celui de leurs ainés; un «bizutage social» de plus en plus long, qui, de stages en mission d'interim, de CDD en contrats aidés, concentre sur les moins de 25 ans l'essentiel de la flexibilité du travail et se traduit par une durée moyenne de cinq ans de précarité, avec ou sans diplôme. 

Et autant de retard pris, de prêts refusés en locations inaccessibles, à sortir de la dépendance parentale et entrer dans l'âge adulte et l'autonomie.
Déclassée, appauvrie, tenue loin des responsabilités politiques, réduite au silence dans un paysage idéologique en ruines, notre génération est gagnée plus que les autres par le vote d'extrême-droite.

Soumise aux mêmes mots d'ordre productivistes et consuméristes que ceux contre lesquels nos aînés s'étaient battus, elle se les voit à présent infligés par toutes les ondes et les voies hiérarchiques …

Les études supérieures coûtent de plus en plus chères, de 400 euros à l’université à 15 000 euros/an dans certaines grandes écoles (voire 30 000 dollars dans certaines universités américaines) …
… Dans une période caractérisée par des niveaux records de chômage, les débouchés semblent incertains, et le retour sur l’investissement éducatif aléatoire : le jeu en vaut-il encore la chandelle ?
Assurément, la question fait sens et l’avenir de la France passe incontestablement par l’éducation, la recherche et l’innovation …
… Améliorer le modèle économique des universités et des grandes écoles françaises sans marchandiser l’éducation et sans surendetter les étudiants, telle est l’équation complexe que la France est d’ores et déjà amenée à résoudre …

Les résultats de l’étude du Céreq ne sont pas étonnants, analyse Mme Duru-Bellat. En quoi faire une ou deux années d’études supplémentaires créera-t-il les emplois que les jeunes attendent ? C’est une conception magique des choses : on va allonger la formation et ça ira mieux. »…
… Diplômer de plus en plus d’étudiants ne crée pas de manière magique des emplois qualifiés pour les accueillir. Il faut une activité économique dynamique pour les absorber. »…
[ CEREQ - Insertion professionnelle des jeunes : 2010-2013 – Premiers pas dans la vie active – sept. 2014 ]


… Fin 2011, 275 000 mineurs étaient pris en charge par les services de protection de l'enfance. Parmi eux, 48 % étaient placés en famille d'accueil ou en foyer, et 52 % faisaient l'objet de mesures « d'assistance éducative » à domicile. Des chiffres élevés, qui ne sont que la partie visible du problème, car les enfants non repérés ne sont pas inclus …
Les sénatrices préconisent de trouver une solution d'accueil«apportant une stabilité affective durable». Par exemple, en développant le recours au placement auprès d'un tiers digne de confiance (grands-parents, etc.) et en favorisant l'adoption simple …
[ Protection de l'enfance : améliorer le dispositif dans l'intérêt de l'enfant -  Rapport d'information de Mmes Muguette DINI et Michelle MEUNIER – juin 2014 ]
Cette précarisation du marché de l'emploi touche en tout premier lieu les jeunes. Alors qu'en 1982 plus de 80 % des 15-24 ans salariés étaient en CDI, ils ne sont plus que 50 % en 2012 (contre 90 % pour les 25-49 ans) ! Même une fois retirée la proportion de jeunes en contrats d'apprentissage, l'écart avec les 25-49 ans reste considérable : 22,9 % des moins de 24 ans ont un CDD, contre à peine plus de 7 % pour les 25-49 ans. Le contrat précaire apparaît donc dans ce cas un passage quasi obligé de début de carrière…

… L’annulation du sommet de Turin (prévu initialement courant juillet) pour accélérer la mise en œuvre de «l’initiative pour l’emploi des jeunes» européenne, en dit long sur le désarroi des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne face à l’explosion du chômage des jeunes.
Un chômage qui les touche deux fois plus que leurs aînés pour atteindre 22% dans l’Union européenne et plus de 55% dans certains pays…
… En 2012, 42% des jeunes salariés avaient des contrats temporaires et 32% travaillaient à temps partiel
(respectivement 4 fois et 2 fois plus que leurs aînés). Quant à ceux qui sont en décrochage scolaire et ne suivent aucune formation, plus de la moitié est au chômage en le subissant pour ses trois quarts…


… Lorsqu’il évoque les principaux facteurs qui font obstacle à la promotion sociale de la communauté noire, il parle de son «comportement antisocial» et de son «attitude contreproductive face au travail, à l’école, au mariage, etc.», pas des inégalités économiques ou de la discrimination permanente…
… elle pratique la politique dite de la «vitre brisée» –un concept théorisé en 1982 par les chercheurs James Q. Wilson  et George L. Kelling dans les pages d’Atlantic Monthly, qui sera adopté par la police de New York en 1993. Elle fait valoir que le fait de sévir contre la petite délinquance permettrait de prévenir les actes plus graves…
… Ce concept est élégant, mais son efficacité n’est guère prouvée…
… Si les mêmes méthodes de maintien de l’ordre étaient appliquées à une région plus «blanche» (une zone rurale et pauvre, par exemple), les chiffres seraient les mêmes
Travailler dès l'âge de 10 ans sera désormais autorisé en Bolivie

«Si les enfants de 10 ou 12 ans sont autorisés à travailler, ils vont manquer l'école et entreront sans s'en rendre compte dans le cercle vicieux de la pauvreté et de l'analphabétisme auquel il n'est pas facile de mettre fin», estiment ces organisations, qui rappellent que la Bolivie est signataire depuis 1997 de la Convention 138 de l'Organisation internationale du travail, qui fixe l'âge minimal pour travailler à 14 ans, «exceptionnellement» pour les pays en développement (15 ans sinon)…
L'alternance est un mode de formation alliant théorie en classe et pratique en entreprise. Elle s'adresse principalement aux jeunes. François Hollande, dans la droite ligne de ses prédécesseurs, a fixé l'objectif de 500 000 apprentis en 2017. Mais la situation est grave. Les deux types de contrats sont en chute libre

la précarité s’est développée, avec des temps partiels et des CDD plus nombreux (plus de 80% des contrats de travail sont aujourd’hui à durée déterminée), venant grossir les rangs des personnes inscrites à Pôle emploi mais hors du champ du chômage pris en compte par l’Insee …

