DES ECOLES DIFFERENTES
... parce que de l'uniformité 
et la conformité,
naissent l'ennui 
et l'idiotie ... 
et des mystifications et soumissions,
le mépris 
et la barbarie.


 
école parallèle,
école différente,
école autrement, 
école alternative  ...

« ... Le système commence à virer à la garderie et les professeurs ne savent plus pourquoi ils font ce métier. On nous demande toujours plus, sans objectif ni valorisant ni efficace». Est-ce pour cela que le nombre de candidats aux concours a chuté, au point que tous les postes ne seront sans doute pas attribués ? Les professeurs ne seront peut-être pas très nombreux ce samedi à battre le pavé, mais le malaise est pourtant palpable...


... La formation des enseignants à la pédagogie et à la psychologie de l’enfant et de l’adolescent doit être rétablie.
Nous voulons une Ecole publique, laïque et républicaine, une Ecole dans laquelle les élèves pourront vivre et apprendre, sans discrimination d’aucune sorte.
Nous voulons une Ecole portée par un projet éducatif ambitieux pour l’enfance et la jeunesse, accompagnant les élèves dans un processus de formation tout au long de la vie et s’appuyant sur une formation initiale solide...

"18 000 professeurs dans le secteur primaire ne sont pas directement en relation d’enseignement avec les enfants"
... le secrétaire d’Etat n’a pas donné de précision sur l’origine de ce chiffre ni sur son mode de calcul. Et le ministère de l’Education nationale, premier concerné, s’est bien gardé de le commenter officiellement, en laissant quand même entendre à ses interlocuteurs syndicaux qu’il n’était nullement engagé par les propos de M. Tron. 
Alors, bévue ou ballon d’essai ?

... Les déclarations de Georges Tron n’ont pour objectif que d’accréditer la politique des suppressions de postes !
Monsieur Tron veut un chiffre? 
180 000 ! Oui, il faudrait recruter
180 000 enseignants pour atteindre dans les écoles françaises le taux d’encadrement du Danemark !
La FCPE demande une nouvelle fois au gouvernement de mettre  l’Ecole au centre de ses préoccupations, pour répondre aux attentes de la population...


Journée d'actions dans toute la France (manifestations, rassemblements, débats, etc.) pour protester contre les suppressions de postes prévues au budget 2011.

... on ne dit plus "réforme", mais "transformation"... :
«- rétablissement des RASED, de la formation des enseignants ... 
- 2 adultes par classe, 17 élèves par classe ... 
- pas de collège de plus de 600 élèves, etc...»
Bientôt ... : "à la rentrée 2012"

 - Votre projet éducatif est ambitieux, mais comment comptez-vous le financer ?
- Bruno Julliard : Tout n'est pas une question de moyens, puisqu'à investissement comparable dans notre système éducatif nous n'avons pas de meilleurs résultats que la moyenne des pays de l'OCDE. Nous sommes même un peu en dessous. Ceci dit, nous avons défini des priorités budgétaires : la maternelle et l'école primaire, la formation professionnelle des enseignants et les établissements situés en ZEP. 
Pour ces priorités, nous avons identifié des sources d'économies, comme la fin de l'exonération fiscale pour toutes les entreprises privées de soutien scolaire. Cela coûte extrêmement cher à l'État en plus d'être une voie détournée de privatisation de l'école publique... »
- Entretien avec Bruno Julliard, 9 mars 2011 :
"Notre école traverse une crise majeure et il faut tout reconstruire...
... Notre projet éducatif est à dix ans."
 

Une autre école ?
pour, dans, une autre société ? 
«Possible» ?
    On peut aussi faire pire : 
c’est en cours. 
Ou apparemment, autrement, 
moins pire :  on en cause ... 
dans les colloques; 
on cherche, chez les chercheurs; 
on expertise chez les experts; 
on calcule chez les stratèges : comment faire la même chose, 
ou pire, 
en innovant sans rien changer ?


"une autre école
est-elle possible ?"
Nous sommes tous 
ministres de l'éducation.

... une école alternative ?
... pour une société alternative ?
Qui n'en veut ?


LE 
guide-annuaire
2011/2012
LE guide-annuaire 2009 des écoles différentes
DEPUIS 29 ANS
LE
GUIDE DE RÉFERENCE























Petit pont massacreur, jeu de la tomate, rêve bleu, rêve indien, jeu du cosmos , jeu de la grenouille ...
90 "jeux de la mort" recensés, 
dont le tristement célèbre 
"jeu du foulard"
(nombreux accidents et 10 morts/an) :
le "mortifère est entré dans l'univers
du divertissement infantile"
amputez les enfants-adolescents du pouvoir qui leur revient dans l'Institution scolaire
- qui leur revient, du fait qu'ils y sont indispensables -
et, en les coupant de la réalité extérieure, en les renvoyant à leur seul monde intérieur,
vous les désocialisez, c'est-à-dire que vous les névrotisez.
DES ECOLES DIFFERENTESune école différente pour TOUS
Contre les armes d'instruction massive ...
... l'ennui, l'échec et les violences scolaires :
connaître, soutenir les pédagogies "actives" en France, 
et leurs écoles "alternatives".
COUSINET - DECROLY - FREINET - HOLT
MONTESSORI - NEILL - OURY - STEINER ...
UNE ÉCOLE DIFFERENTE :

ÉDUQUER AUTREMENT... ENSEIGNER AUTREMENT...VIVRE AUTREMENT ?
"montrer que prendre le risque de faire l'école autrement n'en est pas un. 
C'est en effet, prendre un bien plus grand risque encore, parce qu'il s'agit d'enfants, 
de continuer à appliquer des méthodes dont on connaît les limites et la nocivité."
DES ÉCOLES, DES COLLÈGES et DES LYCÉES DIFFÉRENTS
Lorsqu'un enfant/ado s'ennuie, décroche, 
se décourage, se révolte,
il n'est jamais trop tôt pour rassembler
le maximum d'informations
(... et non de "pubs" ! )
pour faire, à temps, le meilleur choix :
changer l'école ou ... changer d'école !
apprendre autrement ?
TOUT sur les écoles différentes
... & TOUTES les écoles différentes :
"CHANGER L'ÉCOLE" ?
L'actualité :dans, hors, en face, avant, pendant, après, 
en sortant de ... "l'école"

La Sécurité, disent-ils, Fra-ter-ni-té, disent-ils, 
"les Droits de l'Enfant", disent-ils...

... De plus en plus populaires, en banlieue comme à la campagne, les systèmes de vidéosurveillance placés à l’intérieur des établissements scolaires connaissent peut-être leurs dernières heures. Saisie début 2010 par plusieurs associations de parents d’élèves et d’enseignants, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) vient de mettre en demeure cinq d’entre eux de retirer les équipements installés dans les lieux de vie, tels la cour de récréation, le préau ou le foyer des élèves.
Une décision qui concerne tout type d’établissement, de la maternelle au lycée, et «qui a valeur de jurisprudence», s’empresse de préciser la Cnil...
... On ne peut pas dire aux enfants : Faites attention à votre vie privée sur Internet, et dans le même temps les filmer en permanence quand ils sont à l’école. »
...En installant ces caméras, les chefs d’établissement n’avaient pas de mauvaises intentions. Ils ne s’étaient simplement pas posé la question de savoir s’ils en avaient vraiment besoin. »

le modèle américain, fessebouk...
la fessée rend bête et méchant.

... Battre un enfant, "c'est tout, sauf de l'éducation, c'est de la brimade, c'est de l'humiliation"
Pour le docteur Lazimi, une loi sur le sujet doit voir le jour en France. "La loi interdit de frapper un adulte, la loi interdit de frapper un animal, et c'est normal. La loi doit interdire de frapper un enfant", souligne-t-il, tout en rappelant que seules la France et l'Angleterre n'ont pas légiféré sur le sujet dans l'Union européenne.
Selon la Fondation pour l'enfance, 28 pays ont déjà interdit ces "pratiques inefficaces et traumatisantes".

Alors que le Conseil de l’Europe organise aujourd’hui à Strasbourg un débat international sur l’interdiction de la fessée, celle-ci n’a jamais eu autant le vent en poupe auprès des parents. « On assiste à un retour aux années 1950, affirme le psychologue Didier Pleux*. Tombée aux oubliettes dans les années 1970, la fessée connaît actuellement un retour en force.
Les parents sont de plus en plus nombreux à me dire dans mon cabinet que c’est l’unique moyen qu’ils trouvent pour exercer leur autorité. »
(sondage Le Figaro)
« Levez la main contre la fessée ! », tel est le slogan d’une campagne du Conseil de l'Europe contre les châtiments corporels infligés aux enfants. Les châtiments corporels constituent la forme la plus répandue de violence à l’encontre des enfants. C’est aussi une violation des droits des enfants en tant qu’êtres humains. Inefficaces en tant que méthode de discipline, les châtiments corporels transmettent un message erroné et peuvent être à l’origine de graves dommages physiques et mentaux. Le Conseil de l'Europe lutte contre les châtiments corporels en menant une campagne pour leur abolition totale et en faisant la promotion d’une parentalité positive et non violente dans ses quarante sept Etats membres.
... le clergé fessa aussi allègrement hors de ses rangs. La fessée disciplinaire connut son «plein-emploi dans les collèges quatre siècles durant, du XVe au XVIIIe siècles. Les règlements étaient particulièrement sévères dans les établissements scolaires tenus par des religieux», explique Jean Feixas. Les cancres et insoumis recevaient le plus souvent leur volée en public et au réfectoire, après les repas. Avec obligation de dire merci. Dans les collèges de jésuites, on raffina jusqu’à désigner un moine fesseur, comme il existait un frère portier ou un frère économe...

La télé, aussi, rend bête et méchant
...La recherche, étalée sur huit ans, a touché 1.314 enfants, dont les parents avaient accepté d'indiquer le temps consacré à regarder la télévision par leur progéniture à 29 mois puis à 53 mois, tandis que les enseignants ont évalué les performances scolaires et psychosociales, ainsi que la santé des sujets...
Chaque heure au delà de la moyenne (qui est de huit heures par semaine au Québec) réduit de 7% l'engagement manifesté par l'enfant en classe ...
sans compter l'agressivité, la moindre activité physique, la consommation de sodas, le grignotage et... l'obésité... 

...every additional hour of television exposure at 29 months corresponded to 7% and 6% unit decreases in classroom engagement, 10% unit increases in victimization by classmates, 13% unit decreases in time spent doing weekend physical activity , 9% unit decreases in activities involving physical effort, higher consumption scores for soft drinks and snacks by 9% and 10% , and 5% unit increases in body mass index...Allergie, ennui, humiliation, stress, phobie, absentéisme, décrochage, déscolarisation :
ON DIRAIT QU'ILS S'ENNUIENT ...
Les formes radicales d'abandon sont préoccupantes :
les "décrocheurs", sortant du secondaire sans diplôme, sont estimés à 120 000 tous les ans.
Les vaincus, parfois écartés sans ménagement, sont découragés et atteints dans leur estime de soi.
Tant Oslo que les Gorguettes, démontrent que, si on joue franc-jeu avec les adolescents, 
le résultat dépasse les espérances.
Le C.E.S. n'a pas explosé dans une fuite en avant 
de revendications impossibles à satisfaire de la part des élèves:
le sentiment de leurs responsabilités a été permanent. 
C'est que, aussi, ils aimaient leur établissement, qui était devenu pour eux un lieu de vie.
Et non le lieu de mort, ce parking déshumanisé et déshumanisant, 
qu'il tend toujours plus à devenir aujourd'hui dans notre pays,
contre le vœu profond de la plupart de ceux qui y travaillent.

"Lycée alternatif".
L’inscription au Lycée Autogéré de Paris se fait suivant une procédure particulière. 
Cette démarche doit être menée par l’élève.
La "réunion de présentation" (durée : 2 heures) a lieu une fois par mois d’octobre à mai. 
Il suffit de se présenter au lycée à 09 heures.
Et quelques "rubriques", parmi beaucoup d'autres, toujours d'actualité :

les rapports parents-profs, la maternelle à 2 ans, l'ennui à l'école, les punitions collectives, l'état des toilettes, le téléphone portable, le créationnisme... 
Imaginez que chaque jour vous partiez au travail avec 22 kg sur le dos. C'est pourtant le lot de milliers d'élèves qui vont en classe avec environ 9 kg sur les bretelles !

Cartable trop lourd : ministère de l'éducation condamné... en Italie.

Le calendrier de l'année scolaire

La France se caractérisait
par une forte charge scolaire annuelle,
avec 936 heures de présence
dont 855 heures d'enseignement, 
récréations déduites
(seul le Luxembourg fait plus).
2008 : Des journées encore plus longues. La France devient le pays d'Europe de l'Ouest qui compte le moins de jours de classe : 140 par an. En Finlande, pays dont les élèves caracolent en tête des palmarès internationaux, l'année scolaire en compte 188.


Le calendrier scolaire 2010-2011

Une nouvelle « loi d’orientation » a été votée,
qui ne sera pas forcément mieux appliquée que la précédente,
mais dans le droit fil des déclarations de Lisbonne (mars 2000) : 
«  L’Union doit devenir l’économie de la connaissance 
la plus compétitive et la plus dynamique du monde »
Et à moindre coût !
Elle se donnait des objectifs en matière d’innovation, 
de "cohésion sociale" et d’emploi.
A peu près aucun n’a été atteint...
Nouvelle loi reprenant pour l'essentiel les directives de l'OCDE
(notamment le fameux "socle" - smic culturel, "paquetage de survie"),
déjà préconisé par la commission Fauroux (*), sous le gouvernement Juppé,
... il y a plus de dix ans !

Changer l’école ?
Des initiatives sérieuses existent, et depuis longtemps.
Elles ont fait leurs preuves, et depuis très longtemps.
Dans le secteur public comme dans le privé. 

(*) commission présidée par Roger Fauroux, ex-président-directeur général de Saint-Gobain, ex-ancien ministre de l’Industrie... commission dans laquelle on trouvait, entre autres, de brillants philanthropes tels que Michel Bon, futur PDG de France Télécom jusqu'à sa faillite, Francis Mer, à l'époque PDG d’Usinor-Sacilor, mais aucun représentant des salariés.


ET L'HORREUR ÉDUCATIVE ?

"SAVEZ-VOUS QU'IL EXISTE D'AUTRES FORMES DE PEDAGOGIE ?"
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CHANGEONS D'ÉCOLE,  CHANGEONS L'ÉCOLE :
NOUS SOMMES TOUS
MINISTRES DE L'ÉDUCATION.


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des établissements scolaires innovants
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L'école en échec
"Depuis trente ans, tout ou presque a été expérimenté par l'éducation nationale."


Ben oui ..."Presque  !" :

QUESTIONS POUR UN PROJET
  Des écoles, des collèges et des lycées différents, dans l'E.N. :
Des écoles publiques "expérimentales"
  Freinet dans (?) le système "éducatif" (?)
  Colloque Freinet à ... Londres

  Pluralisme scolaire et "éducation alternative"
  Des écoles différentes ? Pourquoi ? Pour qui ?
  L'heure de la...It's time for ... Re-creation
  68 - 98 : les 30 P-l-eureuses
  Jaune devant, marron ... : du P.Q. pour le Q.I.

  Et l'horreur éducative ?
  Le nouveau sirop-typhon :
déplacements de populations ? Chèque-éducation ? ou non-scolarisation ?
  Apprendre sans école 
("Homeschooling", école à la maison, instruction à domicile, cours à distance...) :
Les Enfants D'Abord ... ou MES enfants d'abord ?


Les politiques de lutte contre l'échec scolaire restent peu efficaces
"Pourtant, ici ou là, des établissements luttent avec succès contre l'échec scolaire.
Profitant de leur autonomie croissante, ils concoctent leurs propres recettes, 
et cela marche. 
Mais il n'existe rien en France qui permette de diffuser ces expériences réussies."

... Ah bon ?
Et l'INRP ?
Et Innovalo
Et le Bureau A 11 dit "de Valorisation des innovations" à la DESCO ?!
Et feu le "atlas des innovations"
de feu le C.N.I.R.S. ?
et ses "conseils" - en novLang - acceptés avec déférence et révérences par les "innovateurs" tels que  D.E.C.L.I.C. 93 (DECLIC ! ...RECIT, parmi d'autres, d'une "initiative", devenue mystification, "citoyenne")
... et tant d'autres "services" gazogènes de la rue de Grenelle et annexes ?

Et les publications de l'Icem-Freinet  et autres mouvements pédagogiques ?

... et éventuellement,
le guide-annuaire des écoles différentes,
qui les "diffuse" ces "expériences réussies",
privées comme publiques,
et depuis 29 ans, 
mais 
sans complaisance 
ni langue de bois, ni amnésie,
ni stérile bla-bla universitaire de connivence
... et sans attendre l'autorisation ou les subventions d'un ministre de passage,
ni plan de carrière ...
DES ECOLES DIFFERENTESDES ECOLES DIFFERENTES

L'actualité : dans, hors, en face, autour, avant, pendant, après,
en sortant de
... "l'école"

... On est dans une société loufoque,
qui dépense pas mal d'énergie pour l'éducation de sa jeunesse
et qui, ensuite, adhère à un système économique qui assure l'écrasement de la jeunesse et de la baisse de son niveau de vie.
C'est un gaspillage d'énergie énorme.
Les jeunes sont assez conscients de ce qui les attend sur le marché du travail.
Et donc j'imagine qu'ils ne sont pas très contents...

... Les jeunes accèdent à l’indépendance de plus en plus tard. La situation n’est pas propre à la France. On remarque par exemple que si, entre 22 et 25 ans, seulement 15% des jeunes Danois et 21% des Finlandais vivent encore chez leurs parents, ils sont 88% parmi les jeunes Italiens et 89% parmi les Espagnols. Entre ces deux modèles nordique et méditerranéen, les jeunes Français vivent une situation intermédiaire, avec 53% des 22-25 ans habitant chez leurs parents.
Chômeurs ou précaires
Mais les jeunes qui accèdent à leur indépendance ont-ils un emploi? Pas forcément, et surtout pas un emploi stable...
... Encore faudrait-il s’arrêter sur les types d’emploi obtenus par les moins de 25 ans: trois emplois sur quatre sont en contrat à durée déterminée, et un sur quatre est un emploi aidé ...

... Le projet européen devait assurer la prospérité, conforter la démocratie dans les Etats autrefois gouvernés par des juntes militaires (Grèce, Espagne, Portugal) et désamorcer les «nationalismes fauteurs de guerre». Il réalise tout le contraire : purge renforcée, gouvernements transformés en pantins des salles de marché, réveil des animosités entre peuples du Vieux Continent. « On ne peut pas continuer à être les esclaves de l’Allemagne », s’indigne un jeune Espagnol qui ne veut pas s’exiler à Berlin ou à Hambourg pour trouver du travail...

... L'affectation d'un enseignant du public dépend surtout de son ancienneté, de sa situation familiale, de son concours et de son lieu d'habitation.
Mais le système a ses défauts : les académies les plus favorisées sont très demandées par les professeurs expérimentés (à Paris, les plus de 50 ans sont 46 % dans le secondaire, contre 30,9 % au niveau national), alors que les établissements les plus difficiles accueillent les débutants et que leurs équipes changent trop vite...

... Psycho-pédagogue, orthophoniste, psycho-motricienne, grapho-thérapeuthe,  psychopédagogue… A 10 ans, Elena, en CM 2, a déjà été suivie par toute une flopée de spécialistes. Le but: l’aider à être meilleure à l’école. Elle n’est pas nulle. Elle dirait qu’elle se situe entre «bien et mauvais». Evidemment, ce n’est pas assez....
... Mais c’est qu’il faut réussir. Et ça ne va pas être facile. La concurrence est rude. Pas de bonnes notes = pas de diplôme = pas de boulot = pas de Rolex à 50 ans = la fin du monde. La pression est presque palpable. Mais le plus grave, c’est qu’elle débute dès la maternelle...
... La pression est là. On voit des enfants rendre «copie blanche» à 5 ans. La mise en échec est trop précoce. Et la réponse apportée par l’Education Nationale est terrifiante : encore plus d’heures de cours pour les plus faibles...
[ "A bout de souffle" - Rediffusion. : du 10 au 16/01.   Et le 04/02/2012 00:30, France 5]

Obligation scolaire et instruction en famille
La présente circulaire [n° 2011-238 du 26-12-2011- B.O. 19 01 2012] a pour objet d'expliciter ce cadre et de préciser les modalités de mise en œuvre des contrôles que les inspecteurs d'académie-directeurs des services départementaux de l'éducation nationale doivent effectuer...

... Au collège, cinq mois après la rentrée, les rôles sont distribués. Et peu de chances que ça change avant les grandes vacances. «Bouffons», «bolosses», «intellos» et même «cassos» répondent à l’appel. Tous sont des figures de l’élève peu fréquentable, voire du bouc émissaire. Pour s’y retrouver quand on a quitté les bancs du collège depuis belle lurette, voici quelques explications fournies par une brochette variée d’élèves de troisième de Paris et sa banlieue ...
... Dans cette dramaturgie qui se déroule à l’école, on peut aussi être un intello perturbateur. Ou encore être le perturbateur au collège et devenir un bon élève au lycée....
...Au XIXe siècle, la question ne se posait pas. Les intellos étaient partout dans les lycées qui n’accueillaient que de bons élèves de la bourgeoisie, intériorisant parfaitement les attentes des enseignants. Pour tous les autres, le couperet tombait au certificat d’études, et cela paraissait aller de soi. Il y avait aussi des perturbateurs au lycée mais c’était des révoltés qui participaient par exemple aux barricades en 1848, et la dichotomie bouffon-perturbateur n’existait pas. Finalement, le bouffon est le signe de l’importance démentielle prise par l’école aujourd’hui et des enjeux très forts autour d’elle. L’école est perçue comme un vaste lieu de compétition et de sélection. Les uns pensent qu’ils resteront dans la nasse alors que d’autres pourront en réchapper. Ceux-là refusent de se dire battus et de rejoindre les rangs des perdants. Ils considèrent alors que la vraie vie est ailleurs, hors de l’école. De sorte que la dramaturgie du bouffon prend son sens sur ces deux scènes : l’école et le quartier...

C’est ce que l’on appelle un "flop". Voilà plus de cinq ans que le gouvernement le martèle : "Enseignants, innovez! Expérimentez!". Ses encouragements, parfois, avaient même des allures d’injonctions paradoxales: "Affranchissez-vous du cadre, je vous l’ordonne!"... Et l’on s’aperçoit aujourd’hui que la mayonnaise n’a pas pris...
[ Les expérimentations réalisées dans le cadre des projets d’école ou d’établissement (article 34 de la loi du 23 avril 2005) - 29 novembre 2011 - Haut Conseil de l'Education  pdf ]

... un scandale français que les responsables politiques s’obstinent à ne pas vouloir regarder en face. Les experts chiffrent à près de 10 millions de personnes ceux qui, à des degrés divers, sont frappés par la crise du logement. Chacun en connaît les grandes causes à l’œuvre: pénurie massive de l’offre, envolée irrationnelle des prix et émiettement des responsabilités entre une pléiade d’acteurs locaux et nationaux. Cette politique du laisser-faire ne peut plus durer...
 

C'est le prix du mètre carré
qui fait la différence...
...En Ile-de-France, le marquage social des quartiers souligne l'inégalité devant l'école.
La carte scolaire et l'apartheid...

... On aurait aimé le croire. Mais quatre ans plus tard, l'échec scolaire reste un fléau en France, avec son lot de redoublants, de «décrocheurs» et autres jeunes dégoûtés par les études. Notre pays reste même l'un des plus mal placés dans les comparaisons internationales...
... Les chiffres sont cruels pour la France. Entre 2000 et 2009, selon l'OCDE, la proportion d'élèves de 15 ans en échec scolaire est passé de 15 à 20%. De plus, l'écart de niveau entre le groupe des meilleurs et celui des plus faibles s'est accru. Pire: la France est aujourd'hui l'un des pays où les inégalités sociales pèsent le plus dans la réussite scolaire ...

... Au collège, cinq mois après la rentrée, les rôles sont distribués. Et peu de chances que ça change avant les grandes vacances. «Bouffons», «bolosses», «intellos» et même «cassos» répondent à l’appel. Tous sont des figures de l’élève peu fréquentable, voire du bouc émissaire. Pour s’y retrouver quand on a quitté les bancs du collège depuis belle lurette, voici quelques explications fournies par une brochette variée d’élèves de troisième de Paris et sa banlieue ...

Quel est vraiment le niveau des élèves français?
A entendre le ministre lire les résultats des évaluations des élèves en CE1 et en CM2, il serait en progression. A lire les résultats internationaux, il serait plutôt en baisse…
... Nos enquêtes sont bienvenues lorsqu'elles accompagnent la communication du ministre. Sinon, elles attendent, rappelle un chercheur, sous couvert d'anonymat. Et plus encore si elles montrent une baisse de niveau."...

... On attend toujours le bilan sur l'expérimentation du sport l'après-midi en vigueur dans 200 collèges (prévu initialement pour novembre). Celui sur le dispositif d'accompagnement éducatif, qui devait sortir en avril. Rien sur la mutation des profs, le niveau de lecture en 6e, la vision du collège par les parents…
Rien non plus sur l'évaluation de l'assouplissement de l'affectation dans les collèges et les lycées, alors que la politique a changé en 2007...

... C’est tout au contraire au nom d’une évaluation intelligente et assumée que les enseignants, les élèves et leurs parents doivent refuser l’entrée à l’école
des méthodes ineptes et perverses du management néolibéral, venues de l’entreprise et du secteur privé.

Tous ensemble, il devient urgent de penser l’école autrement que comme une grande agence de notation. ...
 


[ Des priorités pour remettre l’école d’aplomb ! ]
... tout le système s’organise pour créer ces petites différences scolaires qui deviendront de grandes différences sociales : choix des filières, des langues, des matières optionnelles, classes européennes…. Et l’on voit déjà que l’école élémentaire est touchée par ce mécanisme selon lequel tout le monde est «relativement» en échec dès lors qu’il n’est pas aussi bon que le système le suppose.
Au bout du compte nous débouchons sur une orientation par l’échec ...
... Il ne sert à rien de condamner les «parents consommateurs» parce qu’il est rationnel et pas forcément cynique de choisir la meilleure école. D’ailleurs les enseignants qui sont aussi des parents se conduisent de la même manière. Le problème vient de ce que ces choix individuels aggravent les inégalités sociales puisque les bons élèves se regroupent, et les moins bons aussi ...

... "Avez-vous le sentiment que les jeunes d'aujourd'hui sont différents de ce que vous étiez vous-même au même âge ?",
83 % répondent "plutôt différents" ou "très différents". Un résultat sans surprise.
Mais cette perception s'accompagne de jugements sévères sur cette jeunesse "différente". Dans l'ensemble, les jeunes sont jugés égoïstes (63 %), paresseux (53 %) et intolérants (53 %). Des qualificatifs confirmés par les moins de 30 ans, lesquels se jugent eux-mêmes égoïstes (70 %), paresseux (65 %) et intolérants (51 %) - ce qui témoigne d'une image dégradée, y compris au sein de la jeunesse elle-même.
Signe d'une société vieillissante ?

... Les jeunes de 18 à 25 ans sont les plus touchés par la pauvreté, souligne le Secours catholique dans son rapport annuel 2010 rendu public ce mardi,
en constatant une hausse régulière des personnes ayant eu recours à ses services, dont une majorité de familles...
Le diplôme ne protège plus.
Autre constat: pour la première fois, la proportion de personnes ayant un niveau d'étude supérieur (39,8%) est plus importante que celle n'ayant pas dépassé le primaire (36,6%).
Cela démontre que "même le niveau d'étude supérieur ne met pas à l'abri de la pauvreté" ...

... Occupy Wall Street, les Indignados espagnols, les manifestants grecs...
La jeunesse mondiale se mobilise, mais pas la France, patrie de la protestation. Peut-être parce que les conditions ne sont pas réunies...
... L’indignation est ainsi à son comble lorsque on a effectué des efforts et des sacrifices financiers pour obtenir un diplôme et que celui-ci ne procure pas de débouché. Elle entremêle la stupéfaction, le sentiment d’un énorme gâchis, l’angoisse du déclassement, et pire encore, l’effroi devant ce qui s’esquisse comme un «no future». ..

Les parcours scolaires des jeunes ruraux se distinguent de ceux des urbains par des études moins longues, une préférence marquée pour le professionnel, des ambitions scolaires plus réduites. Ces disparités s’expliquent par l’environnement socioéconomique et la faiblesse de l’offre de formation en zone rurale ...
[ CEREQ : La course d'orientation des jeunes ruraux ]
... L’inégalité en matière d’accès aux ressources éducatives (écoles, collèges, lycées, études supérieures) frappe de plein fouet les campagnes hexagonales.
Plus qu’ailleurs, l’offre de formation est en friche dans ces régions : près de la moitié des 15-17 ans habitant en zone rurale doivent chaque jour accomplir 18 km pour se rendre dans leur établissement scolaire. En outre, les options sportives, artistiques ou les langues sont très peu proposées...

... un nouveau démon où se mélangent en proportions diverses l'ultra et le néolibéralisme. Ce diagnostic, partagé, est cependant un peu trompeur : il porte à croire que la crise est d'abord économique et financière. De sorte que, pour la résoudre, on aurait avant tout besoin de la science des économistes. On aurait tort de le croire. Pour plusieurs raisons.
La première est triviale : la science des économistes est au moins aussi versatile que celle du marc de café. La seconde est plus sérieuse : nous ne vivons pas seulement une crise économique et financière, mais aussi politique, écologique, morale, subjective, esthétique, intellectuelle... Ce sont les fondements sur lesquels repose notre civilisation qui sont atteints.
D'où vient donc cette courte vue qui pousse à croire que les remèdes à la crise sont économiques ?..
... De sorte qu'on se trouve dans une troisième impasse historique en un siècle.
En effet, après l'impasse du fascisme qui a fait disparaître l'individu dans les foules fanatisées et après celle du communisme qui a interdit à l'individu de parler tout en le collectivisant, est venue celle de l'ultra et du néolibéralisme qui réduit l'individu à son fonctionnement pulsionnel en le gavant d'objets - n'est-ce pas un symptôme parfait de notre temps que l'économiste en chef de la plus grande institution monétaire internationale, Dominique Strauss-Kahn, ait fait preuve d'un sérieux dérèglement pulsionnel jusqu'au point de se faire prendre en flagrant délit ?

... «L'incertitude du contexte économique, couplé à la sensibilité plus forte du chômage des jeunes à la conjoncture économique rend la reprise de l'emploi pour cette catégorie hautement incertaine.
Cela peut annoncer encore plusieurs années difficiles», déplore l'OIT.
L'organisation met également en garde les gouvernements des difficultés économiques persistantes pourraient générer une défiance des jeunes à l'égard des systèmes politiques et économique.
«Ce facteur a joué un rôle incontestable lors du Printemps arabe», rappelle l'OIT...


C'est le Programme alimentaire mondial (PAM) qui le dit : toutes les 5 secondes, un enfant en dessous de 10 ans meurt de faim;
…ils sont mutilés par la faim, alors qu'il n'y a plus de manque objectif de nourriture : il y a un manque d'accès à la nourriture.
C'est pour cela que je dis qu'avec les moyens dont nous disposons, un enfant qui meurt de faim est un enfant assassiné...
... spéculation financière sur les matières premières alimentaires. Après avoir perdu 85 000 milliards dans le krach financier de 2007-2008,
les grands fonds d'investissements ont migré sur les marchés alimentaires,
esentiellement le riz, le maïs et le blé, les aliments de base, qui couvrent 75% de l'alimentation mondiale.
Ils font exploser les prix de ces denrées...



L'actualité : dans, hors, en face, autour, avant, pendant, après,
en sortant de
... "l'école"



Ils sont plus réacs et incultes les uns que les autres.
Sept candidats de droite et d’extrême droite s’affronteront lors des primaires républicaines qui commencent le 3 janvier aux États-Unis.
Celui ou celle qui en sortira vainqueur affrontera Barack Obama lors de l’élection présidentielle de novembre 2012.
Avec des programmes aberrants et une vision du monde digne d’un Rambo analphabète.
Revue de détail de ces possibles futurs présidents de la première puissance planétaire...
... Le favori, depuis mi-novembre, s’appelle Newt Gingrich.
Le credo de cet ancien président de la Chambre des représentants : remettre les jeunes au travail.
... Le républicain a également qualifié de «stupides» les lois sur le travail des enfants,
prônant leur assouplissement pour permettre, par exemple, que les enfants puissent être payés pour assurer la sécurité de leurs écoles ...

... Concernant l’école notamment, le diagnostic est brutal : L'école française "sépare sans discontinuer l’élite du plus grand nombre, qu’elle est incapable de faire progresser"
....On l’a vu pour les médecins à partir du milieu des années 70 : le nombre d’emplois augmentait, mais beaucoup moins vite que le nombre de personnes formées. C’est aujourd’hui le cas dans des métiers à la mode chez les jeunes, comme ceux de l’environnement (du moins les plus qualifiés), de l’assistance aux pays en développement, de la culture ou des métiers artistiques. »
Mais si les choix initiaux sont très importants, n’oublions pas que le nouveau monde du travail est et sera fait de mobilités, de transitions, de changements de carrière ...

... .Rue89 a donc fait le calcul en comparant une famille riche (selon le palier donné par François Hollande en 2007 soit 8.000 euros mensuels à deux) à une famille «pauvre» selon Rue89 (2.400 euros mensuels à deux). Tous ont trois enfants de 2 à 16 ans.
Le résultat, c'est qu'en additionnant toutes les réductions d'impôts et allocations familiales disponibles, les trois enfants riches ont rapporté à leur famille 25.743 euros sur l'année en réductions d'impôts en tout genre, contre 14.134 euros pour leurs camarades de famille «pauvre» ...
un enfant de riches rapporte plus qu'un enfant de pauvres. Et « coûte » plus cher à l'Etat.

«Comme chacun se plaît à dire que l'éducation et/ou la jeunesse selon les candidats doit être un élément central de la campagne, nous, parents, partenaires, usagers et co-éducateurs, développons des priorités et espérons que les candidats nous montreront leur véritable engagement» ...

... « 12 exigences » sur lesquelles ils sont appelés à se prononcer. Dans l'esprit de la fédération, ces 12 exigences reprennent le projet éducatif qu'elle [FCPE] a arrêté en juin dernier et doivent aboutir à une «nouvelle loi d'orientation et de programmation pour une autre école demain : le système a besoin d'une réforme en profondeur et il faudra dépasser les frontières des partis» ...
... Sur la Toile, pas de bousculade ni de racket comme dans une cour d'école, mais des rumeurs, des calomnies et des insultes, des photos et vidéos intimes, mises en ligne sans l'accord des intéressés. Un phénomène inquiète aujourd'hui experts, enseignants et familles en France : la place prise par le "cyber-harcèlement". Difficile, parfois, de distinguer ce qui relève du jeu entre adolescents...
... Le ministère de l'éducation s'apprête, mardi 24 janvier, pour la quatrième fois en deux ans, à communiquer sur la lutte contre le harcèlement entre élèves à l'école...
... Si un très grand nombre d'enfants se sentent bien à l'école, certains y ont peur. Seule la moitié des écoliers n'a jamais connu de violences verbales (moqueries, insultes) ou physiques (coups, bagarres). Avec pour conséquences, absentéisme, déscolarisation, stress, dépression... Et parfois pire...

Die Welt s’étonne d’entendre Luc Chatel vanter le modèle scolaire allemand.
Celui-ci a plutôt mauvaise presse outre-Rhin. On lui reproche d’empêcher les femmes de concilier maternité et vie active...

... premières conséquences étudiées de l'expérience «cours le matin, sport l'après-midi» menée depuis 2010 par 120 collèges et lycées volontaires...
... «pas de différence significative entre les élèves inscrits dans le programme et ceux qui suivent un cursus normal» en matière de concentration, d'attention, de mémorisation et d'effort. De même, les résultats scolaires ne varient pas...

[ Les effets de l’expérimentation « Cours le matin, sport l’après-midi » Année scolaire 2010-2011- DEPP-E.N. - 30 12 2011 - pdf ]

... Les auteurs veulent «réinventer l’école» et avancent deux grandes idées. Il faut rapprocher le primaire et le collège pour faire une «école du socle», car la rupture est trop brutale et les élèves les plus fragiles s’enfoncent irrémédiablement. Des professeurs des écoles pourraient enseigner en collège, et vice-versa...
... Ils envisagent d’expérimenter une classe unique, avec un maître, regroupant la dernière année de maternelle, le CP et le CE1 - l’école deviendrait alors obligatoire à 5 ans...

... cette culture du despotisme qui ne respecte pas la règle de droit, et indépendamment d’elle impose des chefs et ses hiérarchies. Nous pensons que pour mettre en œuvre des réformes, c’est la démarche rigoureusement inverse qu’il faudra développer. Il faut savoir faire confiance aux citoyens, concevoir des réformes bottom up, qui partent du bas, comme celle proposée par Eric Maurin et d’autres qui vise à redonner aux parents d’élèves une place dans le système d’enseignement...


... Et cette annonce, elle aussi, a surpris. Car autour de cette promesse, pourtant propre au candidat Hollande – pas plus que le "contrat de génération" elle ne figure dans le projet adopté par le PS en mai –, le brouillard persiste...
... Par la suite, et au moins en trois occasions, M. Hollande a de nouveau vanté son projet de création de postes,
sans jamais en déterminer clairement ni le coût total, ni le mode de financement, ni la manière dont seront gérées les suppressions de postes dans la fonction publique...
... "Il y aura des créations de postes dans l'Education nationale mais pas de création de postes de fonctionnaires supplémentaires"...

... "Si les 60 000 créations de postes annoncées par François Hollande ne devaient l'être que par redéploiement,
cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l'emploi pour consolider les moyens de l'éducation nationale. Cela n'aurait aucun sens.
Un poste de professeur en plus ne peut être payé par un poste d'infirmière en moins" ...

... Vincent Peillon, le responsable du pôle école auprès du candidat, confirmait bien mercredi en matinée que
« cette hypothèse du redéploiement interne à l’éducation est clairement exclue ».

Une part de redéploiement. La notion de redéploiement à l’intérieur de la fonction publique n’est pas pour autant totalement à écarter
tant qu’on ignore la politique budgétaire qui sera menée dans les autres secteurs ...




60000...17000...6000...12000... 42000...6000... 5000... 30000... 18000 ?

Tout ce qu'on sait ...

.. Plusieurs éléments accréditent la thèse de l'improvisation, ou à tout le moins d'une décision prise à la va vite. D'abord, interrogés dans la foulée de l'annonce, des proches du candidat ne semblent pas vraiment au courant, ni d'ailleurs enthousiastes. Ensuite, interrogés aussi par Libération, les représentants des principaux syndicats enseignants disent tomber des nues. Bien sûr, ils ne sont pas contre des créations de postes, surtout après la saignée sarkozyste.
Mais ils auraient préféré parler de projet pour l'école plutôt que, d'emblée, de chiffres...


... "Il n'y a qu'une seule limite à ma proposition:
est-ce qu'on pourra trouver encore des jeunes qui se présentent aux concours de l'Education nationale?", s'est interrogé le député de Corrèze...

... Le candidat fait preuve ici de réalisme: le métier d'enseignant n'attire plus guère.
Une perte d'attractivité inquiétante qui pourrait augurer d'un manque de profs dans l'avenir.
Cette année, près de 1 000 postes n'ont pu être pourvus dans le secondaire, faute de candidats et donc de lauréats au Capes. Certaines disciplines, comme les maths, sont même désertées. En septembre, pour les premières épreuves de professeur des écoles, la baisse s'est aussi confirmée dans le primaire...
... Luc Chatel affûte dès lors ses arguments chiffrés. La mesure ne coûtera pas, selon lui, 2,5 milliards d'euros mais 7,5 milliards d'euros (très loin tout de même des 100 milliards de Wauquiez...). Ou encore: le nombre de candidats aux concours ne suffira pas, ce qui suppose que l'on va recruter n'importe qui pour être profs.
Ces chiffres sont-ils normaux, fous ou démagos ? Vous le saurez au prochain épisode.

... "Il faut se mettre d'accord sur une règle du jeu, a-t-il expliqué, ou on raisonne en mesures nouvelles et dans ce cas le raisonnement de François Hollande est tout à fait justifié, ou on raisonne en coût total sur toute une vie pour chaque fois qu'on recrute une personne et dans ce cas il faut compter 40 ans de vie active et ajouter à cela 20 ou 25 ans de retraite".
"Si on commence à raisonner comme ça, a-t-il poursuivi, il faut appliquer la même méthode à tout ce qui est fait par le gouvernement: quand il dit qu'il va recruter 30.000 policiers et que ça va coûter 500 millions d'euros, il faut dire que ça va coûter 40 milliards d'euros".
Sans commentaire.

...Le saccage est également qualitatif, avec la multiplication des classes surchargées, le massacre de la formation des enseignants, la recrudescence des violences, la hausse de l'échec scolaire… Le plan pluriannuel de recrutement et de formation de François Hollande sera le levier d'une véritable révolution éducative...
... Quand le président de la République dit qu'il veut construire 30 000 ou 40 000 nouvelles places de prison, personne ne proteste. Et lui, où trouve-t-il l'argent ?..
...Le gouvernement actuel a détourné les jeunes de l'enseignement et installé la fonction d'enseignant dans le mépris. Les professeurs, confrontés à la dislocation des familles, à l'apartheid social, aux violences et aux incivilités, n'ont été ni épaulés ni pleinement reconnus dans leur dignité intellectuelle. D'où cette spirale négative...

... Les désormais fameux 60 000 postes ne seront une chance pour l'école que s'ils sont associés à une volonté de réforme suffisamment forte et lisible pour que nous ayons le sentiment de sortir d'un long cycle dépressif, d'une période durant laquelle bien des Français votent avec leurs pieds en choisissant l'école privée et les secteurs de l'école publique qui fonctionnent comme l'école privée...
... Qui croira qu'un collège de banlieue populaire et que la section européenne d'un collège de centre-ville appartiennent à la même école ? Au-delà des arguments comptables, les 60 000 postes ne peuvent être justifiés que s'ils ouvrent le chantier d'une transformation de l'école, de sa structure et de la conception même du métier d'enseignant et de son service...


... le spectre de 1989 plane toujours sur le PS.
1989, c’est le moment où Lionel Jospin décide de revaloriser les enseignants sans leur demander aucune contrepartie.
Cet épisode est dans les mémoires comme l’erreur à éviter dans une école qui a besoin d’avancer...
... Si la gauche arrive au pouvoir en mai, elle ne pourra pas vraiment intervenir sur la rentrée 2012. « Hélas, la rentrée 2012 est déjà faite, on en connaît les conditions : 14 000 emplois supprimés. L'urgence, nous la traiterons dans l'idée d'apporter des moyens supplémentaires aux établissements les plus en difficulté » ...
 

"Sans leur demander aucune contrepartie" ?
Bizarre amnésie : 
1989, c'était, aussi et surtout, la nouvelle loi d'orientation.
Qui incluait un nombre non négligeable de "contreparties", désignées sous le terme, un peu vague, de "travailler autrement"
(par exemple la rédaction et la mise en pratique d'un véritable "projet" - et pas seulement d'un "réglement intérieur" ! -
une école plus ouverte sur le quartier, les parents ...)
"Une autre école est-elle possible?"

... Depuis 2007, 66 000 postes de fonctionnaires ont été supprimés dans l'éducation nationale. Pour compenser, l'administration a recruté des contractuels. Luc Chatel l'assume et le revendique. En mars 2010, il demandait aux recteurs de se doter d'un "vivier" de contractuels, composé de retraités et d'étudiants, pour "subvenir à des besoins urgents de remplacement". Depuis, "les chefs d'établissement vont parfois directement chercher leurs remplaçants chez Pôle emploi"...

... Il ne s'agit évidemment pas de supprimer l'encadrement national de l'éducation publique, ni, comme l'annonce Luc Chatel, de transférer tous les pouvoirs –dont l'évaluation des enseignants– aux chefs d'établissements. Mais l'existence de monstres bureaucratiques comme la DGESCO invite impérativement à repenser les structures, les pouvoirs, le relationnel d'un projet éducatif pour le XXIe siècle. Une école plus humaine, plus créative, plus efficace est à réinventer...
....Aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, le système aboutit à la sélection d'une méritocratie dans une société de plus en plus inégalitaire...

... Que penser alors de cette bienheureuse idée d’une grève des profs deux jours après une grève unitaire qui n’y croit déjà qu’à moitié, et promet d’être elle aussi un échec?
On comprend l’idée, pourtant. Le mot d’ordre est différent : la grève du 13 est contre la rigueur budgétaire, alors que la grève enseignante du 15 porte sur un point spécifique à l’éducation...
...Comme le temps de cerveau disponible du grand public sera déjà faible vu la proximité de Noël, on ne peut pas non plus miser sur le 20 h de TF1 (ni sur les autres, en fait) pour faire l’ouverture du JT sur un dossier de 8 mn expliquant les raisons de la grève de manière nuancée, circonstanciée, pédagogique, allant à la rencontre de nombreux acteurs sur le terrain. Comment ça, même les autres jours de l’année ce n’est pas le cas ??!!!
Blague à part, je veux bien miser mon treizième mois sur un traitement lapidaire de 45 secondes, 20 pour les réactions du ministre et
25 pour le mécontentement des usagers contre ces paresseux de profs irresponsables et privilégiés...

 
 

... Moulés dans le même système, les parents s’inquiètent eux-mêmes dès que leur progéniture ne donne pas ses notes : pour les petits Français, le « Tu as eu de bonnes notes aujourd’hui ? » tient souvent lieu de « Bonsoir mon chéri »…
Tout cela crée un stress permanent et une relation de méfiance réciproque entre des profs payés pour être soupçonneux et des élèves qui voient parfois dans la triche le seul moyen de passer entre les mailles du filet. Et surtout de ne pas redoubler, sanction suprême du système…
... Tout comme ils se rendent compte qu’une fois catalogués dans une « catégorie » (bon, glandeur, fumiste, mauvais), ils peuvent difficilement en sortir et que les notes se stabilisent curieusement au niveau où le prof les a – définitivement – classés. La classe « classe »… Et déclasse quand l’évaluation devient humiliation...

CESE,
OCDE,
HCE :
trois rapports ou avis viennent d’être publiés ces jours derniers qui condamnent unanimement la politique du gouvernement en matière d’éducation.
L’accentuation des inégalités entre élèves, la désectorisation, les inégalités sociales dans l'accès à l'éducation, l’abandon de la politique de l’éducation prioritaire, le démantèlement de la formation des enseignants, la baisse du taux de scolarisation des élèves entre 15 et 19 ans, le désinvestissement financier de l’Etat dans l'éducation… sont pointés dans chacune des publications comme autant de points négatifs de la politique éducative menée en France...
La FCPE appelle les parents à manifester le 27 septembre pour d’autres choix pour l’Education

A l'école de la République, tous les élèves n'étudient pas dans les mêmes conditions matérielles...
... «Les écarts de budget pour les fournitures vont de 1 à 10 selon les écoles» ...
... Autre exemple, l'accès à la piscine et aux activités culturelles, là encore prévues dans les programmes de l'Education nationale.
Aujourd'hui, un tiers des écoliers ne vont pas à la piscine dans le cadre de l'école, faute de moyens.
Pour les activités culturelles (spectacle, visites de musées...), près de la moitié des écoles interrogées ne perçoivent aucun budget dédié...
... Quant aux crédits pédagogiques, débloqués par l'Etat pour financer des projets éducatifs (découverte artistique, faire venir un intervenant...),
ils ont été divisés par 13 depuis 2007.
... La logique fait froid dans le dos : les écoles les plus pauvres devant, plus que les autres, compenser le manque de crédits municipaux,
ce sont les familles les plus démunies qui doivent, plus que les autres, passer à la caisse !
« Une véritable remise en cause de la gratuité du service public de l’éducation » ...

[ Etude «L'argent de l'école: en quête d'égalité» ]


... Extrapolé à l’échelle de tous les collèges du pays, souligne Eric Debarbieux, cela signifie que
sur 3 222 000 collégiens, pas loin de 200 000 souffrent de cette micro-violence ordinaire.
C’est trop, et le chercheur rappelle qu’aucun portique de surveillance ni « solution technique » n’en viendra à bout.
C’est l’affaire des adultes au sein du collège...

[ Enquête nationale de victimation et climat scolaire en collège - Ministère de l'E.N. ]
En première ligne face à l’explosion du chômage et de la précarité, les éducateurs subissent aussi une dégradation de leurs conditions de travail...
... Cette structure, financée par des fonds publics, est censée servir de digue face à l’explosion des inégalités sociales.
À Dunkerque, ville frappée par la désindustrialisation, avec son lot de chômage, d’«exclus» et d’adolescents en rupture sociale, les 350 salariés de l’AAE sont aussi confrontés à des méthodes de management brutales et à des réductions drastiques des coûts...
... «Des gamins qui regardent la télé à même le sol, pas de ballons ni de jeux de société. Des éducateurs qui doivent gérer 14 gamins agités en même temps et des agressions physiques quasiment hebdomadaires. Voilà le quotidien des éducateurs de l’AAE à Dunkerque.» ...

... L'engouement grandissant des politiques pour les CEF [Centres Educatifs Fermés] nous inquiète cependant.
D'abord, parce que perçus comme la panacée, ils tendent à devenir la réponse unique à toutes les situations mettant en cause des mineurs. Multirécidivistes, primo délinquants, délinquants sexuels, mineurs souffrant de troubles psychiques, ceux placés en détention provisoire, en urgence, sous contrôle judiciaire. La disparité des situations ne peut que compliquer le fonctionnement des CEF et déstabiliser les professionnels. Comment peuvent-ils assurer un accompagnement éducatif intensif qui exige un minimum de stabilité et de cohésion du groupe, tout en effectuant d'autres accueils qui impliquent des modalités de prise en charge différentes et qui multiplient les interventions ? En outre, à mêler primo délinquants et multirécidivistes n'y a-t-il pas un risque pour les premiers de s'inspirer des seconds ?

S'ils sont une réponse pertinente, faut-il pour autant couvrir la France de CEF au détriment des autres réponses ? ...


... en enseignant, on se rend compte que l'école est plus une "gare de triage", c'est-à-dire un lieu de sélection, qu'un endroit ouvert à tous.
Ceux qui sont au niveau n'ont pas de problèmes, les autres sont rapidement mis sur le bord de la route...
... Si ce travail est devenu, d'une manière générale, de plus en plus difficile, les jeunes professeurs en dessous de 30 ans sont les plus exposés au burn-out. Ils sont de moins en moins formés aux techniques pédagogiques avant de prendre le contrôle d'une classe et se sentent donc livrés à eux-mêmes. Quand on est parachuté dans une classe, sans les outils nécessaires pour atteindre ses objectifs, gérer les conflits ou faire face à une classe très hétérogène, les risques de craquer physiquement et moralement sont plus importants...

... Selon une enquête du SNPDEN, principal syndicat des principaux et proviseurs du public, les établissements défavorisés ont été "les plus durement touchés" en cette rentrée :
ils ont perdu en moyenne 2,5 % de leurs heures, alors que les favorisés ont vu leurs heures légèrement augmenter.
En outre, selon l'enquête du SNPDEN, le "levier" le plus employé pour supprimer les postes a été de limiter les cours à effectifs réduits, remettant justement en cause l'accompagnement personnalisé et le "sur-mesure".
En cette rentrée, l'école primaire est particulièrement touchée : elle a perdu près de 9 000 postes, sur un total de 16 000...

.. mettre l’enfant au cœur du débat ! Les derniers rapports, comme celui de la Cour des comptes, de l'Académie de médecine, de la mission parlementaire et de la conférence sur les rythmes concluent, comme la FCPE, que l’organisation du temps scolaire telle qu’elle existe aujourd’hui n’est pas satisfaisante.
Il est temps que dans les établissements scolaires les changements préconisés par tous se concrétisent.
Le ministère de l’Education nationale ayant choisi de ne rien faire, alors que l’ensemble des acteurs et intervenants auprès des enfants et des jeunes, les députés, les recherches scientifiques ont proposé des pistes de travail, la FCPE appelle, une nouvelle fois, les parents d’élèves à s’en saisir pour que l’enfant et non plus l’écolier soit au cœur de l’Ecole...
... le gouvernement s'était appuyé sur les sondages pour prendre la décision de passer à quatre jours. Les faits familiaux, familles monoparentales et organisation des week-ends, ont pris le dessus. Et désormais, les familles, comme les politiques, conviennent que c'était une erreur. La Commission des affaires culturelles de l'Assemblée l'a écrit noir sur blanc: il faut revenir à quatre jours et demi. Mais la FCPE voudrait accélérer le mouvement. Sinon, tout ce remue-ménage de la Conférence sur les rythmes scolaires n'aura pas servi à grand-chose.
Le problème est que l'on ne parle généralement des rythmes scolaires qu'au moment de l'élection présidentielle. Mais avec un peu de volonté politique, cela pourrait être mis en place dès la rentrée 2012. Or, pour l'heure, on fait du surplace, alors même que ça ne coûterait strictement rien à l'État.
 

Serpent de mer :
les rythmes scolaires


Un projet de dispositif du Ministère de l’Education Nationale destiné à évaluer les enfants de Grande Section
et à classer un certain nombre d’entre eux comme « A risque » ou « A haut risque » vient d’être dévoilé.
Pour la Fep-CFDT, un tel projet est absurde, inacceptable.
[ Formation & Enseignement Privé / CFDT  - 17 oct. 2011 ]

... le vocabulaire choisi risque de faire grincer des dents, de même que le classement des enfants en trois catégories : "RAS" (pour "rien à signaler"), "risque" et "haut risque". Le maître devrait remplir une "fiche élève" et une "fiche classe" reprenant les "scores" obtenus par les enfants aussi bien pour leur comportement que pour leur maîtrise du langage, leur motricité ou leur conscience des syllabes (phonologie).
Ainsi, un enfant qui, à 5 ans, obtiendrait moins de 2 points en comportement à l'école serait classé "à haut risque". Une approche qui n'est pas sans rappeler la proposition faite par le secrétaire d'Etat à la justice, Jean-Marie Bockel, en novembre 2010, de repérer les troubles du comportement dès 3 ans. Ou encore une expertise de l'Inserm, rendue publique en septembre 2005, qui pointait l'insuffisance du "dépistage du trouble des conduites" chez les enfants...

...Pas encore 6 ans, mais déjà marqués comme «à Risque», voire «à Haut Risque» ! C’est ce qui guette les enfants de cinq ans qui n’obtiendront pas « le score » fixé par le dispositif national d’évaluation en maternelle que l’Education nationale s’apprête à imposer dans toutes les écoles. En novembre, les élèves de grande section seront testés par leur enseignant via un protocole relevant d’ordinaire des médecins scolaires. Des informations confidentielles deviendront ainsi des éléments du dossier scolaire...
... Le SE-Unsa refuse cet étiquetage des enfants. Il dénonce la confusion entre compétences scolaires et comportements qu’induisent certains items du protocole d’évaluation.
Il s’oppose à l’amalgame entre le médical et le pédagogique. Il récuse une vision caricaturale des premiers apprentissages...
 

Chaque année, chaque habitant des vingt-sept pays de l'Union européenne produit en moyenne 179 kg de déchets alimentaires. Face à ce constat, le Parlement européen a adopté une résolution pour demander à la Commission et aux Etats de l'UE "d'élaborer des actions concrètes visant à réduire de moitié le gaspillage alimentaire d'ici à 2025 et à éviter, parallèlement, la production de déchets alimentaires".
Le gaspillage, qui concerne chaque maillon de la chaîne agroalimentaire, atteindrait selon certaines estimations 50 % des denrées saines et comestibles, disent les députés. La production de déchets alimentaires atteint quant à elle "chaque année environ 89 millions de tonnes" au total,
et elle pourrait grimper à "126 millions de tonnes (...) en 2020" si rien n'est fait ...


Cantines scolaires
Pour limiter les apports en matières grasses, il convient de ne pas servir :
(sur 20 repas)
– plus de 4 entrées constituées de produits gras
- plus de 3 desserts constitués de produits gras
– plus de 4 plats protidiques ou garnitures constitués de produits gras à frire ou préfrits ;
– plus de 2 plats protidiques qui contiendraient autant ou plus de matières grasses que de protéines.
Pour limiter les apports en sucres simples, il convient de ne pas servir :
– plus de 4 desserts constitués de produits sucrés et contenant moins de 15 % de matières grasses /.../
[ Arrêté du 30 septembre 2011 relatif à la qualité nutritionnelle des repas servis dans le cadre de la restauration scolaire ]

... si les collectivités locales ont dans un premier temps gagné de l’argent en empruntant à taux réduits, les variations extrêmement fortes des marchés financiers ont déclenché des surcotes extrêmement élevées pour certains emprunts, allant jusqu’à augmenter le coût de 30% pour certaines collectivités.
C’est ainsi que la Seine Saint Denis se retrouve contrainte d’annuler la rénovation d’un collège du fait de l’augmentation de ses frais financiers...

64 % des Français encourageraient leur enfant à devenir enseignant s’il le souhaite,
mais 59 % ne font pas confiance à l’Ecole pour préparer aux enjeux du monde actuel ...
... Les enseignants remettent en doute un des grands principes de l’enseignement qui est celui de la promotion sociale, et ce dans les mêmes proportions que le grand public.
En effet, ils sont une majorité (56%) à considérer que l’école publique joue de moins en moins son rôle de promotion sociale...
... 48% des enseignants encourageraient leur enfant à exercer ce métier, tandis que 52% ne leur recommanderaient pas.

Enquête Ipsos/Logica Business Consulting réalisée pour le magazine l'Histoire en partenariat avec la Casden :
- Les enseignants jugent l'école
- Les Français jugent l’école et l’enseignement en France

.. Jugés plus précoces, les enfants sont-ils aujourd'hui plus fragiles ?«La précocité des enfants, valorisée par notre culture, n'est pas un facteur de protection, prévient Boris Cyrulnik.
Elle améliore les résultats scolaires au prix de l'angoisse et des troubles relationnels.»
Deuxième cause de décès chez les 16-25 ans, le nombre des passages à l'acte serait largement sous-estimé chez les plus jeunes, selon le spécialiste de la résilience.
«L'épidémiologie des suicides des enfants de 5 à 12 ans est floue. Les suicides aboutis sont rares mais ses masques nous incitent à dire qu'ils sont certainement plus fréquents.
À peu près 30 à 100 enfants se tuent chaque année, mais on peut penser qu'un grand nombre d'accidents sont des analogues suicidaires», avance Boris Cyrulnik.

... Reste que si les enfants ont plus accès à des ordinateurs, ils ont un peu moins accès aux enseignants, conclut Matt Richtel. Les salles de classe se sont peuplées et le rôle des enseignants a changé. A Kyrene, les enseignants n'ont pas été augmentés depuis 2008 et beaucoup sont contraints d'avoir un second emploi, dans la restauration ou la vente.
"Nous avons des ordinateurs dans les salles de classe, mais pas assez d'argent pour acheter du papier, des crayons ou du désinfectant". ..
... bien souvent, les dépenses dans les technologies de l'éducation se font au détriment du nombre d'enseignants, comme le rapportait récemment Courrier International...