Ce que nous dit d’abord le lynchage de Pierrefitte, c’est l’échec des politiques publiques menées depuis des décennies en France
dans les quartiers comme celui de la Cité des Poètes –dans les «banlieues» si l’on retient la terminologie médiatique.
Un échec massif, profond et durable qui nourrit une situation de pauvreté, de tension et d’abandon voire de relégation
dont l’ensemble des protagonistes du drame sont avant tout ici les victimes –même si, entendons-nous bien,
«la» victime du drame est le jeune homme lynché par ses agresseurs, qui sont eux des criminels.
Echec de la politique de l’emploi et de l’insertion, notamment des jeunes,
qui n’a su ou pu empêcher, sur place, un taux de chômage des jeunes de plus de 35%. ..
… Echec de la politique scolaire incapable d’éduquer des jeunes au respect de principes élémentaires,
comme celui qui consiste à ne pas se faire justice soi-même. ..


… Les nouveaux entrants sur le marché du travail, pourtant plus diplômés que leurs parents, sont moins bien rémunérés. «Un nombre croissant de diplômés se partagent un nombre stagnant de positions sociales confortables, dont le niveau de rétribution nette décline», poursuit M. Chauvel, qui évoque un «déclassement systémique» de la jeunesse.
Les générations malchanceuses qui tentent d'entrer sur le marché du travail en temps de crise, subissant chômage, précarité et faibles rémunérations, traînent ensuite éternellement cette malchance avec «bas salaires à vie, retraites plombées au-delà»


"70 000 enfants vont arriver à nos frontières cette année : que va t-il leur arriver ?" s'interroge Mother Jones. "Ceux qui viennent du Mexique sont directement ramenés de l'autre côté de la frontière, le reste est pris en charge par le département de la Santé et des Services humanitaires qui les place dans des centres temporaires en attendant que leur processus d'expulsion soit lancé". En 2013, 80 centres accueillaient 25 000 enfants non accompagnés. Sans parents dans le pays, les jeunes restent dans des centres fédéraux. "La plupart de ces centres sont dans des Etats aux frontières, loin des grandes villes, ce qui signifie pour les enfants une grande difficulté à trouver un avocat pour éviter d'être renvoyés dans les pays dangereux qu'ils ont fuis"
…… “Quatre cent mille jeunes ont quitté le Portugal depuis l’effondrement de 2007. Dans un pays de 10 millions de personnes. C’est une génération entière. Il ne reste que nous, les jeunes qui ont de l’argent, et les gamins du ghetto.”…
… la présence policière, ici, “est plus légère que dans le centre de Lisbonne, sous surveillance constante”. “Le quartier est dirigé par ses habitants. Comme le Lichtenstein, mais avec moins de princes pleins aux as.”…

même si des solutions existent, elles ne sont pas entendues et ne le seront peut-être jamais, tant que la dynamique des inégalités ne sera pas insupportable au point de provoquer un choc majeur, tel qu'une nouvelle guerre mondiale, qui déclencherait enfin prise de conscience et coordination nécessaires en renversant les structures les plus intolérables. C'est la crainte qu'expriment aujourd'hui nombre d'éminents économistes, dont Stiglitz. Je fais partie de cette génération sacrifiée qui paiera par le chômage le prix de l'austérité à marche forcée que nous impose la troïka européenne ; mais devrais-je aussi connaître la guerre ? Je ne le veux pas ; c'est pourquoi moi, 20 ans



Colt, Remington, Ruger. Ce n'est pas l'inventaire d'une armurerie, mais la liste de trois prénoms qui sont donnés de plus en plus fréquemment aux Etats-Unis…
… dans un pays où toutes les dix-sept minutes une personne est tuée par arme à feu et qui, en 2013, a connu 236 tueries de plus de quatre victimes, donner à son enfant le nom d'un revolver ou d'une carabine ne peut être tout à fait anodin. Laura Wattenberg compare les prénoms à des «fossiles», qui peuvent en dire long sur une époque : «Quand on regarde en arrière, dit-elle, on peut avoir une idée de quoi les gens parlaient, de leurs obsessions comme de leurs rêves.»

  Vivre autrement ?

En apparence, tout va bien. Sous le soleil d’Athènes, les touristes sont déjà là, les terrasses de café regorgent de monde et, dans la douceur d’un début d’été, rien ne laisse deviner la crise ou les effets de la politique d’austérité. …
… Sur 10 millions de Grecs, ils sont en effet plus de 3,5 millions à ne plus avoir aucune assurance santé. Elle est automatiquement supprimée après un an de chômage voire immédiatement pour les professions libérales. «Concrètement, ça signifie que si ces gens-là ne peuvent pas payer de leur poche, on les chasse des hôpitaux publics : c’est ce qu’exige ouvertement le gouvernement, qui a également imposé une baisse de 25% du budget des hôpitaux»
«J’ai parlé à sa mère de fruits et de légumes, et celle-ci s’est soudain effondrée en sanglots : c’est une jeune mère célibataire au chômage qui vit chez ses parents. Ils sont six en réalité à vivre sur la modeste retraite du grand-père de la petite Panagiota. Alors, parfois, ils ne mangent pas»



cette abstention de la jeunesse aux municipales devrait être prise comme un symptôme d'une grave fracture générationnelle - une fracture qui se creuse entre un monde politique vieillissant et des jeunes auxquels il laisse en héritage du chômage, de la dette et une anxiété écologique. Que six jeunes sur dix se demandent à quoi bon voter …

… L'enjeu des élections municipales ne leur apparaît pas clairement. Par ailleurs, ils ont impression de ne pas être pris en compte par les instances de décisions, y compris municipales, de ne pas accéder aux responsabilités, de ne pas se voir reconnaître d'utilité sociale. Ils ne se sentent pas considérés comme des citoyens
…On ressent dans leur faible participation le même climat «déceptif» à l'égard du gouvernement que chez les plus âgés. Les 18-24 ans n'ont pas ressenti de baisse du chômage, ni vu s'ouvrir de nouvelles perspectives d'avenir. Ils perçoivent toujours leur situation comme extrêmement problématique. …


… Globalement, la « tolérance » des Français aurait ainsi baissé de 12 points depuis 2009, selon un indice construit par une équipe de chercheurs de Sciences Po partenaire du CNCDH. «Cette baisse touche désormais toutes les minorités et est exprimée par toutes les sensibilités politiques», prévient-on à la commission. En clair, l'intolérance gagne aujourd'hui les sondés de droite comme de gauche.
Cette hausse de l'intolérance s'accompagne cependant d'une baisse globale de près de 20 points des actes et menaces à caractère raciste, antisémite ou islamophobe, recensés à la suite de dépôts de plaintes. Seule catégorie en hausse pour la troisième année consécutive : les actes antimusulmans …

… les grands groupes industriels faisaient travailler des mineurs au péril de leur vie et en toute illégalité. Les témoignages des enfants sont effarants.
De plus, les multinationales avaient promis de développer dans les endroits les plus reculés des deux pays des projets éducatifs au profit des populations les plus démunis. Belle parole car les écoles et les dispensaires ne sont toujours pas construits.
Après avoir visionné ce reportage, à l'heure des fêtes de fin d'année, lorsque vous croquerez un carré de chocolat, vous aurez forcément une pensée pour ces enfants exploités... 
ce mercredi à partir de 20h45, sur France Ô

(nombreux reportages, videos disponibles sur le net, dont le premier de Miki Mistrati)

Le constat est désolant : ici, une école n’a pas été construite, là s’élèvent quatre murs de béton laissés en friche. «Pourquoi tu n’es pas à l’école?»«Ils ne m’ont pas encore inscrit», répond un jeune garçon en train de ramasser les cosses sur une plantation-école censée respecter les normes du label de certification UTZ. Souvent, ces enfants font l’objet d’un véritable trafic et viennent du Mali ou du Burkina Faso

Pas qu’en France que les inégalités et la pauvreté progressent. Selon une étude Gallup à paraître au 16 septembre et révélée par l’agence Reuters, un Américain sur cinq avoue devoir se battre pour se nourrir correctement, lui et sa famille, en 2013. Souvent obligé de sauter des repas et de recourir à des bons d’alimentation (foodstamps)
Reprise, vous avez dit reprise ? 
« Ces résultats suggèrent que la reprise économique pourrait être disproportionnée et bénéficier plus aux Américains à revenu élevé plutôt que ceux qui ont du mal à satisfaire leurs besoins essentiels. »

… selon la législation polonaise, le seul crime qui n'est pas gommé du casier judiciaire concerne les violences sexuelles sur mineurs. "L'assassinat, lui, est gommé", observe amèrement le reporter de Gazeta Wyborcza….
"Est-ce que la violence envers les enfants a disparu avec le communisme ? Pas du tout." Selon une étude effectuée en 2008 par la fondation Dzieci Niczyje ["enfants à personne"], la fessée est le moyen de correction le plus populaire en Pologne : pas moins de 69 % des parents y ont recours."Il est facile de dépasser les limites et de battre son enfant avec un câble, une chaussure ou une ceinture"


"simplification administrative" ... 

Il est facile de voir pourquoi de jeunes gens ne croient plus en l'Union européenne,puisqu'on leur fait payer le prix fort pour une crise dont ils ne sont pas responsables, en réduisant leurs chances de réussir dans la vie. Ce serait scandaleux qu'on reste les bras croisés alors qu'une "génération perdue" fait son apparition parmi nous, alors que nous vivons sur le continent le plus riche du monde…
… 6 milliards d'euros seront réservés aux actions pour combattre le chômage des jeunes. C'est un signe positif, mais, en pratique, qu'est-ce qui peut être accompli avec 6 milliards étalés en 7 ans et dans 27 pays ? Très peu

Une expression obsède la novlangue d’aujourd’hui : « réformes de structure ». ..
... La litote sert à désigner les mesures destinées à accroître la flexibilité du travail, retarder l’âge de la retraite, diminuer les prestations sociales, baisser les dépenses de l’Etat, diminuer les impôts et les salaires…
…  Telle l’inquisition jadis, promettant aux pécheurs un gain futur (le paradis ou la prospérité) au prix d’une peine présente, il leur est commandé, pour tirer demain quelques bénéfices, de faire aujourd’hui sacrifice

C’est un drame. Quand on voit le manque de perspective des jeunes, dépendant de leur parents ou grand parents, ils n’ont qu’une perspective: la révolte. Cet état de desespoir viscéral est très visible en Espagne ou en Grèce, où le chômage atteint les 60%. Le danger, c’est la montée du populisme, du nationalisme, le rejet de l’idée européenne qui va se concrétiser lors des prochaines élections continentales. ..

… Les documents de la NSA révèlent la complicité de ces entreprises qui s'obstinent à la démentir. L'idée que ces géants exonérés d'impôts représenteraient une nouvelle forme de courant libertarien démocrate a pourtant fait long feu. Il ne s'agissait que d'un coup marketing...
… Ces dix dernières années, les services de renseignement américains et britanniques ont été impliqués dans l'utilisation généralisée de la torture, des enlèvements et d'autres crimes ainsi que dans la manipulation éhontée d'informations concernant les armes de destruction massives irakiennes. Et ce sont eux qui prétendent aujourd'hui nous protéger des conséquences de leurs actes

…   "Les enfants vont grandir en sachant que la moindre chose qu'ils font va être enregistrée quelque part dans un fichier. Et je crois que ça va avoir un impact très orwellien et très inhibant sur notre manière de vivre." "Cela va au-delà d'Orwell"

…  l’Union européenne leur a trouvé un acronyme, les Neets, pour «Not in Employment, Education or Training» («Ni en emploi, ni en étude, ni en formation»). Ils sont 14 millions d’Européens, âgés de 15 à 29 ans.
Aux Etats-Unis, le coût du logement a pratiquement doublé depuis leur naissance, entre 1983 et 2010. Depuis 2000, il a progressé de 75% en France rien qu’en une décennie. Le salaire moyen de 10% sur la même période.
Maison, voiture, bébé? Non, merci
 
 

... seuls des bouffons ravagés par la cocaïne pouvaient acheter des milliards de dollars de titres adossés à des crédits hypothécaires dont il était évident qu'ils allaient exploser en même temps que la bulle immobilière...
... "certaines personnalités en vue dans les cercles politique et financier ont pris des décisions irrationnelles inspirées par la mégalomanie que provoque la cocaïne. (...) Les gens prenaient des décisions insensées en pensant avoir raison à 110 %, ce qui nous a conduits au chaos actuel."
La cupidité, l'égoïsme, l’ignorance et la détermination impitoyable ont également compté ...