L'association Le Germe (Groupe pour l'Elaboration et la Réalisation d'une Magnifique Ecole) est un collectif de citoyens (parents d'élèves, enseignants, grands-parents, chômeurs, pédagogues, etc.) qui souhaite créer sur le lochois, une école différente, laïque à vocation de devenir publique, fondée sur une pédagogie alternative ouverte au développement de l'enfant.
Pour se faire connaître, encourager le plus grand nombre à rejoindre cette action, l’Association proposait le 4 octobre 2011 une soirée débat sur les écoles alternatives :
"Quelles pédagogies différentes
pour l'école ?"
en présence de chercheurs et d'enseignants.
Débat précédé par la projection du film
Merci Ovide !
l'école Decroly,
une pédagogie différente.
de Catherine Harnois, Jacques Meaudre.
Réunion du dimanche 9 octobre 2011
Engagement du processus de création de l'école.
Constitution de 4 groupes de travail

Il n’y a jamais eu autant d’enfants à poil - mais pudiques  - prêts à prendre d’assaut les écrans de notre chouette pays. Il fallait rien moins que deux films, donc deux petits Gibus édentés, quatre clans Clochermerle ennemis (les sauvageons de Velrans contre ceux de Longeverne), autant de foin à la tonne et de craie au tableau, de chromos Vieille France (l’un année 60, l’autre 39-45) conservée dans son jus, pour vider l’abcès Guerre des boutons...
... soit 1 200 écrans à la pesée pour ces adaptations du roman de Louis Pergaud, dont les droits sont tombés dans le domaine public en 2010...
... En 2011, l'esprit de "la Guerre des boutons", c'est de l'or. C'est l'harmonieuse extase de la classe unique. Une France introuvable où les enfants vont et viennent librement, insoucieux des prédateurs sexuels. C'est la pastorale d'une violence séraphique d'avant les tournantes et les vols de téléphone portable. Une bulle utopique où le jeune n'est pas un loup pour le jeune...
... Dans cet état de confusion burlesque, chaque producteur se ruine en affiches, avec l'amer sentiment de faire sa pub et celle de son adversaire. C'est le commerce du quiproquo. "Les spectateurs ne vont pas s'y retrouver, s'amuse Danièle Delorme. C'est ridicule. Vous imaginez les conversations ? - Vous avez vu lequel ? - Moi, j'ai vu "la Guerre des boutons". - Moi aussi !"

... les gouvernements ne peuvent tout simplement plus se permettre de dissimuler le précariat à coup d'aides financières. Dans le même temps, la récession de 2009 a fait exploser les chiffres du chômage et a entraîné une nouvelle vague de précarisation. 97% des emplois créés l'an dernier au Royaume-Uni sont des contrats de travail temporaire. En Allemagne, près de la moitié des nouveaux emplois sont à durée déterminée, sans oublier les 7 millions personnes qui font des "McJobs" payés moins de 400 euros par mois. Au Portugal, 300 000 personnes exercent à temps partiel. En France, 20% des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté...

... Les mots du directeur de l’éducation à l’OCDE sont particulièrement durs sur ce point.
«L’égalité des chances et l’école républicaine dont on se gargarise sont un mensonge colossal.
Il faut que la France se réveille et prenne ce problème à bras le corps»
car elle se trouve pour le coup championne de l’inéquité scolaire, arrivant en 33e position sur 34 pays !

[ Regards sur l'éducation 2011 - Les indicateurs de l'OCDE - pdf]

... Pour corriger ses effets négatifs de la mondialisation, Daniel Cohn-Bendit propose, comme beaucoup d’autres, sa régulation en demandant aux institutions internationales d’établir des protections sociales et écologiques. Mais soyons lucide : le renforcement de la régulation mondiale sur la base des méthodes utilisées depuis plusieurs décennies est un échec.
Compte tenu de l’ampleur des règles à édicter, de l’obligation de sanctions contre les récalcitrants et de la nécessité d’un dispositif applicable à tous les pays, cela supposerait l’existence d’une sorte de gouvernement mondial. On en est loin : échec des négociations de Copenhague sur le climat ...

Cinq morts, des centaines de blessés et plus de 100 millions de livres sterling de dégâts [115 millions d’euros], tel est le bilan des émeutes britanniques de cet été. Devant l’ampleur du phénomène, les Britanniques s’interrogent toujours pour comprendre le malaise qui a fait trembler leur pays. Une explication provient de la faillite du système méritocratique britannique...
... Dès la maternelle, les institutions privées préparent les jolis bambins des classes privilégiées à la course d’obstacles de l’accès au supérieur avec des droits d’inscription prohibitifs...

... l’assouplissement de la carte scolaire, une belle mascarade qui permit à ceux qui contournaient le système de le faire plus sereinement, à ceux qui pensaient pouvoir inscrire leur enfant dans un collège ou un lycée d’élite de s’asseoir sur leurs illusions et à la ségrégation scolaire de s’aggraver.
L’Inspection générale dès l’automne 2007 et la Cour des comptes en 2009 ont signalé que les conséquences de cette décision phare étaient à l’opposé exactement des objectifs affichés.
Des solutions de «bon sens» qui accentuent les problèmes.
Qu’importe, on ne revient pas sur une mesure qui marche (pour qui et pour quoi faire, la question reste entière).
N’oublions pas la disparition de la formation des enseignants, cachée sous l’appellation rassurante de «mastérisation»...

La FCPE et l’UNL ne peuvent accepter un dispositif de sanctions automatiques, contraire aux principes du droit,
et une fausse commission éducative qui vont ériger l’arbitraire et le sentiment d’injustice en exemple.
La FCPE et l’UNL ont déjà dénoncé la précipitation du ministère à convoquer dans l’urgence un CSE sur cette question en septembre 2010 pour ensuite publier les décrets en toute fin d’année scolaire, applicables dès septembre 2011. Elles réitèrent leur étonnement avec la parution de la circulaire d’application aujourd’hui, à quelques jours de la rentrée alors qu’il a brusquement interrompu les discussions dès décembre 2010...

... 61% des Français pensent que le gouvernement va plutôt «dans le mauvais sens» en ce qui concerne «la réduction de l'échec scolaire»,
59% partagent cette opinion pour «la formation des enseignant» et 63% pour «la valorisation du métier d'enseignant»...
... Valérie Marty, présidente de la Peep, la deuxième fédération de parents d'élèves du public, s'inquiète déjà «de ces collèges où l'on compte 30 enfants par classe et de ces classes de lycées qui atteignent 36 à 37 élèves»...

... Selon la Fondation, qui publie chaque année un rapport sur le mal-logement, la France compte 3,6 millions de personnes non ou mal logées et dix millions touchées de près ou de loin par la crise du logement. Avec la hausse des prix de vente et des loyers, le logement est désormais le premier poste de dépenses des ménages. C'est autant d'argent qu'ils ne peuvent consacrer à l'alimentation, la santé, les loisirs, … "Que reste- t-il quand on vit avec un smic mais que l'on passe 50% de ses revenus dans son loyer ?"
.. La résurgence de la tuberculose est, de fait, le révélateur d'une précarité très forte. On sait que la promiscuité, les conditions de vie déplorables, les difficultés d'accès au logement, à une eau de bonne qualité, les variations de chaleur, etc., favorisent le développement de la tuberculose...
... En Ile-de-France, l'incidence la plus forte est relevée à Paris (23,4/100.000) et surtout en Seine-Saint-Denis (30,3/100.000). Lors de nos opérations de dépistage dans ces deux départements l'année dernière, on a détecté 14 cas de tuberculose sur 1100 patients. C'est beaucoup!

... Julien Bayou, l'un des fondateurs du collectif Génération précaire, assène qu'«il n'y a qu'une solution: interdire aux entreprises de prendre des stagiaires diplômés.
Il faut être clair: les stages sont une arme de destruction massive d'emploi, ils détruisent des postes de juniors».
En 2006, une première loi a tenté d'encadrer la pratique des stages. Depuis, s'empilent chaque année de nouveaux textes censés mettre fin aux abus...

... Les années Thatcher et Blair, dont le mot d’ordre était «Enrichissez-vous», ont créé une Angleterre à deux vitesses:
l’une riche, ou qui du moins a un emploi et des revenus; l’autre sans revenu, sans emploi, sans patrimoine, sans futur.
La presse, y compris l’élite journalistique de la gauche libérale, appartient à la première Angleterre,
et il n’y a plus de syndicats ou de politiques qui parlent au nom des pauvres...

... Il est vital pour la démocratie, nous enseignait le philosophe Cornelius Castoriadis, que les sociétés puissent s'auto-instituer par des actes et des symboles.
L'importance anxiogène qu'est en train de prendre la dette dans l'imaginaire collectif marque un tournant, car elle peut entraîner un scepticisme généralisé, voire une défiance envers la social-démocratie dont le rôle historique serait alors dépassé. L'autre grand risque dont on perçoit les prémices est de voir les peuples tenter de regagner leur capacité à s'auto-instituer contre les mécanismes de la démocratie représentative en choisissant de retrouver l'expression d'une souveraineté par l'intermédiaire des fausses solutions de la passion nationaliste...

... Ces 20 dernières années, grâce aux TIC, on a isolé les travailleurs, on les a instrumentalisés, divisés... Jusqu'à l'introduction des téléphones mobiles, on pouvait encore compter sur la présence, sur l'attention de l'employé, mais depuis... Les mobiles font resurgir toutes les failles de l'organisation du travail telle qu'on l'a construite...
... Le système scolaire est totalement construit autour du contrôle de l'attention, un contrôle que n'aurait pas renié Michel Foucault (*) : on isole les enfants, on ne les laisse pas parler entre eux, il y a une figure centrale et toute puissante et toutes les sanctions tournent autour de l'attention...
(*) "Surveiller et punir"

... Mais on sait également faire preuve d'initiatives pour l'emploi des jeunes à la Réunion.En effet, la SR21 ( agence réunionnaise de développement durable et d’innovation ) vient de lancer un appel à candidature, pour fournir une équipe de participants capables de : « vanter les atouts économiques de la Réunion (...) » au Medef Réunion en vue de l'Université d'été ...
Quelle sera la mission de ces jeunes : « (...) dynamiques, sérieux et au fait des réalités économiques de La Réunion (...) ?
Et bien : « La valorisation du territoire réunionnais : environnement des affaires, expertises, position géostratégique… La valorisation des entreprises du MEDEF Réunion et la mise en relation »
Et quel sera le contrat qui leur sera proposé?
Aucun, puisque ces jeunes « (...) dynamiques, sérieux et au fait des réalités économiques de La Réunion (...) seront ... bénévoles.
Merci qui ?

... les colonies de vacances pourraient connaître des difficultés financières à l'avenir si le droit du travail, notamment en matière de repos obligatoire, devait s'appliquer aux animateurs et à terme renchérir le coût de ces séjours. Les associations organisatrices de séjours s'inquiètent des conséquences d'un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) d'octobre 2010 qui remet en cause le "contrat d'engagement éducatif" (CEE), un statut dérogatoire ...

... À quand des stages pour sénateurs ? Parce qu’entre la prime de 3500 euros qu’ils ont voulu s’accorder il y a une semaine et le scandale lié à l’affaire du questeur Pastor,
il semblerait qu’un stage de bonne conduite ne leur ferait pas de mal. Il y a bien des stages pour les mauvais conducteurs.

Les sénateurs sont définitivement déconnectés de la réalité et ne pensent qu’à leur réélection. Pourquoi prétendre s’intéresser aux jeunes qui galèrent, aux stages abusifs
et punir les mauvaises entreprises en encadrant de façon plus stricte la législation ?
Autant annoncer la couleur dès le départ : le stagiaire est et restera la variable d’ajustement de notre économie...

... Quand l'argent sale de la drogue sert souvent à payer les loyers,
il convient de s'interroger sur la drogue comme sur les loyers, sur la dissidence coupable comme sur la société et ses compromis...

... Il s’agit donc moins que jamais d’un débat «technique» et financier, et bien plutôt d’un combat politique et social.
Assurément, les libéraux ricaneront que les progressistes réclament l’impossible.
Mais que font-ils d’autre, eux, que parachever l’insupportable?

.. Il s’agit de restreindre les soins courants accordés aux patients de façon bien particulière selon l’auteur de l’article, Martin Beckford, qui titre: «Le NHS [National Health System : système de santé publique britannique] attend que les patients meurent ou aillent dans le secteur privé». En effet, le but du NHS est de réduire de 20 milliards de livres les dépenses de santé publique et, selon  des gérants d’institutions hospitalières, «l’expérience prouve que si les patients doivent attendre plus longtemps, ils se retirent de la liste d’attente». ..
NHS delays operations 'as it waits for patients to die or go private'

Un care d'heure de compassion :
en import des pays du care
(en barre, en poudre, gélule et lubrifiant)
... et ses merveilles
"Redynamiser la pensée sociale progressiste" !
"Pour la première fois, une responsable politique français introduit la notion anglo-saxonne du care dans le débat public...


... La participation citoyenne, inutile ? Pour Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat Unité-SGP-Police (majoritaire), c'est surtout un "copié-collé des exemples britannique et américain qui ne correspond pas à la mentalité française". Le ministère cite d'ailleurs, dans la circulaire du 22 juin, "le “neighbourhood watch” mis en œuvre depuis de nombreuses années aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne"....

... il enferme la politique budgétaire américaine dans un carcan. Le texte ne prévoit pas de hausse d'impôt, ce qui enlève toute marge de manœuvre aux gouvernants pour soutenir l'économie, développer l'assurance maladie, lutter contre le chômage. Au final, ce sont les plus pauvres qui vont supporter l'ajustement, alors même que l'une des causes de la crise aux États-Unis, c'est la trop faible consommation, ou plutôt la trop forte consommation à crédit.
La tendance est même plus à la baisse de la protection sociale qu'à l'augmentation des impôts visant les plus riches. A court terme, il n'y a aucune chance pour que les impôts augmentent. C'est le point sur lequel la majorité des républicains ne céderont pas.

... Aujourd'hui pourtant, seuls 24% des Français se disent satisfaits de leur système éducatif. Soit le taux d'appréciation le plus bas d'Europe. Selon Gaël Sliman, cela fait déjà cinq à six ans que la confiance envers la politique éducative de l'Etat recule: "C'est une baisse constante, sur le temps long. Le remplacement d'un fonctionnaire sur deux, notamment, a été très impopulaire auprès des Français" explique le directeur de BVA Opinion.
Résultat: l'inquiétude grandit".
... Après une première en juin 2008, l'éducation est pour la deuxième fois placée au rang de préoccupation n°1 des Français: en juin 2011, 60% d'entre eux la considéraient comme une priorité, contre 43% l'an dernier ...  [ Baromètre d’image des services publics en Europe - Juillet 2011- pdf]

... Qu'est-ce qu'une élection "démocratique" exactement ?
L'occasion de présenter au pays une vision, une orientation, de lui proposer des choix, des approches, des solutions : ce qui implique de prendre en compte l'ensemble de ses composantes, de s'adresser à lui dans sa globalité diverse ?
Ou bien s'agit-il d'une manière de shopping à l'occasion duquel on achète, comme dans un souk, ce qui fera le plus d'usage pour le plus petit coût ?
"Le vieux, dit celui-là, mauvaise affaire, il vote à droite.""Le jeune, nuance l'autre,pas intéressant, ça ne vote pas." Les ouvriers ? Produit périmé. Les employés ? Défraîchis. Mais non, clame-t-on, en réaction, le pauvre est récupérable, rafistolable...

... nous avons un rapport névrotique à l'école, et au baccalauréat en particulier. Nous sommes dans l'exagération et l'irrationnel dès qu'il s'agit de notre manière d'évaluer les élèves.
C'est sûrement parce que nous sommes attachés à des modèles éducatifs qui sont historiquement datés [Le baccalauréat a été créé sous Napoléon Ier par un décret datant de 1808, ndlr]...

On exalte le passé, on ranime l'instruction civique...
... des élus louent des logements de la RIVP alors qu'ils disposent d'autres habitations, ou paient des loyers sous-évalués par rapport à leurs ressources.
Le quotidien cite Jean-Pierre Chevènement et Delphine Batho, dont le loyer a été réévalué, Fadela Amara, et aussi deux personnalités qui ont quitté leur logement Benoist Apparu, Brigitte Kuster (maire du 17ème).
Selon le Parisien, Jean-Pierre Chevènement a notamment un appartement de 120 m2 rue Descartes pour 1271 euros de loyer par mois....
...Pas question pour le sénateur, président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) de quitter les 120 m2 qu’il loue rue Descartes, situé à deux pas du Panthéon (Ve).

LE BAC, USINE À CRÉTINS DIPLÔMÉS
Le bac, un vieux cancre sauvé au rattrapage
Obsolète, coûteuse, critiquée... l'épreuve bicentenaire semble pourtant indéboulonnable. Etat des lieux.
 ... nous avons un rapport névrotique à l'école, et au baccalauréat en particulier. Nous sommes dans l'exagération et l'irrationnel dès qu'il s'agit de notre manière d'évaluer les élèves. C'est sûrement parce que nous sommes attachés à des modèles éducatifs qui sont historiquement datés
[Le baccalauréat a été créé sous Napoléon Ier par un décret datant de 1808, ndlr]...

... En 2011, 85,6 % des candidats au baccalauréat l'ont obtenu. Le taux de réussite au bac général atteint 88,2 % d'admis, 82,3 % au bac technologique et 83,6 % au bac professionnel. Le taux de réussite atteint, en réalité, 100 % après un deuxième essai, voire un troisième. Ce qui veut dire que les jeunes qui n'obtiennent pas le bac sont… ceux qui n'y accèdent pas, ceux qui ne sont jamais arrivés jusqu'à la classe de terminale...

... En 2000, il était élève en terminale S à Neuilly. Quelques mois avant le bac, Mathieu, un ami, l'accoste à « la récré du matin » :
    « J'étais avec Benoit, le troisième de notre bande. Il nous a demandé de nous mettre à l'écart. Il nous a dit : “J'ai un plan, je peux avoir les sujets du bac, pour 10 000 francs le sujet.”
Au début, je ne l'ai pas cru, et puis je me suis dit que financièrement, c'était impossible. »

650.000 lycéens passent chaque année l’examen le plus coûteux sur la planète. Une grand-messe pour célébrer avec faste un fantôme : l’égalité républicaine...
... Tout se joue en réalité, avant le bac. Dès le 9 juin dernier, les futurs candidats avaient reçu une première proposition d'orientation dans le supérieur qui n'est pas conditionnée à cet examen. Dès la seconde où les lycéens doivent choisir entre les différentes filières, sans possible retour en arrière. Il n'y a pas un bac, mais des bacs.
Nous sommes l'un des rares pays à obliger les adolescents à opérer si tôt un choix quasi irréversible.
Une soi-disant orientation qui n’est qu’une sélection. Elle n’est pas fondée sur les goûts ou envies des lycéens, leurs aptitudes en général mais sur leurs résultats en sciences....

10 mesures pour des rythmes plus équilibrés
De la journée à l’année, une nouvelle approche...  Une journée moins lourde, mais pas nécessairement moins longue...Une harmonisation des temps facilitant le passage de l’école au collège...Veille et sommeil - de la bonne utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) ...Une semaine plus équilibrée...Une priorité pour l’école élémentaire
Une amélioration souhaitable pour le collège et le lycée...Une année mieux distribuée...Les vacances intermédiaires...Les vacances d’été
L’organisation en zones...
ETC ...[ Conférence nationale sur les rythmes scolaires Des rythmes plus équilibrés pour la réussite de tous - Rapport d’orientation - Juillet 2011 ]

... Dix propositions ont été faites au ministre. Selon son entourage, aucune décision ne sera prise pour la rentrée prochaine.
Est-ce que ces propositions verront le jour ? Est-ce qu'elle seront un sujet de débat dans la campagne pour la présidentielle de 2012 ? ...

La réforme des rythmes scolaires en France est un serpent de mer politique qui dure depuis trente ans.
Car aux explications chronobiologiques ont souvent été préférés les arguments industriels et économiques...

... Après une "concertation sans précédent", il va organiser... des concertations. Et il prendra, si les concertations aboutissent, des "décisions" qui pourraient être appliquées à la rentrée... 2013. Entre-temps, une élection présidentielle aura lieu, un nouveau ministre sera nommé, bref on aura largement l'occasion de reparler des rythmes scolaires et même de commander un nouveau rapport sur ce serpent de mer à la française.

Mais ...

Chatel rappelle que le choix relève du conseil d'école: "95% des conseils d'école ont fait le choix de la semaine de quatre jours" ..
Serpent de mer :
les rythmes scolaires

... La semaine de quatre jours et demi, avec le mercredi matin, est préconisée par les professionnels de l'enfance mais, sur le terrain, les conseils d'école composés des parents, professeurs et collectivités locales lui ont jusqu'à présent préféré la semaine de quatre jours. «C'est un sujet compliqué», a récemment reconnu le ministre.
Pour le moment, c'est donc le statu quo qui prévaut...

... Un chômage qui frappe les deux jeunesses:
celle des exclus, alimentée par la rupture avec le système scolaire
-11% des jeunes des pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ne disposent d'aucune formation,
17% en France, 30% aux Etats-Unis-;
celle des diplômés enfermés dans la précarité.
La pauvreté frappe ainsi en priorité les jeunes dans le monde développé, qui ne peuvent ni quitter leur famille ni en fonder une...

... "L'urgence sociale, personne n'y croit ... "C'est comme dans le dessin animé de Tex Avery, tout le monde se refile le bâton de dynamite avant qu'il pète. On est dans le 'c'est pas moi, c'est toi' : c'est du ressort de l'Etat, non, c'est celui de la mairie. Ils se tirent dans les pattes, ils n'ont pas les mêmes objectifs, c'est à celui qui ne paiera pas ou, au contraire, qui se dira le plus généreux...

... Les urgences sont déjà beaucoup sollicitées. Notre mission est de soigner les gens, pas de les héberger. Là, c’est un retour au Moyen Age! Il est urgent de redonner aux associations comme le Samu social les moyens de venir en aide aux plus démunis.

J'accuse le ministre de démanteler l'école publique en rayant de la carte 1 500 classes à la prochaine rentrée scolaire et en supprimant 16 000 postes d'enseignants,
tout en privilégiant les embauches de personnes précaires non formées.
J'accuse le ministre de mentir à l'opinion publique, aux parents d'élèves et aux enseignants en faisant croire qu'il est possible de faire mieux avec moins,
en clamant que l'école publique remplira mieux sa fonction avec moins d'enseignants qualifiés et plus d'élèves en difficulté dans les classes...
... J'accuse le ministre de double langage sur le droit à l'innovation pédagogique dans les classes et les écoles: d'un côté, il l'encourage, forums institutionnels à l'appui, de l'autre il le brime en imposant des programmes rétrogrades, des évaluations nationales formatées et des dispositifs de «soutien» en trompe-l'œil qui ont pour effet de standardiser les pratiques des enseignants
au mépris de la liberté pédagogique garantie par la loi...

... Loin des considérations économiques et fiscales, le recours à un système alternatif pose le problème d’une éducation à deux vitesses. Seules les familles les plus aisées offrent ce genre de service à leurs enfants...
... Rien pour arranger les affaires des profs du secondaire qui regardent, impuissants, l’écart se creuser entre leurs élèves. Car ces cours viennent rarement en soutien pour pallier une quelconque lacune. Il s’agit plutôt de rendre les bons encore meilleurs ! Des cours particuliers pour avoir une belle mention au bac, plus que pour simplement l’obtenir. La preuve, Acadomia estime que 75% des élèves de grands lycées parisiens, type Louis-le-Grand ou Henri IV, sont consommateurs de ce genre leçons...[L’ombre du système éducatif : quel soutien scolaire privé, quelles politiques publiques ?]
 

... Laissons les parents libres de juger sur pièces des résultats obtenus. Accordons aux établissements toute l’autonomie qu’ils réclament et que, dans les faits, tout «grand lycée» applique déjà, ignorant superbement les consignes mortifères venues du ministère. Dans cette jungle éducative, les meilleurs d’entre nous seront peut-être davantage reconnus qu’au sein d’un système qui traite et affecte ses personnels au gré de logiciels aussi bornés que ses administratifs.
 N’est-ce pas tentant ? Chacun-pour-soi et sauve-qui-peut-l’être… Réactionnaires de tous bords, unissez-vous : créez des «boîtes» privées où vous enseignerez enfin en paix, en vendant chèrement vos prestations à l’État. D’anciens hauts responsables syndicaux «de gauche» l’ont fait sans scrupules et avec succès avant vous…
Utopie plaisante, réalité décevante. L’école déréglementée jaillissant de la faillite de l’École républicaine, c’est le néolibéralisme construit sur les ruines de la République. Rien d’autre. Et pour une efficacité pédagogique nulle.
Confier l’école aux parents, c’est la soumettre aux seuls intérêts individuels et immédiats, qui ne sont pas obligatoirement ceux des enfants, à long terme. C’est privilégier l’utilitarisme scolaire au détriment de la construction d’un projet éducatif commun et global...
 

Depuis une bonne vingtaine d'années - ici aussi, évidemment - le"chèque éducation" (ou "bon scolaire") - en anglais "voucher"-
fait partie d'un blabla yakaiste au sujet des indispensables réformes, "simples, urgentes et radicales", disent-ils, du système scolaire.
USA 2008 :"dans le Milwaukee, il n'y a pas eu de miracle" (Sol Stern).
L'un des plus fervents promoteurs du chèque-éducation aux USA, Sol Stern, vient de faire brusquement volte-face en affirmant,
constats à l'appui, que le voucher n’avait pas du tout amélioré le système public.


absentéisme & décrochage scolaire...

... "Le mauvais élève (Luc) Ferry est convoqué, ce mercredi 8 juin, par le président de la fac. S'il ne se présente pas, l'université est bien décidée à lui réclamer le remboursement de son salaire - 4.499 euros net par mois - pour toute l'année scolaire" (2010-2011), précise l'hebdomadaire dans son article intitulé "Un emploi fictif pour le moraliste Luc Ferry"...

"Cette affaire est totalement grotesque."
Luc Ferry sèche les cours : «Il n'y a rien d'anormal, ni d'illégal. Je fais partie des 70000 décharges de service public en France, selon le dernier rapport de la Cour des comptes. Tout cela n’a donc rien de particulier. Dans mon cas, je préside depuis 2005 le Conseil d’analyse de la société (CAS)...».
... "Si tel ou tel député, si Mme Royal ou l'autre zouave, veut supprimer le Conseil d'analyse de la société mais qu'il le dise, je m'en fous, qu'il le supprime. Mais qu'on ne dise pas que j'ai été payé pour des heures que je n'ai pas faites et que je devrais rembourser. C'est honteux, c'est scandaleux", s'est-il emporté.

Délinquance des mineurs :
le septième rapport en sept ans
...Disons que celui-ci à, comme chacun, sa petite spécificité : sa dimension «internationale» puisqu’un volet est consacré à la pertinence des réponses en œuvre aux États-Unis, qu’il nous faudrait donc prendre en exemple pour notre propre modèle pénal des mineurs. Or il existe de vraies différences entre les cultures judiciaires française et américaine. En l'occurrence, que le pays des «boot camps», de la peine de mort appliquée aux mineurs jusqu'en 2005, et du refus (le seul avec celui de la Somalie sur les 192 États membres de l'ONU) de ratifier la Convention internationale des droits de l’enfant soit pris en exemple en matière de justice des mineurs pose tout de même question... Pour le reste rien de bien neuf...
 

Pour les gérants des cantines scolaires, le bio c'est trop cher. Du coup ils refusent d'en mettre au menu des écoliers.
... Made in bio : le bio à la cantine, c'est pour les riches?
Ca se frite autour des assiettes de nos écoliers. Le bio est considéré comme trop cher, mais surtout trop rare et trop lointain. Alors, comment changer la donne, réponse en débat.

... La paie des patrons des banques européennes et américaines a augmenté en moyenne de 36% en 2010
selon une enquête du Financial Times.
Les patrons de Goldman Sachs et JP Morgan ont vu leurs revenus multipliés par 15 par rapport à 2009...

"droits de l'enfant" ...
... Selon des estimations de l’ONU, un cinquième de l’or mondial est extrait de mines comme celle-là. Elles produisent aussi des pierres précieuses pour nos bijoux et des minéraux rares pour nos téléphones mobiles. Elles sont généralement isolées et clandestines mais souvent très bien organisées. Avec le doublement du prix de l’or sur les marchés mondiaux ces dernières années, la prospection de l’or est devenue encore plus attractive pour les plus pauvres et particulièrement dangereuse.
Sans surprise, un pourcentage non négligeable des travailleurs qui sont attirés vers ces mines d’or, de pierres précieuses et de minéraux ou vers ces carrières sont des enfants – des filles comme des garçons...
... Plus de la moitié (53 pour cent) des 215 millions d’enfants qui travaillent dans le monde exerce une activité dangereuse. Si leur nombre augmente parmi les enfants les plus grands, âgés de 15 à 17 ans, des progrès ont été enregistrés chez les plus jeunes, les 5-14 ans, selon le dernier rapport du BIT sur le travail des enfants «Les enfants dans les travaux dangereux».
[ Rapport du BIT - Enfants dans les travaux dangereux ]

... A 16 ans, on peut bosser, payer des cotisations, participer aux élections professionnelles, payer des impôts.
On peut avoir des relations sexuelles, recourir à l'IVG sans le consentement d'un parent, exercer soi-même l'autorité parentale, être entendu par la justice et condamné… Un individu doit acquérir les capacités civiles à hauteur des responsabilités pénales qu'il encourt.
Ajustons les majorités civiles, fiscales, pénales, sexuelles. On aura au moins contribué à réduire la confusion sur les âges de la vie...

... Au total, le tiers des aliments produits chaque année sur la planète pour la consommation humaine, soit environ 1,3 milliard de tonnes, est perdu ou gaspillé, selon un rapport préparé par la FAO.
Ce volume équivaut à plus de la moitié de la production céréalière mondiale (2,3 milliards de tonnes en 2009-2010), alors que près d’un milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde...
... Dans les pays industriels, le gaspillage de nourriture, «est trop souvent le fait des commerçants et consommateurs qui jettent à la poubelle des aliments parfaitement comestibles»
. En Europe et en Amérique du Nord, chaque consommateur gaspille entre 95 et 115 kg par an.

... pour ce qui est des intoxications françaises, le parcours des graines depuis l'Egypte jusqu'au Jardiland de Bègles laisse perplexe : Anvers, Rotterdam, l'Allemagne, l'Angleterre et enfin la France. Pas vraiment un circuit court ! Autre évidence, rarement soulignée : le problème, ce n'est pas le bio, ce sont les graines germées...

... Comble de l'ironie, c'est à Tunis, en novembre 2005, que s'était tenu le Sommet mondial sur la société de l'information. Les présidents égyptien et tunisien, Moubarak et Ben Ali, étaient ensuite appelés à être les piliers de l'Union pour la Méditerranée (UPM), projet de civilisation lancé par M. Sarkozy en 2008. Le "printemps arabe" a illustré la réalité politique d'Internet, tout en démontrant que les tentatives de le couper étaient l'ultime sursaut des autocrates face aux manifestants. Qui incarne alors la civilisation ? ...