... «au tournant des années 1980, le décrochage entre l’offre de logement et la demande. Le nombre d’étudiants de milieu modeste a énormément augmenté avec la démocratisation des études supérieures, et les constructions de logements n’ont pas suivi.» Pas du tout même.Le logement étudiant a longtemps été le parent pauvre des politiques publiques ...

... Et la France dans tout ça ? Elle pointe, péniblement, à la 13e place, entre la Slovénie et la République tchèque, et enregistre des «performances très inégales»...
... Le taux de pauvreté des enfants est passé de 8,8% en 2012 à 9,5% en 2013. Quant aux performances en matière de réussite scolaire, elles baissent depuis le début des années 2000. La France enregistre la plus grosse chute des taux de scolarisation dans le secondaire (- 3%)...

... « En France, la montée de la pauvreté des enfants et du chômage des jeunes, les comportements addictifs auxquels s’ajoute le sentiment des adolescents de ne pas être entendus par les adultes constituent un cocktail explosif qui appelle à un réel plan national pour la jeunesse renforçant la prévention, l’écoute et l’intégration des jeunes dans la société » ...
[ Le bien-être des enfants dans les pays riches - Vue d’ensemble comparative- UNICEF 2013 - pdf ]


... Cette jeune génération de diplômés est unique: ils sont les premiers – depuis 1945 – à devoir s'attendre à vivre moins bien que leurs parents. Ils sont victimes d'un chômage massif: 19% au Royaume-Uni, 17% en Irlande, 50% en Grèce et en Espagne. Tout cela en assistant en même temps à une révolution des technologies et de la communication qui était censée leur donner le pouvoir...

… Selon Eurostat, l’Office statistique de l’Union européenne, le taux de chômage chez les jeunes adultes au sein de l’UE a augmenté au point d’atteindre 23,5 %. Une génération perdue est en train de prendre forme en Europe…
... Les capitales européennes font aujourd’hui entendre de belles paroles, mais jusqu’à présent, celles-ci n’ont été assorties d’aucune action … 

« On ne part pas, ils nous virent »
A Madrid, mais aussi Bruxelles, Londres, Berlin, New-York, Buenos Aires, Paris, Toulouse ou Lyon, des centaines de jeunes Espagnols se sont rassemblés ce dimanche pour exprimer leur désespoir.
Leur slogan, “No nos vamos nos echan”  (On ne part pas, ils nous virent), était clair : l’émigration des jeunes Espagnols n’est pas toujours un choix, mais une obligation, un exil forcé par un taux de chômage record de 55% chez les moins de 25 ans et de 26% de la population active en général...

... leurs familles garantes de leurs emprunts, cet endettement devient un insupportable fléau. "Avant", on quittait l'université avec la quasi-assurance de travailler, donc de rembourser l'emprunt. Aujourd'hui, non seulement le montant des prêts nécessaires grimpe, mais à la sortie l'insolvabilité menace, faute d'emploi. De plus en plus de jeunes rechignent à s'inscrire à l'université, de peur d'enclencher un cycle infernal...

... On voit mal comment cette situation désastreuse, faite d’ultra-précarité, de mal-logement et de non-logement, pourrait s'améliorer, à court et à moyen terme. Nous le voyons au quotidien, et les chiffres sont criants : plus de 90% des étudiants doivent se loger en dehors des CROUS et consacrent 70% de leur budget au logement, les jeunes salariés y consacrent aussi plus de 50% de leurs revenus, de moins en moins fixes du fait de la dégradation des contrats de travail...

... Au Refuge, nous accueillons de nombreux adolescents encore scolarisés mais craintifs d'affronter le regard de leurs pairs. Cela les place d'emblée en situation d'échec scolaire et met en lumière la défaillance de l'Education Nationale.
L'Ecole, censée être un lieu d'intégration devient un lieu de rejet. Quand un adolescent se met volontaire en échec scolaire par anticipation de représailles par ses pairs, c'est tout un système qui s'écroule...

Les moins de 30 ans n’ont jamais été aussi précaires. Ce sont aussi les grands oubliés de la campagne électorale ...
...Personne ne pourra accuser le futur gouvernement de ne pas avoir tenu ses promesses envers les jeunes Italiens, pour la bonne et simple raison qu’il n’en aura fait aucune. Les nouveaux électeurs sont pour l’instant les grands exclus de la campagne électorale. La politique s’apparente à une discothèque gardée par des gorilles qui leur barrent le passage.
Les cinq coalitions en lice semblent tout droit sorties de Gangnam Style : elles s’agitent, gesticulent, se déhanchent, se bousculent ...

... près de la moitié de l’ensemble des enfants dont les parents avaient un faible niveau d’éducation (soit au plus le premier cycle de l’enseignement secondaire) étaient exposés au risque de pauvreté dans l’UE27 en 2011, contre 22% pour les enfants ayant des parents avec un niveau d’éducation intermédiaire (soit au plus le second cycle de l’enseignement secondaire) et 7% pour les enfants de parents ayant un niveau d’éducation élevé (enseignement supérieur)...
[ Risque de pauvreté ou d'exclusion sociale dans l'UE27 - Eurostat - février  2013 - pdf ]

Quatorze millions de jeunes Européens sont sans travail ni formation, et leur nombre s'accroît en raison de la crise économique, avec des disparités selon les pays...
... “Les chiffres de l’augmentation du chômage des jeunes sont choquants. Mais le plus souvent, ces chiffres tiennent seulement compte des jeunes qui sont prêts à travailler et en ont envie. Il y a également un groupe considérable de jeunes tellement démotivés qu’ils se détournent du marché du travail” ...
...on ne donne pratiquement plus d’emplois à durée indéterminée. Ce sont justement les jeunes qui ont du mal à s’exprimer ou qui ont eu une jeunesse difficile qui en sont les premières victimes.” ...