"droits de l'enfant" ...
... S’en prendre sexuellement aux enfants est le crime absolu, mais déguiser les petites filles en femmes objets a quitté le registre de l’art sulfureux pour prendre le visage de l’honnête commerce.
Parallèlement à la petite fille qui se fait fatale, l’infantilisation des adultes est partout. La fausse jeune porte un tee-shirt moulant Hello Kitty, et le faux jeune arbore divers doudous technologiques ...

"droits de l'enfant" ...
These five children go to school during the day, but work at night and on weekends.
Dans la capitale du jean, se serrent quelques 500.000 travailleurs migrants venus des zones rurales déshéritées proches ou éloignées de Zhongshan...
... Les adultes, les anciens mais aussi les enfants y travaillent. Toute la journée pour certains. Des jours sans école. Le garçon que l’on voit sur cette photo gagne 0,15 yuan (1,5 centime d’euros) par jour pour couper les fils qui dépassent des 200 paires de jeans quotidiennes dont il assure la « finition »...

... En plus d’exploiter les travailleurs, l’industrie textile exporte dans les eaux locales d’énormes quantités de polluants. On retrouve notamment dans les eaux des rivières locales cinq métaux lourds – cadmium, chrome, mercure, plomb et cuivre - dans des quantités bien supérieures aux normes autorisées dans le pays. En cause : les procédés de teinture, lavage, blanchiment et impression qui nécessitent de grands volumes d’eau ainsi que des métaux lourds et autres produits chimiques...

.. les Chinois ont commencé leurs emplettes sur le Vieux Continent : ici, une belle entreprise comme Volvo ; là, un port sur la Méditerranée. Pas question pourtant de venir au secours des pays les plus endettés. La dette souveraine de la Grèce, non merci !
Faut-il s’inquiéter de cette “colonisation bout par bout” ?

En dépit d'une série de coupes budgétaires drastiques destinées à calmer les marchés internationaux, la Grèce reste au bord de la faillite.
Les démocraties doivent-elles déterminer leur politique économique en fonction de ce que souhaitent, ou ne souhaitent pas, une poignée de traders ?, s'interroge The Guardian...
... Ce sont les fluctuations de ces mêmes marchés qui ont provoqué les crises et qui menacent d'en déclencher d'autres. Nous sommes tous aujourd'hui en train d'apprendre ce que les pays plus pauvres ont été les premiers à apprendre : les investisseurs obligataires internationaux déterminent dans une large mesure la palette des choix qui s'offrent aux gouvernements démocratiques...

... We are now all learning what poorer countries learned first:
international bond investors determine to a large extent what range of decisions are available to democratic governments.


... "Quand on sera grands, on sera Islandais !", scandait l’un des animateurs de la manifestation du 15 mai devant un cortège de jeunes et de moins jeunes, de parents et d’enfants, d’étudiants et de travailleurs, de chômeurs et de retraités. Il a fallu bien des samedis à l’Islande pour que les citoyens obtiennent le changement qu’ils demandaient...
 

... Laisser s’installer une telle camisole de force intellectuelle constituerait une folie politique. Car l’extrême droite française a mesuré que sa vieille idéologie thatchérienne, sa haine des fonctionnaires et son poujadisme fiscal ont été disqualifiés par le creusement des inégalités sociales et par la dégradation des services publics. Elle n’hésite donc plus à récupérer des thèmes historiquement associés à la gauche. ...

... Le fond de sauce xénophobe n’a pas changé, mais ces sentiments-là sont suffisamment installés dans la société et légitimés par le pouvoir
pour que désormais l’essentiel du travail de propagande de l’extrême droite se porte ailleurs...

A un an de l’élection présidentielle, espérons que la question scolaire sera, pour une fois, au cœur de la campagne. Jusqu’à présent, quelques mesures chocs ou polémiques mises à part, ça n’a jamais été le cas, comme si l’école restait un sujet périphérique, technique, administratif, quand ce n’est pas un nid à problèmes où il n’y a que des coups à prendre et des votes à perdre.
Ce désintérêt est pourtant en contradiction avec le projet même de la République, l’école étant l’une de ses institutions reines, l’outil premier pour construire l’égalité des citoyens. Programme d’une modernité intacte ; promesse partiellement déçue...

...ces directeurs d’école, en refusant de ficher leurs élèves, sont ceux qui sont dans la légalité :
    - ils respectent la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, ratifiée par la France et qui de ce fait s’impose en droit;
    - ils respectent les recommandations faites à la France par le Comité International des Droits de l’Enfant de l’ONU;
    - ils respectent l’exercice du droit d’opposition des parents, droit rétabli par le jugement du Conseil d’Etat du 19 juillet 2010.
Par leur résistance, ils permettent de questionner le rôle que l’on veut faire jouer à l’école et aux professionnels qui y travaillent ; ils ont permis et continuent de permettre que soit mise sur la place publique la question du fichage de l’enfance, que l’Etat tentait d’instaurer sans même que les parents le sachent...

"18 000 professeurs dans le secteur primaire ne sont pas directement en relation d’enseignement avec les enfants" ?
... le secrétaire d’Etat n’a pas donné de précision sur l’origine de ce chiffre ni sur son mode de calcul. Et le ministère de l’Education nationale, premier concerné, s’est bien gardé de le commenter officiellement, en laissant quand même entendre à ses interlocuteurs syndicaux qu’il n’était nullement engagé par les propos de M. Tron.
Alors, bévue ou ballon d’essai ?

... Les déclarations de Georges Tron n’ont pour objectif que d’accréditer la politique des suppressions de postes !
Monsieur Tron veut un chiffre?
180 000 ! Oui, il faudrait recruter 180 000 enseignants pour atteindre dans les écoles françaises le taux d’encadrement du Danemark !
La FCPE demande une nouvelle fois au gouvernement de mettre  l’Ecole au centre de ses préoccupations, pour répondre aux attentes de la population...

Défenseure des enfants depuis 2006, un poste appelé à disparaître, Dominique Versini défend le bilan de cinq ans de travail au service des plus jeunes tout en critiquant la politique du gouvernement.
Dans le rapport qu'elle présente ce mardi, Dominique Versini dénonce notamment les "reculs répétés" en matière de justice des mineurs, de logement social ou encore les difficultés rencontrées par les enfants étrangers présents en France.
[ Rapport d'activité 2010 (pdf) ]

Il se confirme que la Base élèves est bien le socle rendant possible le fichage généralisé de la population dès 3 ans. Ainsi, au milieu d’une multitude d’autres applications dont la liste semble s’allonger chaque jour, doit se mettre en place cette année dans tous les établissements scolaires le Livret Personnel de Compétences (LPC), dans lequel les champs retirés de la Base élèves par l’arrêté de 2008 refont leur apparition. On imagine sans peine les convoitises que pourra susciter un tel fichier qui gardera en mémoire, dès l’école et tout au long de la vie, la totalité du cursus scolaire de tous les enfants de France, les réussites mais aussi les échecs de chacun. Dans notre monde où le libéralisme sauvage et le tout sécuritaire ne cessent de gagner du terrain, une telle perspective ne peut qu’alarmer et révolter...

 ... j'affirme qu'il n'y a aucune étude scientifique ou étude longitudinale de caractère scientifique sur les conduites que l'on qualifie d'agressions, en particulier le harcèlement si on le considère comme une agression. C'est-à-dire, des comparaisons des enfants à eux-mêmes au fil du temps, en se fondant sur des conduites qui peuvent être objectivées clairement, et donc vérifiées et vérifiables, au moyen de méthodes reproductibles... quelle que soit l'approche (développementale, comportementale, psychique, pédagogique, sociale, sociologique, anthropologique, systémique...).
Je précise que j'ai connu certains des collègues québécois qui ont étudié le bullying. J'ai eu l'occasion d'apprécier l'empathie et les compétences de quelques-uns, notamment au cours des séjours qu'ils ont effectués il y a vingt à trente ans dans le laboratoire de Psychophysiologie que j'avais l'honneur de diriger à la Faculté des Sciences et des Techniques de Besançon. Je ne peux donc laisser sans réponse leurs généralisations hâtives, réductionnistes et abusives.

Ritaline® Concerta® Quasym® ... pilules de l'obéissance
... "Ce qu'il est important de comprendre, c'est que le méthylphénidate n'est pas un médicament qui sauve des vies, c'est un médicament qui traite les symptômes uniquement", explique Bruno Toussaint. "Il faut reconnaître qu'il existe des cas d'enfants hyperactifs très difficiles et qu'avec ce médicament l'enfant se porte mieux. Mais ces cas sont rares et il existe bien d'autres solutions à mettre en place avant d'en arriver à la prescription de cette molécule, dont on ne connaît pas très bien les effets au long cours." D'ailleurs, dans 75 % des cas, les thérapies comportementales sont efficaces chez les enfants présentant une hyperactivité avec troubles de l'attention...

... D’un côté, plus de 70 % des personnes interrogées déclarent avoir une image globalement positive de la jeunesse, mais 60 % ont une image globalement négative des jeunes des quartiers populaires. Pourquoi ?
« Interrogées sur la raison d’une telle défiance, les personnes sondées soulignent principalement l’image négative de ces jeunes véhiculée par les médias - qui constituent, pour ceux d’entre eux résidant à distance confortable desdits quartiers, la seule source d’information sur le sujet -, ou l’impression selon laquelle ils seraient « tous des délinquants », des drogués, des troubles à l’ordre public. En revanche, ceux qui livrent un jugement positif à l’égard des jeunes issus des quartiers populaires tiennent souvent à souligner qu’ils les côtoient, comme une preuve supplémentaire du filtre déformant utilisé à leur sujet par les médias, et qu’ils ont du courage face aux difficultés qu’ils affrontent quotidiennement ».
Enfin, on note donc qu’il reste toujours un gros quart des interrogés qui déclarent avoir une image globalement négative de la jeunesse en général.
De vieux aigris ?

[ Une société fâchée avec sa jeunesse ? ]

... Comment ne pas être les «enfants du désenchantement» ? 23% des jeunes au chômage, 20% vivant en dessous du seuil de pauvreté, 150 000 sortant chaque année de l’école sans diplôme. Accès difficile au logement, à la santé, charge d’une dette écrasante laissée par la génération précédente.
Entre fatalisme et révolte, on peut comprendre la désillusion de cette génération à l’égard de l’action politique incarnée par ses aînés, pour qui le civisme trop souvent était matière à option...

... Paradoxe : jamais l’engagement individuel et collectif n’a été aussi nécessaire, jamais le découragement et la lassitude n’ont été aussi grands...
... "Les enjeux déterminants pour notre avenir ne trouvent pas de réponse politique à la hauteur", estime le Médiateur, pour qui "la fébrilité du législateur trahit l'illusion de remplacer par la loi le recul des responsabilités individuelles et de la morale".
"Les débats sont minés par les discours de posture et les causes à défendre noyées parmi les calculs électoraux", poursuit-il. Pour lui, "les ressorts citoyens sont usés par les comportements politiciens"...

[ Dernier Rapport du Médiateur de la République - pdf ]

... En France, certains diplômes sont des sortes de rentes et on comprend que les écoles qui les distribuent ne tiennent guère à s'ouvrir. Mais dans un marché du travail relativement serré, la grande utilité de certains diplômes se solde par la très faible utilité de ceux qui sont situés à l'autre bout de la hiérarchie scolaire.
Si on a tout avec quelques diplômes, on n'a pas grand-chose avec d'autres et on a rien quand l'école n'a mesuré que vos lacunes. Dans ce cas, la faiblesse scolaire devient un handicap d'autant plus marqué que la majorité des jeunes accède aux étapes élémentaires comme le baccalauréat aujourd'hui.
Alors, les élèves les plus faibles alimentent les rangs des décrocheurs et manifestent leur colère dans les émeutes urbaines...

... Le plus étonnant pour les professionnels de l’éducation comme pour les chercheurs est bien cette association systématique entre d’une part les questions d’absentéisme scolaire, de décrochage ou de déscolarisation et d’autre part les questions d’ordre public, de sécurité ou de délinquance.
En effet, toutes les recherches empiriques attestent que ce lien décrochage/délinquance n’a rien de mécanique. Mais rien n’y fait...

... à côté des raisons économiques, comme ces élèves qui travaillent le soir ou certains jours pour compléter le salaire de leurs parents, et des causes d'ordre pathologique comme la dépression ou la phobie scolaire…, l'absentéisme ordinaire concerne surtout les apprentissages. La crise de confiance dans les valeurs transmises par l'école, qui accueille des élèves ne correspondant plus à son public historique, sont les deux raisons majeures invoquées par les sociologues de l'école...

... Mais pour les élèves en absence, soit l’école reste trop abstraite dans son langage et ses pratiques (dévalorisation de l’intelligence pratique), soit elle ne remplit plus sa promesse d’ascenseur social (présence d’adultes diplômés au chômage dans l’entourage), soit elle favorise une pédagogie de l’échec qui les marginalise souvent depuis le primaire (orientation vécue comme une relégation, surtout en lycée professionnel).

... Il existe des dispositifs, tous plus alternatifs les uns que les autres. Mais il en existe peu. Pas assez. Et le problème, c’est que tout ce qui différencie les parcours (dispositifs «relais», quatrième alternance, troisième «découverte des métiers», etc.) se fait au dehors, loin du collège de secteur, dans un autre collège, voire dans un lycée voisin. Comme s’il était évident de s’éloigner quand on n’a pas réussi dans « son » collège. Comme s’il fallait se débarrasser de certains. Oui, les élèves décrocheurs gênent. Oui, ce sont eux qui mettent le bazar dans les collèges de banlieue. Oui, ils empêchent les cours de se dérouler normalement et repoussent les enfants de bobos dans les collèges parisiens. Sauf que, lorsqu’on s’occupe des décrocheurs, c’est tous qui en bénéficient.
Alors, j’attends. J’attends qu’un vrai contrat social renouvelé nous dise ce qu’on veut faire de la jeunesse d’aujourd’hui ...

... Les guider, être une référence, mais non plus un prof surplombant et dominant, tous ces modèles ne fonctionnent plus. On se détruit tous à vouloir continuer à fonctionner comme cela, c'est un carcan qui génère d'immenses souffrances aussi bien chez les élèves que chez les enseignants...

... La société a changé. On continue à fonctionner sur un modèle patriarcal, issu du modèle freudien avec un père qui est là pour arracher l'enfant à la mère, alors que la société a complètement évolué, qu'il y a des familles monoparentales, des familles homoparentales qui vont parfaitement bien. Ce cadre d'analyse ne correspond plus à la société. On ne parle que des garçons en manque de père, ce qui prouve bien que l'on est dans le domaine de la construction sexuée. On ne parle jamais des filles en manquent de père, on ne parle que des garçons. Comme si, finalement, seuls les garçons avaient besoin de limites ...

... N'habitant plus le même temps, ils vivent une toute autre histoire.
- Ils sont formatés par les médias, diffusés par des adultes qui ont méticuleusement détruit leur faculté d'attention en réduisant la durée des images à sept secondes et le temps des réponses aux questions à quinze secondes, chiffres officiels ; dont le mot le plus répété est "mort" et l'image la plus représentée celle de cadavres.
Dès l'âge de douze ans, ces adultes-là les forcèrent à voir plus de vingt mille meurtres.
... Nous, adultes, avons doublé notre société du spectacle d'une société pédagogique dont la concurrence écrasante, vaniteusement inculte, éclipse l'école et l'université. Pour le temps d'écoute et de vision, la séduction et l'importance, les médias se sont saisis depuis longtemps de la fonction d'enseignement...

... "Il n'y a aucune région de France où cette loi est appliquée parce qu'il n'y a aucune volonté politique de la faire appliquer", a dénoncé le Pr Nisand, qui a lui-même impulsé en Alsace une dynamique de prévention en milieu scolaire. "On fait comme si la sexualité des ados n'existait pas", a regretté le spécialiste, mettant en cause les lobbies religieux ou de parents d'élèves...

Les sciences sociales au lycée, un enjeu démocratique. ("Appel de Vitruve")
Les contenus et modalités d’enseignement sont le reflet des finalités confiées à l’école par chaque société. A l’heure où les citoyens sont plus que jamais demandeurs d’éléments d’explications sur les tenants et les aboutissants de la crise économique et financière, sur les débats relatifs aux inégalités, aux réformes de la protection sociale ou de la fiscalité, aux enjeux de la mondialisation et du développement durable, aux débats concernant la procréation, le mariage, la parentalité, les sciences sociales – économie, sociologie, science politique et anthropologie notamment - apparaissent comme un instrument privilégié de formation intellectuelle des élèves, leur permettant d’acquérir des savoirs, grilles d’analyse et postures intellectuelles réflexives essentiels pour se comporter en acteurs éclairés.
Notre société peut-elle se passer de citoyens mieux outillés, mieux informés et plus rationnels dans leur rapport aux débats démocratiques ?

... On se souvient de la "stratégie de Lisbonne" lancée en 2000, qui avait pour objectif de faire de l’Union européenne "l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde d’ici à 2010". Elle se donnait des objectifs en matière d’innovation, de "cohésion sociale" et d’emploi.
A peu près aucun n’a été atteint, bien que les taux d’emploi se soient rapprochés des 70% (de la population âgée de 20 à 64 ans) espérés.
Mais les dépenses en recherche et développement ont faiblement augmenté et restent loin de la cible de 3% du PIB.
Quant à la cohésion sociale, il suffit de remarquer que le risque de pauvreté (après transferts sociaux) a augmenté...

... Les prochains candidats à la Maison Blanche, M. Barack Obama en tête, mendient déjà les contributions de Goldman Sachs à leur campagne ; le directeur de BNP Paribas n’hésite pas à menacer les gouvernements européens d’une panne du crédit au cas où ceux-ci réglementeraient sérieusement les banques ...
... Ainsi, ce qui aurait dû être « la crise de trop » a été une crise pour rien. M. Andrew Cheng, principal conseiller de la Commission de régulation bancaire chinoise, suggère que cette passivité tient à un « problème de capture » des Etats par leur système financier. Autant dire que les responsables politiques se comportent trop souvent comme des marionnettes avant tout soucieuses de ne pas déranger le festin des banquiers...

... Que penser de ces rafales d'annonces ? De ces infos qui s'annulent en se carambolant ? Pour expliquer cette attitude, plusieurs raisons se superposent. D'une part, ce début d'année est marqué par l'élaboration d'une rentrée scolaire de septembre très serrée. La journée du 10 février en est la preuve. Sur le terrain, 16 000 postes sont en train d'être coupés. Ecoles, collèges, lycées, tous les degrés d'enseignement sont au régime sec. Les classes préparatoires sont en train de négocier une dotation horaire qui supprime les options non obligatoires. Des fermetures d'écoles sont envisagées.

Quel ministre ne serait pas tenté de détourner les regards de l'opinion et des médias ?

... Avec 6,1 enseignants pour 100 élèves ou étudiants, la France est bonne dernière, loin derrière la Suède, connue pour son fort taux de fonctionnaires,
mais aussi très en dessous de la Grèce ou du Portugal, où le taux d'encadrement monte à 9 professeurs pour 100 élèves ou étudiants.
Plus précisément, si la France est dans la moyenne pour le collège et le lycée, avec un taux de 7,1 enseignant pour 100 élèves,
elle dégringole pour le primaire et l'enseignement supérieur, où on ne compte que 5 enseignants pour 100 étudiants ou élèves...

... Entre les générations, l’écart s’accroît donc. En 1975, les salariés de 50 ans gagnaient en moyenne 15% de plus que les salariés de 30 ans.
Aujourd’hui, l’écart est passé à 40%. Pour le sociologue, c’est une des conséquences pour les jeunes de ce qu’il appelle «leur double peine»:
«Les jeunes ont accepté des salaires d’embauche situés plus bas (bien plus bas) en l’échange d’une promesse de progression meilleure à l’ancienneté, promesse qui ne sera pas forcément honorée.» ...


« 13 ans en taule, 16 pas responsable, 25 au chômage, 70 mort… au taf. »
... Le risque que prennent les pyromanes qui nous dirigent est résumé dans cette banderole. La contestation sociale, centrée sur une loi spécifique,
est en train de devenir une contestation plus générale de la société, et son incapacité à faire une place à ses jeunes.
La France détient en effet l'un des records d'Europe des jeunes de moins de 25 ans au chômage...

La vaste majorité (1 milliard : 88 %) des adolescents d'aujourd'hui  vit dans les pays du Tiers Monde. La moitié d'entre eux ne font pas d'études secondaires, un sur cinq souffre de problèmes de santé mentale. 150 millions d'enfants de 4 à 14 ans travaillent, 1 million est détenu. Une adolescente sur cinq est mariée  ou vit en concubinage.  [ rapport "La Situation des enfants dans le monde" - Unicef, édition 2011]

... L’excellence n’est rien sans exigence vis-à-vis de ceux qui prétendent l’être et sans comportement éthique de ceux qui obtiennent des positions sociales élevées, que ce soit dans le secteur privé, dans la fonction publique ou dans les organes de représentation de la Nation et de direction de l’Etat. «Indignez-vous» nous implore Stéphane Hessel. Mais l’indignation ne suffit pas. Nous regardons avec un peu de condescendance la Tunisie et l’Algérie
où une jeunesse éduquée entre en dissidence faute de trouver des emplois à la mesure des compétences qu’ils ont acquises.
Est-ce tellement différent chez nous ?

... Du premier pacte national pour l'emploi des jeunes, lancé en 1977, au récent Livre vert (Martin Hirsch, 2009), les dispositifs censés favoriser la fameuse "autonomie" juvénile n'ont cessé de s'empiler sans suivi ni réelle efficacité. Il ne faut donc pas s'étonner que ces mêmes jeunes ne soient que 17% à faire confiance au gouvernement et au Parlement - une distance à l'égard du politique commune, il est vrai, à presque tous les pays...
... La société fait peu de place à la jeunesse. Elle reste profondément statutaire, hiérarchisée et, par conséquent, plutôt gérontocratique.
On comprend mieux pourquoi les jeunes défendent le statu quo en matière de retraites ou d'études supérieures, par exemple, alors qu'il ne leur est pas forcément favorable : s'ils ont la force d'encaisser stages et CDD, c'est parce qu'ils pensent qu'ils pourront eux aussi, au bout du compte, trouver leur place au soleil.
Si même ce Graal-là n'est plus garanti, tout s'effondre. Le rôle de l'école est tout aussi décisif aux yeux d'Olivier Galland.
"En France, nous sommes obsédés par la fabrication d'une élite. Le système fonctionne comme une machine à trier les élèves ...

[ Fondapol - 2011 La jeunesse du monde ]

... La jeunesse aurait-elle définitivement baissé la garde? Peut être pas. Ne regardez plus la rue, mais les blogs et les réseaux sociaux, là où germe la LOL génération. Cette critique sociale par le rire et par l’absurde (et parfois la bêtise)  va-t-elle mettre à terre la BOF génération, va-t-elle  balayer deux-trois décennies de scepticisme résigné? La sensibilité qui s’exprime peut-elle tourner en mouvement culturel? Ou virer en «Beauf» génération ?

... Le renversement des finalités pédagogiques et le démembrement de l'enseignement de SES sont liés.
Ce programme est très mal accueilli par une majorité d'enseignants de SES
qui y voient la négation de leur expertise professionnelle et du succès de leur enseignement.
Que révèle cette volonté d'imposer un programme contre l'assentiment des professeurs qui auront à l'enseigner ?
Si ce programme n'est pensé ni pour les élèves, ni pour les enseignants, pour qui l'est-il alors ?

... Une collègue avait refusé, un soir de semaine à 22 heures, de rappeler pour la cinquième fois une personne âgée de 90 ans.
Elle trouvait que c'était du harcèlement.
Le lendemain, elle était arrivée avec une minute en retard et s'était retrouvée dans le bureau du superviseur des superviseurs. On ne l'a pas revue...

... La perspective d’une politique jeunesse ambitieuse s’éloigne encore avec un sixième changement de ministre en six ans.
Pourtant la situation des jeunes de milieux populaires appelle une réponse globale et urgente
pour faire face aux difficultés d’accès à l’autonomie, et notamment le chômage ...

... Car cela fait maintenant près de trente ans que, dans une indifférence quasi générale, sous l'appellation sévèrement contrôlée d'« éducation à la défense »,
l'armée a ses entrées dans les établissements scolaires, avec les élèves en première ligne.
Le protocole signé en 1982 par les ministères de l'Education nationale et de la Défense déclare dans son préambule :
    « La notion de sécurité est indissociable en France de l'existence d'une communauté nationale façonnée par l'Histoire, animée d'un véritable esprit de défense. […]
    La mission de l'Education nationale est d'assurer une éducation globale visant à former les futurs citoyens responsables. »
Ce protocole inaugure une politique d'étroite collaboration entre les deux ministères, jamais démentie quelle que soit la couleur politique du gouvernement,
ponctuée par des textes règlementaires toujours plus contraignants...


... Je suis de ceux qui pensent, quelles que soient les statistiques de M. Bauer, que l’insécurité en France n’est ni meilleure ni pire que par le passé. Mais sans doute dans une société plus douillette est-elle moins bien acceptée… Et sans se montrer partisan, on peut dire que c’est là aussi le résultat de ce qu’il faut bien appeler la politique de l’angoisse. En surchargeant les événements au fil de l’actualité, on a fait naître dans toutes les couches de la société une peur pathologique, pour mieux pouvoir sans doute nous rassurer, nous pouponner. Mais comme les résultats ne sont pas au rendez-vous, le manège a échoué.
Et l’on approche aujourd’hui de l’effet boomerang.
D’où un certain affolement...

... «Pardonnez-moi, mais je dois commencer par signaler que, trois ans après une horrible crise provoquée par la fraude financière, pas un seul dirigeant du secteur n’est allé en prison, et cela est mal». Dimanche 27 février, le réalisateur Charles Ferguson prononçait un discours offensif en recevant l’Oscar du meilleur documentaire pour son film Inside Job, plongée dans la crise des subprimes ...

... Les banquiers, hommes d’affaires, journalistes influents de la télévision, patrons de presse, hauts responsables du PS et de l’UMP, dirigeants de grandes entreprises du Cac 40 qui en sont membres dînent le dernier mercredi de chaque mois à l'Automobile Club de France, place de la Concorde, à Paris. S'y retrouvent entre autres Dominique Strauss-Kahn, directeur du Fonds monétaire international, Laurent Joffrin, ex-directeur de Libération, Louis Dreyfus, président du directoire du Monde ou Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP...
... L'oligarchie, ou en tout cas une partie de l'oligarchie, a choisi de pousser le FN en avant en focalisant l’attention sur les Roms, la délinquance ou l’Islam. Il s’agit pour elle d’éviter que le débat central ne porte sur la distribution des richesses dans une situation de crise écologique grave et d'échec global du capitalisme ...

... L’incapacité de ce système, et de ces gens qui se croient les meilleurs, à se remettre en question est effrayante. Et le nucléaire n’en est qu’un exemple parmi d’autres. Pour la crise financière, c’est pareil. On est passé en 2008 juste à côté d’un effondrement économique. Deux ans après, rien n’a changé. Les banques ont repris le haut du pavé, avec les mêmes comportements spéculatifs, le même refus des régulations, les mêmes rémunérations extravagantes. Je suis frappé par leur absence totale d’imagination, par leur incapacité à envisager un autre monde. «There is no alternative» disait Margaret Thatcher et cette pensée unique reste la règle d’or de la classe dirigeante. Le nucléaire en fait partie. Ce que montre Fukushima, c’est l’incompétence des experts et des dirigeants quand ils ne sont pas sous le regard des citoyens : il y a eu un accident gravissime, alors qu’ils juraient que c’était impossible.

... la réalisatrice est ainsi allée à la rencontre des représentants des agences de réglementation - notamment la Food and Drug Administration (FDA) et l'Autorité européenne de sécurité des aliments à Parme (EFSA) - pour tester la fiabilité des garde-fous mis en place à la fin des années 1950. S'appuyant sur les exemples des pesticides, de l'aspartame et du bisphénol A, elle dresse un constat sans appel sur les dangers de la production alimentaire de masse et dénonce un "système de réglementation arbitraire, approximatif et contrôlé par l'industrie", guidée par la recherche du seul profit ... ARTE -mardi 15 mars 2011 - 20:40
Comment l'industrie chimique empoisonne nos assiettes.
Une enquête documentaire alarmante et implacable, menée par la réalisatrice du Monde selon Monsanto ...

"Bilan carbone" : chaque Français émet en moyenne 7388 kg de CO2 par an. Le poste «transports» constitue à lui seul plus de la moitié des émissions des foyers (54%), devant le logement (30%) et l’alimentation (16%)...
... ce sont les voyages lointains qui propulsent les catégories sociales les plus aisées ainsi que les retraités parmi les plus gros émetteurs moyens.
[ Observatoire du bilan carbone des ménages - Ipsos / Logica Business - 2011 - pdf ]

...Ce qui a évolué, ce n’est pas la délinquance mais le code pénal (durci) et le recours (croissant) à la procédure judiciaire pour des faits - insultes, bagarres, dégradations - gérés auparavant par les parents, voisins, enseignants, etc. Ce ne sont pas les jeunes qui ont changé mais les adultes et l’environnement social marqué par un délitement des solidarités de proximité (équipes d’enseignants, familles, etc.)...

... Au final, notre système éducatif est un de ceux en Europe dans lequel l'origine sociale pèse le plus sur les résultats scolaires,
alors même que les diplômes, délivrés à l'issue d'une compétition socialement biaisée, exercent une emprise étroite sur les carrières professionnelles.
L'égalité réelle, dans le domaine de l'école, c'est constater l'échec des politiques d'égalité des chances.
Toutes les énergies sont mobilisées pour tenter de rendre moins injuste socialement le recrutement des grandes écoles,
qui ne scolarisent que quelques dizaines de milliers d'étudiants,
tandis que l'on ignore totalement les 700 000 élèves des lycées professionnels...
... Des pans entiers de la société sont menacés par l'explosion des inégalités
qui avive les tensions entre les groupes sociaux et sape les fondements de la cohésion sociale...

..."je pense qu'avec un peu d'"imagination on aurait pu trouver des solutions innovantes permettant de mixer enseignement physique et enseignement à distance tout en laissant le collège ouvert .Quelle est la logique de "développement durable" dans une telle décision? Où sont les grands discours sur l'attractivité du département pour de nouveaux habitants?"
... Sainte-Énimie est le premier collège rural de Lozère à fermer.
Je ne saurais trop conseiller à mes collègues de ne faire qu'une confiance mitigée à l'Éducation nationale. Ça ne sera pas le dernier. »

Base élèves, livret de compétences, évaluations binaires des compétences en CE1, CM2 ...