... le slogan «Sois responsable, mais tais-toi!»s’est substitué au «Sois jeune et tais-toi!» de Mai 68. Tandis que certains militent pour abaisser la majorité pénale à 16 ans, le RSA n’existe quasiment pas avant 25 ans. Les exigences de responsabilités ne fonctionnent donc pas dans les deux sens! Tant que les jeunes font calmement la fête sans rien revendiquer, tout va bien...


Le développement de l’apprentissage n’est pas le remède automatique au chômage des jeunes. Une approche internationale montre que l’ancrage de cette voie de formation dans un pays ne va pas nécessairement de pair avec un faible taux de chômage juvénile. De plus, les modèles nationaux sont rarement transposables...
... au niveau macro-économique, il est impossible de démontrer le lien mécanique entre le développement de l’apprentissage et la diminution du chômage des jeunes...
[ CEREQ - mai 2012 - pdf ]

... Seuls 7% des étudiants - 3% en région parisienne - ont une chambre du Crous ! Ces chambres, aux tarifs réglementés, répondent pourtant parfaitement aux besoins des étudiants... mais on n'en construit pas. Donc les étudiants vont vers le marché locatif privé, souvent dans des petites surfaces qui sont relouées tous les deux ans - et les propriétaires en profitent pour augmenter le loyer. Nous demandons à Cécile Duflot de s’exprimer très rapidement et d’écarter l'option de l'Igas. Le problème du logement est aujourd’hui un des premiers freins aux études...

... Le médiateur [ de l’Education nationale ], notamment dans les académies, est saisi également de questions tenant à ce qui se passe au quotidien dans les classes. Cette préoccupation n’est pas nouvelle mais le nombre des réclamations est plus soutenu que par le passé. Sans doute les parents hésitent-ils moins à évoquer ces difficultés auprès du médiateur et sont-ils plus enclins à demander de l’aide, surtout quand le silence de l’institution leur semble
inapproprié, voire injuste.
Les réclamations soumises au médiateur ont trait aux questions de discipline des élèves, dans le second degré et même désormais dans le premier degré. D’autres portent sur des questions de harcèlement entre élèves, sur les sanctions, leur importance, voire leur opportunité. Des réclamations émanent de parents qui protestent contre les absences d’enseignants qui ne sont pas remplacés...
[ Rapport 2011 du médiateur de l’Education nationale -  mai 2012- pdf ]

... Il n'y a jamais eu, à ma connaissance, de rapport politique sur la carte scolaire. Les chiffres et enquêtes "officielles" font défaut. Tous les chercheurs que nous avons auditionnés nous l'ont dit : personne au niveau politique ne s'est emparé de cet objet difficile, un sujet éducation mais aussi sociétal, qui pose la question de l'équilibre des territoires. C'est rendre perceptible qu'une frange des Français se sent tenue à l'écart, n'a pas accès à la même qualité de services publics. Quand ça touche aux enfants, c'est encore plus criant.Il y a bien une discrimination sociale, territoriale, mais aussi scolaire, ne le nions pas...

... Aucun élève de lycée ne doit songer à y échapper. Pour cela les 10 premières heures de cours sont consacrées à «Croissance économique, mondialisation et mutations des sociétés depuis le milieu du XIXème siècle». Même dans ses rêves les plus libéraux, Pascal Lamy, le patron de l’OMC, n’aurait pas osé. Le socialisme peut, au mieux, panser les blessés de la mondialisation. L’Histoire a prévenu notre nouveau président...
... Il n’y a pas d’alternative. Ici aussi le TINA de Thatcher s’est imposé. There is No Alternative...


... Des Etats-Unis au Burkina Faso, de l’Inde à la République dominicaine, dès l’âge de six ans, des enfants sont employés dans les exploitations agricoles, vestimentaires, aurifères… Ployant sous des sacs de gravats, de briques, ou de légumes…
... on assiste actuellement à une régression laissant peu de chances de voir se réaliser l’objectif de 2016 — l’échéance donnée aux Etats signataires pour éradiquer les pires formes d’exploitation des enfants. « L’illettrisme engendre la pauvreté ; le meilleur investissement est donc l’éducation » ...
[ Le film Enfants forçats sera diffusé sur Arte le mardi 29 mai à 20h45.]

... Les étudiants voient la logique d’endettement, qui augmente de façon significative. La moyenne, dans les autres provinces du Canada, de la dette d’un étudiant après ses études est de 25 000 ou de 30 000 dollars canadiens [19 000 à 23 000 euros, ndlr]. Au Québec, c’est 15 000 dollars canadiens pour le moment. On endette une génération entière, mais pour des bénéfices illusoires. Les jeunes savent très bien que la situation économique ne leur est pas favorable...
... La question sociale est au premier plan et se pose partout dans le monde. Qui va décider de l’avenir des institutions de nos sociétés ? Cette interrogation en entraîne une autre sur la souveraineté populaire. Mais, le premier message, c’est le rejet par la jeunesse du néolibéralisme...

... «Cette précarité des professions intellectuelles n’est pas nouvelle, mais elle s’est accentuée récemment. Les jeunes font de plus en plus d’études, que ce soit les garçons comme les filles. Mais à la sortie, il y a vraiment un problème de débouchés, d’où une surqualification générale. Beaucoup de ces jeunes plongent dans des petits boulots sans issue, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de perspectives d’évolutions sur ces postes-là.» ...
... Ana, comme beaucoup d’autres jeunes Portugais, fait partie de la geração à rasca («génération fauchée»). Des jeunes, généralement diplômés, qui connaissent une «carrière» qui est une juxtaposition de petits boulots, dont certains, voire tous, ne correspondent pas aux études qu’ils ont faites...

... "Je refuse de participer à cette compétition dont l'unique but est d'entrer dans les meilleures universités. Cette décision m'appartient. Je vais poursuivre mes études à ma manière, en étudiant ce que j'aime", affirme le jeune homme. "Cette compétition exacerbée est à l'origine même de la violence dans les établissements scolaires et des suicides d'élèves. Mais les médias accusent les bandes dessinées !"
A la suite des suicides de plusieurs élèves victimes de harcèlement ...

... La Corée du Sud a le plus grand nombre de suicides de jeunes parmi les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et arrive à la 25e place pour l'indice du bonheur." ...