Sous l'impulsion de L'ERT (Table Ronde Européenne des industriels), la Commission Européenne et l'OCDE initient "l'économie de la connaissance".
Dans cette logique, le gouvernement français lance :
- un fichier appelé "livret des compétences", obligatoire, qui contient des informations scolaires, sociales et comportementales.
- un autre livret expérimental qui contient en plus des données sur la vie en dehors de l'école (engagements associatifs, aptitudes acquises en famille).
Au final, l'Etat disposera d'un fichier global sur le profil de toute la population dès la petite enfance !

... «Toutes les synapses de notre cerveau évoluent continuellement. Elles se renforcent ou s’affaiblissent en fonction des sollicitations auxquelles l’organe est soumis. En ce sens, c’est un organe capable de performances incroyables. Il faut donc favoriser toutes les compétences mentales et sociales de vos enfants et, surtout, ne pas se laisser enfermer par des histoires de sexes.” Lise Eliot, bien sûr, connait les limites de l’éducation: il y a des parents qui viennent la voir, désespérés, en lui disant «J’ai donné une poupée à mon fils et il ne veut pas jouer avec.» ...

Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, a annoncé la mise en place d'une prime au résultat pour les proviseurs. Qu'en pensez-vous?

- Alain Refalo : Cette mesure est criminelle car elle revient à instaurer une course au résultat et un management au stress.
On applique à l'Education nationale des mesures déjà utilisées chez France Télécom ou dans la police.
Les primes au résultat chiffré, dans un environnement où le travail collectif est pourtant indispensable, aboutissent nécessairement à des catastrophes humaines.

Appel du réseau des enseignants du primaire en résistance.
Le ministère avait promis de faire évoluer les évaluations nationales imposées aux classes.
Il les maintient cependant, malgré tous les défauts majeurs qui ont été pointés dans leur contenu et leur déroulement.
Indignés par tant de désinvolture envers les élèves et les parents, indignés par tant de mépris pour le métier d’enseignant,
nous affirmons que les évaluations nationales ne passeront pas par nous !

... Ces évaluations, par leur calendrier, leur contenu et leur notation sont inutiles et même déstabilisantes pour les élèves.
Parce qu’il n’est pas acceptable que des enfants soient évalués sur des choses qu’on ne leur a pas encore enseignées,
la FCPE appelle les parents d’élèves à bloquer ces évaluations en refusant la transmission des résultats de leur enfant hors de la classe...

CM2 : les évaluations controversées sont en ligne


... On en est maintenant à une passation de tests nationaux en fin d’année de CE1 ( en fin de deuxième cycle du primaire ),et à une passation en milieu de l’année de CM2. On n’a pas osé aller franchement jusqu’à la logique du déplacement effectué ( non plus en début d’année de sixième, comme élément diagnostic )
mais en fin de CM2 ( comme fin du dernier cycle du l’école élémentaire ) car cela aurait trop rendu visible ce qui était cherché :
acclimater petit à petit une évaluation terminale de l’école élémentaire, prélude à un retour à un examen d’entrée en sixième.
Car une partie de la droite politique est désormais décidée à aller dans cette direction rétroactive
( en sens contraire de tout ce qui a été mis en place durant les années gaulliennes de la cinquième République )...

... élections 2010-2011 des représentants des parents d'élèves :
44% des parents du primaire ont voté et 25% de ceux du secondaire. Au premier degré, les parents votent majoritairement pour des listes locales, la Fcpe recueillant 18% des voix loin devant les autres associations (Peep 3%). Au secondaire, les listes locales sont très nettement devancées par la Fcpe qui obtient 50% des suffrages, la Peep 11%.

... Il faudrait revoir totalement la façon d'enseigner et de gérer les enfants en difficulté: il faut les accompagner autrement, et ce dès le début.
On ne devient pas mauvais à 12 ans. Il est urgent d'accorder plus d'attention aux premières années, de la fin de la maternelle au CE1:
c'est là que tout se joue, là que se mettent en place les handicaps qui mènent à l'échec lourd.
En France, on oblige tout le monde à aller à la même vitesse et on se contente de faire redoubler ceux qui ne suivent pas...

... Ecole obligatoire dès trois ans. Après avoir consulté des centaines de personnes, essentiellement dans le monde éducatif, les auteurs du rapport [Haut Conseil à l'intégration] proposent de rendre l'école obligatoire dès l'âge de 3 ans "pour permettre l'apprentissage de la langue française et la socialisation des enfants".
Il demande "d'intensifier la communication" entre les enseignants et les parents, qui devront être reçus régulièrement, notamment à la rentrée.

... D'un côté, il estime qu'il faut en finir avec le non remplacement systématique d'un fonctionnaire sur deux partant en retraite,
qui a abouti à la suppression de 100 000 postes dans ce secteur depuis 2007...
... De plus, l'ancien ministre de la défense estime que l'annonce récente par le ministre de l'éducation, Luc Chatel, d'enseigner l'anglais aux enfants de 3 ans
est "une connerie, ou quelque chose de cet ordre-là. Mais tout le monde sait bien que ce se sera jamais appliqué"...

Les Anglais ont leurs "trust schools", les Américains leurs "charters schools" ;
deux formules dérogatoires pour tenter d'améliorer les résultats des établissements les plus en difficulté.Nous, nous allons avoir nos "Eclairs".

Grande Bretagne :
Le projet de loi autorise les écoles publiques qui le souhaitent à prendre leur indépendance des autorités locales et à être gérées par un "trust", une fondation, sous la direction d'un parraineur privé qui peut être une association, un groupe religieux, une entreprise, une université ou un groupe de parents d'élèves.
Parmi les parraineurs qui se sont déjà déclarés figurent l'Eglise anglicane, un milliardaire musulman ou les géants du logiciel Microsoft et de l'audit KPMG...


Le nouveau gouvernement héritera de dettes colossales, causées pour l’essentiel par des banques et des promoteurs immobiliers accros à la spéculation, des dettes que l’Etat a garanties et qui allaient nécessairement provoquer sa faillite. Pour beaucoup, la cessation de paiement est iné­vitable, voire souhaitable. Aucune émeute n’a éclaté, mais une colère sourde gronde dans les rues du centre de Dublin...
... la défiance à l’égard des politiciens et des banquiers, profonde, sans parler de la corruption. Les suicides se multiplient chez les jeunes, et la plus tragique des exportations irlandaises, celle de son peuple, repart à la hausse – déjà 100 000 personnes depuis l’effondrement...

... nouvelle grève générale en Grèce. Les citoyens hellènes y montreront leur enthousiasme pour la politique que leur applique le Fonds monétaire international, dont le directeur général, Dominique Strauss-Kahn, vient de visiter le bon pays de France.
Cela a-t-il à voir avec l'écologie ? Oh que oui ! Le choix politique du paiement de la dette aux "marchés", sans remise en cause de la légitimité de ceux-ci, se mène par la privatisation des actifs publics et par l'affaiblissement de l'Etat, donc de la politique environnementale. De surcroît, la politique menée néglige la distribution des revenus. Or l'inégalité économique a des effets environnementaux bien attestés...
... Les grèves générales contre la cure d'austérité imposée par le gouvernement socialiste pour répondre aux exigences de l'Union européenne, de la BCE et du FMI, se multiplient en Grèce.
La dernière en date, cette semaine, a été particulièrement violente. Mais face à une misère grandissante et des syndicats incapables de répondre à la colère, cette violence va s'amplifier...

"Big Society" : care, care !
... Cette expérience budgétaire agressive (une réduction des dépenses d'une ampleur jamais vue dans une grande économie mondiale) a été saluée par les rigoristes du monde entier, du Fonds monétaire international (FMI) à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)...
... "Nous consacrons déjà un temps considérable aux actions de bienfaisance et au bénévolat. Je participe à la gestion du musée de Charlbury. Je n'en fais pas assez, c'est ça ? Et David Cameron, il va faire du bénévolat ?" ...
... fermeture de 1 000 sanitaires publics dans le pays. La ville s'apprête aussi à fermer trois centres de loisirs, deux piscines et cinq bibliothèques. Les maisons de la jeunesse vont voir leur gestion transférée à des "partenaires extérieurs" – en d'autres termes, elles pourraient elles aussi fermer...
 

LES "MODÈLES" ANGLO-SAXONS :
(libertés, justice, santé, système scolaire, éducatif, marché de l'éducation, homeschooling...aux USA et en Angleterre)
AMERICAN WAY OF LIFE
BRITISH WAY OF LIFE


... il imagine un monde en 2084 où la retraite est à 78 ans, où les pensions sont négligeables. Une société sans sans fac ni lycée.
Ou presque : seules les universités d’excellence ont pu survivre dans le but de former une élite, censée encadrer «la masse».
Juste un cauchemar ou la réalité de demain ?
... «La notion de service public (de proximité) se trouve ainsi chamboulée»
L’auteur esquisse même une allusion au célèbre roman de George Orwell : 1984. Selon lui, dans le monde d'aujourd'hui, tout le monde doit surveiller tout le monde, le journaliste évoque «la culture du résultat », parfois dénoncé, par exemple, par des syndicats de police.
A qui la faute ? L’auteur pointe du doigt les politiques de toutes les obédiences. Gauche et droite restent responsables.
... Votée en août 2001, la LOLF, «outil de la réforme de l’État, de la décentralisation et de la régionalisation», a été votée «dans un climat des plus consensuels (…) par le PS et l’UMP». Elle instaure, déplore Jacques Cotta, une «logique de résultats et non de moyens» ...

"Les chiffres sont terribles" : "situation toujours aussi tendue dans les 751 zones urbaines sensibles (Zus).
Qu’il s’agisse de taux de chômage [le double de la moyenne nationale], de niveau de pauvreté, de réussite éducative ou de sécurité."
"Cinq ans après les émeutes de l’automne 2005, qui avaient brutalement fait éclater l’immense décalage entre les promesses républicaines et leur réalisation,
la situation des quartiers sensibles reste toujours aussi problématique".
[ Rapport 2009 de l’Observatoire des zones urbaines sensibles (Onzus) - pdf ]

En France métropolitaine, dans la deuxième moitié des années 2000, 133 000 personnes étaient sans domicile :
33 000 en très grande difficulté (entre la rue et les dispositifs d’accueil d’urgence), 100 000 accueillies pour des durées plus longues dans des services d’hébergement social ou dans un logement bénéficiant d’un financement public. Par ailleurs, 117 000 personnes, également sans logement personnel, recouraient à des solutions individuelles (chambres d’hôtel à leurs frais ou hébergement par des particuliers).
En outre, 2,9 millions de personnes vivaient dans des logements privés de confort ou surpeuplés ...

[ INSEE - janvier 2011 ]

... Il y a aujourd’hui, en France, près de 2 millions de logements vacants.
Parmi eux, 400 000 sont considérés comme pouvant être mis sur le marché locatif et donc soumis à la taxe sur les logements vacants.
«Ce chiffre est terrible, au regard de ceux du mal-logement.
Mais après l’indignation, que fait-on ?»

Ils vantent le mérite, la famille et la patrie, proposent des camps de rééducation, veulent supprimer les 35h ou raccourcir le RSA, et parlent des banlieues comme des « zones de guerres tribales »… Ce ne sont ni des skinheads en crise existentielle, ni de vieux pétainistes aigris ...
... Et aussi instaurer un service civique obligatoire pour tous les jeunes de 16 à 18 ans : « chaque année, ils se retrouveraient deux à trois semaines, pendant les vacances scolaires, autour du drapeau tricolore, avec des instructeurs, aussi bien militaires que civils, qui leur parleraient des devoirs de tout citoyen, des règles du "vivre ensemble" ». Le genre de colonies de vacances dont rêvent tous les jeunes : la main sur le cœur, chanter la Marseillaise à 5h du matin au son du clairon, les yeux humides levés vers le drapeau tricolore. De quoi renforcer notre identité nationale....

... la suppression de la carte scolaire, inspirée par ce type d'idéologie, n'a pas tardé à donner des résultats : une ségrégation accrue entre les milieux aisés qui ont pu en bénéficier -en très petit nombre d'ailleurs, l'offre scolaire n'étant pas extensible à l'infini- et le plus grand nombre, les plus modestes, dont la progéniture n'intéresse manifestement pas les établissements huppés où l'on aime à se retrouver entre soi, entre enfants bien nés.
Un sondage, pour faire sens, mérite d'être lu à travers les desseins du commanditaire qui pose les questions...

serpent de mer :
la carte scolaire


... En 2001, les caméras du monde entier se tournaient vers le premier Forum social mondial (FSM), qui affirmait : « Un autre monde est possible » ...

... le fait que « les thèmes à l’ordre du jour du G20 ressemblent aux titres de nos ateliers est déjà une victoire ».

... Le FSM se déroule dans l’indifférence totale des Sénégalais...
Le jour de la grande marche d’ouverture du FSM, Bernard Ngassa  n’a observé qu’un «carnaval» se déplacer lentement le long des rues de la capitale.
«Je n’ai vu que des gens danser, chanter; il y avait peu d’information»,
regrette ce militant, qui aurait souhaité que les participants diffusent davantage leur message auprès des populations...

la pire entreprise de l’année :
Neste Oil et son principal actionnaire, l’Etat de Finlande
... De gigantesques surfaces de forêts tropicales sont victimes de la demande européenne grandissante en huile de palme comme agrocarburant. La production de cette huile requiert des produits chimiques qui empoisonnent l’eau, la terre, la faune, la flore et les habitants. De plus, la déforestation au profit des plantations met en péril l’habitat d’espèces menacées comme l’orang-outang. Enfin, la destruction des tourbières émet de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère.
Les indigènes sont chassés des terres qu’ils habitent et exploitent depuis plusieurs décennies. La forte demande en surfaces cultivables entraîne aussi l’augmentation des prix d’autres produits agricoles, dont les denrées alimentaires de base, mettant ainsi en danger la sécurité alimentaire tant locale que globale.
Neste Oil et son principal actionnaire, l’Etat de Finlande, doivent cesser d’utiliser l’huile de palme comme agrocarburant...
Autres nominés : l’entreprise d’électronique Taïwanaise Foxconn, l’entreprise minière sud-africaine AngloGold Ashanti, le distributeur d’énergie suisse Axpo, champion du greenwashing, qui « se procure de l’uranium en toute discrétion auprès de l’usine de retraitement de Maïak en Russie. Maïak est, après Tchernobyl, l’endroit le plus irradié de la planète », le producteur de tabac états-unien Philip Morris ...

A première vue, cette bioéconomie est fort respectueuse de l’environnement, puisqu’elle cherche à transformer levures et bactéries en bio-usines capables de produire les plastiques, produits chimiques et carburants dont nous sommes devenus si dépendants ...
... Une nouvelle branche de la biotechnologie, la «biologie synthétique», qui consiste pour des petits génies à développer de nouvelles formes de vie, va finir par faire des morts. Beaucoup de morts. ... Au Brésil, le développement de l’agriculture industrielle chasse les paysans de leurs terres et les repousse vers les bidonvilles. Et la récolte de la canne est effectuée par une véritable armée de 500.000 migrants, dont la plupart sont traités comme des esclaves, souffrent de troubles respiratoires et meurent d’épuisement...

PRODUCTION INTENSIVE, EXPLOITATION DE LA MAIN-D’ŒUVRE, ABSENCE DE TRAÇABILITÉ.
Florissante industrie de l'agriculture biologique :
Des poulets élevés en batterie, des tomates en toute saison, des vergers où l’on exploite des ouvrières immigrées…

Oui, mais «bio» !
Ou comment un mouvement lancé par des militants soucieux de défendre la petite paysannerie tout en rejetant les logiques productivistes risque de s’échouer sur les têtes de gondole des supermarchés...
... L’agriculture bio intensive se généralise, en proie à la même surenchère que l’agriculture productiviste dénoncée par les fondateurs de la bio. Les multinationales de l’agroalimentaire et les grands propriétaires terriens développent avec profit les monocultures d’exportation. Les paysans pauvres d’Asie, d’Amérique latine ou d’Afrique sont aussi mis à contribution. Soumis à de puissantes sociétés commerciales, ils sont appelés à produire des aliments bio pour les populations les plus aisées des pays industrialisés.
En Amérique latine et dans les pays de l’Est européen, des exploitations de milliers d’hectares de terres parmi les plus riches produisent des céréales ou du soja bio. En Palestine, une partie des terres de la vallée du Jourdain, occupée par des colons israéliens, est vouée à la production de fruits et légumes bio. Au Brésil, vingt mille hectares de canne à sucre bio appartiennent à un seul propriétaire. En Turquie, des milliers de petits paysans exportent toute leur production de raisins, de figues, d’abricots... Des haricots arrivent du Kenya, des pommes de terre d’Egypte... Tous ces produits exportés portent les sigles d’organismes privés de certification qui leur ouvrent les marchés, sans être exigeants sur le respect de la biodiversité, de l’environnement, du droit à la terre, de la souveraineté alimentaire...
(Le Monde diplomatique - février 2011)

Le rapport met toujours en doute "l'idée selon laquelle la croissance des revenus (…) serait suffisante pour améliorer la santé ou l'éducation dans les pays à IDH faible ou moyen". Mais il enfonce le clou: "Les marchés peuvent être nécessaires à un dynamisme économique soutenu, mais ils n'amènent pas nécessairement des progrès dans les autres dimensions du développement humain."La récente crise financière est "un rappel brutal des risques d'une libéralisation débridée".  "Sans une action étatique et sociétale complémentaire, les marchés peuvent être déficients" en matière environnementale, sanitaire ou éducative.
Bref, il ne suffit pas que l'économie marche bien pour que la société en bénéficie...

[20e édition du "Rapport sur le développement humain", publié par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud)]

... Ils sont debout depuis 4 ou 5 heures du matin. Ils ont dormi sous la table de la cuisine de leur maître. Ils ont parfois seulement 6, 8 ou 10 ans. Ils ont balayé, astiqué, récuré toute la journée. Ils ont conduit les enfants du maître à l’école. Ils sont allés chercher de l’eau, du bois, du charbon. Ils ont fait les courses, préparé les repas. Ils n’ont pas mangé à leur faim, ont été battus, insultés, humiliés tout au long du jour.

Près d’un enfant haïtien sur dix est employé comme domestique et souvent traité comme un esclave.
Depuis le séisme du 12 janvier 2010, leur nombre n’a cessé d’augmenter.

... Que dire par exemple de ces élus français qui n’ont aucune gêne à venir faire du tourisme et à pratiquer la chasseen profitant des privilèges que les gouvernements africains timorés leur accordent aux dépens du Trésor public ? Ils n’ont d’intérêt que pour les bêtes à abattre, pour les trophées qu'ils rapporteront, et pour les cavernes d’Ali Baba, pleines de trésors à n’en plus finir. Tant pis si, à côté ou dans les zones traversées, des gens meurent de faim et de soif, manquent de soins et d’éducation. Mais pourquoi se soucier de ces indigents éternels puisque leurs propres gouvernements sont incapables de compassion ?


Au Portugal, le taux de chômage chez les jeunes est plus de deux fois supérieur aux chiffres de la population totale...
... au sein de l’Union européenne, un jeune de moins de 25 ans sur cinq est sans emploi. Un sur deux dans le cas de l’Espagne, de la Lettonie ou de la Lituanie...

"Je suis de la génération qui vit chez papa et maman. Si j'ai déjà tout, pourquoi vouloir plus ?"
... Ceux qui, bien que surdiplômés, résistent à la tentation de l'émigration [11% des diplômés préfèrent quitter le pays].
Des milliers de jeunes Portugais, représentants de cette "génération sans rémunération" dont parle la chanson du groupe Deolinda, devenue leur protest song, leur hymne générationnel, sont attendus le 12 mars pour dire haut et fort ça suffit.
"Nous voulons que la société portugaise ouvre les yeux : au bout du compte, nous sommes la génération la plus qualifiée de notre histoire, et le pays est con de ne pas mettre à profit tout notre potentiel [référence au surnom donné de "geração parva", génération conne, stupide évoquée dans la chanson de Deolinda]" ...

... 8 h 30, la cloche sonnait dans la vaste propriété des Simonet à Setubal [ville portuaire à 50 km au sud de Lisbonne]. C’était le signal du début des cours à domicile [ensinodomestico] pour les cinq enfants de Colette. “A 10 heures, il y avait un quart d’heure de récréation..."    En 2009, selon le ministère de l’Education, près d’une centaine d’enfants suivaient des cours à domicile au Portugal.

... Pour le FBI, le monde vu à hauteur de poupée Barbie est un horrible lupanar où des enfants sont susceptibles de subir des traitements dégradants. Et ces images pourraient bien venir alimenter sur Internet les fantasmes de tout ce que la planète compte de vieux cochons...
... La Barbie Video Girl, dont le fonctionnement requiert deux piles AAA, a été nominée aux Etats-Unis pour le prix du Jouet de l’année.
C’est dire à quel point nous vivons dans un monde de stupre.

... Internet fait partie du quotidien des jeunes Européens, qui sont 93 % à s'y connecter au moins une fois par semaine. Et ils surfent de plus en plus tôt : l'âge moyen pour la première connexion varie d'un pays à l'autre, de sept ans en Suède à 8-9 ans en France. Surtout, cet âge tend à diminuer dans tous les pays.

Les 9-16 ans sont également adeptes des réseaux sociaux. 26 % des 9-10 ans sont inscrits sur un réseau social, et le chiffre passe à 81 % pour les 15-16 ans. Dans la plupart des cas, ces outils sont utilisés pour communiquer avec des personnes qu'ils connaissent déjà,
même si 25 % des jeunes Européens discutent aussi avec des inconnus, principalement lors de jeux en ligne...

.. A travers la Loppsi 2, mise au point successivement par Michèle Alliot-Marie et Brice Hortefeux, se dessine en filigrane le portrait d’une France apeurée, encerclée de dangers mortels. C’est le discours sécuritaire de Nicolas Sarkozy qui apparaît en filigrane, accompagné de solutions qui révèle un manque de compréhension des problèmes modernes. Alors de quoi la France a-t-elle si peur ? Des campements de Roms, des gens qui se regroupent, des mineurs, des bandes qui attaquent les personnes âgées, et d’Internet bien sûr...

... dénoncer les incitations au meurtre de Sarah Palin et de ses amis de l'ultra-droite américaine. Elle et les militants du Tea Party ne sont-ils pas responsables, depuis des mois, d'un climat de haine passionnelle et de suspicion, sans rime ni raison, à l'égard des pouvoirs établis : gouvernement, élus, fonctionnaires, qualifiés indistinctement de "tous pourris" ? On connaît la rengaine qui nourrit cette prose populiste et ses idées bien courtes...
... Comment s'en étonner dans un pays où, pour des raisons historiques qui datent de la conquête de l'Ouest mais n'ont plus aucune justification,
300 millions d'armes diverses circulent, dont 100 millions sont en possession de civils comme vous et moi.
La plus forte concentration du monde pour un seul pays...

... Avant même de satisfaire les appétits strictement sexuels, selon le modèle berlusconien, la jeunesse italienne fait l’objet d’une consommation médiatique : elle forme un défilé de corps adolescents enfermés dans la prison que sont les émissions de téléréalité, exhibés au regard d’un public de vieux voyeurs. Dans un pays où la télévision possède un poids politique pervers, ces émissions ont dominé l’imaginaire italien pendant dix ans
et offert l’image de ce qui semblait être la seule jeunesse possible. Certes, il en existait une autre, mais elle n’était pas montrée...

... L'Irlande avait été le premier Etat européen à prendre des mesures d'austérité. On voit le résultat.
Le recul social est porteur d'un risque non nul d'effondrement économique.
Pire, en sabordant l'éducation et la santé au nom du moins d'Etat, ce sont les bases de leur avenir qui sont ébranlées dans ces pays...
... la crise des dettes souveraines consécutive à l'implication des Etats pour sauver leurs banques nationales a ouvert la voie à des réformes dites "structurelles".
Il ne s'agit pas d'un complot caché.
Bien au contraire, cette fenêtre d'opportunité est affichée dans des documents publics, par exemple ceux de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)... Documents, il est vrai, peu ou pas consultés par les citoyens et les journalistes.
Au nom de la crise de la dette,
on peut imposer aux peuples des "réformes structurelles", même si elles n'ont aucun lien direct avec la nécessité de rétablir les comptes publics...

Les dettes massives que les contribuables accumulent pour renflouer les spéculateurs deviendront alors partie intégrante d’un budget global de crise,
qui sera le prétexte à des coupes sombres dans les programmes sociaux, et à une incitation renouvelée à la privatisation de ce qu’il reste du secteur public.
On nous dira aussi que nos espoirs pour un futur «vert» sont malheureusement trop coûteux.

...on continue la destruction au nom d'un schéma économique dépassé. Et, dans le même temps, on affaiblit les moyens concrets de faire vivre la biodiversité :
le projet de loi de finances 2011 qui vient d'être adopté par le Sénat réduit de 4 000 à 2 000 euros le montant du crédit d'impôt alloué aux agriculteurs reconvertis en agriculture biologique. Autoroutes d'un côté, paralysie de l'agriculture biologique de l'autre : vive le développement durable !

... Le bio se multiplie dans les cantines scolaires.
Mais en raison d’une production agricole trop faible, jusqu’à 60% des produits bio consommés sont importés de l’étranger.
Une aberration pour le premier pays agricole européen. Mais pas surprenante au regard du désengagement persistant de l’État envers l’agriculture biologique.
Les cantines bio connaîtront-elles bientôt la pénurie ?

..."Monsanto est le symbole de l’agriculture industrielle et, d’une manière générale, de la société installée après la Deuxième Guerre mondiale pendant laquelle 100000 molécules chimiques (selon la Commission européenne) ont été «libérées», je dirais plutôt larguées. Selon l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis, 10 % d’entre elles (chiffre reconnu par la Communauté européenne) n’ont pas été testées et polluent notamment l’air.
Parmi ces molécules, on trouve celles de Monsanto mais pas seulement..."
Le monde selon Monsanto
Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza, ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et à terme, c’est la chaîne alimentaire toute entière qu’elle pourrait contrôler. Mais c’est d’abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu’elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde.

... A peine arrivée, chaque tomate passe dans un lavoir automatique, avec jets d’eau, détergent, brosses tournantes et ventilateurs séchants à air chaud, afin, nous explique notre guide, « d’enlever toute trace superficielle de cuivre ou de soufre, qui risquerait de rebuter le consommateur ». Avant d’ajouter, un sourire aux lèvres : « Mais, en vérité, les produits les plus dangereux restent invisibles, sous la peau. » ...
... En France, des laboratoires comme ceux de l’INRA participent depuis longtemps à des programmes sur de nouvelles variétés de tomates, ainsi qu’à des projets d’optimisation de la logistique des fruits et légumes. Des recherches menées avec de l’argent public et essentiellement utiles à la grande distribution...

« ...Si les enfants étaient des poulets ou des cochons,
l'Union Européenne ferait des réglements bien meilleurs en faveur des enfants ... »

... Presque tous les décideurs – politiciens et banquiers – ont profité de ce semblant de reprise économique et de la déréglementation pour délocaliser les emplois et démanteler ce qui restait de l’Etat-providence.
En l’espace d’une génération, les inégalités de revenus nous ont ramenés des décennies en arrière, à l’équivalent de la période d’entre-deux-guerres, préparant le terrain pour une nouvelle Grande Dépression, cette fois-ci directement en Europe.
Que s’est-il donc passé ? Réponse : notre irrésistible envie de faire partie d’une élite, d’être différents, riches et puissants, et de bâtir des empires. Un “bien” qui justifie tous les moyens.
Les Européens seront toujours les descendants de Machiavel, prisonniers de tournants historiques capables de faire se succéder à quelques années d’intervalle une révolution française antimonarchique et l’avènement d’un empereur. A jamais piégés dans nos propres contradictions, nous rejetons l’égalité tout en saluant la démocratie.
Nous ne parvenons pas à évoluer. Et pourtant, tout espoir n’est pas perdu...

... Les marchés s’accommodent très bien de l’autocratie, de l’autoritarisme et de la dictature, que ce soit au Caire, à Tunis, à Ryad ou à Pékin.
Les marchés ne demandent qu’une chose, c’est que l’on respecte la Bible du profit ou le Coran du business. Le reste leur importe peu.
Jusqu’à ces derniers jours, dans les forums internationaux comme celui de Davos, l’Egypte était citée comme un bon exemple pour le monde arabe. Le Caire était le modèle de la « bonne gouvernance », comme on dit chez ces gens-là. On entendait la même petite musique au Fonds Monétaire International (FMI) dirigé par Dominique Strauss-Kahn...

... fin 2007, environ 53 000 foyers appartenant aux 10 % des plus riches de France sont logés dans des HLM
(37 000 logements en Ile-de-France et 15 000 en province).
Ces familles disposent d'un salaire mensuel de 11 200 euros lorsqu'elle comptent un enfant et d'au moins 13 500 euros mensuels avec deux enfants...

les inégalités se sont creusées.
Pour les foyers les plus modestes, le poids du logement dans le portefeuille atteint 39% en 2006,
contre 34% en 1996 dans le parc privé, 22% contre 21% en 1996 dans le parc social.
Pour les autres, le logement représente 27% des dépenses en 2006 contre 25% dix ans plus tôt.
Et cette augmentation des prix ne s'explique pas forcément par une amélioration du confort...

... Aux antipodes de ces dérèglements du marché immobilier, faut-il rappeler que l'on estime à 1 million le déficit de logements, accumulé depuis une vingtaine d'années ? Ou qu'en France, aujourd'hui, quelque 3,5 millions de personnes n'ont pas de logement digne, ou pas de logement du tout ?
"République" ? Un vain mot, hélas ! quand le droit, élémentaire, au logement est à ce point bafoué.