... «Il y a près de 2,8 millions de chômeurs en France, les professeurs bénéficient d’une certaine sécurité de l’emploi, et pourtant les candidats désertent le concours. Le métier ne fait plus rêver mais l’explication est politique
... Dans le viseur des professeurs et des étudiants, la réforme de la formation des enseignants, qui avait provoqué l’un des plus longs mouvements de protestation universitaire en 2009 et 2010...
... La Cour des comptes a pointé du doigt en février 2012 le caractère contre-productif de cette réforme. Non seulement les économies budgétaires espérées n’ont pas été au rendez-vous, mais l’allongement de la durée des études a contribué à décourager les éventuels candidats ...
... Une chose est certaine: ce n’est qu’au prix d’une refonte profonde que l’Education nationale pourra faire à nouveau rêver les jeunes générations ...

... « Prof ». Anaïs et Christophe se voyaient faire ce métier « quarante ou quarante-deux ans ». C’était avant 2008, avant l’adoption de la réforme de la formation des maîtres et la suppression de l’année en alternance en IUFM. Aujourd’hui, le jeune couple se donne « un an grand maximum » dans l’Education nationale. Désabusés. Broyés par la machine en moins de deux années scolaires. A 26 et 28 ans...
... Ils racontent « le gâchis », « la souffrance », comment ils essuient « jusqu'à l'écœurement » cette refonte de la formation des enseignants qui a fait passer le niveau de recrutement de bac + 3 à bac + 5 et supprimé l'année de stage. Une réforme sévèrement critiquée par la Cour des comptes dans son rapport annuel dévoilé début février ...


... la fracture numérique reste une réalité :
25 % des foyers français n'ont en effet toujours pas accès à Internet, et même 57 % si l'on ne s'intéresse qu'aux revenus inférieurs à 1 500 euros...
... Aux Etats-Unis, le mouvement prend même des formes plus extrêmes : les 160 écoles "Waldorf" proscrivent totalement l'usage des technologies dans l'enseignement...
62,9% ont le sentiment d'utiliser ces nouvelles technologies beaucoup trop.
55,5% pensent qu'internet et les réseaux peuvent devenir une drogue.
39,5% considèrent le manque de connexion internet comme un vrai problème, une gêne, un manque...
[ 1ère étude sur la France des déconnectés - Havas ]

... «nos élèves utilisent les ressources informatiques de façon quantitative, non qualitative. Ils n'ont malheureusement aucun recul critique et pensent que ce qui est écrit est forcément la vérité». Des études de l'OCDE confirment que les élèves critiquent moins ce qu'ils trouvent sur Internet qu'ils ne le font avec d'autres sources. Selon les auditions menées par la mission, les jeunes sont motivés par le numérique mais ils en font un usage essentiellement ludique. Ils brassent l'information plus qu'ils ne la comprennent.
Et sont bien plus souvent passifs qu'actifs ou créatifs...
... «Les enseignants sont la seule catégorie socioprofessionnelle à devoir utiliser l'informatique sans y avoir été formée»...
... L’usage d’Internet par les jeunes reste très récréatif : ils en font une utilisation ludique,
communicationnelle et mimétique…
Nombreuses sont les études soulignant le fossé existant entre les activités effectuées au domicile et celles réalisées à l’École : ainsi, en Primaire, si l’utilisation d’Internet à l’école est dominée par des activités liées à l’apprentissage, les usages au domicile sont essentiellement des jeux, le visionnage de clips vidéo et, dans une moindre mesure, des échanges sur les réseaux sociaux...
[ rapport «Apprendre autrement à l'ère du numérique» pdf ]



Devoirs à la maison:
50 ans de travail au NOIR
L'arrêté du 23 novembre 1956 aménage les horaires des écoles primaires et inscrit les devoirs pendant le temps scolaire.
En application de l'arrêté, la circulaire du 23 novembre 1956 supprime sans équivoque les devoirs à la maison, retenant des arguments d'efficacité et de santé.
"Les élèves n’ont pas de devoirs écrits en dehors du temps scolaire.
A la sortie de l’école, le travail donné par les maîtres aux élèves se limite à un travail oral ou des leçons à apprendre."
«Les parents réclament des devoirs quand les enseignants n'en donnent pas»

... notre pays abrite quand même 2 millions d'enfants pauvres, dont 20000 sans domicile fixe. Chaque année, 40000 ados font une tentative de suicide pendant qu'un jeune sur cinq sort du système scolaire sans diplôme...
... Face aux urnes, 48% des adultes ont averti qu'ils seront attentifs à la question de la jeunesse. Une grande majorité des adolescents (84%) aussi... mais ils ne voteront pas.
[ Les enfants et les adolescents en France, une situation jugée PREOCCUPANTE - sondage TNS-Unicef ]

... Les jeunes accèdent à l’indépendance de plus en plus tard. La situation n’est pas propre à la France. On remarque par exemple que si, entre 22 et 25 ans, seulement 15% des jeunes Danois et 21% des Finlandais vivent encore chez leurs parents, ils sont 88% parmi les jeunes Italiens et 89% parmi les Espagnols. Entre ces deux modèles nordique et méditerranéen, les jeunes Français vivent une situation intermédiaire, avec 53% des 22-25 ans habitant chez leurs parents.
Chômeurs ou précaires
Mais les jeunes qui accèdent à leur indépendance ont-ils un emploi? Pas forcément, et surtout pas un emploi stable...
... Encore faudrait-il s’arrêter sur les types d’emploi obtenus par les moins de 25 ans: trois emplois sur quatre sont en contrat à durée déterminée, et un sur quatre est un emploi aidé ...

... Le projet européen devait assurer la prospérité, conforter la démocratie dans les Etats autrefois gouvernés par des juntes militaires (Grèce, Espagne, Portugal) et désamorcer les «nationalismes fauteurs de guerre». Il réalise tout le contraire : purge renforcée, gouvernements transformés en pantins des salles de marché, réveil des animosités entre peuples du Vieux Continent. « On ne peut pas continuer à être les esclaves de l’Allemagne », s’indigne un jeune Espagnol qui ne veut pas s’exiler à Berlin ou à Hambourg pour trouver du travail...