Enfants pauvres : en matière de bien-être matériel, la France s'en sort honorablement (5e place sur 24),
mais n'arrive qu'en 15e position - sous la moyenne OCDE - en matière de santé et se classe à l'avant-dernière place (23e) pour les résultats scolaires...
(3 December 2010 - The Children Left Behind - New report on the most disadvantaged children in rich countries - UNICEF)

...défenseure des enfants, je suis à nouveau au coeur de ces problématiques d'exclusion qui montrent les limites de nos institutions
ainsi que l'incapacité des politiques publiques à anticiper les évolutions de la société.
La crise économique a entraîné un effet amplificateur sur les familles les plus vulnérables, premières victimes du chômage, et notamment les familles monoparentales.
Les enfants victimes de la pauvreté sont 2 millions à vivre dans une famille qui dispose d'un revenu inférieur au seuil de pauvreté, soit 950 euros par mois après avoir touché les allocations familiales et les allocations de logement. La moitié de ces familles a même moins de 773 euros par mois...
Le problème commun à toutes ces familles - dont 600 000 enfants - est celui du logement, insalubre, surpeuplé ou absent. L'issue en est souvent le passage par la rue du fait de l'absence ou de la perte de ce logement. Parfois dès la sortie de la maternité, ce qui a pour conséquence l'éclatement de la famille. Les expulsions locatives, qui sont un événement traumatisant pour les enfants (10 000 expulsions en 2009), conduisent beaucoup d'entre eux à la rue puis à un parcours erratique de chambre d'hôtel en chambre d'hôtel, via le 115, qui les affecte dans des hôtels souvent éloignés du lieu de scolarisation.

Les conséquences de la précarité sont multiples pour tous les enfants : augmentation des placements à l'aide sociale à l'enfance...

le marché "lucratif" de l'enfance en danger : 5,4 milliards d'euros.

« Un poème qui fait 150 pages » : le jury du Goncourt des lycéens a couronné mardi le roman de Mathias Enard « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants »
(Actes Sud), après avoir rejeté la « vision cynique du monde » du Goncourt 2010, Michel Houellebecq...

... La course aux cadeaux bat son plein. Complice aveugle de la fable de Papa Noël descendant du ciel avec ses jouets « Made in china » par milliers,
le consommateur occidental adhère au roman de Noël qui sert « à rationaliser l’achat ». Chaque année le miracle se répète...
... 80% des jouets vendus dans le monde sont produits en Chine. Quatre millions de personnes travaillent dans l’industrie du jouet pour un salaire journalier moyen de 4 euros...Dans cette industrie, où travaillent majoritairement des femmes migrantes (mingongs) âgées de 15 à 30 ans, jugées plus dociles et aussi plus agiles, les journées de travail durent au moins douze heures sans compter les heures supplémentaires obligatoires....

... Pour l’ensemble de la ville de Paris, les illuminations représentent une dépense de trois millions d’euros,
répartie entre les associations de commerçants et la mairie (pour 900.000 euros). La campagne de communication, menée par l’office du tourisme,
coûte trois millions de plus...

En France, en 2010.
...«Il y a huit millions de personnes pauvres dont deux millions d’enfants» qui vivent avec moins de 950 euros par mois, selon l’Insee...
«La précarité mobilise beaucoup les enfants qui sont toujours solidaires avec leurs parents» et «ils n’arrivent pas à se concentrer» à l’école,
où les enseignants ne sont pas formés pour cette population. Du coup, «l’école n’est pas un lieu d’espoir pour eux».
Selon la Fondation Abbé Pierre, 3,5 millions de personnes sont mal logées en France.
"Précarité et droits de l’enfant" (Rapport 2010-pdf)

...la France compte 3,5 millions de personnes très mal logées (sans abri, sans domicile permanent, ou vivant dans des logements surpeuplés, dépourvus de toilettes, de salle de bains et/ou de chauffage).
A quoi s'ajoutent 6,6 millions de personnes en situation de fragilité, susceptibles de tomber à tout moment dans la première catégorie. Un demi-million de ménages ont des impayés de loyers et 3,4 millions sont touchés par la précarité énergétique...
... Il faut dire qu'en dix ans, les loyers des foyers les plus modestes ont augmenté de 42 % et de seulement 28 % pour les autres ménages ! L'amélioration de la qualité des logements (surface, chauffage…) est loin d'expliquer toute cette hausse. Il y a bien eu un dérapage des loyers en France ces dernières années.

... Depuis la fin des années 80, «la part des ménages modestes parmi les accédants» régresse. On ne compte plus que 37% de propriétaire parmi les 20% de familles les plus pauvres (contre 47% en 1988). Soit une baisse de 10%. A l’inverse, à l’autre extrémité de l’échelle des revenus, on observe qu’il y a 76% de propriétaires parmi les 20% de ménages les plus riches (contre 65%en 1988). Comme quoi la «France de propriétaires», ce n’est pas pour tout le monde...
(Seizième Rapport sur l’Etat du mal-logement en France - Synthèse)
 

...Ça n’est pas que j’y croyais tellement. En fait, je suis à peine surpris. Je viens de lire le programme du Parti Socialiste sur l’éducation.
Plus affligeant, j’ai pas trouvé. Je préfère encore l’agressivité anti-profs de Sarkozy, les déclarations bidons de Luc Chatel et les coups de semonce des recteurs de tout bord, dont la docilité n’a d’équivalent que chez certains préfets consciencieux.

Je suis en colère contre les mesures dévastatrices que l’on prend actuellement pour «redresser la barre», notamment en terme d’éducation.
Et plus encore du manque d’ambition des alternatives proposées par nos technocrates de gauche...

... qu’ils aient terminé leurs études au plus tard à 18 ans, pour les moins diplômés, ou au plus tôt à 22 ans, pour les plus diplômés,
seuls 19 % des jeunes ont confiance dans les partis politiques.
Mais les plus instruits restent davantage attachés aux principes de la démocratie représentative :
52 % des jeunes qui ont fini leurs études après 21 ans ont confiance dans le Parlement contre 34 % des jeunes qui ont terminé avant 19 ans.

... Pendant que des représentants d'un quart des pays du globe, réunis au Forum sur l'éducation de Bahreïn (8 au 11 octobre), réfléchissaient sur la formation d'enseignants capables de changer le monde, la France - qui avait décliné l'invitation - continuait d'installer dans ses classes 14 000 enseignants n'ayant reçu aucune formation pédagogique...
... Pendant ce temps, la France, elle, reste engluée dans ses vieux débats.
Aveuglée par une grille de lecture dépassée, cette éternelle querelle des républicains et des pédagogues qui prévaut en matière de formation des enseignants...

...Que des lycéens de 17 ans manifestent pour la retraite à 60 ans traduit moins leur souhait d’atteindre rapidement la retraite que leur angoisse de ne pouvoir accéder au monde du travail. La France est, dans son ensemble, traumatisée par la désindustrialisation massive du pays, dont le libre-échange est une des causes majeures. Elle l’est tout autant par le chômage des jeunes qui a atteint un taux record. Elle l’est par le déclassement, qui sape les fondations de l’édifice républicain. En ce sens, les lycéens et étudiants n’ont pas besoin d’être « manipulés » par les syndicats ou les partis. Ils sont le simple reflet d’un malaise social...

L'altercation a tout d'une Guerre des boutons version 2010, sauf qu'elle se déroule entre des élèves de Seine-Saint-Denis ("9-3")
placés dans le tout nouvel établissement de réinsertion scolaire (ERS) local et des collégiens du cru.
Bilan : des injures, quelques baffes, des coups de pied et cinq exclusions...
...l'occasion est trop belle de conclure à une "ratonnade anti-Blancs" et de dénoncer "la racaille subventionnée"...

...Généralement, c'est après un conseil de discipline que les collégiens se sont portés « volontaires »
pour passer l'année au deuxième étage d'un bâtiment du collège Volney. Un volontariat clamé par le ministère de l'Education, mais tout relatif...

... Comme tous les gens de droite, l’ado nourrit une admiration secrète pour l’autorité la plus rétrograde, tandis qu’il méprise le laxisme. Ce qu’il lui faut, c’est un prof psychopathe, genre le sergent instructeur de Full Metal Jacket, et non un type nourri d’idées progressistes et de surcroît partisan du dialogue. Il adore se faire martyriser, il déteste les ventres mous. Souvent, il se prétend écolo, mais ne trie jamais ses déchets : il les empile. Il aime les emballages et les marques. Il est consumériste. Il n’éteint jamais la lumière derrière lui. Il y a des diodes partout dans sa chambre. Un vrai sapin de Noël qui doit représenter l’équivalent du bilan énergétique du Paraguay. Il se dit aussi parfois de gauche, mais il est individualiste, j’m’enfoutiste, et dépensier. C’est l’ennemi du peuple. Il profite de vous tant qu’il peut.
Au fond, les parents sont les prolétaires de l’ado...

« ... Le système commence à virer à la garderie et les professeurs ne savent plus pourquoi ils font ce métier. On nous demande toujours plus, sans objectif ni valorisant ni efficace». Est-ce pour cela que le nombre de candidats aux concours a chuté, au point que tous les postes ne seront sans doute pas attribués ? Les professeurs ne seront peut-être pas très nombreux ce samedi à battre le pavé, mais le malaise est pourtant palpable...


Journée d'actions dans toute la France (manifestations, rassemblements, débats, etc.) pour protester contre les suppressions de postes prévues au budget 2011.

... on ne dit plus "réforme", mais "transformation"... :
«- rétablissement des RASED, de la formation des enseignants ...
- 2 adultes par classe, 17 élèves par classe ...
- pas de collège de plus de 600 élèves, etc...»
Bientôt ... : "à la rentrée 2012"

« - Votre projet éducatif est ambitieux, mais comment comptez-vous le financer ?
- Tout n'est pas une question de moyens, puisqu'à investissement comparable dans notre système éducatif nous n'avons pas de meilleurs résultats que la moyenne des pays de l'OCDE. Nous sommes même un peu en dessous. Ceci dit, nous avons défini des priorités budgétaires : la maternelle et l'école primaire, la formation professionnelle des enseignants et les établissements situés en ZEP.
Pour ces priorités, nous avons identifié des sources d'économies, comme la fin de l'exonération fiscale pour toutes les entreprises privées de soutien scolaire.
Cela coûte extrêmement cher à l'État en plus d'être une voie détournée de privatisation de l'école publique... »

Benoît Hamon : Mais attendez, je suis honnête, là… A mon avis, quand tu es au pouvoir ce n'est pas le moment où tu es le plus inventif.
Les meilleures idées et la plus grande énergie que tu peux mettre dans un combat politique, c'est quand tu t'opposes, quand tu es en minorité...
 

Une autre école ?
pour, dans, une autre société ?
«Possible» ?
    On peut aussi faire pire : c’est en cours.
Ou apparemment, autrement, moins pire :
on en cause ... dans les colloques;
on cherche, chez les chercheurs;
on expertise chez les experts;
on calcule chez les stratèges : comment faire la même chose,
ou pire,
en innovant sans rien changer ?

 
...Bref,quand ils sont contre ce sont des enfants qui méritent une fessée et doivent être consignés à la maison et quand ils sont pour ce sont des jeunes raisonnables qu’il faut féliciter…
Quel que soit l’avis qu’on puisse avoir sur cette fameuse réforme, ce qui est insupportable c’est la disqualification, la double délégitimation même de toute pensée contraire a fortiori lorsqu’elle est exprimée par des adolescents... 
...Un gazouillis lycéen ne fait pas le Printemps ! Ça signifie simplement qu’une société est adulte quand elle prend ses adolescents au sérieux, que ça la grandit de les aider à grandir, et qu’elle se «rapetit» en s’obstinant à les voir tout petits, petits, petits… 

...75% des 15-17 ans, 69% des 13-15 ans et 48% des 11-13 ans téléchargent "régulièrement" de la musique sur internet de façon illégale...
... les jeunes sont attirés par Facebook : 75% des 13-17 ans ont un profil sur le réseau social et 55% des 11-13 ans. Mais ils ne sont pas toujours très prudents :
87% des 11-13 ans ne "protègent aucune information personnelle" sur leur profil, 67% des 13-15 ans et 58% des 15-17 ans...
... Un quart des 11-13 ans passent plus de trois heures par jour à "chatter" et 39% des 15-17 ans disent "discuter régulièrement avec des inconnus" sur leur messagerie instantanée...
[ quatrième baromètre “Enfants et Internet”  réalisé par Calysto dans le cadre du Tour de France des Etablissements Scolaires - pdf ]

...L'angoisse de la jeunesse, c'est avant tout un taux de chômage énorme, depuis près de trente ans maintenant
et vis-à-vis duquel on n'a rien fait d'autre que de se payer de promesses qui n'ont jamais été tenues.
Le taux de chômage des jeunes en France a commencé à dépasser les 20 % voilà une trentaine d'années, et on n'a rien fait d'autre que de leur promettre une amélioration avec le départ des baby-boomers à la retraite. Ce départ a commencé il y a environ cinq ans maintenant, et en décembre 2009, 
nous avons atteint le point haut historique de 26 % de chômage pour les jeunes de moins de 25 ans.

Le chômage n'est pas le seul problème, les stages à répétition, la précarité de l'emploi, les niveaux de salaire sans cesse plus bas 
alors même que les niveaux de diplômes se sont beaucoup élevés, et surtout le fait que le prix du travail ne permet plus de se loger décemment...

"L'impact du chômage de longue durée sur la jeunesse peut être dévastateur", ajoute le BIT, observant "une augmentation du nombre de +jeunes inactifs+ qui ne sont ni à l'école ni sur le marché du travail (...)".
"Compte tenu de la gravité de la situation, on peut craindre que, si rien n'est fait rapidement, la situation de la jeunesse ne devienne insoutenable dans certains pays, constituant une menace pour la cohésion sociale".

45% des personnes pauvres ont moins de 25 ans. ...Car les chiffres sont inquiétants : les jeunes des quartiers situés en zone urbaine sensible seraient deux fois plus touchés par le chômage que pour les autres, tandis que 45% des personnes pauvres auraient moins de 25 ans...

...En fait, personne ne maîtrise la jeunesse en France, les organisations de jeunesse sont squelettiques et quand la jeunesse décide de bloquer les lycées, ça ne peut marcher que si de nombreux lycéens, loin de toute organisation, le décident...
... L’étonnant, c’est d’ailleurs que dans un pays éruptif, à la tradition insurrectionnelle comme la France, la jeunesse, précarisée, régulièrement décrite comme un problème plutôt que comme une solution, ne se soit pas révoltée plus tôt...

La part des mineurs dans l’ensemble des condamnés reste stable depuis une quarantaine d’années et s’établit à 10% environ...

... Les déviances juvéniles et les réactions dramatisées qu’elles suscitent sont révélatrices d’une société inégalitaire
recouvrant ces inégalités d’un voile républicain qui ne saurait les masquer. Il y a là une question majeure qui dépasse, de loin, les mineurs concernés.

Il n'y a pas que des jeunes en banlieue, et il y a aussi des jeunes ailleurs !
On pourrait expliquer cette exploration en continu des quartiers difficiles par l’intérêt pernicieux de médias pour des territoires qui font vendre. L’explication est un peu courte. En réalité, cette attention médiatique est provoquée par le fantasme d’une classe dirigeante persuadée d’être face à l’apparition en France du «ghetto black américain» et d’une jeunesse rebelle issue des minorités ethniques: la France est désormais face aux jeunes du ghetto. Problème, la banlieue française n’est pas le «ghetto black». La jeunesse agitée et en décrochage des quartiers ne représente qu’une faible minorité des habitants...
...Les services de police sont ainsi régulièrement mis à contribution dans le montage d’opérations «coup de poing», dont tous les criminologues expliquent qu’elles ne servent strictement à rien sur le plan sécuritaire.
L’absence de structures représentatives des habitants, et donc de contre-pouvoirs, laisse ainsi la place à des opérations médiatiques, peu en phase avec la réalité sociale...
 

Le système éducatif français,
trop uniforme,
doit placer les besoins des élèves,
et leurs différences, 
au centre de sa logique
pour réduire les inégalités.
[Rapport de la Cour des Comptes - 12 05 10 - pdf]
"La performance du système éducatif français a, au cours des dernières années, plutôt diminué, sous l'effet de son inefficacité à lutter contre les inégalités scolaires".
 En cause: "une mauvaise organisation" du système, trop uniforme, qu'il faut repenser "en l'adaptant à l'hétérogénéité des élèves".
Avec 40% des élèves de 15 ans ayant redoublé au moins une fois (chiffres OCDE de 2003), l'Hexagone est le "champion des redoublements", qui sont pourtant "inefficaces et très coûteux".
Il est ainsi incohérent que celui-ci puisse continuer à consacrer environ deux fois moins de moyens à l’éducation prioritaire qu’à une pratique du redoublement dont le ministère lui-même estime, à travers les objectifs et indicateurs de ses programmes budgétaires, qu’il doit diminuer radicalement".

Un fils d'enseignant a quatorze fois plus de chances relatives d'obtenir le bac que son camarade dont le père est ouvrier non qualifié, selon une note du ministère de l'Education (*). Cette étude est basée sur un panel d'élèves entrés en sixième en 1995. Ils ont passé le bac à partir de 2002. Quand on compare aux élèves entrés en sixième en 1989, les inégalités ont augmenté: les fils d'enseignant avaient alors neuf fois plus de chances relatives de réussite que les fils d'ouvriers non qualifiés. C'est la première fois que les inégalités sociales s'aggravent à la fin du secondaire...(*) [Note d'information E.N. - pdf]

[ Le redoublement dans l'enseignement obligatoire en Europe : réglementations et statistiques
Rapport EURYDICE 2011 ]Il est cher, il ne sert pas à grand-chose et ses bénéfices supposés relèveraient de la «croyance» ou de la «conviction», telle est la conclusion d'une étude Eurydice commandée par la Commission européenne au sujet du redoublement.

Archives
... les dernières statistiques, publiées en décembre 2003 par le ministère, montrent que le redoublement ne réduit pas l’échec, s’il ne l’induit pas, et cela commence très tôt...
2004 - ... Une étude publiée lundi par l'Éducation nationale montre l'inutilité du redoublement en primaire et au collège, si l'encadrement et la pédagogie ne changent pas d'une année sur l'autre ...
2005 - ... Le redoublement ? «Une pratique culturelle française du genre "t'aimes pas la soupe, reprends une assiette".» ...
2006 - ... "En France, 38% d'une classe d'âge (15 ans) a redoublé au moins une fois" ...

...Sur les 800 000 jeunes que compte une génération, l'école française laisse sortir à la fin de la scolarité obligatoire, chaque année,
354 400 incapables de manier la règle de trois. En fin de collège, 44 % des élèves ne sont pas au niveau attendu en mathématiques.
...un échec si l'on en croit les évaluations à l'entrée au collège en 2007.
Seuls 3 élèves sur 10 sont alors capables de calculer le prix de 20 objets lorsque 10 d'entre eux coûtent 22 euros...

... Aujourd'hui, ce sont 22,5 % des jeunes Français – soit 2 % de plus que dans la moyenne des pays de l'OCDE – qui peinent à extraire des informations d'un texte, à comprendre les liens entre les personnages, voire à dégager l'idée force d'un écrit. En mathématiques, c'est la même chose...
[ Résultats du PISA 2009 : Synthèse ] (pdf)
... Las ! PISA n'est pas une entreprise scientifique ! Cette enquête est, de manière parfaitement assumée, une entreprise politique !
Il s'agit de mesurer les acquis des élèves afin de repérer les bonnes pratiques et d'aider à réformer les systèmes éducatifs.
L'OCDE ne se prive donc pas de donner des conseils aux gouvernements, et ceux-ci, parfois, n'hésitent pas à les suivre...

1996 : « ...Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population.... »
© OCDE 1996 (Cahier de politique économique n° 13 - Faisabilité politique de l'ajustement - page 30)
Il propose une prise en charge précoce des difficultés des enfants, dès 2-3 ans. «De grands professionnels de l'enfance, comme les médecins Marcel Rufo ou Philippe Jeammet, ou le magistrat Jean-Pierre Rosenczveig, m'ont convaincu  » ...
... Dans un rapport (pdf) sur la prévention de la délinquance juvénile, Jean-Marie Bockel met l'accent sur la responsabilisation des parents et revient sur l'idée controversée d'un repérage des troubles du comportement dès l'âge de 2 ou 3 ans.
Il faudrait voir ce qu’il a fait de leur discours. De toute façon, en aucun cas, le discours d’un spécialiste de la petite enfance n’a valeur de garantie scientifique. Qu’ils attirent l’attention des pouvoirs publics sur le fait qu’il faille faire de la prévention, c’est une chose...
...Le rapport Bockel reprend les idées d'un courant de pensée nord-américain qui affirme qu'il y aurait un lien entre des difficultés psychologiques durant la petite enfance et une évolution vers la délinquance. Ce qui n'est pas scientifiquement valide. 
De nombreuses publications le prouvent, que l'on peut retrouver sur le site du collectif «Pas de 0 de conduite», mis en place en janvier 2006 pour protester contre ce projet de dépistage précoce...
...Ce n'est pas un hasard. Ce discours de suspicion et de dévalorisation a pour but de déstabiliser, d'insécuriser les uns par rapport aux autres, et de justifier des mesures qui fonctionnent sur la base du contrôle, du fichage, et de la circulation des informations, y compris sur la vie privée des personnes...

Ils ne sont que 32 titulaires en Seine-Saint-Denis, pour une population de 285 000 élèves.
Résultat : moins de 20 % des écoliers de 6 ans bénéficient de la visite médicale obligatoire.
Débordés, mal payés, les médecins scolaires du 93 n’en peuvent plus. Ils l’ont fait savoir, hier matin, à l’inspection d’académie, où ils ont été reçus. Ils réclament des embauches et de meilleures conditions de travail...

Les députés jugent «mauvaise, délirante et aberrante» la semaine de quatre jours
La quinzaine d'élus de droite et de gauche qui planche depuis le printemps souhaiterait revenir à une formule de quatre jours et demi, en modulant les heures de classe en fonction de l'âge des écoliers. Faire 24 heures de cours par semaine à des enfants, qu'ils aient 3 ans ou 10 ans, n'est ni justifié ni judicieux, ont-ils estimé après avoir consulté une centaine de personnes et effectué des déplacements à Berlin, Bordeaux, Epinal et Helsinki.
A la suite de la suppression par le gouvernement des cours le samedi matin à la rentrée 2008
- une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy aux familles -,
la quasi-totalité des écoles primaires sont passées à la semaine de quatre jours.

Rythmes scolaires : consultations publiques.

... Selon ce directeur d'école qui dénonce un «forcing» permanent sur les enfants, «le rythme scolaire est trop chargé sur une semaine de quatre jours, et les enseignants ont tendance à se défouler sur les devoirs, en se disant que les leçons qu'on n'a pas eu le temps d'étudier seront faites à la maison».
On en revient toujours là ! ...

... Mais rien n’est simple quand il s’agit de toucher à l’organisation des rythmes scolaires et la conférence n’a abouti à aucun consensus,
tant les discussions ont été vives et les réactions en chaine qui suivraient le moindre changement nombreuses ...
... Le comité de pilotage de la conférence devrait rendre ses arbitrages au printemps. Mais «le sujet étant politiquement sensible et les calendriers scolaires fixés trois ans à l'avance», rappelle La Tribune, si réforme il y a, ce ne sera pas avant 2013. Soit après la présidentielle de 2012. «Seules quelques modifications à la marge pourront intervenir avant», estime le quotidien économique. Encore beaucoup de bruit pour rien ...

... L'intérêt des élèves passerait par une semaine de quatre jours et demi de cours en primaire, et davantage de devoirs faits à l'école.
L'idée de moduler la durée de la journée en fonction de l'âge des enfants n'est pas écartée.
En revanche, les conclusions de ces six mois de travail font état d'une absence de consensus sur la réduction des vacances d'été...

... On est donc bien loin des considérations pour le seul enfant. Un combat d'autant plus inégal que l'industrie du tourisme reçoit le soutien inattendu des collectivités locales, mairies en tête. Sans être formellement opposées à tout changement, les mairies et pouvoirs publics locaux refusent avant tout que toute «nouvelle réforme repose entièrement sur le budget des collectivités locales», comme l'a indiqué à la Conférence le député-maire de Grenoble, Michel Destot,
par ailleurs président de l'Association des maires de grandes villes.

Rythmes scolaires :
Le Rapport de synthèse

Serpent de mer :
les rythmes scolaires

... Si beaucoup de parents n’interviennent pas à l’école, c’est, dit-il, parce qu’ils respectent l’institution et «reconnaissent son territoire propre». Mais c’est aussi parce qu’ils se sentent «dépassés» (une étude récente montre que c’est le cas, en primaire, pour 50 % des mères non diplômées et 5 % de celles qui possèdent un diplôme du supérieur).
Un phénomène que le chercheur appelle le «décrochage scolaire parental». En cause, dans une large mesure : la «charge» des devoirs. «L’école délègue aux familles des tâches qui requièrent des compétences scolaires inégalement réparties, analyse Pierre Perrier.

Du coup, les parents sont mis en porte-à-faux et attendent beaucoup de leur petit ou des enseignants.»
Pire : en cas d’échec, ils auront tendance à voir en la difficulté scolaire un trait de caractère de leur enfant («il n’est pas fait pour l’école»).

Le nouveau plan de sauvetage du collège proposé par le Haut conseil de l'éducation ressemble aux précédents.
Il subira probablement le même sort. 
Voué à l'échec et à l'oubli. Pourtant, il semble pavé des meilleures intentions. Il propose soutien scolaire, tutorat, pluridisciplinarité des enseignants, encadrement des élèves, culture humaniste, valorisation de la formation manuelle, autonomie pédagogique, liberté de recrutement…
...Pas un seul médecin ou psychologue pour nuancer ou enrichir le "tout pédagogique" qui inspire depuis des décennies toutes les conceptualisations sur l'échec scolaire et toutes les réformes académiques.

... Depuis, le corps enseignant est atone, et la droite a pu dérouler le programme qu’elle avait annoncé des années durant,
notamment lors des discussions sur le budget de l’Education à l’Assemblée nationale : réaliser des économies... 

...Cette atonie en dit long, aussi, sur l’impuissance de la gauche politique ou syndicale à reformuler un projet fédérateur pour l’école,
après des années passées à ânonner des slogans aussi confortables idéologiquement qu’inefficaces pragmatiquement ...

... Signe que les lignes bougent, Bruno Julliard, secrétaire national à l'Education et organisateur de la réunion, proche d'Henri Emmanuelli et de la gauche du parti, avait même invité le directeur général du très libéral Institut Montaigne, Laurent Bigorgne, avec lequel il converge sur la réforme du primaire.
... «Jusqu'à présent, le discours du PS a été de dire au monde éducatif: si vous votez pour nous, nous reviendrons sur les décisions prises par la droiteet nous vous donnerons toujours plus de moyens. Tout ça pour obtenir un consensus syndical et éviter les questions qui fâchent. Cette technique du filet d'eau tiède est terminée ...

... Traditionnel électorat de base du parti, les enseignants se voient proposer une nouvelle définition de leur métier.
Il s'agit de prendre en compte l'ensemble des tâches qu'ils réalisent et non plus seulement leur nombre d'heures de cours...

... Alors que la confiance en soi est indispensable à la réussite scolaire, les conséquences de ce système sur les élèves en difficulté sont désastreuses: fissuration de l'estime de soi, absence de valorisation de leurs compétences, détérioration des relations familiales et, à terme, souffrance scolaire. La pression scolaire précoce ne fait que nuire à l'efficacité de notre système éducatif: aujourd'hui, quatre écoliers sur dix sortent du CM2 avec de graves lacunes.
L'école gagnerait à s'appuyer sur une autre logique que celle de la compétition...

... En 1969, par exemple, il tente de remplacer les notes par des lettres : A, B, C, D.
Un fiasco. Les professeurs ont vite fait d'introduire des A+, des A–... Ce qui revient au même que les notes...

"les notes" : un serpent de mer, parmi tant d'autres...

Rentrée 2010 :  les Français attendent surtout des profs qu’ils soient attentifs aux élèves (65%) et qu’ils dialoguent avec eux (59%)
avant d’être autoritaires (44%)
Bon prof rime davantage avec attention (65%) et dialogue (59%) qu’avec autorité (44%) et savoir (38%) 
Situation paradoxale : à l’heure des réductions d’effectifs dans l’Education Nationale et alors que des voix s’élèvent pour dénoncer l’augmentation du nombre d’élèves par classe, les Français jugent qu’un bon prof est d’abord un prof attentif aux besoins de chaque élève (65% de citations).
A noter que la notion de bon prof diffère selon l’âge :
    * Les plus âgés attachent davantage d’importance à l’autorité  (1ère qualité chez les 65 ans et plus avec 58% de citations) et au fait d’être exigeant sur le niveau scolaire (42% versus 29% en moyenne)
    * A l’inverse les lycéens attendent  davantage de créativité pédagogique (53% versus 36% en moyenne) et d’enthousiasme de la part des professeurs (48% versus 39% en moyenne)...

... Les écoles catholiques ne savent pas toujours quelle attitude adopter face à l'islam. Et ce d'autant qu'elles y sont de plus en plus confrontées avec un nombre d'élèves musulmans en hausse ces dernières années. Ils sont même devenus majoritaires dans certaines écoles...
... Quelles raisons poussent aujourd'hui certains parents musulmans à se tourner vers les écoles catholiques ? La loi, déjà. Elle les y autorise depuis 1959, au motif qu'aucun établissement catholique sous contrat ne peut refuser un élève à cause de sa religion. «Ils pensent aussi que dans ce type d'établissement, au moins, on parlera de Dieu aux jeunes. D'autres y voit également une formation de bon niveau pour leurs enfants»...

.. D’une certaine façon, l’école s’est substituée à l’Eglise et a acquis une dimension quasi religieuse...
En France, le diplôme fonctionne comme une double peine.
Dès les petites classes, avec l’apprentissage de la lecture, il y a des inégalités de réussite selon le milieu social. 
Or, peut-on parler de mérite pour un enfant de 6 ans ?
Ne faudrait-il pas renvoyer ces inégalités scolaires précoces aux inégalités de conditions de vie entre les familles ?


 

Rentrée 2010 : Suppression de la formation initiale, et ...
... Selon le rapport [des inspecteurs de l'IGAENR], les crédits de fonctionnement sont même "insuffisants pour terminer l'année civile". 
"Les autorités académiques s'apprêtent à annuler de nombreux stages en formation continue faute de pouvoir payer les déplacements et les formateurs"...
"Des choix budgétaires qui préparent assez peu ceux des années à venir"...
"L'impossible respect des plafonds d'emploi, de masse salariale et de crédits" ...
"Des constats de fragilité concernant la cohérence des dispositifs, le financement de la formation et la disponibilité des ressources de formation" ...
"Le financement de la formation : une situation d'injonction contradictoire"...
[Le rapport de l'Inspection Générale - juillet 2010 - pdf]

« Face à une récession mondiale qui continue de peser sur l’emploi, 
l’éducation constitue un investissement essentiel pour répondre à des évolutions technologiques et démographiques 
qui redessinent le marché du travail. »
Des constats récents montrent tout l’intérêt d’investir dans l’enseignement.
Les jeunes peu qualifiés ont été durement touchés au cours de la crise économique,
notamment ceux qui n’ont pas terminé leurs études secondaires, 
et dont le taux de chômage a augmenté de près de cinq points de pourcentage dans les pays de l’OCDE entre 2008 et 2009...
[Rapport OCDE "Regards sur l'éducation 2010]

... Rapport après rapport, gouvernement après gouvernement, des remèdes timorés sont proposés et laborieusement administrés.
Sans résultat probant. Impuissant à se réformer, le système se déforme, secrète de nouvelles filières de relégation que le collège unique était censé faire disparaître, et obéit à des logiques à la fois sociales et spatiales qui transforment en quasi-ghettos bon nombre d'établissements des quartiers les plus défavorisés,
et en pépinières élitistes bon nombre de collèges de centre-ville.
Rude et déprimant constat sur l'état de la société française...

La saison des rapports bat son plein dans l’éducation. Depuis la rentrée, on en recense au moins cinq - à chaque fois des dizaines de pages documentées avec des propositions à la fin. Beaucoup reprennent des sujets déjà traités dans des rapports précédents - tel que l’incapacité du primaire à résorber les inégalités sociales ou l’échec du collège à faire réussir tous les élèves. Quelques-uns explorent des sujets plus neufs, comme les limites des politiques pour raccrocher les élèves «décrocheurs». Les conclusions sont sombres, voire déprimantes, et beaucoup de recommandations se recoupent - comme la nécessité de faire évoluer le métier d’enseignant ou celle de s’adapter à des élèves toujours plus divers.
En fait, après la lecture de ces rapports, une question s’impose : mais à quoi servent-ils ?

... Derrière le classement (PISA), il y a en effet des trésors d'informations.
Par exemple, on peut observer que, sur les trois compétences testées par le Pisa 
(s'informer, interpréter, réagir)
les petits Français ont une sacrée faiblesse dans le dernier domaine.
Excellents pour cocher des cases de QCM ou appliquer une formule,
ils ont beaucoup plus de mal lorsqu'il s'agit d'exprimer une critique ou une opinion personnelle dans les questions ouvertes...

«On donne autant d'heures d'accompagnement éducatif au très élitiste lycée Henri-IV
qu'à un lycée ghetto avec 40% de réussite au bac, où il en faudrait dix fois plus !»
Résultat, selon le dernier rapport de l'OCDE, nous sommes désormais lanterne rouge pour la correction des inégalités sociales.
« C'est en France que l'impact de l'origine sociale sur les résultats est le plus élevé, et cela va s'aggravant. »

A l'école, il ne fait pas bon être trop différent.
Globalement, c'est le " vivre ensemble" qui se détériore. A l'adolescence, la quête identitaire est forte et celle-ci, selon le contexte, selon les réponses des adultes et de l'institution, peut mal se passer. D'où le risque d'enclencher une dynamique pernicieuse qui entraîne exclusion, stigmatisation, harcèlement et violences envers ceux qui sont différents.

... En 2010, 14 enfants sont décédés du «jeu du foulard», qui consiste à bloquer sa respiration jusqu'à l'évanouissement, 
selon un bilan provisoire datant de juillet établi par l'Association des parents d'enfants accidentés par strangulation (Apeas). 
Au début de l'année, les députés ont adopté un amendement punissant l'incitation aux jeux dangereux dans les écoles...

... 73,3 % des enfants interrogés "aiment peu, voire pas du tout aller à l'école ou au collège".
Ils ne sont d'ailleurs que 9,6 % à aimer être à l'école, contre 60 % qui préfèrent être à la maison.
Pourquoi ? Parce que près d'un quart (23,7 %) s'ennuie "souvent, voire tout le temps" à l'école...

... un quart des élèves interrogés déclarent s'ennuyer souvent, voire tout le temps à l'école primaire. Ils sont aussi 40% à s'ennuyer «quelquefois».
Ce sentiment d'ennui est plus important encore chez les collégiens, qui déclarent s'ennuyer à plus de 71%! Les résultats de cette étude menée auprès d'enfants de quartiers populaires corroborent des enquêtes antérieures, qui concernaient un plus large public, en 2001 ou en 2003, notamment.
L'information selon laquelle les enfants s'ennuient à l'école n'a, certes, en soi rien de révolutionnaire. Françoise Dolto affirmait que l'ennui peut être aussi considéré comme un signe d'intelligence. Enfant, Einstein disait s'ennuyer...

Selon un classement établi par l'OCDE, la France se situe au 22e rang (sur 25) en termes de qualité de vie à l'école, rappelle l'association. [ AFEV ]
Selon le baromètre sur le rapport à l'école des enfants des quartiers populaires publié pour l'édition 2009, 66 % des jeunes interrogés affirmaient ne pas aimer ou "un peu seulement" aller à l'école. 53 % disaient s'ennuyer. Surtout, 36 % déclaraient qu'ils avaient "parfois - voire souvent - mal au ventre avant d'aller à l'école ou au collège".
... Le sentiment d'échec scolaire et le manque de confiance de soi sont partagés par plus de la moitié des élèves, qui disent penser ne pas pouvoir répondre aux attentes de l'école. L'ensemble a bien sûr des répercussions sur la santé et l'état général de ces enfants... ce qui n'est pas non plus sans conséquences sur les résultats scolaires. C'est là une spécificité française...
41% sont rarement, voire jamais, aidés par leurs parents pour faire leurs devoirs.
Si l’on extrait les collégiens uniquement, ce pourcentage passe à 49%, les devoirs et les exigences scolaires devenant plus complexes, la capacité des parents à fournir une aide devient plus faible.

..Destinée à évaluer le nombre d'enfants déscolarisés et suivant un enseignement à domicile, l'enquête devrait être bouclée l'an prochain. 
On sait que parmi ces situations, il y a des victimes d'emprise mentale.
Selon les chiffres de l'Éducation nationale, 13.475 enfants ont quitté l'école...

...Demain, ce sera pire. D'un côté, les parents ont peur de l'avenir pour leurs enfants, peur que la vie de leurs petits soit moins bonne que la leur, peur du déclassement social. De l'autre, les jeunes prêts à rejoindre les manifestations contre la réforme des retraites évoquent la peur du lendemain, la peur du chômage, de la précarité et de l'injustice...

"C'est vrai, maman, que la tour Eiffel risque d'exploser ? C'est vrai que ça craint de prendre le métro ?"

... Dans les enquêtes internationales, les enfants français sont dans l’ensemble plus anxieux et intimidés dans une salle de classe et davantage angoissés par le peur de l’échec. Ils manquent de confiance en eux, même lorsqu’ils connaissent leurs leçons, et éprouvent le sentiment que leurs professeurs ne les aident pas.
Les élèves français préfèrent aussi ne pas répondre que de prendre le risque de faire une erreur. […] Je trouve le taux de non-réponse fort intéressant. Car la France est le seul pays où le « hors sujet » soit perçu comme un péché capital, un acte d’extrême nullité automatiquement sanctionné –et même sévèrement- par des générations de profs. Ceci est grotesque. La rigueur et la discipline intellectuelles sont bien sûr importantes, mais l’imagination et l’expérience également. La réticence des jeunes Français ne serait-ce qu’à tenter de répondre à une question est symptomatique d’un système où les enfants ont été conditionnés à « la fermer » plutôt qu’à exprimer ce qu’ils pensent, par peur de se tromper. 
Ce système promeut l’effacement de soi, le conformisme et l’obéissance aveugle au détriment du sens de l’initiative et de la curiosité intellectuelle...

... Mais ce que montre Pisa, c'est que le centre principal de nos difficultés se situe à la base du système :
la France n'a pas su se doter d'un véritable tronc commun assurant une formation élevée au plus mauvais élève sortant du plus mauvais de nos collèges.
Elle s'accommode d'un modèle qui produit de vastes bataillons d'élèves en échec et une élite trop rare, quand les transformations de l'économie exigent des élites plus nombreuses et des qualifications toujours plus élevées pour l'ensemble de la population. Comme l'ont noté plusieurs observateurs, 
l'école française est l'une des meilleures du monde… pour une petite moitié de ses élèves, et l'une des plus mauvaises pour l'autre moitié...

Objets scolaires non identifiés, les internats d'excellence sont entourés d'une aura médiatique dont l'importance est inversement proportionnelle à leur poids réel dans le paysage scolaire. Mis en place progressivement à partir de 2008, ils devraient être une douzaine en 2010-2011 -chacun regroupant quelques dizaines d'élèves, rarement davantage-, et 20 000 à un horizon hypothétique. Des chiffres à mettre en regard des 12 millions d'élèves relevant du système éducatif général...
... Des élèves doués de bonnes qualités intellectuelles, motivés, ne rechignant pas à la vie collective, bien suivis par des familles attentionnées… on comprend aisément que, recrutés sur un tel profil, digne d'une classe prépa, les heureux élus obtiendront sans mal les résultats que l'on attend d'eux et qu'ils auraient d'ailleurs probablement obtenus quel que soit le cadre scolaire.
Corollaire de ce qui ressemble à un débauchage : les établissements d'origine, privés de quelques uns de leurs meilleurs élèves, déjà pénalisés par l'assouplissement de la carte scolaire, voient se préciser le risque de ghettoïsation

... on n'a par ailleurs aucun mal à imaginer que les enseignants trouvent plus gratifiant de détecter des talents et d'encourager de bons élèves que de s'efforcer d'améliorer les résultats des élèves en difficulté. Ni que les parents des classes moyennes préfèrent profiter de nouvelles voies de préparation et d'accès aux filières d'élite dans certains lycées plutôt que de se battre pour améliorer le fonctionnement de l'établissement de leur quartier. Et ce depuis que l'ensemble des responsables politiques et administratifs sont tentés de privilégier des actions qui produisent des résultats visibles à court terme plutôt que des projets de longue durée aux effets incertains...

« Des biceps, une grosse voix, ça suffit »
"Il nous effrayait rien qu'en nous regardant", témoigne Stéphane, un autre stagiaire, également coaccusé et partie civile. "Il nous traitait de 'chiasses vertes" ou de 'résidus de sidaïques' en nous disant qu'ici, c'était l'annexe de la Légion. Il disait de lui qu'il n'était pas un éducateur mais un dompteur", poursuit le jeune homme, traumatisé et en pleurs à l'évocation des ces souvenirs.

Après la mort de Cyril Driancourt dans un camp éducatif en Zambie, en mars 2003, l'inspection générale des services judiciaires (IGSJ) avait été saisie. Nous avons eu accès à son rapport sur les séjours de rupture. Édifiant.
En 2002, près de 550 mineurs étaient orientés, par la justice et les conseils généraux, vers des séjours de rupture. Tous étaient organisés par le secteur associatif. Aucune structure publique n'avait cette possibilité (problèmes liés au droit du travail; trop coûteux aussi). «Il faut se replacer dans le contexte de l'époque, insiste un juge pour enfants. Ces séjours permettaient de prendre en charge des gamins impossibles, dont plus aucune institution ne voulait». Aucun texte réglementaire n'encadrait vraiment ces séjours de la dernière chance, qui avaient très souvent lieu à l'étranger. Aucun contrôle sur site n'était prévu. «Il y avait un vide juridique, reconnaît un juge pour enfants. Mais dans ce dossier, il semble qu'il y ait eu des négligences». Une situation exceptionnelle à l'époque? D'après le rapport de l'inspection générale des services judiciaires que nous nous sommes procuré, il semble que non.
Un suivi très approximatif.
«La phase de préparation est souvent réduite et se résume à quelques rendez-vous. Quant à la phase de retour, elle est extrêmement brève, voire inexistante (...). Il est arrivé que certains mineurs ne soient même pas attendus à l'aéroport»...

"Sur le papier, c'est +la Ferme des célébrités+, mais, au quotidien, c'est un voyage au bout de l'enfer",
a dit Me Maxime Colliou, avocat d'un des stagiaires partie civile.
"Ce camp était organisé sur le modèle concentrationnaire des camps de prisonniers"
a affirmé l'avocat de deux autres stagaires, en évoquant le film "Le pont de la rivière Kwaï".
Aupérin a voulu "briser la dignité des enfants" en les enfermant nus, en les endoctrinant, 
en leur faisant subir des violences corporelles et en encourageant les dénonciations entre eux, ...

"Sans vos errements, sans vos lubies et sans vos visions, Cyril serait certainement encore avec nous"
a conclu Me Omez en soulignant 
le marché "lucratif" de l'enfance en danger à 5,4 milliards d'euros.

... Depuis 2004, Nicolas Sarkozy a fait plusieurs tentatives afin que des policiers soient installés dans des établissements scolaires sensibles. A chaque fois, il a rencontré l’opposition des principaux syndicats d’enseignants et les réserves de la plupart des syndicats de la police ( les uns et les autres considérant qu’il s’agit d’un ‘‘mélange des genres’’ fâcheux et qui pose des questions de postes mal résolus pour les uns comme pour les autres )...
... Rien, en particulier sur deux mesures phares annoncées en avril par le ministre de l’Education, à savoir « une préparation spécifique à la gestion des conflits et à la prévention de la violence dans le cadre des nouveaux masters fréquentés par les étudiants qui se destinent au métier d’enseignant » et un « module sur la tenue de la classe pour tous les professeurs nouvellement nommés pendant leur année de stage »…

Arlésienne des deux scrutins de 2002 et 2007, Godot des débats parlementaires,
l'école va-t-elle enfin être un des enjeux électoraux de la présidentielle en 2012 ?
... Pour l'instant, le PS s'est contenté du minimum syndical sur les idées scolaires
Son «nouveau modèle économique, social et écologique» présenté en avril 2010 ne consacre que quelques lignes à l'école sur vingt-cinq pages de rapport. 
«Notre projet proposera une véritable révolution :
méthodes pédagogiques renouvelées, statut des enseignants valorisé, grand plan de rattrapage pour nos universités», liste-t-il sans plus de précisions.
L'éternel filet d'eau tiède...
Le 18 septembre 2010, Ségolène Royal n'a pas été plus concrète lors de son discours à la «fête de la fraternité» de Désirs d'avenir. 
«L'éducation, toujours l'éducation, encore l'éducation», a martelé l'ancienne candidate à la présidentielle. 
Peut mieux faire. ...

Allergie, ennui, humiliation, stress, phobie, absentéisme, décrochage, déscolarisation : ON DIRAIT QU'ILS S'ENNUIENT ...

fessebook...

Un sondage réalisé en 2009 révélait que 35 % des entreprises auraient rejeté des candidatures
à cause d’informations trouvées sur les réseaux sociaux.
Une entreprise sur trois.
Personne ne me fera croire que la génération Facebook s’en contrefiche... 

... Afin de promouvoir les bons réflexes chez les jeunes utilisateurs d’Internet, la CNIL enrichit l'espace enseignant avec de nouveaux supports pédagogiques adaptés aux collégiens, aux enseignants et aux chefs d’établissement du second degré...

... «Mon pire cauchemar est devenu réalité : ma mère est sur Facebook».... Si l’on en croit les pages pléthoriques du réseau social («Contre les parents sur Facebook»,«J’ai peur que mes parents viennent sur Facebook»,«Au secours, mes parents débarquent sur Facebook», etc.), de nombreux adolescents partagent la crainte du rockeur. Et ils ont raison : la menace est réelle...
...Veiller au grain. Après enquête, il semble que de nombreuses mères (oui, des mères du genre de celles qui, dans la vraie vie, sont déjà très présentes) se créent un profil précisément pour pouvoir surveiller leurs enfants...

Le groupe "Vous perturbez ma leçon! - Et vous ma conversation!" compte plus de 350 000 membres. Celui nommé "Couper son prof de SVT en fines lamelles et l'observer au microscope" n'en rassemble pas loin de 29 000... D'autres sont nettement plus agressifs, comme "Si toi aussi t'as envie de péter la gueule à la dame du CDI!" (plus de 27 000 fans). Plus pernicieux, sur le groupe E.C.O.L.E.S (Etablissement Cruel Où Les Elèves Souffrent), les jeunes s'échangent de "bonnes idées" pour faire craquer leur prof, comme pousser des cris d'animaux à la fin du cours pour l'empêcher de donner des devoirs...
... Aujourd'hui, on se ligue contre un prof par réseau social interposé, on publie une vidéo le ridiculisant sur YouTube, on se lâche sur son blog et on démolit celui que l'on a désigné comme le boulet. Bonne rentrée!...

...Pour maintenir la qualité du recrutement dans les disciplines les plus touchées, le ministère assure qu'il n'entend pas baisser le niveau des concours et prévient : "Là où n'avons pas assez de candidats, il y a des postes qui ne seront pas pourvus "...
... Aujourd'hui, les lauréats sont directement affectés dans des classes, alors même que la profession est perçue comme de plus en plus éprouvante à exercer. D'où une désaffection qui pourrait être plus profonde.

...moqueries, injures, voire menaces physiques à l'encontre d'une personne sur un site internet, devenu "espace de défouloir".
Il s'exerce surtout sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, et sur les blogs, souligne la Cnil, qui a reçu "30 plaintes en six-sept mois".
"Un quart" de ces plaintes proviennent de professeurs harcelés par des élèves, a précisé mercredi le secrétaire général de la Cnil...

... Les adolescents se soumettent à de rudes épreuves, à de véritables auto-sabotages de leurs désirs et de leur énergie de vie. Car c'est la vie même qui est en jeu dans les tentatives de suicide à l'adolescence (toujours aussi nombreuses en France), quand ce n'est l'avenir qui est attaqué et le lien à l'autre dans les phobies scolaires en augmentation dans toute l'Europe de l'Ouest.
Ces adolescents après un événement parfois minime survenu à l'école ou sur le chemin de l'école, parfois sans qu'aucun facteur déclenchant soit mis en évidence, n'arrivent plus à assumer leur statut de collégien ou de lycéen : l'angoisse les étreint à l'idée même de se préparer pour se rendre à l'école et ils sombrent dans les angoisses incommensurables, impossibles à maîtriser....
... Il y a un paradoxe qu'il faut dénoncer avec vigueur entre les demandes de la société pour qu'on s'occupe de ses enfants et ses adolescents et le peu de moyens donnés à la pédopsychiatrie ces dernières années malgré les mobilisations collectives, les rapports, les études... Et aujourd'hui, on va même jusqu'à faire disparaître une de leurs porte-parole, la Défenseure des enfants...

... Pour certains médecins, boire de l'alcool est plus grave que de fumer du cannabis. «L'alcool est beaucoup plus inséré dans notre société, ce qui complique les choses...
... Crise économique oblige, «les parents sont inquiets pour l'avenir de leurs enfants. Dès le berceau, ils veillent à les exciter par toutes sortes de stimulations, observe le Dr Huerre. Je pense qu'il faut réintégrer l'idée de la rêverie et bien comprendre que le temps mort n'est pas une catastrophe. Les parents doivent accepter qu'il est possible de réussir dans la vie sans être gavé en permanence». Pour le Dr Biron, boire si jeune et de manière excessive marque une rupture par rapport à la pression sociale, familiale, sociétale...

"Qu'est-ce que tu as encore à lui dire, tu l'as vu toute la journée", lançaient les parents qui redoutaient alors le montant de la facture téléphonique à la fin du mois. Aujourd'hui, à défaut de parler, les ados écrivent. Non stop.
Avec leur langage, leurs expressions, ils sont devenus les rois de l'abréviation, de la phonétique et du rébus typographique...
... A terme, affirment des médecins américains, les jeunes pourraient perdre une partie de la force musculaire de leurs mains et avoir "des difficultés à ouvrir des bouteilles et des bocaux". Au moins, cela pourrait limiter les risques d'alcoolisation. Imaginez : l'addiction au portable comme remède au "binge drinking" !

Japon :
 Takasaki dit que son école alternative a commencé avec trois élèves et a rapidement évolué durant les dix dernières années pour atteindre aujourd'hui 50 enfants.
Presque tous ces enfants fuyaient la brutalité qu'ils subissaient dans leurs écoles régulières.
  "Ils cherchent refuge dans cette école parce que les enseignants passent du temps à leur parler et à être leurs amis.
Les écoles japonaises forcent simplement les enfants à étudier et ignorent leur développement mental", ajoute-t-il.

Corée du Sud :
...L'éducation hors de prix est non seulement discriminante, mais elle explique aussi le taux de natalité extrêmement faible au pays du Matin calme. Quant à l'enfance sacrifiée, elle se traduit par un taux de suicide record, particulièrement chez les jeunes...

... Dès la première ligne de son interview, Luc Chatel frappe fort. Pour justifier ses "nouvelles mesures",
il saisit d'emblée le lecteur en lui rappelant un "fait grave" au cours duquel "des collégiens avaient violé une de leurs camarades".
Jouer sur le registre de l'émotion est une des règles de base de la communication politique.
Parler de l'école comme d'un "sanctuaire" par exemple, terme employé pour la première fois en 1993
par le démocrate-chrétien François Bayrou quand il était ministre de l'éducation, et par la suite usé jusqu'à la corde par ses successeurs...

... "Quand je suis arrivé au ministère de l’éducation nationale, il y a tout juste un an, j’ai été particulièrement frappé par ces quelques données sociologiques : dans une classe de sixième, on compte 55 % d’élèves dont les parents sont ouvriers ou employés, et 15 % dont les parents sont cadres ; dans une classe préparatoire aux grandes écoles, les proportions sont exactement inverses, c'est-à-dire que 55 % des élèves ont des parents cadres, et 15 % seulement des parents ouvriers"...
(Luc Chatel, au Sénat, juillet 2010) [ Rapport Egalité des chances dans l'enseignement primaire et secondaire - Sénat (pdf)]

"Bon appêtit !" disent-ils
... 80% des villes délèguent leur restauration scolaire à des sociétés privées, dont le seul objectif est de gagner de l'argent avec des repas qui coûtent 2 euros l'unité. Comment faire? On rogne sur la matière première. Au lieu du gigot, on met des boulettes d'agneau. Dans la paupiette de veau, l'escalope de veau n'est pas de l'escalope, trop chère, mais de la dinde hachée qui a été retexturée pour lui redonner un format de viande. Dans les cordons bleus, ce n'est pas de la volaille mais de la peau de volaille - une horreur diététique! Et, à la place des fromages, on sert des "spécialités fromagères", des cochonneries bourrées de polyphosphates.
Mais "ça fait tellement plaisir aux enfants", n'est-ce pas!

... « Le fait que les écoles soient contraintes d'encourager des alternatives alimentaires au régime national classique haut en sucre est
une attaque contre le mode de vie américain. Contre la liberté et le bonheur. Contre les délices de l'enfance et, bien sûr, l'intégrité de la famille. »
L'animateur télévisuel d'extrême droite Glenn Beck défend, pour sa part, l'argument suivant :
  « L'administration Obama croit que vous êtes incapable de prendre des décisions. […] Laissé à vous-même, vous allez manger trop, vous allez devenir un gros plein de soupe. »...

Odeur, saleté, maux de ventre:
l'état destoilettes
 «21.6% des élèves présenteraient des pathologies liées à la non-fréquentation des toilettes». Cette enquête, menée auprès de 24.781 élèves de primaires répartis dans plus de 865 établissements  de 55 départements, affirme que «près de la moitié des élèves de CM1 et CM2 se sont déjà plaints de maux de ventres» parce qu’ils ne peuvent aller aux toilettes «en raison du manque d’hygiène ou d’intimité» de ceux-ci.»
[rapport 2008 de l'Observatoire national de la sécurité des établissements (ONS)]

Infections urinaires à répétition, mycoses, occlusions intestinales…
A l’école Romain-Rolland de Saint-Cyr-l’Ecole,
les 365 élèves tombent comme des mouches.
A l’odeur nauséabonde qui prend à la gorge dès les premiers pas dans la cour,
il n’est pas difficile d’établir un rapprochement
avec les toilettes de l’établissement.

... des parents et professionnels de la petite enfance ont multiplié les mobilisations contre un texte qui prévoit d'assouplir les règles d'accueil dans les crèches dans le but d'accueillir davantage d'enfants...
... Regroupés au sein du Collectif "Pas de bébés à la consignes", les associations de professionnels de la petite enfance dénoncent une atteinte inadmissible à la qualité d’accueil des enfants."Nous nous mobilisons pour la reconnaissance de la spécificité des besoins d’enfants de moins de 3 ans lors de leur accueil en dehors du milieu familial et en collectivité, conformément aux connaissances scientifiques et pratiques acquises depuis 30 ans :
à savoir la nécessité d’assurer au sein du groupe d’enfants un accompagnement  en mesure de soutenir le développement singulier de chaque enfant"...

Crèches : "accueil" ou "garde" ?
... la plupart des professionnelles avouent que même si les plus compétentes et passionnées tendent vers ce type d’accueil,
la réalité tend à donner raison à ceux qui utilisent encore le terme modes de garde...
[ Les modes d’organisations des crèches collectives et les métiers de la petite enfance - Etude DRESS - juillet 2010 (pdf)]
(Les structures retenues sont uniquement des établissements d’accueil collectif professionnels, plus communément appelés «crèches»,
à l’exclusion des haltes-garderies, des crèches parentales, des jardins d’éveil ou jardins d’enfants.)

... notre société ressemble effectivement de plus en plus à celle de l'Ancien régime avec une base très large, une petite élite et une masse assez importante de personnes – des avocats, des médecins à honoraires libres, des professionnels des loisirs… – qui travaillent pour la petite élite au sommet.
Le reste de la société est entraînée vers les emplois de service peu qualifiés payés 40 % de moins que les emplois industriels.
Qui occupera ces emplois de services ?
Les plus fragiles, femmes, jeunes et enfants d'immigrés...

... la gauche n'est plus porteuse d'un grand projet "à la hauteur de [son] temps"
Face à elle, la droite nouvelle l'emporte parce qu'elle a compris notre époque consommatrice, individualiste, pressée et médiatique, et sait se montrer pragmatique et sans idéologie. Cette droite conquérante s'est associée aux chefs d'entreprise comme aux hommes des médias pour promouvoir une société de divertissement et de défense des intérêts de court terme, tout en promettant la sécurité et la lutte contre l'immigration.
Un projet que Raffaele Simone appelle "le monstre doux"...

... "Isolés, tout à leur distraction, concentrés sur leurs intérêts immédiats, incapables de s'associer pour résister, ces hommes remettent alors leur destinée à "un pouvoir immense et tutélaire qui se charge d'assurer leur jouissance (…) et ne cherche qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance. Ce pouvoir aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il pourvoit à leur sécurité (…) facilite leurs plaisirs (…) Il ne brise pas les volontés mais il les amollit (…), il éteint, il hébète."

C'était une sorte de prophétie, mais nous y sommes aujourd'hui...
C'est le "monstre doux" dont l'Italie me semble être l'avant-garde, le prototype abouti. Il s'agit d'un régime global de gouvernement, 
mais aussi d'un système médiatique, télévisuel, culturel, cognitif, une forme d'ambiance infantilisante persistante
qui pèse sur toute la société..."

... De fait, de nombreux engagements de la gauche édulcorée ressemblent à ceux des chrétiens sociaux, notamment l'assistanat, l'étatisme, la tolérance envers la délinquance sociale et l'immigration clandestine, le tout emballé avec des airs confessionnels. C'est là une façon de remplir le "réservoir" des idées que j'appelle le "fusionisme" qui est plutôt un "confusionisme". Il en existe d'autres.
En Grande-Bretagne, la "troisième voie" promue par le New Labour laisse un pays où les disparités sociales n'ont jamais été aussi grandes, sans avoir fini de reconstruire des services publics rendus exsangues par Margaret Thatcher...

...La plupart des gens comprennent parfaitement que ceux qui devront rembourser la dette nationale ne sont pas ceux qui l'ont créée, mais nous sommes résignés. Les ministres pourraient marcher sur les hôpitaux pour arracher les goutte-à-goutte, les cathéters et les reins artificiels des patients, nous ne trouverions rien d'autre à dire aux malades que : "Vous feriez mieux de vous y faire, ils ont un mandat."
Pendant ce temps-là en France, les gens descendent dans la rue, font la grève et mettent le feu un peu partout alors que leurs réductions budgétaires n'ont même pas encore commencé...
BRITISH WAY OF LIFE : écoles, pauvreté, illettrisme, sélection...

Il n’y a pas de gouvernement européen,
il n’y a que des gestionnaires chargés d’appliquer les mesures d’austérité et de répression.

Le Financial Times, FT pour les intimes, est une gazette britannique qui est devenue la bible des financiers et des ultralibéraux de tout poil. Ce torchon semble vivre dans un monde parallèle, qui ne connaîtrait pas de limites physiques, et qui ne s’intéresserait qu’à une seule chose : les bénéfices des entreprises multinationales. C’est grâce au travail de FT et de ses semblables que nous avons des cours de bourse incrustés en permanence sur nos écrans de télé et que de moins en moins de gens trouvent cela anormal. C’est bien simple, tout le reste ne présente pas le moindre petit début d’importance. Un milliard d’humains qui crèvent de faim, ça les intéresse moins qu’un milliard d’euros de bénef pour une société agro-alimentaire...

...La France est déjà largement contaminée, mais encore en retrait par rapport aux meilleurs pires élèves...

Corruption : la France au 25ème rang.

... dix ans après la ratification par la France de la Convention OCDE, la justice française n’a conduit à son terme presque aucune des procédures engagées pour corruption d’agent public étranger, ni prononcé de condamnation, à l’exception d’un dossier de faible importance.
« La volonté de la France de mettre en œuvre les engagements pris au titre de la Convention OCDE, du Conseil de l’Europe et de la Convention des Nations Unies contre la corruption est de plus en plus mise en doute par la communauté internationale »

Près de 2 millions de Français ont choisi de renoncer au petit écran.... plus de prise, plus de télé. Pour sa femme, ce ne fut pas un choc, elle ne la supportait pas. Ses deux ados s'en passent très bien, ils ont investi dans un lecteur DVD. Mais lui? "Je n'y pense plus. J'ai recommencé à lire." ...
...Un point commun les rassemble: pendant leur cure de désintox, tous prétendent profiter, mieux que personne, de leur temps de cerveau disponible.