... L'affectation d'un enseignant du public dépend surtout de son ancienneté, de sa situation familiale, de son concours et de son lieu d'habitation.
Mais le système a ses défauts : les académies les plus favorisées sont très demandées par les professeurs expérimentés (à Paris, les plus de 50 ans sont 46 % dans le secondaire, contre 30,9 % au niveau national), alors que les établissements les plus difficiles accueillent les débutants et que leurs équipes changent trop vite...

Obligation scolaire et instruction en famille
La présente circulaire [n° 2011-238 du 26-12-2011- B.O. 19 01 2012] a pour objet d'expliciter ce cadre et de préciser les modalités de mise en œuvre des contrôles que les inspecteurs d'académie-directeurs des services départementaux de l'éducation nationale doivent effectuer...

... Au collège, cinq mois après la rentrée, les rôles sont distribués. Et peu de chances que ça change avant les grandes vacances. «Bouffons», «bolosses», «intellos» et même «cassos» répondent à l’appel. Tous sont des figures de l’élève peu fréquentable, voire du bouc émissaire. Pour s’y retrouver quand on a quitté les bancs du collège depuis belle lurette, voici quelques explications fournies par une brochette variée d’élèves de troisième de Paris et sa banlieue ...
... Dans cette dramaturgie qui se déroule à l’école, on peut aussi être un intello perturbateur. Ou encore être le perturbateur au collège et devenir un bon élève au lycée....
...Au XIXe siècle, la question ne se posait pas. Les intellos étaient partout dans les lycées qui n’accueillaient que de bons élèves de la bourgeoisie, intériorisant parfaitement les attentes des enseignants. Pour tous les autres, le couperet tombait au certificat d’études, et cela paraissait aller de soi. Il y avait aussi des perturbateurs au lycée mais c’était des révoltés qui participaient par exemple aux barricades en 1848, et la dichotomie bouffon-perturbateur n’existait pas. Finalement, le bouffon est le signe de l’importance démentielle prise par l’école aujourd’hui et des enjeux très forts autour d’elle. L’école est perçue comme un vaste lieu de compétition et de sélection. Les uns pensent qu’ils resteront dans la nasse alors que d’autres pourront en réchapper. Ceux-là refusent de se dire battus et de rejoindre les rangs des perdants. Ils considèrent alors que la vraie vie est ailleurs, hors de l’école. De sorte que la dramaturgie du bouffon prend son sens sur ces deux scènes : l’école et le quartier...

C’est ce que l’on appelle un "flop". Voilà plus de cinq ans que le gouvernement le martèle : "Enseignants, innovez! Expérimentez!". Ses encouragements, parfois, avaient même des allures d’injonctions paradoxales: "Affranchissez-vous du cadre, je vous l’ordonne!"... Et l’on s’aperçoit aujourd’hui que la mayonnaise n’a pas pris...
[ Les expérimentations réalisées dans le cadre des projets d’école ou d’établissement (article 34 de la loi du 23 avril 2005) - 29 novembre 2011 - Haut Conseil de l'Education  pdf ]

... un scandale français que les responsables politiques s’obstinent à ne pas vouloir regarder en face. Les experts chiffrent à près de 10 millions de personnes ceux qui, à des degrés divers, sont frappés par la crise du logement. Chacun en connaît les grandes causes à l’œuvre: pénurie massive de l’offre, envolée irrationnelle des prix et émiettement des responsabilités entre une pléiade d’acteurs locaux et nationaux. Cette politique du laisser-faire ne peut plus durer...
 

C'est le prix du mètre carré
qui fait la différence...
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers souligne l'inégalité devant l'école.
La carte scolaire et l'apartheid...

... On aurait aimé le croire. Mais quatre ans plus tard, l'échec scolaire reste un fléau en France, avec son lot de redoublants, de «décrocheurs» et autres jeunes dégoûtés par les études. Notre pays reste même l'un des plus mal placés dans les comparaisons internationales...
... Les chiffres sont cruels pour la France. Entre 2000 et 2009, selon l'OCDE, la proportion d'élèves de 15 ans en échec scolaire est passé de 15 à 20%. De plus, l'écart de niveau entre le groupe des meilleurs et celui des plus faibles s'est accru. Pire: la France est aujourd'hui l'un des pays où les inégalités sociales pèsent le plus dans la réussite scolaire...

... Au collège, cinq mois après la rentrée, les rôles sont distribués. Et peu de chances que ça change avant les grandes vacances. «Bouffons», «bolosses», «intellos» et même «cassos» répondent à l’appel. Tous sont des figures de l’élève peu fréquentable, voire du bouc émissaire. Pour s’y retrouver quand on a quitté les bancs du collège depuis belle lurette, voici quelques explications fournies par une brochette variée d’élèves de troisième de Paris et sa banlieue ...

Quel est vraiment le niveau des élèves français?
A entendre le ministre lire les résultats des évaluations des élèves en CE1 et en CM2, il serait en progression. A lire les résultats internationaux, il serait plutôt en baisse…
... Nos enquêtes sont bienvenues lorsqu'elles accompagnent la communication du ministre. Sinon, elles attendent, rappelle un chercheur, sous couvert d'anonymat. Et plus encore si elles montrent une baisse de niveau."...

... On attend toujours le bilan sur l'expérimentation du sport l'après-midi en vigueur dans 200 collèges (prévu initialement pour novembre). Celui sur le dispositif d'accompagnement éducatif, qui devait sortir en avril. Rien sur la mutation des profs, le niveau de lecture en 6e, la vision du collège par les parents…
Rien non plus sur l'évaluation de l'assouplissement de l'affectation dans les collèges et les lycées, alors que la politique a changé en 2007...

... C’est tout au contraire au nom d’une évaluation intelligente et assumée queles enseignants, les élèves et leurs parents doivent refuser l’entrée à l’école
des méthodes ineptes et perverses du management néolibéral, venues de l’entreprise et du secteur privé.

Tous ensemble, il devient urgent de penser l’école autrement que comme une grande agence de notation. ...
 


[ Des priorités pour remettre l’école d’aplomb !]
... tout le système s’organise pour créer ces petites différences scolaires qui deviendront de grandes différences sociales : choix des filières, des langues, des matières optionnelles, classes européennes…. Et l’on voit déjà que l’école élémentaire est touchée par ce mécanisme selon lequel tout le monde est «relativement» en échec dès lors qu’il n’est pas aussi bon que le système le suppose.
Au bout du compte nous débouchons sur une orientation par l’échec ...
... Il ne sert à rien de condamner les «parents consommateurs» parce qu’il est rationnel et pas forcément cynique de choisir la meilleure école. D’ailleurs les enseignants qui sont aussi des parents se conduisent de la même manière. Le problème vient de ce que ces choix individuels aggravent les inégalités sociales puisque les bons élèves se regroupent, et les moins bons aussi ...

... "Avez-vous le sentiment que les jeunes d'aujourd'hui sont différents de ce que vous étiez vous-même au même âge ?",
83 % répondent "plutôt différents" ou "très différents". Un résultat sans surprise.
Mais cette perception s'accompagne de jugements sévères sur cette jeunesse "différente". Dans l'ensemble, les jeunes sont jugés égoïstes (63 %), paresseux (53 %) et intolérants (53 %). Des qualificatifs confirmés par les moins de 30 ans, lesquels se jugent eux-mêmes égoïstes (70 %), paresseux (65 %) et intolérants (51 %) - ce qui témoigne d'une image dégradée, y compris au sein de la jeunesse elle-même.
Signe d'une société vieillissante ?

... Les jeunes de 18 à 25 ans sont les plus touchés par la pauvreté, souligne le Secours catholique dans son rapport annuel 2010 rendu public ce mardi,
en constatant une hausse régulière des personnes ayant eu recours à ses services, dont une majorité de familles...
Le diplôme ne protège plus.
Autre constat: pour la première fois, la proportion de personnes ayant un niveau d'étude supérieur (39,8%) est plus importante que celle n'ayant pas dépassé le primaire (36,6%).
Cela démontre que "même le niveau d'étude supérieur ne met pas à l'abri de la pauvreté" ...

... Occupy Wall Street, les Indignados espagnols, les manifestants grecs...
La jeunesse mondiale se mobilise, mais pas la France, patrie de la protestation. Peut-être parce que les conditions ne sont pas réunies...
... L’indignation est ainsi à son comble lorsque on a effectué des efforts et des sacrifices financiers pour obtenir un diplôme et que celui-ci ne procure pas de débouché. Elle entremêle la stupéfaction, le sentiment d’un énorme gâchis, l’angoisse du déclassement, et pire encore, l’effroi devant ce qui s’esquisse comme un «no future». ..

Les parcours scolaires des jeunes ruraux se distinguent de ceux des urbains par des études moins longues, une préférence marquée pour le professionnel, des ambitions scolaires plus réduites. Ces disparités s’expliquent par l’environnement socioéconomique et la faiblesse de l’offre de formation en zone rurale ...
[ CEREQ : La course d'orientation des jeunes ruraux ]
... L’inégalité en matière d’accès aux ressources éducatives (écoles, collèges, lycées, études supérieures) frappe de plein fouet les campagnes hexagonales.
Plus qu’ailleurs, l’offre de formation est en friche dans ces régions : près de la moitié des 15-17 ans habitant en zone rurale doivent chaque jour accomplir 18 km pour se rendre dans leur établissement scolaire. En outre, les options sportives, artistiques ou les langues sont très peu proposées...

... un nouveau démon où se mélangent en proportions diverses l'ultra et le néolibéralisme. Ce diagnostic, partagé, est cependant un peu trompeur : il porte à croire que la crise est d'abord économique et financière. De sorte que, pour la résoudre, on aurait avant tout besoin de la science des économistes. On aurait tort de le croire. Pour plusieurs raisons.
La première est triviale : la science des économistes est au moins aussi versatile que celle du marc de café. La seconde est plus sérieuse : nous ne vivons pas seulement une crise économique et financière, mais aussi politique, écologique, morale, subjective, esthétique, intellectuelle... Ce sont les fondements sur lesquels repose notre civilisation qui sont atteints.
D'où vient donc cette courte vue qui pousse à croire que les remèdes à la crise sont économiques ?..
... De sorte qu'on se trouve dans une troisième impasse historique en un siècle.
En effet, après l'impasse du fascisme qui a fait disparaître l'individu dans les foules fanatisées et après celle du communisme qui a interdit à l'individu de parler tout en le collectivisant, est venue celle de l'ultra et du néolibéralisme qui réduit l'individu à son fonctionnement pulsionnel en le gavant d'objets - n'est-ce pas un symptôme parfait de notre temps que l'économiste en chef de la plus grande institution monétaire internationale, Dominique Strauss-Kahn, ait fait preuve d'un sérieux dérèglement pulsionnel jusqu'au point de se faire prendre en flagrant délit ?

... «L'incertitude du contexte économique, couplé à la sensibilité plus forte du chômage des jeunes à la conjoncture économique rend la reprise de l'emploi pour cette catégorie hautement incertaine.
Cela peut annoncer encore plusieurs années difficiles», déplore l'OIT.
L'organisation met également en garde les gouvernements des difficultés économiques persistantes pourraient générer une défiance des jeunes à l'égard des systèmes politiques et économique.
«Ce facteur a joué un rôle incontestable lors du Printemps arabe», rappelle l'OIT...

[ Communiqué de l'Organisation internationale du Travail (OIT) - 19 oct. 2011 ]


C'est le Programme alimentaire mondial (PAM) qui le dit : toutes les 5 secondes, un enfant en dessous de 10 ans meurt de faim;
…ils sont mutilés par la faim, alors qu'il n'y a plus de manque objectif de nourriture : il y a un manque d'accès à la nourriture.
C'est pour cela que je dis qu'avec les moyens dont nous disposons, un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné...
... spéculation financière sur les matières premières alimentaires. Après avoir perdu 85 000 milliards dans le krach financier de 2007-2008,
les grands fonds d'investissements ont migré sur les marchés alimentaires,
esentiellement le riz, le maïs et le blé, les aliments de base, qui couvrent 75% de l'alimentation mondiale.
Ils font exploser les prix de ces denrées...


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Le numéro hors-série "guide-annuaire des écoles différentes", réalisé en étroite collaboration avec les courants pédagogiques, les écoles, et de nombreux parents, enseignants, conseillers d'orientation et anciens élèves, obéit aux mêmes règles.