... 84% estiment qu'actuellement le racisme est «un phénomène répandu», témoignant un écart entre visions objectives et subjectives du racisme,
entre la manière dont il est  perçu et ce qu'il se passe réellement.
Et si l'on regarde le détail des réponses, on s'aperçoit que, lorsqu'il s'agit de relations individuelles, on continue à rejeter l'autre.
On est dans l'acceptation tant qu'on ne touche pas à son petit jardin...

... Il y eut la génération sacrifiée en 1914-18. Aujourd'hui la crise risque de créer une «génération perdue», prévient le Bureau international du travail (BIT).
Le chômage des 15-24 ans a atteint un niveau record de 81 millions de personnes dans le monde, soit un taux de 13% en 2009, selon l'organisation internationale.
Et «le niveau devrait encore augmenter» jusqu'à 13,1% en 2010, selon les auteurs du rapport sur l'emploi des jeunes...

.. Il y a urgence, prévient le BIT: «L'incapacité à trouver un emploi génère un sentiment d'inutilité et de désoeuvrement parmi les jeunes qui peut provoquer une hausse de la criminalité, des problèmes mentaux, de violence, de conflits et de drogue»...
"L'impact du chômage de longue durée sur la jeunesse peut être dévastateur"
ajoute le BIT, observant "une augmentation du nombre de +jeunes inactifs+ qui ne sont ni à l'école ni sur le marché du travail (...)".
"Compte tenu de la gravité de la situation, on peut craindre que, si rien n'est fait rapidement, la situation de la jeunesse ne devienne insoutenable dans certains pays, constituant une menace pour la cohésion sociale".

Neuf.  Vieux.

Objectif : une circonscription, le plus tôt serait le mieux,
ou servir la cause de leurs idées et celle de leur "patron" à vingt mois d'un rendez-vous essentiel, l'élection présidentielle de 2012.

... La précarité, les conditions de logement, mais aussi l'état de santé de la population étudiante sont indignes d'un grand pays industrialisé, a fortiori lorsque celui-ci prétend miser pour l'avenir sur l'économie de la connaissance. Il est urgent d'y remédier.
Aucune réussite scolaire n'est possible lorsque les conditions de vie ne permettent pas de se consacrer à l'apprentissage...
Un premier sujet concerne les prétendus "petits boulots" qui n'ont de petits que le nom et qui, au lieu de permettre aux jeunes de financer leurs études, sont devenus de fait le meilleur moyen de les en détourner. Aucun responsable d'établissement d'enseignement supérieur ne peut accepter l'échec d'un étudiant contraint de travailler toute l'année vingt heures par semaine dans une chaîne de restauration rapide en plus des heures de cours et de travail personnel...

"A louer. Tout petit studio. Très cher."
Confrontés à la pénurie de logements, les étudiants qui parviennent à louer une chambre ou un studio meublé se voient imposer tout et n’importe quoi par des bailleurs privés, le plus souvent hors la loi...
... « Nous n’avons pas trouvé un seul contrat ne comportant pas au moins une anomalie »...
... Lorsque l’étudiant a trouvé son logement, le contrat fourmille de clauses abusives....

... Ça commence par une partie de Monopoly au coin du feu, ça finit avec la crise des subprimes, qui marque à sa manière, explosive, l'aboutissement de la philosophie commune à tous les gouvernements américains depuis soixante-dix ans : celle de faire de l'Amérique une démocratie de propriétaires et de l'immobilier l'actif patrimonial par excellence...

Certes, réattribuer d’urgence ces milliers d’appartements vacants ne suffira pas à résoudre la crise du logement.
Cela permettrait néanmoins d’accéder aux souhaits d’une partie des quelque 700000 familles inscrites sur liste d’attente, parfois depuis des années.

C'est le prix du mètre carré qui fait la différence...
En Ile-de-France, le marquage social des quartiers souligne l'inégalité devant l'école.
La carte scolaire et l'apartheid

... Il reste que la symptomatologie n'est pas un diagnostic. Celui-ci relève du refus collectif de regarder lucidement notre long terme, et du caractère profondément conservateur, rentier, de la société française dans son entier. Le comportement patrimonial des possédants français accumulant de l'assurance-vie et des logements vides, tout comme leurs grands-parents serraient leurs lingots, relève de la même frilosité. ...
... Les seniors de 2010, qui sont propriétaires sans remboursement d'emprunt dans plus de 70 % des cas, ont été les grands bénéficiaires - par les plus-values longues, et donc non imposables - de la crise du logement payée au prix fort par les jeunes actifs. Les seniors urbains des classes moyennes supérieures n'ont jamais vécu aussi à l'aise dans des logements sous-occupés, le couple type de 60 ans vivant à deux dans un cinq-pièces, alors que les jeunes familles sont tenues de s'entasser dans de petites surfaces ...

... Parions donc qu'aucun candidat n'aura le courage de s'atteler à une telle politique de générations.
prix Nobel d’économie 2001 et également comme critique radical des pratiques du FMI, qu’il a dénoncées dans son livre La grande désillusion.
« La crise n’est pas un cataclysme qui serait ‘arrivé’ aux marchés financiers ; elle est de fabrication humaine : Wall Street se l’est lui-même infligée, à lui et au reste de la société. » Il dénonce le rôle d’Alan Greenspan, mis en place par Ronald Reagan pour favoriser une déréglementation ...
... un système inégalitaire puisque le revenu réel médian des ménages a baissé de près de 4% de 2000 à 2008 (alors que le prix de l’immobilier s’envolait et que le PIB par habitant a cru de 10%), preuve que seule une petite minorité en profitait. La croissance était alimentée par le crédit, les extractions hypothécaires des ménages pouvant représenter jusqu’à 7% du PIB en une année. Et cette inégalité se retrouve dans les aides aux banques alors que les ménages surendettés voient leur maison saisie : « Les spéculateurs sont mieux traités que les travailleurs»...

...L’Américain moyen qui travaille n’a plus de temps libre. C’est très pratique : il n’a plus le temps de penser, de lire, de protester même.
Il n’a même plus le temps de s’occuper de sa famille. Impossible pour un employé de se projeter dans l’avenir, de faire des projets professionnels. 
La baisse de qualité des emplois aux USA est le signe annonciateur d’une précarité généralisée et d’une insécurité galopante
Les riches ont déjà trouvé la parade :ils vivent dans des « parcs » de luxe dont l’entrée est réglementée et la sécurité renforcée...

... des centaines d'ouvriers du textile ont violemment manifestédans le nord de la capitale du Bangladesh, Dacca, réprimés par la police. Ils ont cassé les vitres de l'usine ArmanTex qui fabrique des vêtements pour Wal-Mart, H&M ou Zara. Leur revendication? La hausse de 80% du salaire minimum, théoriquement entrée en vigueur lundi dernier, mais que l'entreprise refusait d'appliquer.
Elle porte la rémunération mensuelle à 3000 takas, soit 30 euros...
... Cet été, les ouvriers, dont le salaire minimum était de 1 662 takas [18 euros] par mois, se sont mobilisés pour obtenir une hausse de salaire minimum mensuel. Ils ont demandé 5 000 takas [53 euros] par mois. Mais l’accord conclu le 29 juillet a finalement fixé le salaire minimum à 3 000 takas [33 euros] par mois....
...“les grandes enseignes comme Wal-Mart, Tesco, H & M, Zara, Carrefour, Gap, Metro, JCPenney, Mars & Spencer, Khol’s et Levi Strauss
importent toutes des vêtements en vrac du Bangladesh, où les coûts du travail figurent parmi les plus bas du monde”.

«Votre jean parcourt ainsi 40 000 kilomètres en moyenne avant d'arriver dans votre magasin ou sur vos fesses. Pour quelle utilité collective ? Aucune ! Les emplois dans l'industrie textile française ont disparu. Les travailleurs turcs ou philippins sont exploités comme des bêtes.»...
...Comment militer pour la relocalisation industrielle sans affronter le pays qui a aspiré les industries du monde entier et aussi celles de France ? Comment tolérer la surexploitation des ouvriers chinois, le dumping monétaire de la Chine, cause de la destruction de deux emplois industriels sur cinq depuis trente ans  ?
Jean-Luc Mélenchon n'a pas compris que la Chine est le premier allié de tous les grands groupes et du CAC 40 qu'il dénonce.
Il ignore qu'aux Etats Unis, Wall Mart (et Carrefour en France) est au premier rang du lobby prochinois...

 Au contraire d’autres cas de travail des enfants, les enfants ouzbèks sont forcés à travailler par l’état, et leur travail ne bénéficie ni à leurs parents ni à eux-mêmes. Malgré le niveau élevé du chômage en Ouzbékistan, les enfants sont contraints de travailler aux champs jusqu’à
3 mois par an, souvent sept jours sur sept. Leur travail n’est pas seulement épuisant, il est également accompli dans des conditions extrêmement préjudiciables à leur santé.
Toutes les enquêtes menées en Ouzbékistan confirment que des enfants âgés de 10 ans ou plus sont régulièrement envoyés travailler à la récolte. Ponctuellement, des enfants nettement plus jeunes sont envoyés à leurs côtés. Les estimations concernant l’ampleur du travail forcé des enfants dans le secteur du coton ouzbèk vont de 1 à 2.7 millions d’enfants en âge d’être scolarisés, et ce chaque saison...
...En nouant des relations commerciales avec les entreprises ouzbèkes de coton, les négociants cautionnent l’usage systématique du travail des enfants et en tirent un profit abusif...
... “Le fait est que des vêtements en coton vendus à bas prix dans les pays riches sont en réalité produits grâce au travail initial des enfants dans les pays en développement producteurs de coton“...
... «L'été, nos enfants ont trois mois de vacances, puis trois mois de récolte de coton. Cela ne laisse pas beaucoup de temps pour s'instruire...
... Toutes les grandes marques de l’habillement ont mis en place des chartes éthiques, des codes de conduite qui bannissent en principe tout travail d’enfants, tout travail forcé, tout horaire démesuré chez leurs fournisseurs. En remontant les filières de vêtements depuis la France, la Grande Bretagne, les USA en passant par les fournisseurs du Bangladesh jusqu’aux champs de coton en Ouzbékistan. De surprise en surprise. Les groupes Carrefour, Dagris, Casino, Auchan, H&M, Wall Mart, C&A, multinationales présentes dans le secteur de l’habillement et qui pour certaines, sont surprises de constater que plus de 60% de coton importé par leurs marques, viennent des champs de Ouzbékistan...
[La République d'Ouzbékistan est membre de l'ONU, de l'OSCE, de l'UNESCO, de l'OMS, de l'Organisation mondiale du tourisme, 
et a ratifié en 1994 la Convention de l’ONU relative aux droits des enfants...]

Exposé de situation relatif à la plainte OCDE déposée par ECCHR et ses partenaires
contre des négociants européens de coton.


Le patronat mène le bal. Son organisation nationale, le Medef, avait réuni ses états généraux l'an dernier sous le thème unilingue « Go for benchmarking ! » et a consenti cette année à un thème bilingue : « Vivement l'avenir/Ready for the future ». C'est pourtant une rencontre ouverte aux seuls patrons français.
La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a reçu en 2007 le convoité prix de la «Carpette anglaise» pour avoir communiqué en anglais avec ses propres fonctionnaires -ce que font déjà de grandes entreprises de France...
... En Savoie, on signale dans la station de Tignes l'ouverture d'un Bike Park qui offre aux Mountainbikers du downhill, du free style, des jumps et un single track.
Et la Conférence des évêques de France est venue bénir la dérive en lançant en avril une campagne de pub où on voit le macaron : « Jesus is my boss »...

Interdisons les apéros géants, interdisons les bandes, interdisons le niqab, interdisons de faire de l'art avec le drapeau national, interdisons, interdisons...
Pénalisons, pénalisons, c'est la solution ! Une "chose" nous choque, faisons en un délit ! "Elle" nous fait peur ou nous gêne, une contravention !
Le monde sera bien meilleur aseptisé, gardé, borné, sans aléa. La vraie "délinquance zéro".
A défaut de pouvoir interdire la peur et puisque tout vaut mieux que d'être soupçonné d'immobilisme,
il vaut mieux ouvrir (très) régulièrement le tonneau des Danaïdes législatif
pour entretenir l'illusion politiquement nécessaire que le monde peut être libéré de toute angoisse...

... La recrudescence de la délinquance? La faute aux Roms, aux maires (de gauche), aux «jeunes issus de l’immigration».
Les problèmes de l’école? La faute aux enseignants laxistes, aux IUFM, à mai 1968...
.... Ce qu’on cherche à réduire, sinon à détruire, à travers ce populisme de bas étage, c’est la force de vigilance
que représenterait justement un véritable débat d’idées, lequel, on le remarquera, n’a pas eu lieu – toujours saboté par l’argument,
qu’on voudrait incontestable: Nous, nous nous préoccupons des Français et nous savons ce qu’ils pensent...

S'il est un domaine où les pouvoirs publics n'ont pas peur de tenir des discours contradictoires, c'est bien celui de l'insécurité.
Tantôt, ils présentent des résultats statistiques qui témoignent de la baisse des crimes et délits, afin de démontrer combien la politique menée est efficace;
tantôt, ils mettent en exergue le dernier fait divers crapuleux,
pour faire peur aux "honnêtes gens" et les inciter à réélire demain celui qui affirme haut et fort sa volonté de mettre au pas les délinquants...

... Chez les banquiers, on ne se soucie guère de ces petits détails de l’économie réelle.
BNP-Paribas affiche, par exemple, une progression de son résultat de 31 %.
Pour la finance, la crise c'est du passé.
Mais pas pour les salariés.
Jeudi 5 août, la Dares, la direction des études économiques du ministère du travail, a publié le bilan 2009 de l’emploi en France.
Le document décrit une situation catastrophique : en 2009, l’économie a détruit 337 000 emplois dans le secteur privé ...

... Il va sans dire que pour être compréhensible d’enfants il faut leur parler comme à des enfants.
De là ce doucereux langage pour débiles légers dont le discours politique-pédagogique s’est fait une spécialité,
en l’espèce, s’agissant de déficits, à base de métaphores simples et accessibles à tous, empruntées à l’économie domestique.
Car il est bien certain que tous peuvent comprendre, expérience récurrente des fins de mois difficiles à l’appui,
qu’on ne saurait « vivre au dessus de ses moyens », pas plus la France que le voisin de palier...

... de nombreux messages ont été tout bonnement éjectés de Waka par l’équipe de Skyrock qui est en charge de la gestion du site. « Nous n’enlevons que les messages redondants », affirme Saussez. Sauf que les trois quarts des messages censurés critiquent l’Hadopi, la carte musique jeune à 50 euros que veut instaurer le gouvernement, ainsi que le tutoiement.
Michel Fize relève une autre absence : « Il n’y a rien sur l’engagement politique, rien sur la société civile, rien sur la participation des jeunes à la démocratie. »
Pas très Waka le débat politique, ou, plus précisément : trop pas.

... Il convient donc simplement de gérer au mieux un certain nombre de problèmes, plus ou moins urgents, qui se posent.
Or «gérer», un terme dont les auteurs notent à juste titre qu'il est omniprésent dans les discussions, n'est-ce pas, justement, se résoudre à subir?
«La raison économique étant supérieure à la raison démocratique, tout doit rouler —aux acteurs de s'adapter, 
à la pression, au stress, à l'obligation de résultats.».
Si le travailleur d'antan pouvait bien souffrir, au moins lui accordait-on un droit fondamental: celui de faire la gueule, de se plaindre, de ne pas accepter sa situation.
Rien de tel de nos jours.«C'est quoi cette manie de tout critiquer? En démocratie je positive!»

... En effet, dire gouvernement « socialiste », ou « social-démocrate », ou encore « conservateur », ou « libéral », et l’appeler « pouvoir »,
n’est qu’une opération esthétique bon marché.
C’est prétendre nommer quelque chose qui ne se trouve pas là où on voudrait nous le faire croire.
Car le pouvoir, le vrai pouvoir, se trouve ailleurs : c’est le pouvoir économique.
Celui dont on perçoit les contours en filigrane, mais qui nous échappe lorsque l’on cherche à s’en approcher et qui contre-attaque
s’il nous prend envie de restreindre son emprise, en le soumettant aux règles de l’intérêt général.
En termes plus clairs : les peuples n’ont pas élu leurs gouvernements pour que ceux-ci les « offrent » au marché.
Mais le marché conditionne les gouvernements pour que ceux-ci leur « offrent » leurs peuples...

... les banques ont d’ailleurs pris beaucoup d’engagements qu’elles n’ont pas respectés.
... Mais à partir du moment où il existe un accord, il faut que celui-ci devienne contraignant. Il doit donc déboucher sur une loi.
Si nous n’avons pas de texte, les banques feront toujours ce qu’elles veulent.
Déjà aujourd’hui, les établissements bancaires font payer très cher, par exemple, le crédit à des personnes défavorisées,
alors qu’ils consentent, par ailleurs, des prêts immobiliers à des taux très avantageux pour fidéliser la clientèle qui les intéresse...

L'Europe sait-elle ce que nécessitent ses objectifs ?
Aujourd'hui, j'en appelle au gouvernement kenyan : dans un pays où 10 millions de personnes ont faim, où la sécurité alimentaire n'est pas assurée, avons-nous besoin de mettre en danger des populations et la nature au mépris des lois ?
J'en appelle également à l'Europe qui a décrété la nécessité que 10% des carburants consommés dans les transports en Europe soient issus de matières renouvelables d'ici 2020 :
avez-vous évalué l'impact sur les pays du Sud de vos politiques soi-disant écologiques ?

Les ressources annuelles de la planète ont été consommées en neuf mois.
A partir du 21 août et jusqu'à la fin de l'année, les Terriens vivront à crédit sur les ressources de la planète.
Chaque année, l'ONG Global Footprint Network (GFN) calcule le jour où la consommation de l'humanité en ressources naturelles a épuisé
ce que la planète est capable de fournir en une année, de la filtration de l'eau douce à la fourniture de matières premières, y compris alimentaires.


"Avant de tuer l’ours qu’ils avaient capturé, les indiens de mon pays, le Canada, lui faisaient des excuses : « nous n’avons rien à manger. C’est toi ou nous ». Ils considéraient les animaux comme des peuples frères et non comme des choses. C’est en effet toute la question du statut de l’animal qu’il faut repenser aujourd’hui (voir à cet égard la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal, texte sans portée juridique mais qui suscite réflexion) ...

L’heure est pourtant grave. Partout s’érodent les écosystèmes. Et les demandes pressantes et rétroactives du G77 (de 77 pays défavorisés) à l’égard des Etats riches restent lettre morte. Pour ceux qui planchent sur le plan stratégique des dix ans à venir, attendu en fin de semaine à Nagoya, il y a urgence. «Il faut agir vite mais sans franchir la ligne rouge, prévient Sandrine Bélier. Car légiférer sur la biopiraterie, c’est prendre le risque de la légitimer en partie sur le terrain.»
Les biopirates, eux, ne s’accordent aucun répit
«En Indonésie, les propriétés des herbes et plantes médicinales de nos populations indigènes ont toutes été pillées 
par des groupes pharmaceutiques étrangers et sans contreparties»
... Il est en effet très difficile de prouver qu’un savoir traditionnel ou qu’une ressource ne fait pas l’objet d’une captation ou ne prévoit pas un retour équitable des bénéfices pour les populations autochtones. Les sociétés de brevet regardent en effet en priorité la nouveauté d’un produit ou d’une méthode et pas le respect des règles de la Convention sur la diversité biologique qui a pourtant 17 ans : « en fait, la biopiraterie est un phénomène largement répandu », assure François Meienberg.
« Ce qui est plus rare, c’est de pouvoir la dénoncer ».


Alors que le million et demi de sinistrés du séisme vit toujours dans les camps, le choléra fait relativiser sur l’importance du vote.
Vita Sauveur enrage : «L’épidémie tue le peuple haïtien. Et chaque matin en me levant, je n’ai rien à donner à manger à mes enfants.»

... A l'issue de deux semaines d'intenses négociations, les représentants de près de cent quatre-vingt-dix pays – à l'exception notable des Etats-Unis, qui n'ont jamais ratifié la Convention sur la diversité biologique (CBD) – ont adopté un plan stratégique pour 2020 fixant vingt objectifs pour protéger la nature et freiner le rythme alarmant de disparition des espèces. ...Les délégués ont également adopté un protocole sur le partage des bénéfices tirés par les industries de la pharmacie et des cosmétiques des ressources génétiques issues des nombreuses espèces (animaux, plantes, micro-organismes) présentes dans les pays du Sud, ce qui pourrait rapporter des milliards de dollars aux pays émergents.

...les Terriens vivent au-dessus de leurs moyens.
Nous consommons une planète et demi par an, ce qui veut dire qu’il faudra un an et demi pour régénérer les ressources consommées en 2007, année de référence. 
La tendance est à deux planètes pour 2030. Principaux responsables : le carbone et l’alimentation. Si, comme prévu, l’empreinte la plus forte se trouve dans les Emirats, aux Etats-Unis et en Europe, le rapport souligne pour la première fois la montée en puissance des pays émergents dits «Bric» (Brésil, Russie, Inde, Chine).

[ Rapport planète vivante 2010 ]

Près de 40% des produits biologiques consommés en France proviennent d'importations.
Une aberration écologique.
... véritable régression de la France par rapport à ses voisins européens.
Les surfaces cultivées en bio
sont ainsi "passées de 177 559 hectares en 2002 à seulement 47 473 en 2008, soit une baisse de 73%"

« Mangez au moins 5 fruits et légumes par jour », recommande le Programme national nutrition santé.
Peut-être faudra-t-il bientôt en manger cinquante...

... dans les années 1950, manger une banane, une orange et une pêche, suffisait à pourvoir les « apports journaliers recommandés » (AJR) d’une personne en vitamine A. Aujourd’hui, vu les teneurs en nutriment, il faudrait 5 bananes, 10 oranges, et 26 pêches pour avoir sa dose de vitamine A !
... Quand il n’y aura plus de nutriments dans les produits agricoles, on pourra toujours se les injecter manuellement, via des nano-capsules… 
De quoi révolutionner la configuration des repas de familles !

... ce qui ne constituait qu’une série de recommandations figurant depuis 1995 au cahier des charges des prestataires de repas et des cantines scolaires,
mais aussi des crèches et des restaurants universitaires, devient obligation. 
Haro sur les saucissons et quiches en entrée, pommes de terre sautées un jour sur deux, en accompagnement d’une escalope de poulet panée suivie d’un flan !
Au terme de la loi (LOI n° 2010-874 du 27 juillet 2010 de modernisation de l'agriculture et de la pêche), les cantines sont priées de revoir leurs menus au mois pour mieux coller aux préconisations de santé publique en termes de nutrition et de fréquence des plats proposés.

Les aliments frits ou préfrits? Pas plus de quatre fois en vingt jours. Idem pour la charcuterie en entrée ou les desserts industriels trop sucrés.
Sur vingt repas en revanche, prière de prévoir quatre fois du vrai poisson — pas du reconstitué — et dix fois des légumes cuits, autant de crudités et des fruits. 
Et huit fois au moins du fromage, du vrai avec du calcium plutôt qu’une pâte fromagère à tartiner…

Réalité des engagements de l’agro-alimentaire sur l’obésité infantile :
La vérité sort du cartable des enfants !
Deux ans après les promesses de l’industrie agro-alimentaire de moraliser son marketing à destination des enfants, l’UFC-Que Choisir publie les résultats alarmants d’une étude qui souligne que les produits gras et sucrés sont plus que jamais présents dans les écrans publicitaires 
et par conséquent au cœur des habitudes alimentaires des jeunes consommateurs.
... Conclusion – alarmante – de l’association de consommateurs : il y a bien un lien entre marketing et mauvaise alimentation, et les enfants « téléphages » surconsomment sucre et matières grasses. Un véritable aveu de l’échec de l’auto-régulation dont bénéficient les industries de l’agro-alimentaire en la matière, 
et la preuve que celles-ci ont les mains libres...

Les bureaucrates de l'Union européenne, qui ont l'humour bien caché, ont choisi la date du 14 juillet pour signer un accord historique avec le Brésil. 
La scène se passe à Brasilia, où les deux parties décident ce jour-là de lancer, à une échelle encore inconnue, un plan de production de biocarburants. Où? Au Mozambique, l'un des pays les plus pauvres du monde.
« L'expansion des agrocarburants dans notre pays transforme des zones forestières et naturelles en monocultures énergétiques, confisque des terres agricoles fertiles qui permettaient aux populations locales de produire leur nourriture.
Ce que nous voulons, ce n'est pas remplir les réservoirs des voitures étrangères avec du carburant, 
mais les estomacs de nos concitoyens avec de la nourriture. »
 

... Il n’est en effet pas rare qu’un article d’économie écrit dans les grandes largeurs, composé de cinq interviews différentes et ayant nécessité des heures voire des jours de réalisation, récolte à peine 5% du trafic du site,
quand, dans le même temps, une brève sur Britney Spears qui a pris moins d’une demi-heure à écrire atteint les 70% de trafic.

«Si je suis ce que je mange, je suis aussi les informations que je consomme,conclut Pablo Boczkowski.
De même que le corps pourrait se satisfaire de pain blanc, l’appétit du public pour les informations pourrait en majorité se contenter de sport, entertainment, et fait-divers.

Mais la société et les enjeux politiques vont en souffrir

Question de santé...


... Puis, ils «utilisent le pathos pour s’adresser à la sensibilité de l’auditoire et jouer sur le registre des passions et des sentiments». Ils «communiquent ainsi deux types d’émotion à la foule : la dénonciation et l’empathie».
Enfin, la troisième étape «consiste à prouver que s’ils sont élus, ils pourront venir au secours [des électeurs], qu’ils les sauveront et que les injustices dénoncées avant n’existeront plus». Et ça marche, d’un point de vue arithmétique. Au premier tour de la présidentielle de 2007, l’abstention a reculé à un niveau comparable à celui de 1974 (aux environs de 16%, contre 28% en 2002).

Au regard de cette performance, ces dynamiques s’installent hors échéances électorales. Elles profitent à ce titre de la primeur accordée au «journalisme compassionnel» par les médias de masse - lesquels finalement, pour assurer la fidélité de leur audience, recourent au même marketing de l’émotion que les leaders politiques.
Mais aussi d’une confusion grandissante «entre information et communication» ...

... Le rythme des innovations, la diffusion de la mode : tout va plus vite.
Et, à l'échelle d'une vie, nous changeons de métiers, de conjoints ou d'orientations politiques beaucoup plus souvent qu'autrefois.
Il s'agit d'être "flexible", n'est-ce pas ?


 
Roms, romanichels, bohémiens, tsiganes, nomades, gens du voyage ...

Ils sont entre 4 et 12 millions et sont établis en Europe depuis des siècles. 
Qu'on les appelle Gitans, Tziganes, Sinti ou Manouches,
ils forment le vingt-huitième Etat de l'UE, le plus pauvre et le moins alphabétisé.
Montrés du doigt par des gouvernements en mal de boucs émissaires,
ils constituent un "problème" qu'aucun exécutif n'est parvenu à résoudre.

... Si la complexité de la question des vocables des Roms et des Tsiganes 
peut pousser à accorder éventuellement un peu d’indulgence aux politiques qui s’emmêlent les pinceaux dans les termes, 
elle n’explique pas tous les amalgames.

... Avant les années 1970, chacun était libre de séjourner où il voulait sauf dans les endroits interdits. Le "camping sauvage" était légal.
Désormais l'ensemble du territoire est interdit au stationnement sauf les emplacements autorisés.
Aujourd'hui pour avoir le droit de vivre en mobile-home, tout Français doit prendre un titre de circulation de "gens du voyage",
et leur nombre augmente chaque année à cause de la crise économique…, avec le retour au "régime des nomades" de triste mémoire...

... L'incapacité à arrêter les membres du réseau, l'absence de dispositif pour la protection des mineurs victimes d'exploitation et le manque de moyens affectés à la protection judiciaire de la jeunesse sont les principales causes de cet échec.
Des phénomènes d'exploitation de mineurs touchent d'ailleurs d'autres nationalités et sont en augmentation depuis deux ans,
et il ne s'agit pas d'une caractéristique ethnique propre aux Roms...

... Alors, la sécurité ça marche toujours, notamment auprès des séniors,
et Sarkozy doit garder le vote des vieux,
les moins soumis aux problèmes d'insécurité étant toujours les plus demandeurs de discours ultra-sécuritaires...

... Quant aux Roms - les hommes, en hindi -, qui forment une minorité, ce ne sont pas seulement des migrants venus d'Europe de l'Est, notamment de Roumanie et Bulgarie. Il s'agit d'une population hétérogène ballottée d'un pays à l'autre de l'Union européenne (UE). 
Leur intégration concerne au premier chef deux des Etats de l'Union, qui ne prennent pas leurs responsabilités, la Roumanie et la Bulgarie.

Avec un tel amalgame, l'exécutif ouvre la boîte à fantasmes et à préjugés. On voit réapparaître dans des populations qu'on apeure
les images du "romanichel" voleur d'enfants ou des "bohémiens" réputés se livrer à des trafics de prostitution ou de mendicité...

... Cela souligne l'échec de l'Etat et des collectivités locales dans l'application de la loi de 1990,
qui oblige les villes de plus de 5 000 habitants à aménager des aires d'accueil pour les gens du voyage.
Sur les 42 000 emplacements nécessaires, à peine la moitié est disponible. Il y a des communes qui refusent de scolariser leurs enfants....

'La loi je m'en fous, je ne veux pas de ces gens chez moi.'



... l’accord sur la politique de retour, que "le Kosovo a accepté sous pression" en avril dernier, est "catastrophique pour les familles",
le plus souvent arrivées en Allemagne au début des années 90, et "une honte pour l'Allemagne",
qui considère comme "sûr" ce pays ébranlé par des tensions ethniques et incapable de protéger ceux qui y reviennent. 
La plupart des quelques 6 000 enfants et adolescents concernés ont grandi en Allemagne, ne parlent ni le serbe ni l'albanais,&nbs